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Full text of "Bulletin de la Société linnéenne de Normandie"

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BULLETIN 


DE    LA 


*  * 


SOCIETE  LINNEENNE 


DE       NORMANDIE 


Les  opinions  émises  dans  lès  publications  de  la  Société 
sont  exclusivement  propres  à  leurs  auteurs  ;  la  Société 
n'entend  nullement  en  assumer,  la  responsabilité  (art.  23  du 
règlement  intérieur). 


Là  Société  Linnéerine  de  Normandie  ayant  été  reconnue 
établissement    d'utilité    publique,    par    décret    en    date    du 
22  avril  1863,  a  qualité  pour  accepter  les  dons  et  legs  dont» 
elle  serait  gratifiée. 


BULLETIN 


DE    LA 


SOCIÉTÉ  LINNÉKNNË 


DE   NORMANDIE 

FONDÉE  EN   1823 
El   reconnue    d'utilité   publique   par    décret    du    '2'2    avril    I863 

7e  série.  —  3e  volume 

ixifi;    1930 


CAEN 

E.    LANIER,   Imprimeur 

31,   Boulevard  Bertrand,   31 
1921 


■ 


l  \  & 


COMPOSITION  DU  BUREAU  DE  LA  SOCIÉTÉ 


■  •oui-  l'année    1930 


Président  .  .  . 
Vice-Président 
Secrétaire.  .  . 
Vice-Secrétaire 
Trésorier  .  .  . 
Bibliothécaire 
Vice-Bibliothécah 
Archiviste .  .  . 


MM.  Moutibr  (Dr  A.), 
Leboucher  (J.). 
Bigot  (A-)- 
Bugnon  (P.). 
Mazetier  (G •)• 
Lortet  (M.). 
Poisson  (R.) 
Chemin  (E.). 


Sont  Membres  de  la  Gorriiiiission  d'impression 
pour  l'année  1920  : 
MM.  les  Membres  du  Bureau  ; 
MM.   Lebailly  (Dr),    Lucas  (Abbé),  Gidon  (Dr), 
sortant  en  1921  ; 
Mercier,  Viguier,  Osmoxt  (Dr),  sortant  en 
1922. 


j 


MEMBRES  DÉCÈDES  PENDANT  L'ANNÉE  1919 


MM.  Bureau,  membre  correspondant  depuis  1858. 
Chevrel,  membre  résidant  depuis  1882. 
Dutot,  membre  correspondant  depuis  1883. 
Gosselin  (Dr),  membre  résidant  depuis  1878. 
Mahot,  membre  correspondant  depuis  1905. 


Liste  générale  des  Membres  de  la  Société 


AU  1"  JANVIER  1920 


MEMBRES    HONORAIRES 

Date  de  la  nomination. 

MM.  Barrois    (Ch.),  membre    de    l'Institut,    professeur   à    la 

Faculté  des  Sciences  de  Lille  (Nord) 1892 

Bather  (F. -A.),  conservateur  au  Brilish  Muséum  (Natural 
History),  South  Kensington,  à  Londres,  S.W.     .      .      .     1900 

Capellini,    professeur    de    géologie     à     l'Université    de 

Bologne  (Italie) 1878 

Dangeard  (P. -A.),  membre  de  l'Institut,  chargé  de  cours 
à  la  Faculté  des  Sciences,  rue  Cuvier,  12,  à  Paris  (Ve), 

(m.  c.  1883).     1919 

5        Douvillé,  membre  de  l'Institut,    professeur  de  paléonto- 
logie à  l'Ecole   des   Mines,    boulevard    Saint-Germain, 
207,  à  Paris  (VIP) 1883 

Geikie  (Sir  Archibald),  associé  étranger  de  l'Institut,  ancien 
directeur  général  du  Service  géologique  de  Grande-Bre- 
tagne et  d'Irlande,  Shepherd's  Down,  Haslemere,  Sunvv.     1908 

Guillouard,  correspondant  de  l'Institut,  professeur  à    la 

Faculté  de  Droit,  rue  des  Cordeliers,  9,  à  Caen.     .      .     1890 

Miers,  vice-chancelier  de  l'Université,  BirchHeys,  Cromwell 

Bange,  Fallowfield,  à  Manchester  (Angleterre)  .     .      .     1908 

Moniez  (B.),  recteur  de  l'Université  de  Caen   ....     1909 
10        Nathorst,  Vetenskapsakadcmien,  Stockholm  (Suéde)  .      .     1907 

Œhlert    (D.-P.),    correspondant  de    l'Institut,    directeur 

du  Musée  de  Laval  (Mayenne) 1897 

Scott  (D.  IL),  East  Oakley  House,  Oakley,  liants,  An- 
gleterre     1914 

Sollas,    professeur  de  Géologie    à    l'Université  d'Oxford 

(Angleterre) 1908 

Toni  (he),  professeur  à  l'Université  de  Modena  (Italie)  . 


Date  de  la  nomination 

15  MM.  Woodward  (A.  Smith),  conservateur  des  Collections 
paléontologiques  du  British  Muséum  (Natural  History), 
South  Kensington,  à  Londres,  S.W 1908 


MEMBRES    RÉSIDANTS 


MM.  Aubert-Champerré,  avoué,  rue  Guillaume-le-Conquérant,  9.  1901 

Belcour  (J.),  étudiant  en  médecine,  rue  Jean-Romain,  29.  1913 
Bigot  (A.),  correspondant  de  PInsti'ut,  doyen  de  la  Faculté 

des  Sciences,  Secrétaire,  rue  de  Geôle,  28    .     ...  1881 

Bourienne  (Dr),  rue  de  Geôle,  76 1891 

5  Bu  gnon  (P.),  chef  de  travaux  de  botanique  à  la  Faculté 

des  Sciences,  Vice-Secrétaire 1918 

Chemin  (E.),  professeur  de   Sciences  naturelles  au  Lycée 

Malherbe,  Archiviste,  rue  de  l'Eglise-St-Julien,  5     .      .  1911 

Dalibert  (M.),  avocat,  rue  Saint-Manvieux,  20     .  1918 
Danjou,  pharmacien  de  1"  classe,  professeur  à  l'École  de 

Pharmacie,  place  Malherbe,  5 1908 

Drouet  (P.),   propriétaire,  rue  Docteur-Rayer,  8  .     .      .  1891 
10        Duncombe    (F.),    chirurgien-dentiste,    boulevard   des  Al- 
liés, 98 19i6 

Gidon  (Dr  F.),  docteur  es  sciences  naturelles,  professeur 

à  l'École  de  Médecine,  rue  Basse,  151 1895 

Hollier-Larousse,  à  Louvigny    (CalvadosJ 1913 

Jouan  (L.),  libraire,  rue  Saint-Pierre,  98  .      .      .     .     .  1904 

Lanier  (E.),  imprimeur,  boulevard  Bertrand,  31    .      .     .  1892 
15        Lebailly  (Dr  C),  chef  de  travaux  de  zoologie  à  la  Faculté 

des  Sciences,  directeur  du  Laboratoire  départemental  de 

bactériologie,  rue  Saint-Martin,  68 1906 

Ledart  (R.),  rue  Mélingue,  17 1895 

Le  Moulec,  ingénieur,  rue  de  Geôle,  110 1913 

Lortet  (M.),  conservateur  des  Collections  botaniques  à  la 

Faculté  des  Sciences,  Bibliothécaire,  rue  de  Geôle,  123.  1906 

Lucas  (abbé),    curé  d'Hérouville  (Calvados)     ....  1913 
20        Marie  (E.),  professeur  à  l'Ecole  primaire  supérieure,  rue 

de  Baveux,  149 1900 


—  5  — 


Date  de  la  nomination 


MM.  Maugeais  (Dr),  rue  Sadi-Carnot,  11 1911 

Mazetier  (G.) ,  agent   principal   de  la  Caisse  d'Épargne, 

Trésorier,  rue  de  Bras,  9 1905 

Mercier  (L.),  chargé  de  cours  de  zoologie  à  la  Faculté 

des  Sciences 1919 

Moutier  (Dr  A.),  professeur  à  l'École  de  Médecine,  Pré- 
sident, rue  Jean-Romain,  6     ........  1870 

25        Osmont  (Dr),  professeur  à  l'École  de  Médecine,  rue  Docteur- 

Bayer.23      . 1896 

Poisson  (R.),  préparateur  de    zoologie  à  la  Faculté   des 

Sciences,  Vice-Bibliothécaire 1919 

Pouettre,  propriétaire,  place  de  la  République,  19  .  .  1901 
Sève  (P.),  professeur-adjoint  de  physique  à  la  Faculté  des 

Sciences 1919 

29        Viguier  (R.),  chargé  de  cours  de  botanique  à  'a  Faculté 

des  Sciences 1919 

MEMBRES    CORRESPONDANTS  (1) 

MM.   "Allorge  (P.),  préparateur  de  botanique  à  la  Sorbonne, 

rue  Gustave*Nadaud,  7,  à  Paris  (xvie) 1919 

"Antoine,  répétiteur  au  Lycée  d'Amiens  (Somme).      .     .  1904 
Albert   (C.-G.),   inspecteur  des   Eaux  et  Forêts,  rue  de 

l'Adoration,  26,  a  Alençon  (Orne) 1919 

Rallé  (É.),  place  Saint-Thomas,  14,  à  Vire  (Calvados).     .  1891 

5  Bansard  des  Bois,  à  Bellème  (Orne) 1888 

Barbé  (Dr  C),  rue  Cazault,  54,  à  Alençon  (Orne).     .      .  1888 

B\rré,  entomologiste,  à  Sées  (Orne) 1914 

Bazin  (Dr),  à  Condé-sur-Noireau  (Calvados) 1913 

Bedel,  vétérinaire,  à  Dozulé  (Calvados) 1904 

10        Bibliothèque  de  la  ville  de  Fiers  (Orne) '    .  1917 

Boudier  (É.),  correspondant  de  l'Institut,  rue  de  Grétry, 

22,  à  Montmorency  (Seine-et-Oise) 1876 


(1)  Les  Membres  correspondants  dont  le  nom  est  précédé  d'un  "  sont 
ceux  qui  ont  demandé  à  recevoir  les  Mémoires. 


IL 


—  6  — 

Date  de  la  nomination 

m  Chevalier    (Aug.),    explorateur,    boulevard    Saint-Marcel, 

lia  Paris  (Ve).     .     . 1894 

Collignon  (Dr),  correspondant  de  l'Académie  de  Médecine, 

à  Cherbourg  (Manche) .     1898 

Corbière   (L.),    secrétaire  perpétuel  de  la   Société  natio- 
nale   des    Sciences    naturelles    et    mathématiques    de 
Cherbourg,  rue  Asselin,  70,  à  Cherbourg  (Manche).      .     1887 
15         Créances  (J.-B.),  principal  honoraire  de  l'Université,  rue 

Blanchard,  12,  à  Fontenay-aux-Boses  (Seine).  .     .     .     1886 
Damécourt,  vétérinaire,  à  Cauraont-l'Éventé  (Calvados)     .     1914 
Delaunay-Lariviére.  pharmacien,  à  Mortain  (Manche)  .     .     1905 
Delavigne  (V.),  pharmacien  de  1"  classe,  rue  Sainte-Gene- 
viève, 2,  à  Vernon  (Eure) 1884 

Denizot  (G.),    préparateur  à  la  Faculté  des  Sciences  de 

Marseille  (Bouches-du-Bhone) 1914 

20        Desmars,  directeur  de  l'Hygiène  et  de  l'Assistance  publiques 

au  Ministère  de  l'Intérieur,  à  Paris 1919 

Dollfls  (G.),   ancien  président  de  la   Société  géologique 
de  France,  rue  de  Chabrol,  45,  à  Paris  (X*)  t     .     1873 

"Doranlo  (Dr  R.),  à  Mathieu  (Calvados) 1911 

Doucet  (G.),  pharmacien  à  Beaumonl-le-Roger  (Eure)     .     1915 
Duboscq  (Dr  0.),  professeur  à  l'Université  de  Montpellier 

(Hérault) 1894 

25        Duquesne  (A.),  pharmacien  honoraire,  à  Saint-Philibert, 

par  Montfort-sur-Risle  (Eure) 1873 

Durel  (A.),  professeur  au  Collège  d'Avranches  (Manche)  .     1905 
Duret,  professeur  à  la  Faculté  libre  de  Médecine,  boule- 
vard Vauban,  21,  à  Lille  (Nord) 1870 

""Fauvel  (P.),  docteur  es  sciences  naturelles,  professeur  à 
l'Université  catholique,  Villa  Cœcilia,  rue  du  Pin,  12,  à 

Angers  (Maine-et-Loire) 1894 

Focet  (R.),  avoué,  rue  du  Jeudi,  13,  à  Alençon    (Orne).     1912 
30        Fontaine,  naturaliste,  à  la  Chapelle-Gauthier,  par  Broglie 

(Eure) 1881 

"  Formigny  de  La  Londe  (de),  château  de  La  Londe,  à  Bié- 

ville-sur-Orne  (Calvados)    .  1901 

"Fortin  (B.),rue  du  Pré, 24,  à  Rouen  (Seine-Inférieure)     .     1874 
Foucher,  rue  de  la  Véga,  17  et  19,  à  Paris  (XIIe).      .      .     1871 


—  7  — 

Date  de  la  nomination 

MM.  Frémy  (abbé),  professeur  de  Sciences  naturelles  à  l'Insti- 
tution secondaire  libre  de  Saint-Lô   (Manche)  .     .     .     1913 
35        Gadeau  de     Kerville,    correspondant   du  Muséum,    rue 

Dupont,  7,  à  Rouen  (Seine-Inférieure) 1888 

Gerbault  (E.-L.),  ancien  magistrat,  avenue  Victor-Hugo, 

83,  à  Fresnay-s-Sarthé  (Sartlie) 1908 

Godard  (L.),  ingénieur  en  chef  des  Ponts  et  Chaussées, 

rue  d'Antin,  3,  à  Paris  (II*) 1905 

Hébert,  ancien  notaire,  rue  du  Jeudi.  24,  à  Alençon  (Orne)     1902 
"Hée   (A.),   préparateur    de   botanique    à    la    Faculté   des 

Sciences  de  Strasbourg (m.  r.  1917).     1919 

40        Hommex  (Dr  J.),  à  Sées  (Orne) 1881 

"Holard  (C),  professeur  de  botanique  à  la  Faculté  des 
Sciences,  directeur  de  l'Institut  et  du  Jardin  botaniques, 

a  Strasbourg   .     . (m.  r.  1912).     1919 

Houel  (P.),  ingénieur  des  Arts  et  Manufactures,  à  Condé- 

sur-Noireau  (Calvados) -■     .     1890 

"Husnot  (T.),  botaniste,  à  Caban,  par  Athis  (Orne)    .     .     1864 
Joly  (Dr),  médecin  consultant,  à  Bagnolles  (Orne).      .     .     1919 
45      "Kollmann,    préparateur    de   zoologie   à    la  Sorbonne,    à 

Paris  (Ve) 1919 

Laxglais,  directeur  en  retraite  des  Services  agricoles,  bou- 
levard Lenoir-Dufresne,  à  Alençon  (Orne)     ....     1883 
Leboucher  (J.),  ancien  pharmacien,  S ice-P résident,  route  du 

Mans,  118,  à  Alençon  (Orne) 1886 

m  Leclerc  (G.),  pharmacien  de  1"  classe,  licencié  és- 
sciences,  chef  de  laboratoire  à  la  Pharmacie  centrale  de 
France,  rue  des  ÎS'onnains-d'Hyéres,  21,  à  Paris  (IV#)     1907 

Lecœlr,  pharmacien,  à  Vimoutiers  (Orne) 1880 

50  M"'  Lecœir,  à  Vimoutiers  (Orne) 1891 

Lecointe.  professeur  à  l'École  normale,  à  Évreu.v  (Eure).     1892 
Lemée  (E.),    horticulteur-paysagiste,   ruelle   Taillis,   5,    à 

Alençon  (Orne)   . 1896 

Lemke,'  trésorier-payeur  général,  à  Auch  (Gers)    .     .      .     1919 
Lemercier,    pharmacien,   rue    Saint-Martin,    à    Argentan 

(Orne) 1905 

r>  i         Lenoir,  professeur  au  Lycée,  rue  du  Général-Fromentin, 

11,  à  Alençon  (Orne) 1911 


—  8  — 


Date  de  la  nomination 


MM.   Le  Roy  (Dr  R.),  avenue  de  Neuilly,  136  bis,  à  Neuilly-sur- 

Seine  (Seine) 1904 

Lescuyer  (C),  conservateur  des  Eaux  et  Forêts,  rue  du 

Rercail,  14,  à  Alençon  (Orne) .     1919 

Le  Sénéchal  (R.),  docteur  en  droit,  Le  Merlerault  (Orne)    1883 
"Letacq  (abbé  A.),  aumônier  des  Petites  Sœurs  des  Pauvres, 

route  du  Mans,  151  bis,  à  Alençon  (Orne)" 1877 

60        Lhomme  (L.),  éditeur,  rue  Corneille,  3,  à  Paris  (VIe).     .     1911 
"Maire  (Dr  R.),  professeur  de  botanique  à  la  Faculté  des 

Sciences  d'Alger  (Algérie) 1905 

Matte  (H.),  inspecteur  d'Académie,  à  Moulins  (Allier).     .     1898 
"Mazet  (P.),  propriétaire,  château  de  la  Haizerie,  par  Vaux- 

sur-Aure  (Calvados) 1913 

Michel,  agent  voyer,  à  Évrecy  (Calvados) 1887 

65         Moisy,   avocat,  boulevard  Herbet-Fournet,   57,  à   Lisieux 

(Calvados)      . 1896 

Moutier  (Dr  F.),  rue  de  Monceau,  95,  à  Paris  (VHP).     .     1899 

Perdreau  (De),  Le  Merlerault  (Orne) 1905 

Potier  de  Lavarde,  à  Lez-les-Eaux,  par  Saint-Père-sur- 

Mer  (Manche) 1919 

Prince  (Dr),    directeur  de    l'Asile  d'aliénés,    à   Alençon 

(Orne)     .     .     .     . 1919 

70        Renault  (C),  professeur  de  Sciences  physiques  et  naturelles 

au  Collège,  rue  de  Relfort,  41,  à  Fiers  (Orne)   .     .     .     1881 

"Robine  (Dr),  à  La  Haye-du-Puits  (Manche) 1901 

Saintange-Savouré,    receveur-buraliste,  à    Nonant-le-Pin 

(Orne) 1905 

"Tison  (A.),maitre  de  conférences  à  la  Faculté  des  Sciences, 

rue  Marceau,  8,  à  Rennes  (llle-et-Vilaine)    ....     1895 
Tolmer  (L.),  licencié  es  sciences,  rue  des  Roucheis,  50, 

à  Rayeux  (Calvados)      . 1908 

75      "Touljion    (de),    Château  de  Bazoge,    à    Juvigny-le-Tertre 

(Manche) ." .     1916 

"Vaullegeard    (Achille),    docteur  ès-seiences,    industriel, 

rue  Armand-Gasté,  à  Condé-sur-Noireau  (Calvados)     .     1891 
77        Zurcher  (P.),  ingénieur  en  chef  des  Ponts-et-Chaussées.     1893 


PROCES-VERBAUX  DES  SEANCES 


-^3*1 


TRAVAUX  ORIGINAUX 


—  11  — 

Ph.  HOUEL.  —  Le  Problème  des  sources  et 
des  cours  d'eau  dans  ses  rapports  avec 
l'atmosphère,  le  sol  et  la  végétation. 

Raro  fhwius  miniiitur  ac  crescit;  sed 

qualis  aestate.  talis  esse  solet  hieme  ; 

Aquam  praebet  jucundissimam  vo- 

lenti  bibere... 

(Misopogon) 

CHAPITRE    PREMIER 

Données  climatériques .  —  Régime  ancien  des  cours 
d'eau.  —  Comparaison  avec  le  régime  actuel.  — 
Transformations  de  la  surface  du  sol  depuis  les 
temps  anciens.  —  Conséquences. 

OBJET    PRINCIPAL   DU   MEMOIRE 

L'eau  de  source,  qui  est  précieuse  partout,  Test 
surtout  dans  les  villes  ;  aussi  tout  le  monde 
s'accorde  aujourd'hui  à  mettre  au  premier  rang  de 
l'utilité  pour  une  agglomération  la  distribution  de 
l'eau  potable  aux  habitants.  Suivant  même  un 
hygiéniste  des  plus  autorisés,  le  docteur  Rochard, 
l'eau  pure  devrait  être  assez  largement  distribuée 
pour  permettre  d'aller  jusqu'au  gaspillage.  Pareil 
état  de  choses  a  existé,  et  l'antiquité  Romaine  l'a 
connu  au  temps  de  ses  Aqueducs  et  de  ses 
Thermes  ;  mais,  de  nos  jours,  de  cette  abondance 
ou  de  cette  prodigalité,  il  ne  reste  trop  souvent 
que  le  programme. 

Non  seulement  il  y  a  chez  nous  très  peu  de  loca- 
lités où  on  puisse  gaspiller  l'eau  de  source  ;  mais 


—  12  — 

beaucoup  au  contraire  n'ont  que  le  nécessaire 
pour  les  besoins  immédiats  de  l'alimentation, 
heureuses  encore  lorsqu'elles  peuvent  compter 
sur  la  stricte  ration  dans  les  périodes  de  sécheresse. 
J'entreprends  de  montrer  qu'il  est  des  cas  très 
nombreux  où,  malgré  l'apparence  peu  favorable 
d'un  terrain  pour  la  conservation  des  eaux,  il  est 
possible  néanmoins  d'en  tirer  bon  parti  à  ce  point 
de  vue. 

La  plupart  des  villes  anciennement  pourvues 
d'un  bon  service  d'eaux  doivent  cet  avantage  à  la 
situation  qu'elles  occupent  sur  un  sol  privilégié 
qui  avait  mis  tout  d'abord  des  sources  à  leur 
portée.  En  général  ces  villes  occupent  des  régions 
dont  le  sous-sol  est  relativement  perméable.  Une 
sera  pas  question  de  leurs  installations  puisque  le 
problème  posé  ici,  celui  du  rassemblement  des 
eaux  de  source,  était  résolu  pour  elles  à  l'avance 
Je  ne  m'attacherai  qu'à  l'étude  de  la  même  ques- 
tion pour  les  régions  où  les  sources,  à  la  fois  nom- 
breuses et  disséminées,  sont  en  même  temps 
faibles  et  inconstantes.  Cette  répartition  est  celle 
qui  caractérise  les  contrées  de  sous-sol  imper- 
méable qui  occupent  comme  on  sait  sur  le  sol  de 
la  France  d'assez  grandes  étendues. 

Dans  ces  régions,  quand  arrive  l'automne,  on 
n'entend  généralement  que  plaintes  sur  la  pénurie 
croissante  des  eaux  de  source.  Il  faut  se  persuader 
alors  qu'au  cours  naturel  des  choses,  le  mal  ne 
peut  aller  que  s'aggravant,  comme  si  l'eau  pure 
avec  le  temps  devait  prendre  la  valeur  d'un  pro- 
duit   rare,  et  que   le  moyen  de  détourner  cette 


—  13  — 

perspective  est  de  revenir  à  un  état  de  choses 
aboli.  J'entreprendrai  de  montrer  qu'à  l'aide  de 
deux  moyens  :  l'acquisition  de  surfaces  suffisantes 
sur  terrains  de  sources  et  l'application  de  couver- 
tures végétales  appropriées  à  ces  mêmes  places,  il 
est  possible  de  préserver  les  sources  elles-mêmes 
de  la  manière  la  plus  efficace  et  qu'en  dehors  de 
ces  moyens  il  n'y  a  à  prévoir  pour  elles,  dans  ces 
régions  de  sous-sol  imperméable,  que  la  dispa- 
rition totale. 

DISSÉMINATION   DES   POINTS    DE  SOURCES 

La  dissémination  des  points  de  source  est  par- 
ticulièrement visible  sur  les  régions  de  sous- sol 
granitique. 

Là,  partout  où  le  sol  bosselé  forme  cuvette,  il 
existe  une  source  dont  le  débit  est  en   rapport 
direct  avec  les  précipitations  reçues  et  la  surface. 
Quand  cette  surface  est  dégarnie  de  sa  couverture 
de   végétation,    l'évaporation    se   manifeste   très 
intense  et  très  apparente  en  raison  de  ce  que  le 
sous-sol  n'a  pu  rien  réserver  dans  son  intérieur  de 
ce  que  les  pluies  ont  apporté.  Sur  les  formations 
géologiques  perméables  les  apparences -sont  diffé- 
rentes, car  le  sous-sol   alors  est  plus   ou   moins 
absorbant.  Les  sources  dans  cet  état  de  choses  sont 
ordinairement  fortes  et  clairsemées.  Les  précipita- 
tions atmosphériques  transportées  par  les  assises 
généralement  peu  inclinées  du  sous-sol  vont  se 
rassembler  souvent  très  loin  des  points  où  elles 
ont  pénétré  tout  d  abord.   Ces   réserves  internes 


. 


—  14  — 

accumulées  viennent  alors  au  jour  à  la  faveur 
d'un  accident  de  la  surface,  une  vallée  transver- 
sale par  exemple,  qui  met  à  nu  en  les  recoupant 
les  assises  perméables  de  la  stratification  à  leur 
contact  avec  une  zone  inférieure  imperméable. 

On  comprend  donc  que,  dans  ces  conditions, 
les  effets  de  l'évaporation  sur  les  sources  sont 
moins  apparents  ou  moins  intenses  quand  l'obser- 
vation ne  porte  que  sur  des  régions  circonscrites 
qu'ils  ne  le  sont  pour  les  régions  de  sous-sol  gra- 
nitique. Sur  les  formations  sédimentaires  dites 
perméables  ou  relativement,  les  infiltrations  peu- 
vent suivre  en  outre  les  lignes  de  faille  ou  de  cas- 
sure des  roches  compactes  ou  leurs  lits  de  stratifi- 
cation, sans  préjudice  de  l'action  dissolvante 
qu'elles  peuvent  exercer  sur  elles  avec  le  temps. 
Enfin,  lorsqu'elles  sont  emprisonnées  entre  des 
couches  imperméables  elles  donnent  lieu  aux 
phénomènes  dits  «  artésiens  ».  Mais  pour  tous  les 
cas  et  pour  tous  les  terrains,  il  faut  admettre  en 
principe  que  les  eaux  venant  comme  sources  à  la 
surface  du  sol  ont  pour  unique  origine  les  préci- 
pitations atmosphériques. 

Le  rôle  du  sous-sol,  comme  ou  le  voit,  est 
entièrement  passif,  mais  il  peut  aussi  servir  de 
réserve  en  raison  de  sa  masse  ou  des  dislocations 
plus  ou  moins  profondes  qui  peuvent  l'affecter. 

Trois  éléments  extérieurs  au  sous-sol  sont  à  con- 
sidérer :  le  sol,  la  couverture  du  sol  par  la  végé- 
tation et  l'atmosphère.  Ce  sont  les  milieux  d'ori- 
gine de  tous  les  phénomènes  qui  intéressent  les 
sources. 


—  15  — 

RÔLE    DU    SOL 

Le  sol  est  presque  toujours  poreux  à  quelque 
degré. 

En  raison  de  sa  masse,  il  agit  en  plus  ou  moins 
grande  mesure  comme  réserve  Si  la  masse  est 
assez  forte,  elle  parera  aux  interruptions  du  débit 
des  sources  en  période  de  sécheresse;  mais,  aux 
conditions  ordinaires  de  la  surface,  le  cas  se  pré- 
sente très  rarement. 

RÔLE    DE   LA    VEGETATION 

La  couverture  végétale  du  sol  exerce  une 
influence  très  grande  sur  les  sources  et  particuliè- 
rement sur  leur  régime.  Elle  arrête  presque  en 
toute  saison  le  ruissellement  des  eaux  sur  les 
pentes,  et  le  ruissellement  détourne  l'eau  destinée 
aux  sources  pour  la  donner  aux  torrents.  Ensuite 
elle  combat  très  énergiquement  l'évaporation  par 
le  sol  même  en  le  préservant  de  la  radiation 
solaire  directe  et  du  haie.  Enfin,  par  l'intermé- 
diaire de  ses  racines  elle  favorise  la  pénétration 
des  eaux  en  profondeur.  Ce  sont  là  ses  effets  en 
quelque  sorte  visibles.  Elle  en  a  encore  un  autre, 
moins  apparent,  et  sur  lequel  il  faudra  revenir  ; 
elle  détermine  du  sol  à  l'atmosphère  et  par  évapo- 
ration,  le  mouvement  d'une  très  forte  quantité 
d'eau  qu'elle  y  ramène  incessamment.  C'est  même 
là  son  rôle  propre  dans  la  préservation  des  sources. 
On  peut  remarquer  d'ailleurs  que,  si  dégarni  de 
végétation  permanente  que  soit  aujourd'hui  un 
sol  de  culture,  il  ne  montre  guère  de  point  de 

â 


Ok 


-  16  — 

source  saus  quelque  végétation  arborescente  tout 
auprès. 

RÔLE    DE    L'ATMOSPHÈRE 

L'atmosphère  a  également  une  action  complexe. 
Ses  précipitations  sous  forme  de  pluies,  de  neiges 
ou  de  rosées,  alimentent  seules  le  débit  des 
sources  et  des  rivières  ;  mais,  parallèlement  elle 
reprend,  évaporées,  une  grande  partie  des  eaux 
qu'elle  déverse.  Ici  se  place  une  donnée  expéri- 
mentale essentielle.  Pour  les  régions  Ouest  ou 
Nord-Ouest  de  la  France,  l'atmosphère  enlève  en 
moyenne  dans  le  courant  d'une  année  les  deux 
tiers  des  eaux  déversées  par  elle  sur  le  sol  dans  le 
même  temps.  Le  sol,  dans  son  état  moyen  ordi- 
naire, n'en  garde  par  conséquent  que  le  tiers  pour 
tout.  Ce  tiers  enfin  se  fractionne  lui-même  en  deux 
parties  suivant  l'état  des  surfaces  :  une  qui  roule 
sur  le  sol  en  le  pénétrant  à  peine,  une  autre  qui 
s'infiltre  à  l'intérieur  et  alimente  plus  particulière- 
ment les  sources. 

La  hauteur  moyenne  annuelle  des  pluies  pour 
une  même  contrée  est  considérée  comme  cons- 
tante à  la  condition  d'être  prise  sur  un  assez  grand 
nombre  d'années,  sur  cent  ans  par  exemple  Par 
contre,  cette  même  hauteur  peut  être  assez  diffé- 
rente d'une  contrée  à  une  autre,  ces  contrées 
même  étant  voisines.  Il  suffit  de  différences 
d'altitude,  de  différences  d'orientation  des  vallées 
ou  des  lignes  de  faîte  pour  donner  lieu  à  des  écarts 
accentués.  Dans  nos  régions  Ouest,  une  ligne  de 
faîte  orientée    Nord-Sud    recevra    annuellement 


—  17  - 

beaucoup  plus  d'eau  sur  le  versant  qui  regarde 

l'Ouest  que  sur  le  versant  opposé. 

t 

DONNÉES    CLLMATÉRIQUES 

La  répartition  des  pluies  sur  l'année  pour  nos 
régions  de  l'Ouest  suit  une  marche  parallèle  à 
celle  des  températures.  Le  minimum  des  pluies 
appartient  à  l'hiver  et  le  maximum  à  l'été.  Le 
printemps  et  l'automne  ont  des  valeurs  intermé- 
diaires. Une  moyenne  portant  sur  90  années, 
calculée  sur  les  chiffres  consignés  aux  annuaires 
météorologiques  de  Paris-Montsouris,  donne  les 
résultats  suivants  rapportés  à  une  hauteur 
moyenne  annuelle  de  un  mètre. 

Automne    ....     0,255  l 

Hiver 0,191    <    Soit  -f 

Printemps  ....     0,2G7   / 


•> 


Eté 0,287        Soit^- 


1.000        ou     y 

Il  est  possible  que  le  voisinage  de  la  mer  apporte 
quelques  modifications  à  ces  proportions  pour  les 
localités  qui  en  sont  à  proximité,  puisque  ce  voi- 
sinage modifie  aussi  le  régime  des  vents  ;  mais, 
faute  de  données  statistiques  suffisantes  les  con- 
cernant, les  chiffres  précédents  sont  à  maintenir 
en  raison  de  leur  généralité. 

Parallèlement  à  la  donnée  expérimentale  rela- 
tive à  la  réserve  par  le  sol  du  tiers  des  pluies 
annuelles  aux  conditions  actuelles  de  sa  surface, 
se  place  une  autre   constatation  très  importante 


18 


pour  le  régime  de  nos  cours  d'eau.  Elle  établit 
qu'en  été  l'évaporation  par  le  sol  est  assez  intense 
pour  rendre  à  l'atmosphère  au  cours  de  la  saison 
même  la  totalité  des  pluies  déversées  dans  les 
trois  mois-  Le  fait  a  été  posé  en  principe  acquis 
Les  pluies  estivales  ne  profitent  pas  aux  cours  d'eau. 
Le  rapprochement  des  deux  points,  assez  certains 
isolément  pour  servir  de  base  permet  de  préciser 
l'intensité  d'évaporation  propre  aux  deux  groupes 
de  saisons  qui  viennent  d'être  distingués  :  l'au- 
tomne, l'hiver  et  le  printemps  d'une  part,  l'été  de 
l'autre.  Le  résultat  est  le  suivant  : 

L'automne,  l'hiver  et  le  printemps  en- 
semble évaporent  une  fraction  des  pluies 
déversées  par  leur  groupe  égale  à     .     .     .     . 

Le  même  groupe  conserve  au  sol  la  frac- 
tion des  pluies  déversées  égale  à.     .     ,     .     . 

L'été  évapore  à  lui  seul  le  total  des  pluies 

qu'il  déverse  c'est- à  dire 

et  ne  réserve  rien  au  sol. 


15 

1 
15 

15 
IF 


L'exactitude  de  ces  déductions  se  vérifie  très 
aisément. 

Lorsque  le  groupe  des  trois  saisons  froides 
réserve  au  sol  les  —  des  pluies  qu'il  déverse,  il 

garde  au  sol  par  le  fait  les  —  de  —  de  leur  total. 

Or,  les  —r-  de  tt  donnent  -rrr  ou  exactement  —  • 

15  7  1U5  à 

On  retombe  ainsi  sur  la  donnée  première. 

Si  on  veut  procéder  autrement,  on  dira  que  le 
groupe  des  trois  saisons  évaporant  les  —  de  ce 

15 

qu'il  reçoit  évapore  par  le  fait  les  —  de  —  par 


—  19  — 

rapport  au  total  ou  les  — —  .  Mais  L'été,  d'autre 
part,   évaporant   les  —  de  ec   même  total   ou   les 

30 

■jzr  on   a    pour    l'évaporation    annuelle   totale    : 

40  +  30  70  I 

— r^—  ou  -rrr  soit  exactement  4-  :  ce  qui  revient 

10a  JOj  .{  ^ 

encore  à  la  vérification  du  point  de  départ.  Telles' 
sont  approximativement  les  bases  climatériques 
qui  règlent  l'alimentation  des  sources  et  des  cours 
d'eau  dans  l'Ouest  de  la  France. 


REGIME  ANCIEN   DES  COURS    D  EAU  ET  DES    SOURCES 

Or  ces  bases  ne  sont  certainement  pas  celles  qui 
Ont  présidé  aux  faits  de  tout  temps.  Toutes  les 
inductions  qu'on  peut  tirer  de  la  tenue  actuelle 
de  nos  rivières  par  rapport  à  leur  tenue  antérieure, 
même  à  celle  d'il  y  a  cinquante  ou  cent  ans,  suffi- 
raient à  le  montrer.  Mais  l'attestation  la  plus  nette 
à  invoquer  est  encore  le  texte  qui  sert  d'épigraphe 
à  ce  mémoire.  La  citation  est  tirée  du  Mlsopogon 
de  l'Empereur  Julien  Divers  auteurs  et  savants 
l'ont  reproduite  :  Dausse,  Elie  de  Beaumont, 
A.  de  Lapparent.  Le  lleuve  mentionné  est  la  Seine, 
la  Seine  de  l'époque  Gallo -Romaine,  telle  qu'elle 
était  au  temps  de  Lulèce  vers  le  milieu  du  ive  siècle 
de  notre  ère,  quand  elle  baignait  le  pied  des  jar- 
dins du  palais  des  Thermes. 

La  ville  de  Paris  ne  peut  la  reconnaître  aujour 
d'hui.  A  ce  régime  si  uniforme  d'il  y  a  quinze 
siècles  un  autre  a  succédé,  presque  torrentiel.  A 
l'eau  si  parfaite  et  si  agréable  à  boire  qui  alimen- 
tait son  cours,  une  autre  s'est  substituée.  Nous 
savons  qu'aucun  filtre  n'est  encore  en  mesure  de 


20 


lui  rendre  sa  pureté  d'autrefois  et  n'y  sera  peut-être 
de  longtempe.  Il  faut  ajouter  que  la  Seine  ne 
retrouvera  plus  sa  constance  de  régime.  Des  mo- 
difications de  la  température  n'expliquent  pas  ces 
changements  ;  d'autant  plus  que  la  suite  de  la 
citation,  tout  en  mentionnant  le  climat  doux  et 
tempéré  de  Lutèce,  parle  de  la  qualité  particulière 
de  ses  vignobles.  Les  étés,  au  temps  de  l'empereur 
Julien  ne  devaient  pas  être  moins  chauds  que  de 
nos  jours. 

Ce  qui  était  vrai  de  la  Seine  l'était  aussi  de  la 
plupart  des  autres  cours  d'eau  de  la  Gaule.  La 
Loire  elle-même,  suivant  les  auteurs  du  premier 
siècle,  n'était  pas  le  fleuve  aux  eaux  troubles  et 
torrentielles  que  nous  connaissons.  C'était  le  fleuve 
aux  eaux  calmes  et  limpides.  Ainsi,  peu  après  la 
conquête  des  Gaules,  la  Loire  n'inondait  pas  ses 
rives  et  ne  charriait  pas. 

Il  faut  penser  qu'à  ces  époques  reculées  la  Gaule 
pouvait  compter  au  plus  sept  ou  huit  millions 
d'habitants  ;  et  encore,  répartis  principalement 
dans  la  partie  méridionale.  Le  pays  au  Nord  et  à 
l'Ouest  était  presque  entièrement  couvert  de  forêts. 
Les  grandes  vallées  au  confluent  des  rivières 
n'étaient  que  marécages  étendus.  L'eau  rencontrait 
des  obstacles  presque  à  chaque  pas  et  se  montrait 
un  peu  partout,  même  sur  les  plateaux  et  sur  les 
pentes,  Les  sources,  protégées  par  la  grande  et  par 
la  moyenne  végétation  étaient  très  nombreuses  et 
se  montraient  à  plus  haute  altitude  que  mainte- 
nant. Il  n'est  guère  de  localité  où  on  ne  trouve 
quelques  vestiges  de  cet  ancien  état  de  choses. 


—  21  — 

Près  de  la  ville  de  Coudé  même,  on  remarque 
ce  lieu  dit,  au  cadastre,  La  Fontaine  Limet,  situé 
commune  de  Saint-Pierre  du-Regard  à  mi-côte. 
Là  existait  certainement  une  source.  Elle  était  voi- 
sine dune  station  Gallo-Romaine  ;  et  l'emplace- 
ment de  celle-ci  est  encore  marqué  dans  une  pièce 
de  labour  par  des  fragments  de  tuiles  à  rebords 
que  la  charrue  disperse  un  peu  plus  tous  les  ans. 
Maintenant  la  désignation  de  Fontaine  Limet  est 
celle  d'un  champ  au  cadastre  Non  seulement  il 
n'y  a  plus  de  source  mais  la  place  et  les  abords  ne 
laissent  pas  voir  de  traces  d'infiltrations.  La  source 
a  descendu  et  s'est  tarie. avec  le  déboisement  des 
terrains  supérieurs. 

C'est  à  la  présence  de  l'homme  et  aux  progrès 
de  son  industrie  quïl  faut  attribuer  les  change- 
ments survenus.  Pour  l'homme,  en  effet,  lâge 
d'or  n'est  plus  relégué  dans  le  passé  ;  mais  celui 
des  sources  s'y  trouve  à  coup  sûr.  Il  existait  pour 
elles  au  temps  de  la  nature  sauvage,  protégées 
qu'elles  étaient  par  la  végétation  Lorsqu'on 
voudra  les  faire  renaître  avec  leur  pureté  et  leur 
constance,  même  approximative,  il  faudra  leur 
rendre  les  conditions  d'abri  et  d'isolement  qu'elles 
avaient  Leur  décadence  n'a  pas  été  brusque,  nous 
la  voyons  même  continuer  tous  les  jours. 

VICISSITUDES    DU  REGIME    DES   SOURCES  AVEC  LE  TEMPS 

Le  régime  des  cours  d'eau  a  suivi  en  effet  les 
vicissitudes  de  la  propriété  du  sol.  La  prise  de  pos- 
session a  été  marquée  d'abord  par  des  défriche- 


—  22   - 

ments.  Les  parties  dénudées,  si  rares  qu'elles  aient 
été  au  commencement,  ont  donné  prise  à  une 
éxaporation  pius  intense  qu'auparavant.  En  même 
temps  la  culture  a  dû  procéder  à  l'évacuation  de 
proche  en  proche  des  eaux  stagnantes  des  points 
hauts  vers  les  points  bas-  Ces  deux  effets  concou- 
rants ont  été  continus  et  croissants  de  toute 
manière.  La  division  de  la  propriété,  conséquence 
de  l'accroissement  de  la  population,  les  a  cons- 
tamment amplifiés.  Les  progrès  de  la  culture,  la 
diversité  même  des  cultures,  ont  agi  parallèlement 
Aux  époques  plus  récentes,  des  travaux  d'utilité 
publique  de  tout  ordre  ont  commencé  à  s'imposer. 
Les  voies  terrestres  ont  étendu  peu  à  peu  leurs 
ramifications  jusqu'aux  plus  hautes  parcelles. 
Dans  les  vallées,  le  débouché  des  eaux  fluviales  a 
été  facilité  en  même  temps.  Tout  a  concouru  en 
somme,  avec  le  temps,  à  favoriser  par  ruisselle- 
ment l'écoulement  rapide  des  eaux.  Il  n'est  pas 
jusqu'au  bon  entretien  de  tous  ces  ouvrages  qui 
n'ait  eu  la  même  conséquence.  En  dernier  lieu  les 
applications  du  drainage  ont  ajouté  leurs  effets 
aux  précédents.  Or,  le  jeu  de  ces  influences  n'a 
pas  de  terme  ;  il  représente  la  lutte  perpétuelle  de 
la  vie  avec  l'inertie  naturelle  aux  choses.  Les 
sources  qui  ne  vivaient  que  d'uniformité  et  de 
stabilité  ont  subi  le  contre-coup  de  l'accélération 
qui  se  propageait  autour  d'elles.  Elles  ont  d'abord 
fléchi,  puis  beaucoup  ont  disparu.  En  même  temps 
l'écoulement  torrentiel  inconnu  à  l'origine,  a 
grandi  et  continue  encore  de  grandir.  Autrefois  la 
masse  énorme  d'eau  qui  était    réservée  en  perm 


-  23  - 

nence  dans  le  sol  exerçait  sa  fonction  régulatrice 
sur  les  débits  des  saisons  froides  aux  saisons 
chaudes  ;  aujourd'hui  où  elle  est  en  grande  partie 
tarie,  les  oscillations  des  unes  aux  autres  qui 
riaient  peu  sensibles  sont  devenues  plus  intenses 
et  beaucoup  plus  brusques.  Nous  le  constatons  à 
toute  occasion  à  partir  du  mois  de  juin  dans  les 
régions  de  sous-sol  imperméable. 


RÉGIME    ACTUEL     DES     SOURCES     ET     DES     COURS    D'EAU 


Le  débit  de  nos  cours  d'eau  subit  à  partir  de 
cette  époque  de  l'année  des  abaissements  successits 
bien  tranchés.  La  première  chute  suit  la  coupe  des 
trèfles,  des  foins  et  des  luzernes  ;  la  seconde  vient 
après  celle  des  avoines  et  des  blés;  la  troisième 
qui  dans  beaucoup  de  cas  supprime  presque 
l'écoulement  accompagne  en  Bretagne  et  en  Nor- 
mandie l'enlèvement  des  sarrasins.  Les  sources  se 
ravivent  ainsi  de  plus  en  plus  tard.  C'est  à  peine 
si  elles  reviennent  en  Novembre.  Rien  ne  montre 
mieux  que  ces  constations  l'intervention  de  plu- 
sieurs facteurs  dans  le  travail  de  l'évaporation. 
"Celle  ci  en  effet,  à  la  manière  dont  elle  s'opère  sur 
un  sol  abrité  serait  assez  peu  sensible  si  elle  n'était 
duc  qu'à  la  seule  différence  des  températures 
moyennes  de  l'air  entre  l'été  et  les  trois  autres 
saisons  ;  c'est-à-dire  celle  de  18°2  à  8°2  ou  dix  degrés 
centigrades  seulement,  d'après  les  annuaires 
météorologiques  de  Montsouris.  Et,  en  effet,  tant 
que  le  sol  conserve  son  manteau  de  végétation 
herbacée,  de  trèfles,  de  luzernes  ou  de  sarrasins, 


—  24  — 

il  n'a  de  contact  avec  l'extérieur  que  par  l'inter- 
médiaire d'un  matelas  d'air  emprisonné  presque 
saturé  d'humidité,  ne  se  renouvelant  que  difficile- 
ment et,  pendant  le  jour,  d'une  température  infé- 
rieure à  l'ambiance,  L'humidité  est  alors  retenue 
dans  le  sol  comme  elle  le  serait  dans  un  vase  clos. 
L'abri  végétal  disparaissant,  c'est  une  double  pro 
tection  qui  s'en  va  avec  lui  La  radiation  solaire 
directe  et  le  haie  entrent  aussitôt  en  jeu.  Ce  sont 
là  les  deux  facteurs  importants  de  l'évaporation, 
et  leur  effet  est  immédiat.  Le  sol  ordinairement 
doué  d'un  grand  pouvoir  absorbant  prend  alors 
des  températures  de  surface  qui  s'élèvent  à  40  et 
42  degrés  pour  la  moyenne  des  maxima  de  juillet  ; 
c'est-à-dire  plus  que  doubles  de  la  température  de 
l'air  au  même  moment  En  valeurs  extrêmes,  à 
Montsouris,  on  a  constaté  sur  le  gazon  au  soleil 
des  températures  telles  que  50  et  60  degrés  en 
juillet  1900.  C'est  dans  ces  conditions  que  la  dénu- 
dation  du  sol  laisse  le  champ  libre  à  la  ventilation. 
Il  n'est  pas  surprenant  que  le  régime  de  nos  cours 
d'eau  s'en  ressente  aussitôt.  Lorsqu'au  contraire 
au  début  de  la  période  historique  le  sol  était 
presque  entièrement  protégé  contre  la  radiation 
solaire  et  le  haie  et  qu'en  même  temps  le  ruissel- 
lement était  inconnu;  qu'en  plus  de  cela  des 
réserves  restaient  abondantes  dans  le  sol,  le 
régime  des  cours  d'eau  devait  bien  être  la  cons- 
tance comme  la  tradition  l'indique- 


—  25  — 

COMPARAISON    DK    REGIMES 

Alors  les  pluies  estivales  profitaient  aux  cours 
d'eau,  non  pas  dans  la  même  proportion  que 
celles  des  autres  saisons,  mais  certainement  dans 
une  proportion  intermédiaire  puisqu'il  faut  tou- 
jours faire  la  part  des  différences  de  température 
de  l'été  à  l'ensemble  des  trois  autres  saisons. 

En  résumé,  les  débits  d'étiage  devant  être 
augmentés  et  ceux  des  autres  saisons  restant  les 
mêmes,  les  débits  moyens  des  cours  d'eau  au 
début  de  la  période  historique  devaient  être  plus 
forts  en  quelque  mesure  que  ceux  que  nous  cons- 
tatons aujourd'hui.  Certaines  conséquences,  au 
point  de  vueclimatérique,  peuvent  résulter  de  ces 
conclusions. 

CONSÉQUENCES    CLIMATERIQUES    ADMISSIBLES 

Le  courant  d'eau  que  l'atmosphère  déverse  sans 
fin  sur  le  sol  sous  forme  de  pluies  dans  nos 
régions  tempérées,  et  qui  se  renouvelle  incessam- 
ment par  l'évaporation  directe  ou  indirecte,  est 
toujours  le  même  en  moyenne  annuelle,  quand 
on  prend  cette  moyenne  sur  une  période  de 
temps  suffisante.  Il  ne  varie  sous  nos  yeux  qu'en 
apparence  avec  l'état  du  sol  La  partie  qui  se  rend 
aux  océans,  et  qui  est  la  moindre,  peut  nous 
paraître  plus  ou  moins  forte  ;  mais  la  somme  des 
deux  parties,  celle  des  eaux  condensées  et  celle 
que  le  sol  renvoie  en  vapeurs  dans  l'atmosphère 
est  toujours  invariable.  Il  ne  peut  en  être  autre- 
ment parce  que  le  flux  de  chaleur  ou  d'énergie  qui 


26 


agit  au  cours  d'nne  année  sur  notre  globe  et  qui 
donne  lieu  à  ce  mouvement  permanent  des  eaux, 
est  invariable  lui-même  en  moyenne.  De  là  cette 
conséquence  que  la  température  qui  préside  à  cette 
absorption  de  chaleurpar la  terreestelle-mêmecon- 
stante  etinvariable,  toujours  en  moyenne  donnée. 

Si,  dans  ces  conditions,  une  modification 
apportée  au  sol  de  surface  intervient,  ayant  le 
pouvoir  de  modifier  sur  le  sol  même,  et  dans 
l'année,  la  répartition  des  masses  liquides  par 
rapport  aux  vapeurs,  une  oscillation  de  la  tempé- 
rature se  produira  au  cours  de  l'année  même 
entre  deux  périodes  de  celle-ci,  sans  toutefois  que 
sa  température  moyenne  puisse  changer  en  quoi 
que  ce  soit.  Un  rapprochement  peut  se  faire  ainsi 
entre  l'état  des  choses  tel  qu'il  se  présentait  il  y  a 
deux  mille  ans  et  leur  état  actuel.  Lorsqu'autrefois 
le  débit  des  cours  d'eau  était  plus  élevé  que  main- 
tenant, le  sol  retenant  une  partie  plus  forte  des 
pluies  de  l'été,  ce  sol  d'été  avait  moins  d'eau  à 
évaporer  qu'aujourd'hui  et  bénéficiait  davantage 
d'une  réserve  de  chaleur.  La  température  des  étés 
pouvait  être  ainsi  un  peu  plus  élevée  qu'aujour- 
d'hui et  par  compensation  celle  des  hivers  un  peu 
plus  basse  puisque  cette  compensation  est  forcée. 

Au  reste,  qu'on  pousse  le  raisonnement  à 
l'extrême  en  supposant  que  toutes  les  précipita- 
tions atmosphériques  retournent  directement  aux 
océans  (1),  l'atmosphère  plus  dégagée  de  vapeurs 

(1)  Voir  à  ce  sujet  la  discussion  de  l'évaporation,  détaillée 
au  chapitre  III.  La  masse  des  eaux  de  pluie  retenue  par  le 
sol  peut  très  bien  échapper  à  toute  limite. 


27 


se  prêtera  d'autant  plus  au  rayonnement  dans  les 
deux  sens.  Les  étés  deviendront  certainement 
plus  torrides  et  les  hivers  plus  glacés. 

La  tradition  historique  s'accorde  avec  ces  vues, 
au  moins  sur  un  point.  Autrefois  en  Gaule  nos 
rivières  gelaient  tous  les  hivers,  alors  qu'elles  ne 
gèlent  plus  que  rarement  de  nos  jours  Ceci 
revient  à  dire  qu'autrefois  la  Gaule  participait  plus 
que  maintenant  du  climat  continental  tandis  que 
maintenant  la  France  participe  davantage  du 
climat  marin.  Nous  devrions  ce  changement  à  la 
disparition  des  forets  qui  couvraient  alors  la 
grande  partie  du  territoire 

WCJEN    ÉTAT    FORESTIER 

L'action  solaire  sur  le  globe  terrestre  n'a  pas 
changé  depuis  deux  mille  ans,  mais  il  n'en  est  pas 
de  même  de  l'influence  de  la  végétation  sur  le 
régime  des  eaux,  même  la  superficie  des  couver- 
tures végétales  mises  à  part  Les  forêts  de 
l'ancienne  Gaule  en  effet  ne  ressemblaient  pas  de 
tout  point  à  celles  d'aujourd'hui  :  le  sol  forestier 
en  particulier  était  très  di lièrent  Nos  forets 
actuellement  n'ont  qu'une  efficacité  restreinte 
dans  la  plupart  des  cas  sur  la  retenue  des  eaux  par 
rapport  à  l'ancien  temps  parce  qu'elles  n'occupent 
plus  sur  le  territoire  que  les  régions  ingrates  qui 
seraient  stériles  pour  toute  autre  culture,  et  que  la 
géologie  aurait  pu  déterminer  d'avance.  La  pro- 
■ondeur  d'un  sol  de  réserve  leur  fait  défaut,  et 
elles  ne  sont  que  les  débris  de  l'ancien  état  forcs- 


28 


tier.  Tout  ce  qui  pouvait  être  sol  de  rapport  a  été 
enlevé  à  ces  anciennes  forêts  qui  recouvraient 
alors  le  sol  des  vallées  et  de  leurs  versants  aussi 
bien  que  le  sol  maigre  des  plateaux.  Sur  un  sol 
profond  de  ce  genre  rendu  spongieux  par  les 
débris  accumulés,  la  réserve  des  eaux  était  consi- 
dérable et  donnait  infiniment  moins  de  prise  à 
l'évaporation  que  maintenant  où  la  végétation 
forestière  ne  s'accroche  plus  qu'à  des  affleurements 
rocheux  dans  la  plupart  des  cas. 

OBSTACLES    A    UN    RETOUR    A   L 'ANCIEN    ETAT 

Quand  il  s'agit,  aujourd'hui,  pour  préserver  un 
terrain  de  sources.,  de  revenir  à  l'état  ancien  pri- 
mitif en  couvrant  de  végétation  un  sol  riche  pour 
d'autres  cultures  et  de  bon  rapport,  divisé  peut- 
être  entre  de  nombreux  propriétaires,  les  diffi- 
cultés pratiques  sont  sans  fin.  Le  point  de  vue 
qui  prévaut  alors  est  de  se  contenter  d'acquisitions 
restreintes  ou  de  n'acheter  rien  du  tout.  C'est 
ainsi  que  la  question  des  terrains  de  sources,  la 
principale  dans  un  projet  d'adduction,  est  souvent 
laissée  dans  l'ombre.  Les  exigences  bactériolo- 
giques ont  légèrement  atténué  les  tendances  res- 
trictives en  prescrivant  l'établissement  de  péri- 
mètres de  protection  sur  les  terrains  en  question 
au  voisinage  immédiat  des  émergences  ;  mais  la 
surface  de  ceux-ci  est  généralement  loin  d'être 
suffisante  pour  la  protection  des  débits  et  de  leur 
constance. 

Tous  ces  faits  qui  relèveut  plus  ou  moins  direc- 
tement de  l'observation  ont  leur  enseignement. 


-  29 


CAPTAGES 


Les  systèmes  ou  les  procédés  de  captage  ont 
presque  tous,  sinon  tous,  le  principe  du  drainage 
à  leur  base.  On  voit  à  quelles  conditions  on  peut 
en  attendre  de  l'efficacité.  D'abord,  tous  les  sols 
ou  sous-sols,  même  couverts  de  végétation  arbo- 
rescente, ne  sont  pas  drainabies.  Ensuite,  le  drai- 
nage superficiel  ou  profond,  là  où  il  est  applicable, 
doit  comporter  pour  être  de  bon  rendement  per- 
manent :  la  possession  de  surfaces  de  réception 
étendues  en  rapport  avec  les  besoins  en  eau  ;  puis, 
un  sol  poreux  ou  relativement  et  profond;  enfin 
une  couverture  végétale  permanente  destinée  à  le 
maintenir  poreux  ou  spongieux  en  toute  saison. 
Les  mêmes  prescriptions  s'appliquent  a  un  sol 
rocheux  ou  compact  quand  il  est  perméable  aux 
infiltrations  par  ses  lits  de  stratification  ou  ses 
diaclases  Alors,  les  captages  doivent  être  très 
profonds  et  opérés  par  tranchées  ou  galeries  en 
travers-bancs,  afin  de  recouper  le  plus  grand 
nombre  possible  de  ces  lits  ou  diaclases  dans 
l'unité  de  longueur. 


'&>' 


INFLUENCE     DU    TEMPS    SUR    LE    REgIME    DES    SOURCES 

L'action  du  temps,  sur  le  régime  des  sources  est 
connue  depuis  longtemps.  Elle  a  été  constatée  il 
y  a  nombre  d'années,  à  Paris  par  le  service  des  eaux 
qui  a  établi  que,  sans  cause  apparente,  sans  modi- 
fication du  régime  des  pluies,  le  débit  des  sources 
alimentant  la  capitale  avait  baissé  de  20  %  environ 
dans  un  intervalle  de  cinquante  années- 


30 


D'autre  part,  le  parti  à  tirer  da  reboisement  pour 

enrayer  l'amoindrissement  du  débit  des  cours 
d'eau  est  connu  depuis  longtemps  aussi.  Les  indi- 
cations qui  précédent  font  comprendre  pourquoi 
sa  mise  en  œuvre  n'a  guère  été  entreprise  que  de 
l'initiative  des  gouvernements.  En  France,  la  loi 
relative  au  reboisement  et  au  gazonncment  des 
montagnes  du  20  juillet  1860  est  venue  tardivement 
essayer  de  porter  remède  à  une  situation  qu'on 
eût  pu  sans  doute  empêcher  de  naître  en  la  pré- 
voyant plus  à  l'avance. 

Il  a  dû  en  être  de  même  aux  Etats-Unis  où  le 
gouvernement  et  l'état  de  New-'i  ôrk  ont  pris  des 
mesures  pour  l'acquisition  ou  la  mise  en  réserve 
d'un  territoire  montagneux  de  quelques  centaines 
de  mille  hectares  d'étendue  d'où  parlent  les  hauts 
affluents  de  l'Hudson,  afin  de  maintenir  à  son 
débit  le  fleuve  qui,  à  l'origine  de  la  colonisation,  a 
fait  la  prospérité  du  port  et  de  la  ville  de  New- 
York. 

Si  les  états  ne  sont  pas  toujours  prévoyants,  les 
particuliers  ou  leurs  groupements  locaux  le  sont 
encore  moins,  les  questions  d'argent  les  arrêtant 
davantage.  Il  a  fallu  en  outre  un  certain  temps 
pour  se  familiariser  avec  l'idée  que  l'eau  qu'on  a 
pour  rien  prise  aux  ruisseaux  ou  aux  rivières, 
doive  être  payée  cher  quand  elle  alimente  une 
ville.  Le  prix  de  l'eau  cependant  était  mieux 
apprécié  dans  l'antiquité,  même  à  l'époque  Gallo- 
Romaine,  et  le  témoignage  en  est  visible  quelque- 
fois. Telle  de  nos  villes,  poussiéreuse  en  été  et 
boueuse  en  hiver,  laisse  encore  voir  à  son  horizon 


—  31  — 

quelques  débris  d'arcades  ensevelies  sous  le  lierre, 
derniers  vestiges  de  l'aqueduc  qui  amenait  l'eau 
autrefois  dans  l'ancienne  cité  ;  a  la  même  place, 
le  touriste  détournant  le  regard,  voit  près  de  lui 
les  habitants  de  la  ville  nouvelle  empressés  auprès 
d'une  pauvre  fontaine  insuffisante  pour  eux:  à 
certains  jours.  En  matière  d'hygiène  nous  sommes 
encore  sur  trop  de  points  les  héritiers  du  moyen- 
âge. 

CHAPITRE  II 

Terrains  de  sources  —  Réseau  d'alimentation  des 
sources.  —  Rôle  propre  de  la  végétation.  —  Con- 
séquences forcées  de  la  dénudation  des  surfaces. 
—  Cheminement  des  infiltrations  dans  le  sous-sol. 

TERRAINS    DE    SOURCES 

Les  terrains  de  source  sont  limités  ici  aux 
couches  homogènes  plus  ou  moins  poreuses,  plus 
ou  moins  épaisses  et  non  remaniées  qui  recou- 
vrent ordinairement  un  fond  imperméable.  Ces 
couches  sont  aptes  à  devenir  terrains  de  source 
surtout  quand  le  rôle  de  la  végétation  intervient. 
A  ce  point  de  vue  une  source  sera  le  rassemble- 
ment des  lentes  infiltrations  qui  traversent  un  sol 
vierge  de  suffisante  profondeur. 

Il  n'est  personne  qui  n'ait  eu  l'occasion 
d'observer,  en  été,  la  chute  de  gouttes  de  pluie  sur 
un  amas  de  poussière.  Cette  pluie,  tout  le  monde 
le  sait,  ne  pénétre  que  difficilement  L'eau  finit 
bientôt  par   glisser  sur  la  surface  avant  d'avoir 


—  32  - 

traversé  l'intérieur.  J'étendrai  seulement  le  cadre 
de  cette  observation  si  commune.  Je  substituerai 
à  un  amas  accidentel  une  coucbe  couvrant  le  sol 
et  formée  de  la  même  matière,  c'est-à-dire  de  la 
poussière  sableuse  des  routes.  La  couche  aura  une 
étendue,  une  pente  ordinaire  à  la  surface  et  une 
épaisseur  marquée.  Enfin  on  admettra  par  pre- 
mière hypothèse,  que  sa  masse  entière  soit  à  L'état 
de  parfaite  dtssication. 

L'effet  de  la  pluie  sera  le  même  alors  que  sur 
l'amas  accidentel.  Les  gouttes,  refoulées  dès  le 
moment  de  leur  contact  par  l'air  interposé  dans 
l'intérieur,  s'étaleront  en  humecta  ni  chacune  la 
petite  place  où  elles  tomberont,  el  la  juxtapo- 
sition des  tâches  humectées  donnera  bientôt  Lieu 
à  une  surface  limoneuse  glissante.  Sur  celle-ci, 
l'eau  finira  par  rouler  en  formant  tonl  au  plus  des 
traînées  peu  profonde^  :  mais  L'intérieur  restera 
sec.  La  pluie  aura  cessé  et  L'évaporation  sera  venue 
avant  qu'aucun  filtrage  nail  pu  se  faire. 

Admettant  maintenant  que  le  sol  ancien  qui  a 
été  couvert  par  cette  couche  sableuse  ;iit  possédé 
antérieurement  une  source,  ce  ne  sont  certaine 
ment  pas  les  pluies  qui  ont  pu  tomber  sur  la  cou- 
verture sèche  superposée  qui  l'auront  ravivée. 
Malgré  donc  la  venue  de  ces  pluies  que  le  ruissel- 
lement aura  emportées  au  loin,  les  choses  resteront 
en  l'état.  C'est  là  en  principe  ce  qui  a  lieu  pour 
les  sources  temporaires  dont  le  bassin  de  réception 
dénudé  est  brûlé  parle  soleil.  La  terre  est  si  sèche 
qu'elle  refuse  l'eau.  C'est  même  le  propos  textuel 
qu'on  entend  se  répéter  à  toutes  les  périodes  de 


-  33  - 

sécheresse.  La  terre  refusé  l'eau  en  effet,  que  sa 
surface  soit  meuble  ou  compacte. 

Modifiant  maintenant  l'hypothèse  sur  un  seul 
point,  on  admettra  que  la  même  couverture 
sableuse  ait  été  humectée  aussi  légèrement  qu'on 
voudra,  mais  humectée  dans  toute  son  épaisseur 
quand  on  l'a  mise  en  place.  Tout  changera  par  ce 
seul  fait.  Les  pluies  survenant  ne  rouleront  plus  sur 
la  surface,  la  pénétration  goutte  par  goutte  se  fera 
complète  et  rapide  à  l'intérieur;  la  source  du  sol 
inférieur  retrouvera  son  alimentation  et,  si  celle-ci 
n'avait  pas  tari  elle  reprendra  de  la  constance  Une 
influence  nouvelle,  celle  de  la  capillarité  sera  entrée 
en  action  et  cette  action,  il  faut  le  remarquer,  n'a 
pu  se  produire  qu'en  vertu  de  l'amorçage  préalable 
par  humectation.  Les  sources  permanentes  s'ali- 
mentent ainsi  sous  la  seule  influence  d'une 
couche  homogène  suffisamment  épaisse  tant  que 
peut  être  maintenu  ce  jeu  de  la  capillarité.  Qu'il 
vienne  à  s'interrompre,  la  marche  des  infiltrations 
en  souffre  et  s'arrête  en  peu  de  temps,  la  zone 
superficielle  revient  à  l'état  de  dessication,  et 
l'inertie  première  réapparaît.  Si  on  veut  éviter 
autant  que  possible  ce  retour  il  faut  recourir  à  la 
végétation. 

La  couche  en  question  en  effet  renforcée  d'un 
abri  végétal  permanent  donnera  lieu  au  maximum 
d'absorption  parce  que  la  radiation  solaire  et  le 
haie  auront  beaucoup  moins  de  prise  sur  la  sur- 
face. Un  sol  ainsi  disposé  et  maintenu  actif  est  par 
excellence  un  terrain  de  source.  Tous  les  sols 
même  les  sols  profonds  et  argileux  deviennent 

3 


—  34.  - 

aples  à  donner  les  résultats  indiqués,  la  végétation 
aidant,  que  l'eau  y  arrive  en  pluie,  en  neige,  en 
rosée  ou  en  brouillards. 

RÉSEAUX    CAPILLAIRES    DES    SOURCES 

Une  autre  observation  aussi  facile  à  vérifier  que 
les  précédentes  montre  que  le  sol  sous  bois  ou  en 
forêt  est  toujours  meuble.  Il  est  toujours  frais 
aussi  relativement,  sans  qu'il  y  ait  à  invoquer  pour 
cela  l'effet  de  telle  ou  telle  pluie  survenue  depuis 
peu.  L'eau  existe  là,  en  permanence  le  plus  sou- 
vent sur  des  surfaces  étendues  mais  à  un  état  de 
division  extrême.  Elle  est  à  l'état  capillaire,  seul 
intermédiaire  admissible  entre  l'état  liquide  ordi- 
naire et  l'état  gazeux.  La  théorie  de  la  capillarité 
comme  on  sait,  fixe  à  l'avance  les  formes  diverses 
qu'elle  peut  prendre,  et  peut  servir  de  guide, 
quant  au  mode  de  circulation  de  l'eau  entre  la 
surface  d'où  elle  part  et  le  point  d'émergence  où 
elle  arrive  sous  l'action  de  son  poids. 

En  remontant  de  l'émergence  à  la  surface  supé- 
rieure l'eau  se  trouve  à  l'état  de  filets  pleins,  gros, 
moyens  ou  imperceptibles,  à  l'état  de  gouttes  ou 
de  gouttelettes  de  toutes  dimensions;  enfin  à  l'état 
de  bulles  ou  de  vésicules,  même  à  l'état  de  tubes 
ou  de  simples  cloisons  aqueuses.  Quand  il  y  a 
évaporation  par  le  sol,  ces  vésicules  ou  ces  cloi- 
sons lamellaires  passent  à  l'état  de  vapeur.  Etant 
parvenues  là,  c'est-à-dire  à  la  surface  du  sol,  au 
dernier  degré  de  ténuité,  il  suffit  de  la  plus  faible 
élévation  de  température  pour  qu'elles  disparais- 
sent. La  plupart  des  formes  capillaires  qui  vien- 


—  35    — 

nent  d'être  énumérées  sont  d'observation  cou- 
rante :  les  cloches  d'eau  qui  se  forment  dans  les 
rivières  au  saut  des  chutes,  les  cloisons  planes  qui 
séparent  deux  de  ces  cloches  quand  elles  viennent 
à  se  juxtaposer,  l'écume  persistante  au  voisinage 
des  remous  quand  l'eau  retient  quelque  matière 
étrangère  en  dissolution  ou  en  suspension,  les 
cloisons  liquides  qui  garnissent  les  mailles  des 
filets  de  pêche,  etc. 

Le  sol  dans  son  épaisseur  est  la  partie  inerte  du 
système.  Il  ne  sert  que  de  support  à  un  réseau 
qu'il  tient  en  quelque  sorte  suspendu  au-dessus 
de  l'émergence. 

Pour  un  terrain  profond  et  homogène  et  dans 
le  cas  d'un  point  unique  d'émergence,  on  se 
figurera  le  réseau  sous  la  forme  d'une  sorte  de 
cône  plus  ou  moins  régulier,  plus  ou  moins 
oblique,  placé  la  pointe  en  bas  et  l'ouverture  en 
haut  à  la  surface  du  sol.  Les  mailles  seront 
serrées  et  ténues  à  l'infini  en  haut  et  plus  fournies 
ou  plus  déformées  en  descendant  vers  la  pointe. 
A  l'intérieur  de  ce  cône  ou  à  son  extérieur  on  en 
supposera  autant  d'autres  s'emboitant  qu'on 
voudra,  tous  ayant  le  sommet  commun,  jusqu'à 
englobement  complet  de  la  surface  supérieure.  La 
pointe  du  cône  sera  un  centre  de  rassemblement. 
En  l'allongeant  on  aura  l'image  du  canal  d'émer- 
gence. 

L'eau  descend  le  long  du  réseau  d'une  manière 
particulière.  Elle  glisse  en  le  gonflant  et  le  disten- 
dant de  proche  en  proche  et  par  pulsations  lentes, 
comme  s'il  était  formé  d'une  succession  de  gaines 


-  36  — 

élastiques  toutes  partant  de  la  surface  où  elles 
existent  à  ['infiniment  petit  vésiculaire  ou  lamel- 
laire. Ce  mouvement  uniforme  dans  l'ensemble 
n'a  rien  d'uniforme  considéré  dans  ses  parties, 
puisqu'il  consiste  en  une  succession  de  mouve- 
ments variés  interrompus  et  se  rapproche  d'un 
écoulement  par  compte-gouttes  ;  mais  dans  son 
ensemble  il  équivaut  au  point  de  vue  du  débit  à 
celui  que  donnerait  une  infinité  de  filets  conver- 
gents fournissant  chacun  son  volume  particulier 
dans  l'unité  de  temps.  Le  réseau  dans  ces  condi- 
tions possède,  comme  on  voit  une  capacité  de 
réserve  très  variable  suivant  qu'il  est,  dans  son 
ensemble,  gonflé  ou  distendu. 

Les  réseaux  d'alimentation  ainsi  décrits  échap- 
pent forcément  à  la  vue,  tout  en  répondant  par 
image  à  la  réalité.  Les  phénomènes  dégonflement 
ou  de  distension  dont  ils  sont  le  siège  résultent  des 
mouvements  de  l'eau  sous  l'action  delà  pesanteur, 
combinés  avec  les  réactions  dues  à  la  tension 
superficielle  des  enveloppes  suivant  la  théorie  de 
la  capillarité. 


NIVEAUX    AQUIFÈRES 

Les  réseaux  n'étant  pas  matériellement  visibles, 
on  leur  substitue  couramment  dans  le  langage 
ordinaire  ou  dans  les  traités  la  notion  des  nappes 
d'eau  ou  de  nappes  aquifères  qu'on  ne  voit  pas 
davantage.  Le  terme  de  nappe  ne  peut-être  que 
figuré.  L'eau  d'un  puits  n'est  pas  la  partie  visible 
d'une  nappe  qui  se  prolongerait  en  tous  sens  à  la 


—  37  — 

périphérie  et  dans  les  terres  au-dessous  du  sol 
environnant.  A  peu  de  distance  du  puits,  l'eau 
n'est  plus  dans  le  sol  en  masses  équilibrées  et 
stables  La  preuve  en  est  qu'un  fonçage  pratiqué 
au  voisinage  ne  laisse  pas  apparaître  l'eau  tout 
d'abord  au  niveau  voulu  comme  s'il  s'agissait 
pour  les  deux  excavations  de  vases  communi- 
quants 

Le  niveau  dans  le  second  puits  commence 
d'autant  plus  en  contre  bas  de  l'autre  que  le  fon- 
çage nouveau  a  été  mené  plus  rapidement.  On 
peut  même  avancer  en  toute  certitude  qu'un  fon- 
çage instantané  dans  un  terrain  de  source,  si  ce  ter- 
rain est  homogène,  ne  laisserait  voir  aucune  trace 
d'eau  au  fond  au  premier  moment  et  que  le  moyen 
d'accélérer  son  apparition  serait  d'en  amener  d'en 
haut  pour  produire  un  amorçage.  L'eau  viendra 
donc  peu  à  peu  et  son  niveau  définitif  ne  s'établira 
qu'avec  le  temps.  Aussi  la  dénivellation  de  l'eau 
d'un  puits  par  rapport  au  sol  environnant  ne 
mesure-telle  qu'une  perte  de  charge  répartie  sur 
les  cheminements  variés  des  infiltrations. 

La  notion  des  nappes  reprend  sa  raison  d'être 
dans  le  cas  de  zones  aquifères  imprégnées  qui 
peuvent  se  rencontrer  dans  un  sous-sol  fissuré  ou 
disloqué  par  un  accident  géologique,  ou  formé 
d'arkoses  meubles.  En  pareille  circonstance  les 
réserves  internes,  quand  elles  se  font  jour,  don- 
nent même  naissance  aux  venues  d'eau  les  plus 
remarquables  sous  le  rapport  du  débit  et  de  sa 
constance  mais  ces  venues  ne  sont  de  véritables 
sources  que   si  elles  ont  d'abord  traversé  avant 


—  38  - 

l'émergence    les     réseaux     capillaires    d'un    sol 

homogène. 

Lorsqu'une  galerie  souterraine  captante  est 
menée  en  Travers-banc  dans  un  massif  de  roches 
compactes,  les  infiltrations  suivent  les  lits  plus  ou 
moins  inclinés  de  la  stratification.  Leur  circulation 
dans  ces  joints  d'épaisseur  extrêmement  faible 
s'opère  alors  par  une  série  de  mouvements  partiels 
extrêmement  lents  plus  ou  moins  discontinus 
dans  la  descente  et  qui  tout  en  obéissant  aux  lois 
de  la  pesanteur  reviennent  pour  l'ensemble  à  un 
mouvement  uniforme. 

Les    faits    attestent   la    puissance   d'appel    des 
galeries  souterraines   qui  suffit  à  déterminer  le 
passage  des  infiltrations  dans  les  lits  verticaux  ou 
inclinés  des  bancs   rocheux  les  plus  compacts  ; 
mais  l'effet  à  attendre  au  mètre  courant  de  captage 
est  souvent  incertain  et  varie  en  tous  cas  avec 
l'allure  de  la  stratification  traversée.  Si  celle-ci  est 
régulière,  c'est-à-dire  d'inclinaison  sensiblement 
uniforme  sur  une  étendue  suffisante,  l'effet  sera 
maximum,  quelle  que  soit  la  nature  de  la  roche. 
Si,   au    contraire,    son    inclinaison    générale  se 
trouve  compliquée  de  plissements  accusés  dans  le 
parcours  à  suivre  par  les  infiltratfons,  il  sera  des 
plus  réduits  ou  tout  à  fait  nui- 

LIAISON    DES    SOURCES    ET    DE    LA    VEGETATION 

La  permanence  des  sources  nées  d'un  sol  homo- 
gène réclame  donc  l'exécution  de  deux  conditions  : 
la  préservation  des  bassins  de  réception  de  la 
radiation  solaire  et  le  maintien  en  activité  persis^ 


—  39  — 

tante  des  réseaux  d'alimentation  à  leur  épanouis- 
sement sur  le  sol.  La  végétation  à  elle  seule  réalise 
l'accomplissement  des  deux  exigences  à  la  fois. 

La  vie  végétale  pour  accomplir  ses  fonctions 
met  en  mouvement  dans  le  tissu  des  plantes  de 
très  fortes  quantités  d'eau  Suivant  une  expression 
consacrée,  les  plantes  transpirent.  L'expérience  a 
établi,  et  Dehérain  en  a  confirmé  les  chiffres  dans 
sa  communication  du  14  décembre  1898  à  la 
Société  Nationale  d'Agriculture,  que  les  plantes 
herbacées  au  cours  de  leur  croissance  pouvaient 
mettre  en  mouvement  sous  "forme  de  vapeur  d  eau 
deux  cent  cinquante  à  trois  cent  fois  leur  poids 
compté  en  matière  sèche.  Ce  sont  les  plantes  her- 
bacées qui  donnent  lieu  à  l'évaporation  la  plus 
active,  surtout  quand  elles  croissent  isolées  et  à 
l'air  libre.  La  cause  principale  du  phénomène 
paraît  dépendre  surtout  de  la  radiation  solaire.  Le 
rôle  de  la  chaleur  en  valeur  absolue  serait  moins 
important.  De  fait  l'évaporation  est  surtout  mar- 
quée pendant  le  jour. 

La  donnée  est  susceptible  d'une  interprétation 
bien  appropriée  au  sujet  traité  ici. 

Nombre  de  plantes  fouragères  arrivant  à  leur 
maturité  dans  les  trois  mois  du  printemps,  il  est 
très  facile  d'évaluer  pour  cette  période,  et  en  poids 
de  matière  sèche,  l'importance  des  récoltes  qu'elles 
fournissent  à  l'hectare.  Le  calcul  le  plus  simple 
montre  alors  que  ces  250  à  300  kilogrammes  d'eau 
qui  sont  mis  en  mouvement  par  kilogramme  de 
matière  sèche  produite  équivaudraient  à  l'absorp- 
tion par  les  plantes  dans  les  trois  mois  du  prin- 


—  40  — 

temps  du  tiers  des  pluies  que  l'atmosphère  déverse 
sur  le  sol  dans  la  même  saison.  On  a  tiré  delà  des 
conclusions  souvent  erronées  ou  au  moins  très 
vagues. 

Si  la  végétation  prend  autant  d'eau  au  sol  pour 
la  verser  dans  l'atmosphère,  que  devient  en  effet 
l'efficacité  de  son  rôle  dans  les  conditions  où  on 
le  préconise?  Le  bénéfice  que  l'abri  végétal  procure 
au  sol  n'est-il  pas  effacé  et  même  au-delà  par  la 
perte  en  eau  qu'il  lui  fait  subir  du  fait  même  de 
sa  croissance  ?  Jl  y  a  là  en  réalité  pétition  de  prin- 
cipe sans  aucun,  antagonisme  d'effets. 

Quant  l'expérience  a  dit  et  prouvé  en  effet  que  le 
sol  d'automne,  (l'hiver  et  de  printemps  conservait 
et  envoyait  aux  cours  d'eau  les  -V  des  pluies  de 
ces  trois  saisong  suivant  ce  qui  a  été  consigné  au 
chapitre  précédent,  elle  a  tenu  compte  de  l'action 
de  la  végétation  sur  le  sol  puisque  celle-ci  existait 
dans  le  moment-  Cette  action  est  comprise  dans  le 
chiffre  et  il  n'y  a  pas  lieu  de  la  surajouter.  Si  léva- 
poration  par  les  plantes  devait  être  considérée 
comme  indépendante  des  constatations,  elle 
représenterait  en  effet  autant  à  déduire  pour  le  sol 
sur  cette  proportion  de  ~  laissée  aux  cours  d'eau- 

1 0 

Il  ne  parviendrait  à  ceux-ci  que  -£r  moins  —  soit 
-£r  .  Ln  réalité  il  ne  devrait  même  rien  y  parvenir 
dans  les  trois  mois  de  printemps  si  on  remarque 
que  le  chiffre  de  ~  s'applique  à  une  moyenne  de 
trois  saisons  et  non  au  printemps  seul,  période 
pendant  laquelle  la  retenue  des  pluies  par  le  sol 
est  à  peine  le  quart  de  celles  de  la  saison.  Le  rai- 


—  41  — 

sonnement  poussé  à  sa  limite  extrême  aboutit 
comme  on  voit  à  la  négation  absolue  des  faits 
observés. 

La  végétation,    soit   de   printemps,    soit  d'été, 
quelle  qu'elle  soit,  ne  stérilise  donc  ni  ne  dessèche 
le  sol.  Son  effet  est  tout  contraire.  Elle  fait  naître 
dans  le  courant  des   infiltrations   qui  vont  des 
cendre  vers  les  sources  de  véritables  boucles  de 
remous  par  les  plantes.  Il  faut  que  l'eau  passe  en 
partie  dans    leurs   tissus    et  en    revienne   avant 
d'achever  son  parcours    Les  boucles  du  remous 
sont  plus  ou  moins  amples  ;  mais  tout  aboutit  à 
des  rentrées  de  l'eau  au  sol  après  l'évaporation  par 
les  feuilles,  Il  y  a  permanence  d'effet,  que  l'eau 
rentre  aux  points  même  d'où  elle  est  partie  où  sur 
d'autres  plus  éloignés   Elle  ne  peut  rentrer  d'ail- 
leurs que  là  où  elle  trouve  la  fraîcheur  relative  du 
sol  ;  c'est-à-dire  là  où  existe  la  végétation.  La  réso- 
lution de  la  vapeur  en  pluie  ou  en  gouttelettes 
n'est  peut-être   même  pas  nécessaire  pour  que  le 
cycle    s'accomplisse.   On  conçoit  qu'elle    puisse 
rester,  sortant  des  feuilles  à  l'état  vésiculaire.  Aussi 
doit-on  redire  à  nouveau  que  les  bois  et  taillis  sont 
en  même  temps  que  des  évaporateurs,  des  conden- 
seurs naturels.  Par  le  travail  même  de  sa  crois- 
sance,  la  végétation  maintient  ainsi  les  surfaces 
qu'elle  recouvre  dans  l'état  de  moiteur  et  de  poro- 
sité nécessaire   pour  préserver  les  réseaux  capil- 
laires des  sources  à  leur  zone  d'épanouissement  ou 
d'amorçage.  Au  mécanisme  de  l'action  s'ajoute,  il 
faut  le  remarquer,  encore  un  travail  d'épuration, 
soit  par  les  plantes,  soit  par  le  sol,  d'une  délica- 


\ 


***.  i 


—  42  — 

tesse  particulière  Les  procédés  artificiels  de  trai- 
tement des  eaux  de  rivière  en  vue  de  les  rendre 
potables,    seront    toujours   grossiers    à    côté    de 

celui-là. 

Enfin,  considération  qui  sera  développée  au 
chapitre  suivant,  la  végétation,  principalement  la 
végétation  herbacée,  entretient  en  contact  avec  le 
sol  une  zone  d'air  à  un  état  hygrométrique  voisin 
de  la  saturation  qui  modère  de  la  manière  la  plus 
efficace  Tévaporation  de  l'eau  par  le  sol  lui-même. 

Une  véritable  source  ne  doit  plus  être  en 
résumé  tel  point  localisé  du  sol  où  l'eau  sort  de 
terre  ;  c'est  avec  ce  point  là,  et  en  amont,  tout  un 
réseau  intérieur  au  sol,  ramifié  jusqu'à  épanouis- 
sement sur  de  très  grandes  surfaces  et  communi- 
quant par  l'intermédiaire  de  la  végétation  avec 
l'atmosphère  et  ses  vapeurs.  L'appareil  est  stable 
tant  que  ses  conditions  naturelles  d'existence  sont 
maintenues;  mais  il  est  en  même  temps  fragile 
Dès  qu'une  solution  de  continuité  intervient  dans 
l'enchaînement  des  parties,  la  communication 
avec  l'atmosphère  se  rompt  et  le  fonctionnement 
se  trouve  compromis.  Voici  quelle  est  alors  la 
succession  des  altérations  qui  surviennent  dans  le 
régime  de  l'écoulement  Je  prends  un  exemple  : 

DISPARITION    FORCÉE  DES  SOURCES  EN  TERRAIN*  DENUDE 

Une  source  permanente  sort  de  terrains  pro- 
fonds et  recouverts  de  végétation.  A  un  moment 
donné  la  dénudation  complète  de  la  surface  inter- 
vient. La  dessication  superficielle  en  résulte  par 
cela  même.  Le  contact  du  réseau  aqueux  du  sol 


.-43- 

avec  l'extérieur  se  trouve  ainsi  rompu  à  la  zone 
d'amorçage  dès  la  première  sécheresse.  Le  réseau 
se  distend  peu  à  peu  de  proche  en  proche  et  de 
haut  en  bas  Les  ramifications  extrêmes  s'étant 
abaissées  après  avoir  perdu  le  contact,  une  zone 
de  terre  desséchée  et  isolante  commence  à  se 
former  tout  en  haut. 

Lorsque  les  pluies  reviennent,  elles  ne  pénètrent 
plus  comme  auparavant,  arrêtées  qu'elles  sont  par 
cette  zone  devenue  compacte.  Si  elles  doivent 
pénétrer,  cç  ne  sera  que  plus  tard,  car  le  ruisselle- 
ment et  l'évaporation  les  auront  enlevées  d'abord. 
Dès  lors  l'intérieur  recevra  un  peu  moins  d'eau 
qu'avant  le  déboisement.  Recevant  moins,  l'écou- 
lement jusqu'à  la  période  suivante  de  sécheresse 
sera  moindre  aussi-  La  seconde  sécheresse  prendra 
en  conséquence  plus  d'empire  que  la  première. 
Comme  elle  renforcera  davantage  la  zone  isolante 
de  la  surface,  la  réduction  de  l'écoulement  se 
poursuivra  croissante  d'année  en  année  jusqu'à  ce 
que  la  source  soit  venue  à  tarir  une  première  fois. 
Ayant  tari  une  fois,  les  interruptions  du  débit 
deviendront  de  plus  en  plus  longues  En  même 
temps  le  niveau  du  point  d'émergence  tendra  de 
plus  en  plus  à  s'abaisser.  Ce  ne  sera  pas,  bien 
entendu,  parce  que  la  charge  d'eau  aura  diminué 
elle  même  qu'il  en  sera  ainsi  ;  mais  parce  que 
l'humidité  et  la  porosité  du  sol  de  surface,  sans 
lesquelles  il  n'y  a  pas  de  sources  possibles,  auront 
gagné  inévitablement  les  bas-fonds  à  mesure  que 
le  ruissellement  venant  d'en  haut  aura  rendu 
plus  propices  les  surfaces  placées  en  contre-bas- 


—  44  — 


Aux  conditions  données,  les  sources  descendent 
donc  forcément  à  mesure  que  s'altère  leur  régime, 
et  en  fin  de  compte  elles  disparaissent,  cédant  la 
place  au  ruissellement.  L'avenir  des  eaux  de  source 
est  en  image  dans  la  description  qui  précède,  tant 
que  l'influence  de  la  végétation  n'intervient  pas. 

PARCOURS    DES    INFILTRATIONS    DANS    LE    SOL 

La  vitesse  de  circulation  des  infiltrations  à 
l'intérieur  du  sol  sous  l'action  d'appel  de  drains 
ou  de  galeries  captantes  présente  de  l'intérêt  quand 
on  veut  apprécier  l'effet  à  attendre  de  moyens  de 
captage  appliqués  ou  à  appliquer  à  un  massif 
donné.  La  question  est  alors  la  suivante 

Le  massif  étant  figuré  par  une  coupe  analogue  à 
celle  ci-contre  menée  normalement  au  drain  ou  à 

la  galerie  0  débou- 
a  _    chant  à  l'air  libre, 

déterminer  au  bout 
de  combien  de 
temps  il  sera  assé- 
ché de  son  eau  de 
réserve  entre  deux 
points  A  et  B  dési- 
gnés, et  placés  à  une  même  distance  de  la  ligne 
médiane  OC  ?  En  d'autres  termes,  et  en  admettant 
par  hypothèse  que  les  infiltrations  doivent  suivre 
toutes  des  lignes  droites  rayonnantes  à  partir  du 
point  0,  déterminer  le  temps  clans  lequel  les  infil- 
trations comprises  dans  les  deux  triangles  égaux 
AOG  et  BOC  auront  complètement  disparu, 
absorbées  par  le  drain  ou  par  la  galerie. 


—  45  — 

Les  vitesses,  d'après  les  indications  données  plus 
haut  sont  à  prendre  comme  constantes  dans  l'en- 
semble, sur  chacune  des  lignes  de  pente.  Elles 
sont  maxima  évidemment  de  G  à  0  sur  la  verticale 
et  minima  de  A  ou  B  au  même  point  0  sur  les 
lignes  inclinées. 

Si  on  connaissait  la  vitesse  maxima  de  C  à  0,  le 
problème  serait  résolu  parce  qu'alors  on  pourrait 
en  déduire  la  valeur  de  toutes  les  autres  et  en  par- 
ticulier celles  à  appliquer  aux  lignes  de  pente  AO 
et  BO.  Alors,  le  temps  employé  au  parcours  de^A 
ou  B  au  point  0  serait  le  temps  cherché,  puisque 
passé  ce  temps,  toutes  les  autres  infiltrations 
seraient  parvenues  à  destination. 

Je  désignerai  par  la  lettre  h  la  hauteur  OC  ;  par 
la  lettre  v  la  vitesse  supposée  connue  de  G  à  0  sur 
la  verticale  ;  par  Tg  a  la  tangente  de  l'angle  que  les 
lignes  AO  ou  BO  font  avec  l'horizontale  ;  et  par  T 
le  temps  inconnu  ou  temps  de  parcours  de  A  ou  B 
au  point  0. 

Des  considérations  très  simples  montrent  que 
la  valeur  du  temps  ï  est  donnée  par  l'expression  : 


V    \  1g   a  / 

C'est  à  dessein  qu'est  introduite  ici  la  notion  de 
la  tangente  au  lieu  du  sinus  ou  de  la  cotangente 
de  l'angle  a;  Tang.  a  n'étant  autre  que  la  pente  par 
mètre  courant  de  la  ligne  OB,  et  représentant  la 
donnée  usuelle,  la  plus  immédiate. 

Que  la  vitesse  v  soit  de  30  mètres  par  mois,  par 
exemple  et  la  hauteur  h  de  3  mètres,  la  valeur  de  T 


—  46 


sera  exprimée  en  mois.  Que  les  distances  AC  et  BC 
soient  données  en  outre  égales  à  5  fois  la  hauteur  h, 
Tg«  aura  pour  valeur  —  et  Tg2«  sera  égale  à  —-  • 
Dans  ces  conditions  on  aura  pour  valeur  de  ï  : 


T = -JK1  +  23)= 2'00 


c'est-à-dire  un  peu  plus  de  2  —  mois. 

Pour  une  hauteur  h  réduite  à  1  mètre,  le  résultat 
serait  le  -r-  de  celui-ci,  soit  0,87  mois  ou  26  jours. 

o 

L'assèchement  complet,  la  formule  le  montre, 
n'est  jamais  atteint  complètement,  même  quand 
le  massif  est  limité  d'étendue  ;  seulement,  quand 
les  distances  AC  ou  BC  approchent  de  10  fois  ou 
même  de  5  fois  seulement  la  hauteur  H  les  débits 
de  réserve  deviennent  si  réduits  que  leur  valeur 
est  négligeable. 

Le  Ministère  de  l'Agriculture  dans  un  projet 
dressé  par  ses  services  techniques,  daté  du 
23  juillet  1909,  et  relatif  au  drainage  des  prairies 
bordant  la  Druance  dites  du  «  Bas-Mesnil  »  à 
Condé-sur-Noireau,  prévoit  les  drains  à  la  profon- 
deur de  1  m.  05  avec  un  écartement  de  13  mètres 
seulement  entre  leurs  lignes.  L'action  demandée 
à  ces  drains  s'étend  ainsi  à  6  m.  50  seulement  de 
distance  latérale,  c'est-à-dire  à  un  peu  plus  de  cinq 
fois  la  profondeur,  ce  qui  s'explique  avec  la 
nature  assez  défavorable  d'un  sol  compact  et  très 
argileux. 

La  vitesse  de  30  mètres  par  mois  appliquée  à  la 
marche  des  infiltrations  dans  un  sol  très  argileux 
n'est  pas  arbitraire.  Le  chiffre  se  rattache  à  des 


—  47   - 

constatations   toujours  vérifiantes  observées    au 
Tunnel  des  Gouttes  en  1901  et  1902. 

CONSTATATIONS    AU    TUNNEL    DES    GOUTTES 

Le  tunnel  des  Gouttes  sur  la  ligne  de  Caen  à 
Laval  est  aligné  Nord-Sud  ;  sa  longueur  est  de 
1791  mètres  et  sa  pente  Nord-Sud  est  de  0  m.  002 
par  mètre  sur  toute  cette  longueur.  Il  coupe  en 
Travers-banc  le  massif  des  schistes  verticaux  de 
la  région  et  joue  ainsi  le  rôle  d'une  galerie  souter- 
raine de  captage.  L'intrados  de  la  voûte  est  à 
110  mètres  environ  en  contre-bas  du  sol  supérieur 
vers  le  milieu  du  parcours.  La  galerie  donne  lieu 
à  l'écoulement  d'eaux  de  filtration  dont  le  débit  est 
en  rapport  avec  l'abondance  des  précipitations 
atmosphériques  ;  mais  en  retard  sur  elles  d'un 
temps  qui  varie  avec  l'altitude  du  sol  supérieur 
dans  la  verticale  du  lieu  d'observation. 

Le  débit  minimum  des  deux  rigoles  à  la  suite  de 
sécheresses  prolongées  est  d'environ  6  litres  par 
seconde.  Il  passe  à  12  litres  par  seconde  ou  plus 
dans  les  périodes  pluvieuses.  Les  infiltrations 
sont  loin  de  régner  uniformément  sur  toute  la 
longueur  delà  galerie.  Presque  toutes  viennent  de 
la  moitié  sud,  sur  une* longueur  de  900  mètres 
environ.  Enfin,  elles  sont  plus  particulièrement 
abondantes  dans  la  partie  médiane  de  ces  900  m., 
position  vers  laquelle  la  hauteur  verticale  du 
massif  traversé  est  de  80  mètres. 

Le  25  novembre  1901,  à  la  suite  de  sécheresses 
prolongées,  tous  les  ruisseaux  de  la  région  envi- 
ronnante étant  à  sec,  le  débit  de  la  galerie  était 


-  48  — 

tombé  à  6  litres  par  seconde.  A  l'intérieur,  l'in- 
trados de  la  voûte  était  sec  également  et  les  pié- 
droits donnaient  seuls  des  infiltrations-  Le  temps 
à  partir  de  celte  date  devint  très  pluvieux  quoique 
sans  neiges  persistantes  et  le  7  mars  1902,  le  débit 
atteignait  12  litres  par  seconde  environ.  A  ce  même 
moment  les  infiltrations  tapissaient  l'intrados  à  la 
clef  sur  les  900  mètres  de  la  moitié  sud  du  tunnel. 
Le  massif  traversé  par  les  infiltrations  sur  le 
parcours  des  900  mètres  partait  donc  d'une  épais- 
seur verticale  de  116  mètres  à  son  origine  pour 
arriver  à  80  mètres  en  son  milieu,  et  à  44  mètres  à 
la  fin,  vers  la  tête  Sud,  inégalités  du  sol  supérieur 
compensées.  Par  suite  en  remontant  du  Sud  au 
Nord,  les  infiltrations  avaient  commencé  à  la  tête 
Sud  sous  un  retard  dû  au  parcours  vertical  de 
44  mètres,  puis  de  80  mètres  pour  le  point  milieu, 
enfin  de  11G  mètres  pour  le  point  d'origine.  Le 
calcul  donne  dans  ces  conditions  pour  la  vitesse 
des  infiltrations  dans  leur  descente  suivant  la 
verticale  1  m.  14  par  jour  ou  34  mètres  par  mois, 
évaluation  qui  suppose  les  infiltrations  parvenues 
toutes  à  la  clef  de  voûte  sur  900  mètres  à  partir  de 
la  tête  Sud  dans  les  102  jours  de  durée  de  l'expé- 
rience. 

L'assèchement  du  massif  jusqu'à  l'inclinaison 
de  y  a  dû  demander  ainsi  une  durée  de  61  mois 
ou  5  ans  en  le  comptant  à  l'épaisseur  moyenne 
verticale  de  80  mètres.  A  partir  de  ces  cinq  années, 
le  débit  de  la  réserve  ancienne  n'a  pu  altérer  d'une 
manière  appréciable  le  régime  moyen  annuel  des 
infiltrations. 


—  4U  — 

Le  contraste  entre  le  pouvoir  filtrant  des  schistes 
verticaux  de  la  moitié  Sud  du  parcours  du  tunnel 
et  la  moitié  Nord  est  frappant,  puisque  la  forma- 
tion rocheuse  est  la  m.éme  partout,  sans  plus  de 
différences  là  qu'ailleurs  entre  un  enscmhlc  de 
hancs  et  le  suivant.  Il  se  trouve  même  que  la 
partie  Sud  est  plus  dégarnie  de  sol  arable  que  la 
partie  Nord.  L'explication  paraît  résider  dans  un 
certain  plissement  des  bancs  vers  la  surface  de  la 
moitié  Nord  comme  s'ils  avaient  suhi  la  friction 
et  la  compression  des  conglomérats  pourpres  qui 
ont  dû  les  surmonter  dans  cette  partie  sans  affecter 
le  versant  Sud.  L'affleurement  des  conglomérats 
se  trouve  d'ailleurs  rompu  transversalement  à 
cette  même  place  et  suivant  l'axe  du  tunnel.  Le 
fait  prouve  en  tous  cas  combien  peuvent  être 
aléatoires  les  prévisions  de  rendement  des  galeries 
souterraines  decaptage  en  tous  terrains. 

Les  vitesses  au  chiffre  de  1  m.  14  par  jour  ou  de 
34  mètres  par  mois,  même  dans  la  constatation 
précédente,  ne  peuvent  être  qu'approximatives. 
Elles  sont  très  probablement  minima  ;  mais  e41es 
fixent  les  idées  quant  à  leur  ordre  de  grandeur,  et 
cet  ordre  de  grandeur,  on  le  retrouve  dans  les 
données  qui  président  à  l'établissement  de  filtres 
à  sable  pour  épuration  des  eaux  de  rivière  ou 
même  de  certaines  sources. 

FILTRAGE    ARTIFICIEL 

Dans  tel  de  ces  systèmes  l'eau  entrera  dans  la 
série  des  appareils  sous  un  débit  de  tant  de  litres 
par  seconde  toujours  maintenu  au  même  chiffre. 

4 


50  — 


D'un  premier  assemblage  de  filtres  à  gros  graviers 
elle  passera  dans  un  second  à  graviers  plus  fins, 
dans  un  troisième,  enfin  dans  un  quatrième  à 
sables  fins.  Les  surfaces  filtrantes  iront  en  augmen- 
tant de  la  première  série  d'appareils  à  la  dernière, 
Dans  celle-ci  la  surface  totale  filtrante  sera  telle 
que  le  volume  à  filtres  ne  puisse  traverser  l'en- 
semble des  couches  que  sous  une  vitesse  ayant 
quelque  rapport  avec  celle  des  infiltrations  dans 
un  sol  vierge.  On  s'arrête  aux  vitesses  de  0  m.  10 
à  0  m.  12  par  heure  qui  répondent  à  celles  de  72 
ou  86  mètres  par  mois.  Le  débit  de  1.000  m.  cubes 
par  24  heures  exigerait  ainsi  une  surface  d'environ 
400  mètres  carrés  pour  l'ensemble  des  filtres  à 
sables  fins  sans  compter  celles  des  filtres  prépa- 
rateurs 

Quel  mécanisme  en  somme  retrouve-ton  par 
cette  méthode?  rien  autre,  sinon  pris  en  sens 
inverse,  que  celui  d'une  source  naturelle  tel  qu'il 
est  décrit  au  commencement  du  chapitre,  à  part 
ceci  toutefois  que  le  mécanisme  industriel 
demande  un  entretien,  des  soins  et  une  surveil- 
lance de  tous  les  jours,  alors  que  l'autre,  plus 
parfait,  n'en  demande  pas. 

La  ville  de  Pau  a  adopté  ce  système  de  filtres 
en  1903.  Elle  l'a  appliqué  en  toute  efficacité  à  son 
adduction  ancienne  d'eaux  de  source  prises  à 
l'œil  du  Néez,  source  dite  Yauclusienne,  dont  la 
pureté  laissait  à  désirer,  qui  n'était  en  réalité 
qu'une  dérivation  souterraine  du  gave  d'Ossau 
distant  de  l'émergence  de  4  kilomètres,  et  n'avait 
de  source  que  l'apparence. 


—  51   - 


SOURCES    APPARENTES 


L'accident  gélogicfue  ici  mentionné  occasion- 
nellement est  un  exemple  de  ceux  qui,  position 
géographique  à  part,  affectent  communément  le 
sous-sol  des  régions  calcaires,  même  formées  de 
calcaires  les  plus  compacts  comme  les  marbres, 
quand,  à  une  action  dissolvante  des  eaux  de  pluie 
ou  de  surface,  vient  s'ajouter  concurremment  un 
travail  d'afïbuillement. 

A  proximité  de  la  ville  de  Gondé,  la  commune 
de  Clécy  dont  le  territoire  repose  en  partie  sur  les 
marbres  Gambriens,  présente  deux  exemples  loca- 
lisés de  cheminements  souterrains  avec  les  sources 
du  hameau  de  La  Fontaine  et  du  village  du  Goutil. 
Les  deux  sources  sont  anormalement  fortes  pour 
la  configuration  du  terrain  aux  abords  et  l'empla- 
cement de  leur  émergence.  La  première  est 
presque  au  contact  avec  le  ruisseau  de  Binettes  ; 
et  la  seconde,  toute  voisine  de  l'Orne,  n'est  que  de 
quelques  mètres  en  contre-haut  du  niveau  de  la 
rivière.  Il  est  très  probable  qu'elles  ne  représentent 
l'une  et  l'autre  autre  chose  que  des  dérivations 
soit  du  ruisseau  des  Binettes,  soit  de  la  rivière  de 
l'Orne  avec  prise  d'eau  en  aval  du  Vey. 

ACCIDENTS 

Le  filtrage  artificiel  ou  la  stérilisation  des  eaux 
destinées  à  l'alimentation  ne  vont  pas  sans  les 
aléas  qui  sont  inhérents  à  toute  installation  indus- 
trielle en  raison  de  l'entretien  et  des  réparations 
d'appareils  toujours  à  prévoir,  sans  compter  le 


—  52  — 

hasard  des  accidents.  Il  n'est  pas  hors  de  propos 
de  mentionner  à  cette  occasion  l'incident  déjà 
bien  ancien  des  casernes  de  Dinan  où  l'eau  d'ali- 
mentation était  une  eau  de  source  soumise  au 
filtrage  dans  une  batterie  de  filtres  Ghamberland. 

Une  épidémie  de  fièvre  typhoïde  brusquement 
survenue  appela  l'intervention  d'une  commission 
sanitaire  qui  procéda  à  de  analyses  multiples  de 
l'eau  à  tous  les  points  de  prise  de  la  distribution. 
Le  résultat  fut  concluant,  partout  l'eau  était  à 
incriminer  Les  investigations  terminées,  et  les 
conclusions  de  la  commission  arrêtées,  un  de  ses 
membres  proposa  de  soumettre  à  l'analyse  l'eau 
de  source'alimentant  les  filtres.  La  mesure  ne  fut 
pas  superflue  ;  l'eau  d'origine  fut  reconnue  sinon 
parfaite,  au  moins  relativement  bonne.  On  décou- 
vrit alors  qu'une  fêlure  survenue  dans  la  porce- 
laine d'une  bougie  de  filtrage  avait  donné  issue  à 
toute  une  réserve  microbienne  accumulée  d'an 
cienne  date  sur  la  paroi  et  aux  abords. 

Ce  qui  a  manqué  là  pour  une  part  c'est  une  sur- 
veillance et  un  entretien  des  appareils.  Ce  travail, 
les  sources  naturelles  n'en  ont  pas  besoin,  parce 
que  c'est  la  végétation  elle-même  qui  l'effectue 
dans  le  réseau  de  ses  racines  et  de  ses  radicelles. 


—  53  — 


CHAPITRE  III 

Mesure  de  l'efficacité  des  couvertures  végétales  pour 
la  réserve  des  eaux  par  le  sol.  —  Aménagement  à 
cet  effet  des  surfaces  de  réception. 

ABSENCE    DE    DONNÉES    DIRECTES 

Aucune  expérience  n'existe  pouvant  conduire  à 
la  mesure  directe  de  l'action  modératrice  de  la 
végétation  sur  l'évaporation  par  le  sol  L'observa- 
tion a  seulement  établi  qu'elle  existait  de  manière 
indéniable  et  la  constatation  de  principe  a  suffi 
pour  les  applications  qu'on  avait  en  vue.  Pour 
aller  plus  loin  et  résoudre  la  question  de  la  mesure 
des  effets  produits,  l'induction  à  tirer  de  faits  expé- 
rimentaux indirects,  mais  bien  établis,  reste  le 
seul  guide.  Les  chiffres  d'expérience  à  ce  sujet 
seront  pris  dans  les  annuaires  météorologiques  de 
Montsouris  des  années  1891  et  1896  plus  spéciale- 
ment 

Une  base  de  comparaison  est  déjà  acquise  : 
celle  qui  caractérise  l'action  du  sol  pouiTensemble 
des  trois  saisons,  automne,  hiver  et  printemps. 
Le  sol  évapore  alors  les  —  des  précipitations 
atmosphériques  déversées  dans  la  période  et  en 
garde  seulement  les  -r=-  .  Ce  sont  des  chiffres 
analogues  qui  sont  à  déterminer  pour  le  sol  d'été 
couvert  et  boisé  puisqu'il  n'existe  jusqu'ici  pour 
ce  qui  le  concerne  qu'une  seule  indication,  c'est 
que  dénudé,  aux  conditions  moyennes  ordinaires 


—  54  — 

de  la  culture,  il  évapore  exactement  tout  ce  qu'il 
reçoit- 

COMPLEXITÉ  APPARENTE 
DES  PHÉNOMÈNES  MÉTÉOROLOGIQUES 

L'évaporation  par  le  sol,  au  cours  d'une  année 
isolée  parait  soumise  aux  influences  les  plus 
variables  et  les  plus  nombreuses.  La  physique 
enseigne  qu'elle  est  proportionnelle  dans  l'air  sec 
à  la  tension  maxima  de  la  vapeur  d'eau  pour  telle 
ou  telle  température,  et  ici  il  s'agit  de  la  tempéra- 
ture du  sol.  Mais  elle  dépend  aussi  de  la  ventila- 
tion plus  ou  moins  active  de  la  surface,  et  celle-ci 
l'est  plus  ou  moins  suivant  que  le  sol  est  abrité  ou 
découvert*:  influence  impossible  à  prévoir  ou  à 
calculer.  Elle  dépend  encore  de  l'état  hygromé- 
trique de  l'air  dont  il  est  impossible  de  suivre  à 
l'avance  toutes  les  variations  ;  en  quelque  mesure 
aussi  de  la  pression  barométrique  qui  n'est  pas 
moins  changeante.  Seulement,  en  arrière  de  la 
diversité  ou  de  l'imprévu  des  phénomènes,  on 
distingue  une  cause  dirigeante  qui  est  unique  : 
l'action  solaire  calorifique.  Elle  est  constante  sen- 
siblement et  continue.  La  diversité  des  effets  ne 
vient  pas  d'elle,  mais  du  double  mouvement  de 
notre  globe  dans  l'espace.  De  là  les  perturbations 
les  plus  confuses  :  les  effets  si  tranchés  d  evapo- 
rations  et  de  condensations  successives,  de  calmes 
atmosphériques  suivis  de  tempêtes,  tous  ceux  en 
outre  qui  se  rattachent  à  l'alternance  et  à  l'inéga- 
lité des  jours  et  des  nuits,  ou,  dans  l'année  à  la 
succession  des  saisons.  Mais,  clans  l'année  même, 


—  55  — 

et  pour  la  terre  entière,  l'imprévu  météorologique 
s'élimine  de  lui-même  dans  la  somme  des  effets 
produits,  parce  que  cellc-ei  doit  toujours  repré- 
senter un  même  travail  ou  une  même  dépense  de 
chaleur,  et  cette  somme  est  seule  utile  à  considérer. 
Or,  ce  qui  est  vrai  pour  l'année  et  pour  tout  le 
globe,  est  vrai  pour  une  période  de  temps  quel- 
conque si  elle  est  comprise  entre  deux  dates  fixes 
du  calendrier,  et  aussi  pour  une  région  localisée 
quelconque  à  la  condition  d'appliquer  les  obser- 
vations à  un  grand  nombre  d'années  pour  en  tirer 
une  moyenne  certaine  Ce  qui  le  prouve  ce  sont 
les  états  d'observation  des  températures  sur  tous 
les  points  du  globe.  Du  solstice  d'hiver  au  solstice 
d'été,  elles  reviennent  toujours  identiques  en 
moyenne  et  égales  deux  à  deux  Toute  région 
revoit  en  résumé  les  mêmes  températures  aux. 
mêmes  dates  en  moyenne  et  par  suite,  utilise  entre 
deux  dates  fixes  la  même  quantité  de  chaleur. 

COMPARAISONS 

Le  courant  permanent  d'un  fleuve  avec  sa 
vitesse  moyenne  et  son  débit  constant,  ses  contre- 
courants  et  ses  remous,  est  l'image  parfaite  du 
cours  du  temps  accompagné  dans  sa  route  par  les 
vicissitudes  saisonnières  de  chaque  jour  Avec  le 
fleuve,  vouloir  calculer  sur  un  certain  parcours 
chaque  travail  intérieur  des  eaux  séparément: 
telle  annulation  passagère  de  la  vitesse,  telle  action 
d'affouiliemenl  d'un  tourbillon,  est  perdre  sou 
temps  quand  on  sait  que  l'ensemble  de  ces  travaux 


—  56  — 

se  traduit  par  la  simple  différence  de  niveau  de 
|(  au  cidre  le  point  de  départ  en  amont  et  le  point 
d'arrivée  en  aval 

Avec  le  courant  saisonnier  du  temps  il  en  est  de 
même,  le  calcul  séparé  des  effets  entre  deux  dates 
lixes  du  calendrier  est  inutile.  Il  se  résume  là 
aussi  en  une  différence  de  niveau,  mais  d'un  autre 
genre,  celle  qui  sera  due  aux  températures  diffé- 
rentes applicables  aux  périodes  considérées  du 
temps  ou  mieux,  aux  tensions  de  vapeur  dépen- 
dant de  ces  températures  différentes. 

RAPPORT    SIMPLE    D'EFFETS    COMPLEXES 

Avec  le  fleuve  d'autre  part,  l'action  totale  es^ 
caractérisée  par  le  produit  d'un  débit  supposé 
constant  par  la  différence  de  niveau  dont  il  a  été 
question.  Dans  la  marche  du  temps,  ce  sera  la 
même  chose  pour  un  flux  de  chaleur  qui  est  cons- 
tant aussi,  puisque  c'est  le  soleil  qui  le  donne.  En 
matière  de  comparaison,  le  rapport  des  deux  effets 
sera  dans  le  premier  cas  le  rapport  entre  deux 
différences  de  niveau  ;  dans  le  second,  le  rapport 
entre  deux  tensions  de  vapeur. 

TEMPÉRATURES    DU    SOL   ÉVAPORANT 

Il  résulte  ainsi  de  cette  longue  discussion  que  la 
comparaison  à  faire  entre  les  puissances  d'évapo- 
ration  par  le  sol  appartenant  à  deux  périodes  dis- 
tinctes du  temps,  sera  donnée  par  le  simple  rap- 
port de  deux  tensions  de  vapeur  répondant 
chacune  aux  températures  moyennes  du  sol  appli- 
cables à  chaque  période,  toutes  variations  météo- 


—  57  — 

rologiques  compensées.  La  détermination  des 
températures  moyennes  du  sol  évaporant  reste 
seule  à  faire. 

Le  tableau  suivant  donne  à  ce  sujet  les  premières 
indications  nécessaires. 


TABLEAU  I 


Désignation 
des  mois 

Tempéra- 
tures de 
l'air 

Hauteurs 
des  pluies 

Humidité 

relative 
minima 

Tempéra- 
tures du 
sol 

Octobre   .  . 

11°3 

0,004 

0,747 

10°8 

Novembre . 

6°5 

.0,085 

0,810 

10°8 

Décembre  . 

3*7 

0,076 

0,848 

40°8 

Janvier    .  . 

2°4 

0,068 

0,828 

10°8 

Février.  .  . 

4°5 

0,058 

0,747 

10' 8 

Mars     ... 

6°4 

6,065 

0,657 

10°8 

Avril ... 

10°1 

0,074 

0.502 

10"8 

Mai 

1  4°2 

0,002 

0,576 

10°8 

Juin  .   .   .  . 

17°2 

0,101 

0, 604 

10°8 

i  Juillet  .   .  . 

1 8°9 

0.090 

0,600 

10°8 

Août  .... 

1 8°:; 

0,093 

0,610 

10°8 

Septembre 

1 5°7 

0,095. 

0,078 

10' 8 

Moyennes  ou 

1 0°8 

1  000 

«   « 

10°8 

La  première  colonne  donne  les  températures 
moyennes  mensuelles  de  l'air,  près  de  terre.  Ce 
sont  bien  entendu  les  températures  à  L'ombre  ei 

moyennes  de  lôur  et  de  nuit. 


-  58  — 

La  seconde  colonne  donne  la  répartition  men- 
suelle des  pluies  pour  Paris  -Montsouris.  Les 
chiffrés  reproduisent  les  moyennes  de  90  années 
de  1805  à  1894  avec  cette  particularité  qu'ils  sont 
rapportés  à  une  hauteur  annuelle  de  1  mètre  alors 
que  la  hauteur  moyenne  réelle  pour  ParisMont- 
souris  est  seulement  de  0,ol8.  Il  est  assez  probable 
que,  si  les  hauteurs  totales  peuvent  différer  beau- 
coup d'une  localité  à  une  autre  dans  la  même 
contrée,  la  répartition  relative  sur  les  divers  mois 
de  l'année  reste  au  contraire  assez  fixe  pour  une 
grande  étendue  de  pays.  Le  parallélisme  de 
marche  des  hauteurs  pluviales  et  des  températures 
moyennes  mensuelles  clé  l'air  l'indique  suffisam- 
ment 

La  troisième  colonne  renferme  les  movennes 
mensuelles  de  l'humidité  relatives  minima, 
moyennes  sur  21  années  de  1873  à  1893.  Ce  sont  les 
états  hygrométriques  de  l'air;  mais  portant  seu- 
lement sur  le  milieu  du  jour,  autour  de  midi. 
L'indication  fournie  n'est  ainsi  que  partielle,  mais 
elle  sera  suffisante  pour  les  déductions  à  suivre, 
parce  que  les  chiffres  n'entreront  clans  le  calcul 
que  parleurs  rapports. 

La  quatrième  colonne  enfin  ne  porte  qu'un  seul 
chiffre  :  10°8  température  du  sol  à  ParisMont- 
souris,  constante  à  faible  profondeur  en  moyenne 
et  égale  à  la  température  moyenne  de  l'air  dans 
L'année.  Il  reste  à  déterminer  en  partant  de  ces 
données  les  températures  du  sol  évaporant  aux 
diverses  dates  ou  périodes  de  l'année,  en  faisant 
remarquer  que  les  chiffres  essentiels  pour  Paris- 


-  59  - 

Montsouris  sont  applicables  aux  régions  Est  ou 
Ouest  de  même  latitude  ou  approximativement. 

La  zone  à  la  température  fixe  de  10°8  existe  tou- 
jours dans  le  sol  à  peu  de  profondeur.  Même,  pour 
l'ensemble  de  Tannée,  toutes  les  irrégularités  de 
chaud  et  de  froid  compensées,  elle  doit  être  consi 
dérée  comme  très  voisine  de  la  surface.  Le  calcul 
en  effet  ne  doit  voir  que  l'oscillation  lente  peu 
accusée  et  toujours  la  même  des  températures  de 
2°4  à  18  9  et  inversement,  entre  les  solstices.  La 
gelée  par  exemple  n'entre  pas  en  compte  C'est 
donc  d'extrêmement  peu  en  moyenne  que  la  zone 
de  10°8  s'abaisse  au-dessous  de  la  surface,  soit  par 
refroidissement,  soit  par  échauffement  de  la 
couche  superficielle  Son  abaissement  est  maxi- 
mum en  janvier  et  en  juillet,  mais  vers  avril  et 
octobre  il  se  réduit  à  rien. 

Une  expérience  bien  facile  à  répéter  montre 
qu'aux  jours  les  plus  chauds  de  juillet  la  tempéra- 
ture du  sol,  pour  un  sol  meuble  et  abrité  par  la 
végétation,  est  de  10°  à  (PIO  seulement  de  profon- 
deur le  matin  à  l'heure  du  lever  du  soleil,  et  de 
18°  à  deux  heures  de  L'après-midi.  La  température 
moyenne  pour  24  heures  à  cette  profondeur  de 
0m  10  environ  est  ainsi  de  14°  à  très  peu  près.  La 
zone  à  la  température  fixe  de  10°8  serait  clans  ces 
conditions  à  la  profondeur  de  0m20  seulement  (1). 

(1)  Les  sources  à  tour  émergence  sont  à  la  température 
constante  de  +  10"<S.  Ignorerait-on  celle  donnée  d'expérience, 
qu'on  la  trouverait  par  cette  autre  constatation,  qu'à  nos 
latitudes, les  rivières  gèlent  à  la  température  de—  10°  environ  ; 
et  ce  second  point  est  exactement  le  symétrique  du  premier 
par  rapport  au  zéro  do  l  échelle,  comme  ce  doit  être. 


—  60 


Il  faut  conclure  de  là  Cfue  la  température  du  sol 
évaporant  est,  sans  erreur  appréciable,  égale  à  la 
moyenne  arithmétique  entre  la  température  de  la 
zone  fixe,  c'est-à-dire  10°8  et  la  température  de  l'air 
extérieur  poar  les  diverses  périodes  de  l'année 
qu'on  veut  considérer.  Ces  éléments  nouveaux 
figurent  au  tableau  II  pour  tous  les  mois  de  l'année 
avec,  et  en  regard  des  températures  du  sol  évapo- 
rant, les  tensions  maxima  correspondantes  de 
la  vapeur  d'eau  exprimées  en  millimètres  de 
mercure. 

TABLEAU  II 


Désignatio 
des  mois 

n     Tempéra- 
tures de 
l'air 

Tempéra- 
tures du 
sol 

Tempéra- 
tures    du 
sol  évapo- 
rant 

Tensions 
maxima 
de  la  va- 
peur d'eau 

Octobre 

ira 

10°8 

ll°l 

9,86 

Novembr 

e.         6°5 

10°8 

8°7 

8,40 

Décembr 

3  .         3°7 

10°8 

7°3 

7,65 

Janvier 

.  .         2°4 

10°8 

6°6 

7,29 

Février 

4°5 

10°8 

7°7 

7,86 

Mars  .   . 

6°4 

10°8 

8°6 

8,35 

Avril .  . 
Mai.  .  . 

10°i 
.  .       14°2 

10°8 
108 

!0°5 
1 2°5 

9,48 
10,81 

Juin   .  . 
Juillet  . 

.   •       17°2 
.  .       48°9 

10IJ8 
1 0°8 

14°0 
14°9 

11,91 
12,62 

Août  .  . 

.       18°5 

10°8 

1 4°  ; 

12,46 

Septembr 

e.       15°7 

1 0°8 

13°3 

11,38 

Moyenne! 

?  •       10°8 

10°8 

«    « 

((    « 

—  61  — 

La  moyenne  des  tensions  maxima  de  la  vapeur 
d'eau  applicable  au  sol  évaporant  pour  les  neuf 
mois  d'automne,  d'hiver,  de  printemps  est  d'après 
le  tableau  de  9,07  millimètres  de  mercure-  A  ce 
chiffre  correspond  comme  on  sait  une  évaporation 
par  le  sol  de  -rr  des  pluies  déversées. 

La  moyenne  des  tensions  de  vapeur  dans  les 
mêmes  conditions  pour  le  sol  évaporant  dans  les 
trois  mois  d'été  est,  d'après  le  même  tableau,  de 
12,15  millimètres  de  mercure.  A  ce  nombre  cor- 
respondra un  autre  coefficient  d'évaporation  pour 
le  sol  ;  mais  il  faut  le  remarquer  non  pas  pour  le 
sol  boisé,  mais  simplement  pour  le  sol  d'été  cou- 
vert puisque  les  températures  d'où  il  dépendra 
n'ont  rien  autre  de  particulier  que  d'être  prises  à 
l'ombre. 

COEFFICIENT    D  EVAPORATION 

En  vertu  de  la  proportionnalité  établie,  ce  nou- 
veau coefficient  d'évaporation  aura  pour  valeur  : 

8     w    12,15 

X  — tt^t  =  0,7t4 


15  9,07 

Le  sol  d'été  simplement  abrité  contre  la  radia- 
tion solaire  directe  évaporerait  ainsi  les  0,714  des 
pluies  de  la  saison  et  conserverait  le  reste,  c'est-à- 
dire  0,286,  ou  28,6  %,  alors  qu'aux  conditions 
moyennes  ordinaires,  il  évapore  absolument  tout. 

Le  résultat  ainsi  présenté  ne  peut  pas  être  défi- 
nitif bien  que  les  températures  à  l'ombre  ou  les 
températures  sous  bois  puissent  être  les  mêmes. 
L'évaporation  en  effet  n'est  pas  fonction  des  seules 


—  62  — 

tensions  maxima  de  la  vapeur  d'eau  dans  les  deux 
périodes;  mais  dune  résultante  qui  est  la  diffé- 
rence entre  celle  ci  et  les  tensions  de  vapeur  exis- 
tant alors  dans  l'atmosphère  ambiante,  et  qui 
dépendent  comme  on  sait  des  états  hygromé- 
triques de  l'air.  Des  deux  termes  de  la  fraction 
ci-dessus  :  12,15  et  9,07,  il  faut,  pour  l'exactitude 
du  résultat,  retrancher  du  premier  la  tension 
moyenne  de  vapeur  régnant  dans  l'atmosphère 
pour  la  période  estivale  ;  et  du  second,  celle  qui 
convient  à  la  moyenne  des  neuf  autres  mois- 

Le  problème  se  trouve  compliqué  d'autant  plus 
par  cette  considération  que  les  états  hygromé- 
triques inscrits  au  tableau  I  ne  peuvent  pas  tous 
servir  de  guide  lorsqu'on  fait  intervenir  la  végéta- 
tion, puisque  le  rôle  de  celle-ci  est  précisément  de 
modifier  les  états  hygrométriques  de  l'air  à  la 
surface  du  sol. 

Les  états  hygrométriques  du  premier  tableau 
se  rapportent  en  effet  à  une  atmosphère  lilSre  dans 
laquelle  l'humidité  est  uniformément  répartie. 
Ils  peuvent  s'appliquer  tels,  ou  très  approximati- 
vement, sur  la  plupart  des  mois  de  l'année,  mais 
non  sur  tous.  Diverses  modifications  sont  à 
apporter  à" leurs  chiffres  pour  les  adapter  à  un  sol 
qui  tout  en  restant  dans  l'état  moyen  au  cours  des 
années,  n'en  est  pas  moins  influencé  passagère- 
ment dans  chacune  par  la  végétation  printanière 
à  laquelle  succède  la  dénudation  des  étés.  Ces 
modifications,  comme  la  suite  le  démontrera, 
n'auront  d'arbitraire  que  l'apparence. 


—  63  — 

CORRECTIONS     COMPLEMENTAIRES 

Au  mois  de  mai  d'abord,  où  la  végétation  her- 
bacée atteint  à  peu  près  son  plein  développement, 
où  la  couche  d'air  interposée  entre  le  sol  et  la 
surface  libre,  d'après  ce  qu'on  sait,  tend  à  se 
i approcher  de  la  saturation,  l'état  hygrométrique 
ne  peut  être  égal  à  0,576,  chiffre  du  tableau  I. 
Le  chiffre  qui  convient  sera  celui  de  0,620.  De 
même  pour  juin,  mois  pour  lequel  le  sol  est 
encore  couvert  pour  bonne  partie  de  sa  durée  de 
ses  herbes  fourragères,  l'état  hygrométrique  réel 
convenant  au  sol  de  culture  sera  0,640  au  lieu 
de  0,604  Aucune  correction  par  contre  n'est  à 
apporter  aux  états  hygrométriques  des  sept 
autres  mois  de  la  période  automne,  hiver, 
printemps. 

Parallèlement  à  ces  corrections  obligées  des 
états  hygrométriques,  d'autres  sont  à  apporter 
aux  températures  du  sol  évaporant  pour  la  saison 
estivale  où  la  température  à  la  surface  est  certai- 
nement supérieure  à  la  température  de  l'air-  Pour 
le  mois  de  juillet,  où  la  surface  du  sol  déjà 
dégarnie  d'une  partie  de  ses  récoltes  commence 
à  être  atteinte  par  la  radiation  solaire  directe,  la 
température  du  sol  évaporant  inscrite  au  tableau 
à  14°9  a  été  portée  à  16°.  Pour  le  mois  d'août,  où  le 
sol  est  encore  plus  découvert  et  où  la  radiation 
solaire  a  son  effet  maximum,  elle  a  été  portée  de 
14°7  à  17°.  Pour  le  mois  de  septembre  enfin,  où 
l'action  solaire  s'atténue  malgré  la  dénudation 
presque   complète   du  sol  de  culture,   elle  a  été 


64 


portée  de  13°3  à  15°7,  température  de  l'air  pour  la 
même  époque. 

Tous  ces  nouveaux  chiffres  des  états  hygro- 
métriques et  des  températures  du  sol  évaporant 
ont  été  inscrits  au  tableau  III  qui  suit  avec  les 
autres  données  non  modifiées.  Il  est  dans  cet  état 
exactement  en  rapport  avec  les  conditions 
moyennes  ordinaires  d'un  sol  de  culture,  celui 
pour  lequel  il  a  été  établi,  d'expérience,  que  les 
plaies  estivales  ne  profitaient  pas  aax  cours  d'eau  et 
que,  simultanément,  le  sol  ne  réservait  pour  tout 
dans  l'année  que  le  tiers  des  pluies  totales. 

VÉRIFICATION  DES    DONNEES 
NUMÉRIQUES    COMPLÉMENTAIRES 

Anticipant  en  effet  sur  un  développement  à 
suivre,  la  modification  des  états  hygrométriques 
de  l'air  pour  mai  et  juin  a  répondu  à  L'obligation 
de  retrouver  exactement  et  par  le  calcul  raisonné, 
la  réserve  du  tiers  des  pluies  totales  annuelles 
égales  à  333  %  sur  les  mois  de  l'automne,  de 
l'hiver  et  du  printemps.  De  même  la  modification 
des  températures  du  sol  évaporant  d'été  a  répondu 
à  l'obligation  de  retrouver  dans  les  mêmes  condi- 
tions de  calcul,  et  pour  Ja  saison,  l'évaporation 
totale  des  pluies  estivales,  tous  résultats  que  met 
en  évidence  ce  même  tableau,  et  qui  ne  pourraient 
être  acquis  sans  les  corrections  susdites  appliquées 
aux  données  de  l'Observatoire  de  Montsouris  qui, 
elles-mêmes,  ne  pouvaient  évidemment  tenir 
compte  de  considérations  étrangères  à  un  pro- 
gramme général. 


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-  66  - 

Résumé  : 

Hauteur  des  pluies  gardées  par  le  sol 
dans  les  9  mois  d'Octobre  à  Juin  en 
millimètres 333,28 

Hauteur  des  pluies  gardées  par  le  sol 
en  Juillet,  Août,  Septembre  en  millimétrés         0,46 

Les  données  du  tableau  réalisent  ainsi  les  deux 
conditions  essentielles  du  problème  :  celles  de 
l'évaporation  dans  l'année  des  -y  des  pluies 
totales  et,  simultatément,  l'évaporation  complète 
des  pluies  estivales. 

COEFFICIENT  DE  RETENUE  DES  EAUX  PAR  LE  SOL 

Revenant  à  la  question  de  calcul,  maintenant 
que  les  éléments  indispensables  sont  rassemblés, 
on  voit  d'abord  que  l'état  hygrométrique  moyen 
de  l'air  convenant  aux  trois  mois  de  l'été  pour  un 
sol  simplement  couvert  serait  d'après  le  tableau  I 
de  0,629,  et  celui  applicable  à  l'ensemble  des  trois 
autres  saisons  de  0,710.  Les  tensions  de  vapeur 
correspondantes  dans  l'atmosphère  seraient  ainsi 
pour  chacune  des  périodes  : 

0,629  X  12,15  =  7,64  %  de  mercure 
0,710  X    9,07  =  6,44  %  de  mercure 

Le  coefficient  d'évaporation  pour  le  sol  d'été 
deviendrait  alors  : 

15  9.0/  —  6,44 

Chiffre  bien  différent  du  résultat  d'abord  mis  en 
avant  de  0,714.  Le  coefficient  de  réserve  par  le  sol 
serait  donc  1  —  0,915  ou  0,085,  au  lieu  de  1  — 
0,714  ou  0,286. 


Ce  coefficient  de  8,50  %  de  retenue  par  le  sol 
des  pluies  de  l'été  sera  un  point  de  départ  dans  la 
question,  mais  ne  pourra  représenter  encore 
qu'une  solution  partielle.  Interprété  sur  ces  seules 
données,  il  se  rapporte  exclusivement  en  effet  à 
un  sol  simplement  préservé  de  la  radiation  solaire 
directe  ;  mais  il  fait  abstraction  complète  du  rôle 
modificateur  apporté  par  la  végétation  à  l'état 
hygrométrique  de  l'air  pendant  ïélè  dans  le  voi- 
sinage du  sol.  Cet  état  hygrométrique  de  0,629, 
en  moyenne  estivale  et  en  atmosphère  libre, 
suivant  les  seules  données  de  Montsouris,  sera 
très  notablement  dépassé  sous  une  couverture 
végétale,  même  ordinaire,  donnant  lieu,  comme 
on  vient  de  l'expliquer  à  une  aspersion  continue 
d'humidité.  Le  coefficient  de  8,50  %  est  évidem- 
ment donc  un  minimum  Un  maximum  reste  à 
déterminer  appuyé  sur  des  faits  constatés  et  qui 
devront  être  rapprochés  des  données  complémen- 
taires inscrites  au  tableau  III. 

Ces  considérations  gagneront  en  clarté  à  être 
présentées  sous  forme  algébrique. 

Désignant  par  la  lettre  S  le  coefficient  de  retenue 
des  pluies  par  le  sol,  par  la  lettre  e  L'état  hygro- 
métrique moyen  de  l'air  pour  la  période  estivale, 
par  E  l'état  hygrométrique  égal  à  0,710  qui 
s'applique  au  groupe  automne,  hiver  et  printemps, 
on  a  pour  expression  de  S  d'après  le  calcul 
arithmétique  détaillé  ci-dessus  : 


8  xi^-x 


15  9,07  1  —  E 


—  68  — 

La  formule  ne  comporte  que  la  seule  variable  e 
état  hygrométrique  à  réaliser  pour  l'été  dans  la 
couche  d'air  préservée  par  la  végétation  de  la 
radiation  solaire  directe  et  du  haie. 

Lorsqu'on  donne  à  e  sa  valeur  moyenne  mini  ma 
de  0,629,  on  retrouve  pour  S  la  valeur  également 
minima  de  0,085  ou  8,50  %. 

L'expression  de  S  montre  que  si  l'abri  et  l'amé- 
nagement du  sol  permettaient  d'augmenter  e 
jusqu'à  le  rendre  égal  à  E,  ou  à  0,710,  état  hygro- 
métrique moyen  d'automne,  d'hiver  et  de  prin- 
temps, ce  qui  n'est  pas  impossible,  on  retom- 
berait aussitôt  pour  le  coefficient  de  retenue  S  sur 
le  chiffre  de  0,286  déjà  mis  en  évidence.  Elle 
montre  surtout  qu'on  arriverait  à  la  réserve  totale 
des  pluies  de  l'été  par  le  sol  si  on  pouvait  réaliser 
la  condition  limite  e  =  1  qui  répond  à  la  saturation 
complète  de  la  couche  d'air  supposée  stagnante  au 
dessus  du  sol.  Là  est  tout  l'intérêt  de  la  formule. 
Alors  la  surface  du  sol  ferait  en  quelque  sorte  office 
de  citerne  car  à  e  =  f  répond  en  même  temps  S  =  1. 

Une  constation  déjà  faite,  relative  à  la  culture 
du  sarrasin,  indique  la  voie  à  suivre  pour  appro- 
cher de  cet  idéal. 

A  l'époque  de  sa  floraison  et  de  son  plein  déve- 
loppement vers  le  15  août,  le  sarrasin  constitue 
un  abri  végétal  à  peu  près  parfait,  quoique  peu 
élevé  au-dessus  du  sol. 

Sous  cette  couverture,  aucun  rayon  solaire  ne 

pénètre,  et  aucun   souffle   d'air   ne   passe.   L'air 

emprisonné  ainsi  est  presque  saturé  en  plein  été, 

apparence  du  sol  sousjacent  le  fait  bien  voir. 


—  69  — 

L'état  hygrométrique  de  la  couche  d'air  dans 
ces  conditions  n'est  certainement  pas  inférieur 
à  0,710,  ou  à  la  valeur  de  E  applicable  aux  trois 
autres  saisons,  état  hygrométrique  de  l'air  qui 
est  aussi  celui  des  derniers  jours  de  septembre  en 
atmosphère  libre.  Il  conduit  pour  le  coefficient  S 
au  chiffre  de  0,286  déjà  plusieurs  fois  mentionné. 
Qu'on  le  prenne  pour  un  maximum  si  on  veut, 
puisqu'on  se  trouve  là  en  présence  de  conditions 
d'abri  plutôt  exceptionnelles,  il  restera  ceci  :  que 
le  coefficient  cherché  applicable  dans  le  cas  ordi- 
naire de  couvertures  végétales  permanentes,  sera 
aisément  réalisable  au  chiffre  de  0,185,  moyenne 
arithmétique  des  coefficients  minimum  et 
maximum  0,085  et  0,286. 

Ce  résultat  de  0,185  qui  résout  ce  problème  posé 
dans  ce  chapitre  est  susceptible  de  contrôle. 
Reporté  à  la  place  de  S  clans  la  formule  précédente, 
il  permet  de  calculer  la  valeur  de  l'état  hygro- 
métrique e  qui  devra  lui  correspondre.  La  résolu- 
tion de  l'équation  donne  ainsi  e  —  0,657,,chiffre  à 
peine  supérieur  suivant  le  tableau  III  à  l'état 
hygrométrique  de  l'atmosphère  à  0,640  pour  le 
mois  de  juin  quand  la  couverture  du  sol  est  "quel- 
conque, sans  aménagement  spécial  différent  de 
celui  d'un  sol  ordinaire  de  culture.  Sa  réalisation 
est  ainsi  rendue  certaine. 

Je  conclus  donc  que  la  couverture  végétale  per- 
manente à  appliquer  aux  terrains  de  source  dans 
les  conditions  moyennes  ordinaires  d'efficacité 
aura  pour  effet  de  réserver  au  sol  la  proportion 
de  18,50  %  des  pluies  dé  l'été. 


-  70  — 

COEFFICIENT    DE    RETENUE.   —  FORMULE  GENERALE 

L'expression  S,  telle  qu'elle  se  présente  plus 
haut,  part  comme  donnée  toute  particulière  d'un 
sol  évaporant  caractérisé  par  une  tension  maxima 
de  vapeur  de  12,15  millimètres  de  mercure.  Elle 
pourrait  évidemment  partir  de  telle  autre  tension 
maxima  qu'on  aurait  lieu  de  supposer.  Si  donc  on 
désigne  par  la  lettre  H  la  tension  maxima  en  mil- 
limètres de  mercure  de  la  vapeur  d'eau  à  la  tem- 
pérature du  sol  évaporant  à  tel  moment,  quand 
létat  hygrométrique  de  l'air  est  égal  à  e,  et  si 
on  effectue  le  reste  des  calculs  indiqués  à  l'expres- 
sion précédente,  l'expression  S  prendra  la  forme 
plus  générale  et  plus  simple  : 

S  =  1  -  0,1955  H(l  —  e) 

Elle  donne  ainsi  le  coefficient  de  retenue  des 
pluies  par  le  sol,  non  seulement  pour  un  groupe 
de  saisons,  mais  pour  un  jour  quelconque  de 
l'année  en  raison  des  valeurs  de  II  et  de  e  qui  s'y 
appliquent  Les  douze  valeurs  du  coefficient  S 
pour  les  mois  de  l'année,  tels  qu'ils  figurent  au 
tahleau  III,  ont  été  calculées  par  cette  formule. 

INTERPRÉTATION  DES    RESULTATS    DE  CALCUL 

Les  valeurs  en  question  peuvent  être  négatives, 
ainsi  qu'il  arrive  d'ailleurs  pour  les  mois  de  juillet 
et  d'août.  La  particularité  ne  comporte  qu'une 
interprétation  ;  c'est  que  le  mois  de  juillet  et  sur- 
tout le  mois  d'août  évaporent  plus  d'eau  que  les 
pluies  de  ces  deux  mois  n'en  déversent  ;  et  il  n'y  a 
pas  à  voir  là  d'impossibilité.  Le  fait  se  réalise  en 


—  71    — 

raison  du  retard  qu'ont  mis  les  infiltrations  à  par- 
venir à  leurs  issues  dans  leur  marche  très  lente  en 
suivant  les  inclinaisons  très  faibles  du  sol,  ainsi 
que  Font  démontré  les  calculs  du  chapitre  précé- 
dent. Le  retard  peut  être  de  un  mois,  de  deux,  de 
trois  ou  même  plus.  Juillet  et  août  évaporent 
ainsi  pour  partie  les  infiltrations  de  mois  anté- 
rieurs. La  compensation  se  fait  sur  le  mois  de 
septembre  comme  le  prouve  les  chiffres  de  la  der 
nière  colonne  du  tableau  III,  et  les  faits  sont  ainsi 
d'accord  avec  l'interprétation.  Le  retard  enfin  est 
d'autant  plus  grand  que  le  sol  meuble  a  plus  de 
profondeur,  et  c'est  là  encore  une  des  circons- 
tances qui  expliquent  la  constance  du  débit  des 
cours  d'eau  au  temps  où  les  forêts  couvraient  une 
grande  partie  du  territoire. 

La  pression  barométrique  a  aussi  son  rôle  dans 
les  phénomènes  de  l'évaporation  ;  mais  ici  son 
influence  a  pu  être  laissée  de  côté,  les  moyennes 
barométriques  étant  sensiblement  les  mêmes  pour 
l'été  et  pour  l'ensemble  des  autres  saisons. 

AMÉNAGEMENT  DU  SOL  DE  SURFACE 

La  question  de  principe  ainsi  résolue,  son 
application  dans  la  pratique  est  tout  indiquée. 
Théoriquement,  et  au  mieux  faisant,  la  méthode 
à  suivre  consisterait  à  garantir  les  surfaces  de 
réception  au  moyen  de  couvertures  arborescentes 
sous  lesquelles  serait  constamment  maintenue 
une  couche  d'air  voisine  de  la  saturation.  La 
réserve  des  pluies  serait  alors  le  double   ou   le 


—  72  - 

triple  tic  la  prévision  moyenne  établie  à  la  pro- 
portion de  18,o0  %  seulement.  La  couche  d'air 
stagnante  et  saturée  serait  o*b tenue  par  l'interpo- 
sition sur  le  sol  d'une  couche  épaisse  de  pierrailles 
sur  laquelle  viendraient's'implanter  des  herbes  et 
des  mousses.  Ce  serait  le  retour  à  l'état  naturel 
primitif,  à  celui  qui  entretenait  de  lui-même  les 
sources  à  leur  constance. 

Le  prix  de  revient  de  semblable  aménagement 
serait  certainement  très  élevé.  Aussi  n'est-il  mis 
en  avant  qu'à  titre  de  programme  Une  autre  dis- 
position toute  primitive,  étrangère  à  toute 
recherche  de  sylviculture  ou  de  botanique,  s'offre 
en  regard  de  la  précédente  ;  moins  efficace  sans 
doute,  mais  ayant  l'avantage  de  ne  rien  coûter,  les 
acquisitions  nécessaires  en  surface  une  fois  faites. 
Elle  se  bornerait  à  remettre  ces  surfaces  en  friche, 
en  laissant  à  la  nature  protectrice  naturelle  des 
sources,  le  soin  de  garnir  le  sol  à  sa  guise.  L'em- 
placement se  couvrirait  en  peu  de  temps  d'herbes 
de  tout  genre,  d'ajoncs,  de  genêts  ou  de  ronces, 
où  de  toutes  autres  espèces  résistantes,  vivant  côte 
à  côte  sans  se  nuire  et  emprisonnant  une  couche 
d'air  au  dessus  du  sol  plus  efficacement  peut-être 
que  ne  le  ferait  un  bois  taillis.  Le  rendement  serait 
seulement  moyen,  égal  à  la  retenue  par  le  sol  de 
18,50  %  des  pluies  de  l'été,  sauf  à  croître  avec  le 
temps. 


—  73  — 


CHAPITRE  IV 

Rapprochements.  —  Régimes  moyens  des  cours  d'eau. 
—  Régime  de  deux  sources. 

Les  résultats  qui  viennent  d'être  exposés  repo- 
sent presque  uniquement  sur  deux  faits  expéri- 
mentaux admis  comme  vérité  moyenne  par  les 
autorités  scientifiques  déjà  mentionnées 

Dans  les  régions  Nord-Ouest  de  la  France,  pour 
l'un  d'eux,  les  pluies  estivales  ne  profitent  pas  aux 
cours  d'eau,  et  pour  l'autre,  dans  le  bassin  de  la 
Seine  la  fraction  des  précipitations  atmosphé- 
riques réservées  annuellement  par  le  sol  est  égale 
au  tiers  de  leur  total.  Si  les  deux  faits  sont  exacts 
pour  nos  régions  de  l'Ouest  les  résultats  consignés 
au  tableau  III  le  sont  également.  Or,  une  expé- 
rience particulière  est  venue  apporter  pour  nos 
régions  normandes  la  confirmation  des  faits  éta- 
blis pour  le  bassin  de  la  Seine. 

DONNÉES    COMPLÉMENTAIRES    D'OBSERVATION 

En  1874  et  187o  des  observations  précises  ontété 
faites  sur  tout  le  département  de  l'Orne  par 
M.  H.  de  la  Tournerie,  ingénieur  des  Ponts-et- 
Chaussées.  De  nombreux  cours  d'eau  ont  leur 
origine  comme  la  carte  l'indique  sur  la  ligne  de 
faite  qui  traverse  la  contrée  dans  sa  longueur. 
Tous  les  cours  d'eau  existant  sur  le  périmètre  ont 
été  jaugés  à  intervalles  rapprochés,  soit  à  leur 
entrée,  soit  à  leur  sortie  du  département  et  pen- 


—  74  — 

danl   les  deux  années  en  question.  L'expérience 
après  calculs,  a  montré  que  là,  comme  ailleurs,  le 
tiers  seulement  du  volume  total  des  précipitations 
atmosphériques  se  retrouverait  dans  le  débit  des 
cours  d'eau.  Le  résultat  a   été  consigné  vers   la 
même  époque  dans   les  notices  météorologiques 
du  département  de  l'Orne  imprimées  à  Alençon. 
Un  autre  fait  d'observation,  qui  est  celui-là  de 
vérification  courante,  se  rattache  étroitement  aux 
températures  du  sol  évaporant  telles  qu'elles  ont 
été  évaluées  au  chapitre  précédent.  Leur  influence 
se  manifeste  deux  fois  dans  l'année  sur  les  six 
mois   d'un  équinoxe  au   suivant.   Des   premiers 
jours  d'octobre  aux  premiers  jours  d'avril  la  sur- 
face du  sol  ne  sèche  plus  qu'exceptionnellement. 
Alors  la  température  du  soi  est,  suivant  le  calcul 
adopté,  supérieure  aux  températures  moyennes  de 
l'atmosphère.  Les  vapeurs  émises  par  le  sol   se 
condensent  à  sa  surface  dès  leur  sortie  et  l'eau  y 
reste  en  permanence  parce  que  l'air  en  contact, 
qui  est  alors  presque  saturé,  ne  peut  la  reprendre 
que  très  lentement.  Pareille  chose  n'existerait  pas 
si  le  sol  évaporant  avait  la  même  température  que 
l'atmosphère,  celle-ci  même  étant  voisine  de  la 
saturation.    L'inverse  du  phénomène  se  produit 
par  compensation  des  premiers  jours  d'avril  aux 
premiers  jours  d'octobre.   Alors,    la  température 
du    sol    évaporant,    toujours   suivant    le    calcul 
adopté,  est  inférieure  aux  températures  moyennes 
de  L'atmosphère.  Les  vapeurs  émises  par  lui  sont 
absorbées  sans  arrêt  dès  leur  sortie  par  l'air  exté_ 
rieur   plus  chaud   et  dont   l'état   hygrométrique 


—  75  — 

est,  de  plus*  très  éloigné  de  la  saturation-  D'autres 
conséquences  relatives  aux  cours  d'eau,  ont  un 
intérêt  plus  immédiat. 

RÉGIMES    MOYENS    DES    COURS    D'EAU 

Les  résultats  du  tableau  III  développés  per- 
mettent en  effet  de  définir  les  régimes  moyens  des 
cours  d'eau  dans  leurs  rapports  avec  l'état  de  cou- 
verture des  surfaces  de  réception.  A  telle  hauteur 
moyenne  des  pluies  réservée  par  le  sol  dans 
l'intervalle  d'un  mois  répondra  un  certain  volume 
d'eau  dépendant  de  la  superficie  d'un  bassin  de 
réception,  superficie  qu'on  pourra  supposer  fixée 
à  cent  hectares  comme  point  de  comparaison.  Le 
même  volume  divisé  par  le  temps  exprimé  en 
secondes  pour  l'intervalle  donné  répondra  ainsi  à 
un  débit  de  tant  de  litres  par  seconde  propre  à  tel 
ou  tel  mois  de  l'année.  Ce  sera  un  débit  spécial,  il 
est  vrai,  car  appliqué  au  même  mois,  il  suppose 
l'écoulement  parvenu  à  destination  au  moment  où 
les  pluies  touchent  le  sol,  hypothèse  qui  équivaut 
à  affecter  toutes  les  précipitations  atmosphériques 
au  ruissellement,  alors  que  ce  cas  n'est  que  l'excep- 
tion. Il  y  a  donc  là  correction  à  apporter. 

Le  débit  réel  d'un  cours  d'eau  à  un  moment 
donné,  si  on  supposait  les  pluies  continues  ou 
venant  à  intervalles  fixes,  ne  devrait  en  effet  rien 
devoir  au  ruissellement.  Pour  tel  mois  désigné,  il 
représenterait  alors  partie  des  infiltrations  du  mois 
même,  partie  des  infiltrations  dues  aux  mois  qui 
le  précèdent  et  dont  le  nombre  est  indéterminé. 
Et  ce  nombre  dépendrait  sur  tel  bassin  de  récep- 


-  76  — 

tion  de  la  profondeur  du  sol  meuble,  de  sa  poro- 
sité et  des  déclivités  de  la  surface.  Le  moven 
terme  en  rapport  ici  avec  l'observation  et  avec  ce 
qu'on  sait  de  la  lenteur  de  marche  des  infiltra- 
tions, porte  à  admettre  que  les  infiltrations  à  pro- 
venir d'un  mois  spécifié  quelconque  s'arrêtent  par 
épuisement  à  l'expiration  des  trois  mois  qui  le 
suivent,  et  que  chacun  des  quatre  mois  en  ques- 
tion donne  lieu  à  la  réception  par  le  cours  d'eau 
du  quart  de  la  quantité  totale  infiltrée  Les  débits 
réels  inscrits  au  tableau  IV,  en  regard  des  débits 
bruts  d'origine,  ont  été  calculés  sur  cette  base  de 
répartition  qui  laisse  invariable  le  débit  annuel. 

CALCUL  DES  ELEMENTS  DU  TABLEAU  IV 

Les  cent  hectares  de  superficie  du  bassin  de 
réceptiou  sont,  on  le  comprend,  supposés  porter 
sur  une  région  de  sous-sol  imperméable,  ou  ne 
pouvant  donner  lieu  au  transport  des  infiltrations 
en  dehors  du  périmètre  qui  les  délimite- 
Le  tableau  IV  donne  les  débits  pour  deux  états 
extrêmes  de  la  surface  de  réception.  L'un  d'eux 
vise  un  sol  moyen  homogène  en  état  ordinaire  de 
culture  ;  c'est-à-dire  couvert  de  sa  végétation  spé- 
ciale jusque  vers  fin  Juin  ;  mais  dégarni  plus  ou 
moins  complètement  de  tout  abri  sur  les  trois 
mois  suivants.  L'autre,  un  soi  de  même  nature, 
mais  abrité  par  une  végétation  qui  lui  sert  de  cou- 
verture permanente  sur  les  trois  mois  de  l'été  et 
lui  assure  la  réserve  des  pluies  de  la  saison  dans 
la  proportion  de  18,50  °/0. 


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—  78  — 

Dans  le  premier  cas,  le  rendement  en  eau  se 
traduit  par  le  débit  moyen  annuel  de  10,58  litres 
par  seconde,  comportant  2,63  litres  par  seconde  en 
moyenne  de  trois  mois  d'étiage  :  dans  le  second, 
par  12,32  litres  par  seconde  comme  débit  moyen 
annuel,  avec  6,89  litres  par  seconde  en  moyenne 
d'étiage.  Dans  le  premier  cas,  le  sol  a  gardé  seule- 
ment le  tiers  exactement  des  pluies  annuelles  et 
dans  le  second  16  %  environ  de  plus. 

Dans  un  cas  comme  dans  l'autre  la  hauteur 
moyenne  annuelle  des  pluies  a  été  comptée  par 
convention  à  un  mètre,  En  résumé,  le  tableau  IV 
établi  pour  deux  conditions  de  surfaces  extrêmes, 
donne  le  moyen  dévaluer  assez  approximative- 
ment le  rendement  en  eau  d'un  bassin  de  récep- 
tion quelconque  boisé  à  moitié  ou  au  tiers  ou  dans 
telle. ou  telle  autre  proportion,  pour  telle  super- 
ficie ou  telle  hauteur  annuelle  des  pluies  pouvant 
lui  convenir. 

Le  régime  des  débits  bruts  transformé  par  le 
retard  à  l'écoulement  des  infiltrations  a  été  cal- 
culé sur  la  base  de  retard  déjà  indiquée  Pour  juin 
par  exemple,  et  pour  un  sol  ordinaire  de  culture, 
on  obtient  comme  débit  avec  ce  point  de  départ  : 

\  (6,21  +  6,89  -f  6,87  +  10,88) 
=  7,71  litres  par  seconde 

Pour  septembre,  et  toujours  pour  un  sol  non 
couvert  : 

~  (5,91  —  3,52  —  2.21  +6,21) 

-A 

=  1,60  litres  par  seconde 


-  79  — 

Semblable  calcul  appliqué  à  un  écoulement  des 
infiltrations  fractionné  au  -77-  par  mois  conduirait, 

12      l 

comme  on  voit,  à  la  constance  absolue  du  débit  à 
sa  valeur  moyenne  annuelle  de  10,58  litres  par 
seconde  pour  un  sol  ordinaire  non  couvert,  et  de 
12,32  pour  le  même  sol  abrité,  aux  conditions 
définies  de  végétation  permanente. 

MAXIMUM    DES    DEBITS     EX    JANVIER.     —      INONDATIONS 

Le  tableau  IV  montre  à  première  vue  qu'en 
temps  moyen  normal  le  débit  de  nos  cours  d'eau 
passe  par  un  maximum  vers  le  mois  de  janvier. 
Le  maximum  à  ce  moment  est  presque  en  oppo- 
sition avec  le  minimum  des  pluies  de  février  et, 
d'un  autre  côté,  tout  à  fait  en  rapport  avec  les 
états  hygrométriques  de  l'air  pour  la  même 
saison.  En  temps  ordinaire,  la  diminution  du 
volume  pluvial  coïncidant  avec  l'abaissement  de 
la  température  en  hiver,  ne  rend  pas  ces  crues 
hivernales  inquiétantes  ;  mais  l'irrégularité  même 
qui  préside  à  la  répartition  des  pluies,  jointe  à 
d'autres  causes,  peut  amener  de  tout  autres  effets, 
et  faire  de  ce  débit  maximum  un  véritable  flot  de 
dévastation.  Il  en  a  été  ainsi  en  janvier  1910  lors 
des  inondations  de  Paris  et  de  sa  banlieue. 

Les  pluies  persistantes  et  anormales  survenues 
vers  cette  époque  sur  tout  le  bassin  de  la  Seine 
très  peu  abrité  en  tous  temps,  et  particulièrement 
dégarni  au  moment,  eurent  un  effet  désastreux. 
La  crue  devint  inquiétante  vers  le  21  janvier;  le 
28  janvier  le  niveau  de  la  Seine  à  Paris-Bercy 
atteignit  la  cote  d'altitude  maxima  de  34,60  supé- 


—  80   - 

Heure  de  7  à  8  mètres  au  niveaux  ordinaires 
d'étiage,  et  causa  des  dommages  qui  sont  encore 
présents  à  toutes  les  mémoires.  Le  sol  en  grande 
partie  saturé  d'eau,  le  ruissellement  remplaçant 
en  grande  partie  aussi  l'infiltration  en  profondeur, 
l'évaporation  réduite  à  son  dernier  terme,  expli- 
quent suffisamment  les  faits. 

Il  en  eût  été  autrement  au  début  de  la  période 
historique  alors  que  des  forêts  occupaient  presque 
toute  l'étendue  du  bassin  de  réception  et  que  la 
végétation  opposait  au  ruissellement  des  obstacles 
sans  nombre. 

Postérieurement  à  la  catastrophe,  des  constata- 
tions suivies  ont  établi  que  le  débit  de  la  Seine  était 
resté  anormalement  fort  très  long-temps,  même 
jusqu'en  juillet  II  faut  en  conclure  pour  d'autres 
cas,  que  les  couvertures  végétales  permanentes 
même  partielles,  auraient  en  hiver  et  dans  les  cir- 
constances ordinaires  une  action  modératrice 
encore  plus  certaine,  puisque  le  ruissellement 
existe  toujours  dans  cette  saison  à  un  degré  plus 
ou  moins  fort.  L'effet  produit  serait  alors  d'ordre 
purement  mécanique. 

* 

FIGURATION    DU    REGIME    DES    DEBITS 

L'épure  qui  suit  est  l'image  représentative  de 
l'allure  des  débits  d'un  cours  d'eau  dans  une 
année  moyenne  d'après  les  indications  du 
tableau  IV,  et  pour  les  deux  cas  extrêmes  d'un 
bassin  de  réception  découvert  et  d'un  bassin  de 
réception  entièrement  boisé.  Les  courbes  ont  été 
obtenues  comme  on  voit  en  portant  le  temps  en 


—  81   — 

abscisses  et  les  déhits  mensuels  en  ordonnées.  Si 
le  tracé  comporte  trois  courbes  au  lieu  de  deux, 
c'est  afin  de  faire  ressortir  par  la  figuration  même 
la  perturbation  due  au  ruissellement,  perturbation 

Allure  des  cours  deau  en  régime  moyen 
pour  l'Ouest  de  la  France 


que  le  calcul  ne  peut  prévoir.  A  cet  ellet,  la  courbe 
initiale  0,  en  pointillé,  représente  seule  la  marche 
des  débits  réels  d'après  le  tableau  IV  pour  le  cas 
d'un  bassin  de  réception  découvert  Elle  suppose 
par  le  fait  Le  régime  des  pluies  continu  suivant  la 
donnée  du  tableau,  considération  qui  élimine 
entièrement  les  effets  du  ruissellement  Les 
courbes  1  et  2  qui  mettent  en  évidence  l'action  du 
ruissellement  sur  les  régimes  des  débits  s'appli- 
aquent,  la  première  à  un  bassin  de  réception  déçou- 

6 


—  82  — 

vert,  et  la  seconde  à  un  bassin  de  réception  entiè- 
rement boisé. 

Pour  la  courbe  1  en  effet,  le  ruissellement  vers 
les  mois  de  décembre,  janvier,  -février,  mars,  a 
évidemment  pour  effet  d'exagérer  dans  une 
mesure  plus  ou  moins  grande  les  débits  normaux 
relatifs  à  ces  époques  au  détriment  de  ceux  que 
des  infiltrations  lentes  pourraient  maintenir  sur 
les  mois  suivants.  En  conséquence,  de  novembre 
à  avril,  les  ordonnées  de  la  courbe  1  doivent  être 
en  général  plus  grandes  que  celles  de  la  courbe  0, 
et  plus  faibles  qu'elles,  par  contre,  sur  les  autres 
mois  à  partir  d'avril.  Les  écarts  sont  surtout  mar- 
qués pour  les  mois  de  décembre,  janvier  et  février. 

La  courbe  2  donne  le  régime  des  débits  pour  un 
bassin  de  réception  couvert  d'une  végétation  per- 
manente Ses  ordonnées  de  novembre  à  avril,  sont 
plus  faibles  que  celles  de  la  courbe  0  clans  cet 
intervalle,  parce  que  les  débits  mensuels  consta- 
tâmes se  trouvent  réduits  en  raison  de  la  plus 
grande  résistance  à  l'écoulement  que  le  sol  possède 
alors.  La  réserve  se  trouve  ainsi  reportée  sur  les 
mois  suivants  où  elle  vient  augmenter  celle  qui 
résulte  de  la  réduction  de  1  evaporation  pour  l'été. 
La  courbe  2  figure  donc  la  tendance  des  débits 
vers  l'uniformité. 

L'ensemble  des  courbes  0,  1 ,  2,  dans  son  caractère 
conventionnel,  présente  une  régularité  et  une 
symétrie  en  contraste  avec  le  caprice  apparent  des 
saisons,  mais  il  est  en  rapport  avec  des  données 
qui  ne  peuvent  être  que  des  moyennes.  La  figure 
admet  ainsi  que  la  hauteur  des  pluies  est  la  même 


—  83  - 

tous  les  ans,  et  qu'il  en  est  de  même  pour  leur 
répartition  mensuelle.  Dans  ces  conditions  où  le 
volume  débité  par  un  cours  d'eau  est  toujours  le 
même  annuellement,  ce  que  le  ruissellement 
supposé  donnerait  à  l'écoulement  d'hiver  en  Je 
prélevant  sur  ce  qui  irait  aux  sources,  contribue- 
rait à  l'appauvrissement  de  celles-ci  aux  saisons 
suivantes  et  conduirait  à  chercher  dans  quelle 
mesure  il  viendrait  ainsi  réduire  le  débit  moyen 
d'étiage  tel  qu'il  a  été  inscrit  au  tableau  IV  sous  le 
chiffre  de  2,03  litres  par  seconde  pour  cent  hec- 
tares de  superficie  de  bassin  de  réception  La 
réduction  sur  l'été  ne  pourrait  être  évidemment 
que  très  faible  car  elle  aurait  été  supportée  anté- 
rieurement et  pour  une  forte  part  par  les  mois  de 
printemps,  mais,  comme  on  ne  peut  s  abstraire  de 
son  principe  d'existence,  on  doit  conclure  de  la 
remarque,  que  le  débit  à  l'étiage  donné  par  la 
courbe  0-0  pour  cette  période  ne  peut  être  que 
supérieur  à  la  réalité  que  représente  dans  ce  pas- 
sage la  courbe  1 . 

La  comparaison  des  régimes  moyens  théoriques 
d'un  cours  d'eau  ou  d'une  source  avec  leurs 
régimes  réels  établis  par  jaugeage  peut  donner 
dans  certaines  circonstances  des  indications  utiles 
sur  la  constitution  du  sous-sol.  Le  cas  se  présente 
pour  les  deux  sources  de  l'Etre  et  du  Vieux-Douet 
que  La  ville  de  Coudé  a  eu  le  projet  de  capter  pour 
son  alimentation,  projet  qu'à  son  détriment  elle  a 
abandonné. 


—  84  — 

RÉGIME    PARTICULIER    DE    DEUX    SOURCES 

La  ville  de  Condé,  dont  le  territoire  repose  sur 
les  phyllades  précambriens  dits  «  Phyllades  de 
Saint-Lô  »,  n'a  pas  à  sa  proximité  immédiate  de 
sources  réellement  pérennes.  Les  sources  de  l'Etre' 
et  du  Vieux-Douet,  voisines  l'une  de  l'autre,  sont 
situées  à  6  kilomètres  environ  au  Nord-Nord-Ouest 
de  la  ville  sur  le  revers  de  l'affleurement  des  con- 
glomérats pourprés  Cambriens  qui  dessinent  sur 
la  région  une  crête  continue  Est  Ouest  couverte  de 
bruyères  et  de  bois  taillis.  Elles  font  partie  d'une 
série  de  sources  ayant  toutes  le  même  caractère  de 
pérennité,  et  dont  les  émergences  jalonnent  un 
alignement  presque  droit  entre  les  hameaux  de 
l'Etre,  commune  de  Saint-Pierre-la-Vieille,  et  de 
Canteloup,  commune  de  Clécy.  L'alignement  est 
sensiblement  parallèle  à  l'affleurement  des  con- 
glomérats, et  se  place  à  quelques  centaines  de 
mètres  seulement  au  Nord  de  la  Crête  des  bruyères. 
Les  sources  de  l'Etre  émergent  à  l'altitude  de 
170  mètres,  celles  du  Vieux-Douet  à  220  mètres 
environ,  celle  de  la  Porte  à  185  mètres  environ. 

Le  bassin  de  réception  des  sources  de  l'Etre, 
assez  mal  délimité  vers  le  Sud,  mesure,  au 
maximum,  30  hectares  en  superficie,  dont  10  hec- 
tares de  bois  taillis. 

Celui  des  sources  du  Vieux-Douet,  peu  accusé 
lui-même  comme  déclivité,  comporte  00  hectares 
y  compris  12  hectares  de  bois  taillis  et  d'ajoncs. 

Les  deux  cuvettes  ont  leur  issue  vers  le  sud  par 
deux  coupures  existant   dans  l'affleurement  des 


—  85  — 


conglomérats.    Le   sous-sol,   à  en  juger  par    les 
roches  d'affleurement,  est  parfaitement  compact  el 
imperméable  transversalement  aux  bancs.  Ceux-ci 
plongent  vers  le  Nord-Nord-Est  sous   une  incli 
naison  de  20  à  25  degrés. 

Les  jaugeages  ont  donné  les  résultats  suivants 
en  litres  par  seconde  : 


Jaugeages 

Débit  moyen 
annuel 

Débit  moyen 
Etiage 

Source  du  Yieux-Douet 

4,-98 
6,50  (1) 

2,85 
3,07 

Totaux  de  réunion  .  .  . 

11,48 

5,92 

ANOMALIES 

Les  débits  théoriques  à  résulter  de  la  donnée 
des  surfaces  de  réception  et  de  la  hauteur  moyenne 
annuelle  des  pluies  qui,  à  0  m.  75,  est  celle  qui 
convient  à  la  région,  sont  tout  autres.  Il  reste  à 
les  évaluer,  en  tenant  compte  de  l'abri  végétal 
partiel  propre  à  chaque  point  de  source. 

Les  données  et  les  calculs  qui  ont  servi  à  élablir 
le  tableau  IV,  appliqués  à  un  bassin  qui  ne  com- 
porterait que    -  de   sa   surface  boisée,  comme  à 

(1)  Lcchitlre  de  6,50  litres  par  seconde  comprend,  comme 
ce  doit  être,  toutes  les  sources  de  la  cuvette  de  réception 
du  Yieux-Douet  en  amont  de  leur  rassemblement  à  la  brèche 
des  conglomérats,  et  non  pas  seulement  la  plus  haute 
d'entre  elles  qui  est  celle  de  la  Tasse,  la  seule  dont  le  projet 
de  la  ville  de  Condé  ait  voulu  tenir  compte,  on  ne  sait 
pourquoi. 


86  — 


l'Etre,  conduiraient  pour  le  rendement  en  eau  de 
cent  hectares  avec  hauteur  annuelle  des  pluies  de 
un  mètre  aux  chiffres  suivants  : 

Débit  moyen  annuel   :  11,12  litres  par  seconde. 

Débit  moyen  d'étiage  :    4,40  litres  par  seconde. 

De  même,  pour  un  bassin  de  réception  qui  ne 
comporterait  que  y  de  couverture,  comme  au 
VieuxDouet.  les  chiffres  deviendraient  : 

Débit  moyen  annuel    :  10,90  litres  par  seconde. 

Débit  moyen  d'étiage  :    3,95  litres  par  seconde. 

En  conséquence  le  débit  moyen  annuel  de  la 
source  de  l'Etre  devrait  être  : 

-^-  X  il. 12  X  0,75  =  2,50  litres  par  seconde  et 

100 

le  débit  moyen  d'étiage  : 

—  X  4,40  X  0,75  =  0.99  litres  par  seconde. 
Pour  la  source  du  Vieux-Douet,  le  débit  moyen 

annuel  serait  : 

*^p  X  10,90  X  0,75     :  4,91  litres  par  seconde: 
et  le  débit  moyen  d'étiage  : 

—  X  3,95  X  0,75         1,78  litres  par  seconde. 

De  sorte  qu'en  regard  du  tableau  précédent,  rela- 
tant les  résultats  des  jaugeages,  se  placerait  le  sui- 
vant, très  différent  du  premier,  obtenu  par  le 
calcul  il  est  vrai,  mais  par  un  calcul  appuyé  lui- 
même  sur  l'observation. 


Calcul 

Débit  moyen 
annuel 

Débit  moyen| 
Etiagc 

Source  de  l'Etre  .... 
Source  du  Yieux-Douet. 

2,50 
4,91 

0,99 
1,78 

Totaux  de  réunion   .  •   . 

7,41 

2,77 

87 


Ainsi,  pour  la  source  de  l'Etre,  le  débit  moyen 
annuel  constaté  par  jaugeages  est  le  double,  et 
celui  d'étiage  presque  le  triple  de  ce  qu'ils  devraient 
être  si  la  constitution  du  sous-sol  répondait  comme 
imperméabilité  à  son  apparence.  Il  est  cependant 
impossible,  soit  sur  la  carte,  soit  sur  le  terrain, 
d'étendre  à  plus  de  30  hectares  la  surface  du  bassin 
de  réception  dont  le  contour  doit  évidemment 
passer  au  point  bas  des  émergences,  là  où  les  jau- 
geages ont  été  faits. 

La  même  anomalie  se  présente,  quoique  moins 
accusée,  pour  les  sources  du  Vieux-Douet  dont  le 
bassin  de  réception  est  contigu  au  précédent,  en 
raison  peut-être  de  son  altitude  plus  grande  par 
rapport  à  l'autre,  et  sans  doute  aussi  parce  qu'il 
existe  quelque  communication  entre  eux  par  le 
sous-sol. 

nécessité  de  l'intervention 
d'un  accident  géologique 

Pour  l'ensemble  des  deux  sources  qui  naissent 
probablement,  étant  voisines,  d'une  réserve  d'in- 
filtrations commune,  l'anomalie  se  traduit  donc 
par  un  excédent  du  débit  moyen  de  4,07  litres  par 
seconde,  et  du  débit  d'étiage  de  3,15  litres,  sur  ce 
qu'ils  devraient  être  pour  une  surface  de  réception 
de  90  hectares  en  total.  La  divergence  entre  le 
résultai  des  jaugeages  et  les  prévisions  est  telle 
qu'il  faut  recourir  pour  l'expliquer  à  l'intervention 
d'un  accident  géologique  qui  a  dû  rendre  le  sous 
sol  beaucoup  plus  propre  à  g-arder  une  réserve 


88 


d'eau  que  ne  le  ferait  supposer  la  nature  compacte 
des  roches  qui  le  forment. 

La  coupe  schématique  ci-dessous,  menée  trans- 
versalement à  l'affleurement  des  conglomérats  à 
800  mètres  à  l'est  de  la  brèche  du  Vieux-Douet, 
vers  le  village  de  La  Bidardière,  montre  ce  que 
peut  être  sa  nature.  Elle  laisse  voir  ce  que  serait  la 

configuration      du 
%  sous-sol    si    on    se 

3  guidait  exclusive- 
ment sur  les  cons- 
tatations de  la  sur- 
face, et  en  particu- 
lier sur  ce  fait  : 
qu'à  300  mètres  en- 
viron au  Nord  de  la 
crête  des  conglo- 
mérats, les  bancs 
qui  plongaient  à 
25°  environ  vers  le  Nord-Nord  Est  au  départ,  sont 
devenus  là  presque  horizontaux- 
Une  masse  de  roches  compactes  et  parfaitement 
stratifiées  d'au  moins  150  mètres  d'épaisseur  se 
serait  ainsi  trouvée  infléchie  de  20  degrés  sur  une 
distance  aussi  faible  que  300  mètres  sans  se  dis- 
joindre ou  se  désagréger  L'impossibilité  est 
absolue  avec  la  rigidité  des  assises.  Il  y  a  eu,  sans 
doute,  sur  toute  la  hauteur  de  la  stratification, 
rupture  vers  la  charnière  A,  et  suivant  une  ligne 
de  direction  Est  Ouest  presque  parallèle  à  l'affleu- 
rement des  conglomérats.  Elle  a  laissé  en  place 
au  Nord  la  masse  rocheuse  principale  en  dislo- 


1.  Phyllades.  —  2.  Conglomérats. 
—  3.  Grès  blancs  bleuâtres  et 
schistes  jaunes  verdàtrcs  les  sur- 
montant. 


—  89  — 

quant  plus  ou  moins  la  partie  au  Sud,  et  créant 
peut  être  entre  les  deux  un  rejet  vertical  plus  ou 
moins  accusé  en  raison  du  mouvement  de  bascule 
qui  s'est  opéré.  Sur  cette  ligne  de  cassure  Est- 
Ouest,  se  sont  fait  jour  les  sources  de  l'Etre,  du 
Vieux-Douet,  de  la  Porte,  et  probablement  de 
Canleloup,  toutes  sources  pérennes.  La  disloca- 
tion à  l'Etre  et  au  Vieux-Douet  a  été  surtout 
accusée,  puisque  l'existence  de  deux  brèches  dans 
l'affleurement  des  conglomérats  en  ces  points 
témoigne  à  l'évidence  de  cassures  Nord-Sud  exis- 
tant en  profondeur  et  allant  recouper  un  peu  en 
amont  la  ligne  principale  de  rupture  de  direction 
Est  Ouest.  Les  deux  premières  sources  ont  ainsi 
leur  issue  au  Sud  par  ces  brèches;  les  autres, 
s'écoulent  sur  le  versant  Nord  des  bruyères. 

EXTENSION  DES  SURFACES  APPARENTES  DE  RÉCEPTION 

L'accident  ainsi  défini  supprime  toute  anomalie 
entre  le  régime  théorique  des  sources  et  celui 
qu'accusent  les  jaugeages.  D'après  ceux-ci  en  effet, 
le  débit  moyen  annuel  des  deux  sources  réunies 
est  de  H ,48  litres  par  seconde.  Dans  l'état  de  cou- 
vert nie  où  se  trouve  le  sol.  et  en  tenant  compte 
d'une  hauteur  annuelle  des  pluies  de  0  m  75,  il 
déviait  correspondre  à  une  surface  de  réception 
de  140  hectares.  Il  n'en  est  rien,  au  moins  en 
apparence,  comme  on  sait,  puisque  la  délimita- 
lion  des  cuvettes  sur  le  terrain  ne  permet  pas  de 
leur  attribuer  ensemble  plus  de  00  hectares.  Mais 
il  arrive,  l'accident  une  fois  admis,  que  lesSOhec- 


—  90  — 

tares  manquants  se  retrouvent,  et  viennent 
s'ajouter  aux  90  par  adjonction  à  cette  surface 
primitive  de  celles  qui  occupent  les  espaces  figurés 
en  a  b  sur  la  coupe,  et  qui  vont  de  la  limite  Sud 
des  cuvettes  à  l'affleurement  des  conglomérats. 
Sur  ces  parties,  les  infiltrations  prises  par  les  lils 
et  les  joints  des  bancs  rocheux,  plongent  comme 
eux  en  inclinaison  vers  le  Nord  et  vers  les  réserves 
internes  d'alimentation  des  sources  ;  elles  chemi- 
nent en  réalité  en  sens  inverse  de  la  direction 
qu'elles  prendraient  suivant  les  pentes  de  la  surface 
qui,  au  contraire,  les  porteraient  au  Sud  au  détri- 
ment des  sources  En  résumé  la  surface  de  récep- 
tion qui  profite  aux  sources  mesure  ainsi  140  hec- 
tares et  non  90. 

L'anomalie  qui  porte  sur  la  constance  du  débit 
d'étiage  au  chiffre  relativement  élevé  de  5,92  litres 
par  seconde  pour  les  deux  sources  réunies,  s'expli- 
quera de  la  même  manière. 

EXISTENCE  DE   RÉSERVES    INTERNES    DES    INFILTRATIONS 

La  surface  de  réception  de  140  hectares  dont  il 
faut  partir,  et  dans  l'état  de  couverture  où  se  trouve 
le  sol,  conduit  pour  la  valeur  du  débit  moyen 
d'étiage  au  chiffre  de  4,10  litres  par  seconde  seule- 
ment, d'après  les  données  du  tableau  IV;  mais 
alors  le  débit  s'applique  à  un  sol  ordinaire  consi- 
déré comme  homogène  et  n'ayant  qu'une  capacité 
de  réserve  restreinte,  tandis  qu'il  en  est  tout  autre- 
ment dans  le  cas  des  deux  sources.  Le  sol  recouvre 
alors  une  masse  rocheuse  ayant  subi  une  disloca- 


91 


tion  ou  au  moins  une  disjonction  :  celte  masse 
devenue  absorbante  en  raison  de  la  rupture  de 
stratification  survenue,  présente  en  outre  une 
grande  puissance.  Ce  ne  sont  plus  là  les  conditions 
du  sol  moyen  qui  sont  prévues  au  tableau  IV,  et 
il  faut  avoir  égard  à  cet  état  nouveau  du  sous-sol 
devenu  relativement  poreux  sur  une  grande  pro- 
fondeur. 
Aux  conditions  moyennes  ordinaires  du  tableau. 

A/ 

les  débits  moyens  mensuels  répondent  à  une 
répartition  des  infiltrations  clans  le  sol  dans  la 
proportion  du  quart  sur  quatre  mois.  Avec  un  sol 
absorbant  d'une  masse  supérieure  à  la  moyenne, 
la  répartition  s'étend  sur  un  temps  plus  prolongé, 
lel  par  exemple  que  six  mois,  et  par  sixièmes  À 
la  limite,  et  pour  un  sol  absorbant  dont  la  puis- 
sance serait  indéfinie,  la  répartition  s'opérerait  sur 
les  douze  mois  de  l'année  et  par  douzièmes.  Alors, 
les  débits  mensuels  seraient  tous  égaux  au  débit 
moyen,  et  la  constance  deviendrait  absolue.  Dans 
le  cas  présent,  la  répartition  des  infiltrations,  en 
raison  d'une  masse  absorbante  d'importance 
anormale,,  peut  porter  ainsi  sur  six  mois  au  lieu 
de  quatre.  Les  chiffres  du  tableau  IV,  à  ces  condi- 
tions, ne  s'appliquent  plus  au  cas  des  deux  sources 
et.  par  le  fait,  toule  anomalie  disparaît. 

La  même  considération  s'appliquerait  à  toute 
autre  configuration  anormale  du  sol,  à  un  sol 
aride  par  exemple,  et  de  puissance  absorbante 
réduite.  La  répartition  des  infiltrations,  au  lieu  de 
s'opérer  sur  quatre  mois  comme  dans  la  moyenne, 
ne  se  ferait  plus  que  sur  3  mois,  sur  2,  etc.  On  voit, 


92 


qu'à  ces  conditions,  les  débits  moyens  d'étiage 
tendent  vers  zéro;  ce  que  l'expérience  confirme 
avec  les  sources  temporaires  nées  sur  des  régions 
de  sous-sol  complètement  imperméables  et  dont 
le  sol  arable  est  sans  profondeur. 

La  constitution  et  l'allure  générale  des  couches 
du  Gambrien  dans  la  région  des  deux  sources  sont 
connues  par  les  documents  relatifs  au  pli  synclinal 
de  Saint-Rémy  dont  elles  forment  la  partie  Ouest. 
Ici,  toutefois,  ces  couches  ont  leurs  accidents  par 
ticuliers.  Alors  que  dans  la  région  de  Clécy-Saint- 
Rémy  toutes  les  couches  du  flanc  Sud  à  partir  de 
l'affleurement  plongent  au  Nord-Nord-Est  par  20 
à  25  degrés  d'irrclinaison,  et  conservent  la  même 
allure  jusqu'à  une  distance  assez  grande  de 
l'affleurement,  les  mêmes  couches  ou  similaires, 
dans  la  région  des  sources,  partant  de  l'inclinaison 
de  25  degrés  ou  environ,  se  retrouvent  à  très  peu 
près  horizontales  à  300  ou  400  mètres  seulement 
de  distance  de  l'affleurement.  A  la  brèche  de  l'Etre, 
la  distance  est  même  moindre.  Ces  remarques 
viennent  en  explication  complémentaire  de  la 
coupe  géologique  figurée  plus  haut.  La  poursuite 
de  la  discussion  conduit  encore  à  d'autres  préci- 
sions. 

CONSTITUTION    GÉOLOGIQUE    DU    SOUS-SOL 

La  rupture  dans  là  stratification  indiquée  sur  la 
figure  précédente  au  changement  de  pente,  si 
probable  qu'elle  soit,  n'est  cependant  qu'une  hypo- 
thèse. La  stratification  à  l'affleurement  pourrait 


—  93    - 

très  bien  en  effet  partir  de  l'inclinaison  de  20°à2;'>° 
pour  se  raccorder  en  courbe  à  peu  de  distance 
avec  l'horizontale,  une  certaine  plasticité  des  bancs 
y  aidant.  Mais,  s  il  en  était  ainsi,  le  régime  des 
sources  ne  serait  pas  celui  que  montrent  les  jau- 
geages; ce  serait  celui  qu'indique  le  tableau  IV 
pour  une  surface  de  réception  de  90  hectares 
seulement,  et  non  celui  qui  se  rapporte  à  une 
surface  de  140,  paisqiïalors  les  lits  de  stratifica- 
tion ne  seraient  plus  absorbants.  Et,  dans  ce  cas 
même,  il  resterait  encore  à  trouver  l'explication 
d'une  réserve  interne  des  infiltrations  dont  l'exis- 
tence est  nécessaire  pour  rendre  compte  des  débits 
d'étiage  anormalement  forts  en  pareille  circons- 
tance, débits  qui  ne  s'expliquent  que  par  la  dislo- 
cation ou  la  rupture  survenue  dans  la  masse 
entière  stratifiée.  En  résumé  donc,  la  tenue  toute 
spéciale  du  régime  des  sources  de  l'Etre  et  du 
Yieux-Douet,  comparée  à  ce  qu'elle  serait  sur  une 
stratification  inaltérée,  a  permis  de  conclure  à  la 
constitution  géologique  réelle  du  sous-sol  et,  par 
le  fait,  au  meilleur  mode  de  ca plage  des  infiltra, 
lions. 

RENDEMENTS    EN    EAU 
A    ATTENDRE    DES  SURFACES    DÉSIGNÉES 

L'ensemble  des  aperçus  développés  dans  les 
quatre  chapitres  de  ce  mémoire  sur  le  problème 
des  sources  et  des  cours  d'eau  dans  ses  rapports 
avec  la  végétation  comporte  en  dernière  analyse 
la  réponse  à  faire  à  la  question  suivante- 


—  94  — 

Quelle  devra  être,  évaluée  en  hectares,  la  surface 
du  sol  qu'il  faudra  couvrir  de  telle  ou  telle  végé- 
tation appropriée,  pour  donner  lieu  pendant  les 
trois  mois  de  l'étiage  et  pour  nos  régions  de 
l'Ouest,  à  un  supplément  d'infiltrations  ou  d'eau, 
de  source  représenté  par  le  débit  constant  et  per- 
manent de  un  litre  par  seconde  dans  le  même 
laps  de  temps  ? 

Il  sera  admis  que  la  surface  en  question  recouvre 
un  sous-sol  imperméable,  ne  donnant  lieu  par 
conséquent  à  aucune  action  de  transport  des  infil- 
trations en  dehors  de  la  cuvette  de  réception  des 
pluies,  celle-ci  formantelle-même  bassin  fermé  en 
terre  arable  de  suffisante  profondeur. 

La  hauteur  moyenne  annuelle  des  pluies  sera 
prise  au  chiffre  de  0m75,  pour  fixer  les  apprécia- 
tions sur  une  condition  climatérique   moyenne. 

Le  tableau  IV  montre  immédiatement  que  le 
supplément  d'infiltrations  à  attendre  d'une  sur- 
face  de  cent  hectares  aménagée  sera  : 

6,89  X  0,75  ==  5,17 

disons  5  litres  par  seconde. 

La  surface  répondant  à  la  quantité  supplémen- 
taire de  un  litre  par  seconde  pendant  les  trois 
mois  d'étiage  sera  par  conséquent  : 

o 

Soit  20  hectares,  aux  conditions  du  tableau  IV  ; 
c'est-à-dire  dans  l'hypothèse  où  la  couverture 
végétale  serait  celle  qui  couvrirait  un  sol  de  cul- 
ture remis  en  friche,  apte  à  conserver  dans  son 


û 


intérieur  et  avec  le  temps,  la  proportion  de  18,50  % 
des  pluies  de  l'été. 

Il  est  possible  en  outre  de  concevoir  un  aména- 
gement de  surface  conduisant  à  un  coefficient  de 
réserve  supérieur,  puisqu'un  sol  cultivé  en  sar- 
rasin et  assuré  de  cet  abri  sur  les  trois  mois  de 
l'année,  serait  apte  à  retenir,  comme  on  l'a  indiqué, 
la  proportion  de  28,6  °/0  des  pluies  de  la  même 
saison. 

La  superficie  répondant  alors  au  débit  supplé- 
mentaire de  un  litre  d'eau  par  seconde  se  réduirait 
à  13  hectares  seulement.  Il  a  dû  en  être  ainsi,  pour 
un  état  différent  de  couverture,  au  début  de  la 
période  historique,  alors  qu'en  même  temps  les 
e  fiels  du  ruissellement  étaient  inconnus. 

LE    DÉBIT    DU    NOIREAT      \    CONDÉ 

Le  débit  des  rivières,  ici,  celui  du  Noireau  et  de 
la  Druance  dont  le  confluent  est  à  Condé  même, 
se  mesure  de  la  même  manière  et  sur  les  mêmes 
bases  que  pour  une  source  isolée,  en  partant  des 
données  du  tableau  IV. 

Le  bassin  du  Noireau  à  Condé  couvre  à  l'amont 
une  surface  de  10.500  hectares  dans  laquelle  se 
trouvent  compris  550  hectares  de  bois  ou  de  taillis 
représentant  —  de  la  superficie  totale. 

Pour  cette  proportion  de  couverture,  le  calcul 
conduit,  pour  le  rendement  en  eau  de  cent  hec- 
tares avec  hauteur  annuelle  des  pluies  de  un  mètre, 
au  débit  de  10.038  litres  par  seconde  pour  le  débit 
moyen  annuel  et  à  celui  de  2,772  litres  par  seconde 


—  96  — 

pour  le  débit  moyen  d'étiage  au  lieu  de  10,58  el 
2.03  pour  sol  découvert. 

Le  débit  mo>en  annuel  de  la  rivière  pour  une 
hauteur  moyenne  annuelle  des  plui  is  qui  sera 
évaluée  à  0m95  esl  ainsi  : 

iiiSl  x  10,638X0,93     1662  litres  par  seconde. 

Et  le  débit  moyen  d'étiage  : 

-^    V  2.772       0,93       1-35  litres  par  seconde. 


LE    Dl  BJ  I     i»i     I  \    mu    \n«  I      v    C(  »M>i 

Le  bassin  de  réception  de  la  Druance,  plus 
étendu  que  le  précédent,  couvre  une  bu r face  de 
20.850  hectares  dans  laquelle  se  trouvent  compris 
1115  hectares  de  bois  ou  de  taillis  situés  en  grande 
partie  dans  la  région  des  hautes  sources  vers  les 
bois  d'Ondefontaine  el  delà  Ferrière.  La  propor 
lion  de  couverture  esl  de  —  eni  iron 

Le  tableau  l\.  sui  baises,  donnerait  poui  le 

rendement  en  eau  de  cent  hectares  avec  hauteur 
annuelle  des  pluie-  de  un  mètre,  10,667  litres  par 
seconde  au  lieu  de  10,58  pour  un  boI  découvert. 

Le  débil  moyen  annuel  de  la  rivière  est  ainsi, 
pour  une  hauteur  des  pluie-  de  0  75,  inférieure 
de  0,20  à  celle  île  la  vallée  du  Noireau  : 

X  10,667      0,7  i      I  665  litres  par  seconde. 

Le  débit  d'étiage  appelle,  lui,  une  remarque 
particulière  Comparé  au  régimedu  Noireau, celui 
de  la  Druance  allée  le  une  allure  sensiblement  plus 


—  97  — 

torrentielle  qu'explique  aisément  la  configuration 
du  sol  du  bassin  de  réception  de  ce  cours  d'eau. 
Alors  que  le  Noireau,  dans  la  plus  grande  partie 
de  son  cours  en  amont  du  confluent,  coule  dans 
une  très  large  vallée,  peu  ramifiée,  déversants  très 
peu  inclinés,  et  où  le  sol  présente  presque  partout 
une  grande  épaisseur,  la  Druance  traverse  son 
bassin  de  réception  sur  un  terrain  d'aspect  tout 
différent.  Transversalement  au  cours  de  la  rivière, 
la  vallée  principale  assez  peulargeettrèsencaissée, 
est  coupée  par  un  grand  nombre  de  ravins  abrupts, 
rocheux  ie  plus  souvent  ou  peu  garnis  de  terre 
arable,  et  sur  les  plateaux  il  en  est  de  même  On 
peut  remarquer  encore  à  cette  occasion  que,  sur 
cette  surface,  la  direction  générale  de  la  rivière 
prend  en  écharpe  l'orientation  sensiblement  Est- 
Ouest  des  phyllades  verticaux  et  aussi  les  assises 
cambriennes  du  bassin  supérieur.  Il  n'est  certai- 
nement pas  admissible  avec  cet  état  de  surface,  où 
toutes  les  pentes  du  relief  sont  accusées,  que  les 
infiltrations  dans  le  sol  aient,  pour  le  bassin  de  la 
Druance,  une  marche  ralentie  au  même  degré  que 
celles  qui  alimentent  le  Noireau  et  ses  affluents. 
Si,  pour  ce  dernier  bassin,  les  infiltrations  se 
divisent  ou  s'étalent  par  quarts  de  leur  total  sur 
une  durée  de  quatre  mois,  conformément  aux 
prévisions  du  tableau  IV  on  pourra  admettre  que, 
pour  le  bassin  de  la  Druance,  il  faille  limiter  leur 
durée  moyenne  de  marche  à  trois  mois  et  même 
à  deux.  Le  débit  moyen  annuel  n'est  affecte  en 
rien  par  ce  changement  ;  mais  le  débit  moyen 
d'étiage  l'est  au  contraire  très  sensiblement-   Le 


_  98  — 

débit,  chiffré  au  tableau  IV  à  2.li.'{  litres  par 
seconde  en  bassin  découvert,  tombe  alors  à  4,78 
litres  seulement  pour  le  bassin  couvert  de  bois  à  la 
proportion  du  vingtième. 

Le  débit  moyen  d'étiagede  la  rivière  la  Druance 
est  ainsi  : 

-=^-X  1,78  X0.75  =278  litres  par  seconde. 

A  la  réunion  des  deux  rivières  au  confluent,  les 
débits   d'ensemble    pour    les   deux    cours    d'eau 
réunis  sont  : 
Débit  moyen  annuel  1.665    \-  1-665       3.330 
Débit  moyen  d'étiage  135  -f  278      713 
en  litres  par  seconde. 

VARIATION    m      DÉBIT    DES    COURS    D'HAÏ 
AVEC    LA    RÉPARTITION    DE8    IM.l  II  S    SUE    IWMI 

Ces  chiffres  de  débit,  moyenne  certaine,  parce 
qu'ils  portent,  d'après  le  tableau  IV,  sur  un  nombre 
extrêmement  grand  d'observations  et,  par  le  fait, 

sur  un  régime  annuel  des  pluies  un  »>  en  lui  même, 
n'ont  rien  de  commun  avec  des  moyennes  parti- 
culières de  débit  obtenues  au  cours  d'années 
isolées.  Il  faut  reconnaître  en  effet  que  le  débit 
moyen  annuel  d'un  cours  d'eau  en  pareil  cas, 
même  pour  une  hauteur  annuelle  des  pluies  toujours 
la  même,  varie  entre  certaines  limites  avec  le  mode  de 
répartition  de  celles-ci  <l<ms  Vannée  considérée.  Le 
tableau  Y  a  été  calculé  pour  mettre  le  fait  en  évi- 
dence pour  les  bassins  du  Noireau  et  de  la  Druance 
et  pour  deux  cas  extrêmes. 


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—  100  — 

Il  s'applique  d'abord  à  une  répartition  qui  se 
présente  assez  souvent  dans  notre  région  basse- 
normande  ;  celle  d'un  automne  et  d'un  hiver 
anormalement  pluvieux  suivis  d'un  printemps  et 
d'un  été  relativement  secs  ;  le  toul  pour  une  année 
normale  cependant  dans  l'ensemble  au  point  de 
vue  de  la  hauteur  totale  des  pluies  déversées. 

L'application  des  méthodes  et  des  coefficients 
adoptés  jusqu'ici  conduit  alors  à  un  rendement  en 
eau  d'écoulement  qui  surprend  de  prime  abord  en 
ce  qu'il  dépasse  de  beaucoup  le  tiers  des  précipi- 
tations annuelles  ;  à  ce  point  que,  pour  retrouver 
ce  tiers  considéré  comme  réglementaire,  il  faut 
multiplier  par  0,80  tous  les  coefficients  S  de  retenue 
précédemment  adoptés  si  on  veut  satisfaire  au 
programme  des  tableaux  III  et  IV  ! 

Pour  un  régime  pluvial  autre,  mais  toujours 
irrégulier,  la  correction  serait  autre  aussi.  En 
résumé  la  retenue  des  eaux  par  le  sol  devrait  être 
diminuée  par  rapport  à  la  normale  pour  les  années 
anormalement  pluvieuses  en  saisons  froides,  et 
augmentée  dans  le  cas  d'une  irrégularité  de  régime 
inverse.  Le  fait  peut  sembler  extraordinaire,  mais 
il  est  réel  cependant,  et  la  discussion  de  la  formule 
qui  donne  le  coefficient  S  en  facilite  beaucoup 
l'explication.  Cette  formule  déjà  employée  est  : 

S==  1  —  0, 1.955  H  (I  —  e) 

Ses  éléments  variables  sont  e  et  H,  état  hygro- 
métrique de  l'air  et  tension  maxima  de  la 
\  apeur  d'eau  à  la  température  du  sol  évaporant. 


101   — 


VARIATION    DES    COEFFICIENTS    DE    RETENl  E 

Pendant  les  pluies  d'automne  ou  d'hiver,  et 
même  consécutivement  à  l'observation,  les  états 
hygrométriques  de  l'air  sont  toujours  également 
voisins  de  la  saturation  d'une  année  pour  l'autre, 
qu'il  s'agisse  dans  un  cas  d'une  année  à  répartition 
normale  des  pluies  ou  dans  un  autre  d'une  année 
exceptionnellement  pluvieuse  au\  mêmes  pé 
riodes  :  ces  états  existent  dans  les  deux  cas  à  leur 
même  valeur:  mais  plus  ou  moins  longtemps-  En 
conséquence  la  valeur  de  la  parenthèse  (1  e  est 
la  même  dans  les  deux  cas.  Mais,  dans  le  second. 
celui  des  pluies  anormales  d'automne  et  d'hiver, 
l'autre  facteur  essentiel  del'évaporation,  la  tension 
de  vapeur  II,  s'exagère  très  notablement  par 
rapport  à  ce  qu'elle  était  en  année  normale.  Les 
périodes  exagérément  pluvieuses  de  l'automne  et 
de  l'hiver  sont  en  effet  toujours  accompagnées 
d'une  élévation  marquée  de  la  température  de 
l'air  par  rapport  à  la  moyenne.  Les  tensions  II 
acquièrent  alors  des  valeurs  qui,  pour  le  mois 
de  janvier  peuvent  être  de  20  à  25  %  supérieures 
à  ce  qu'elles  étaient  en  années  normales, 
froides  relativement.  Le  terme  0,1955  H  (I  — e) 
augmente  en  conséquence  et  par  suite  la  différence 
1  —  0,1955  11(1  —  e)  ou  S,  coefficient  de  retenue 
par  le  sol,  diminue. 

L'évaporation  qui  se  trouve  ainsi  exagérée  dans 
ces  périodes  est  perdue  au  complet  pour  l'écoule- 
ment, puisqu'il  un  automne  et  un  hiver  mouillés 


—   102  — 

doivent  succéder,  suivantla  donnée,  un  printemps 

et  un  été  secs. 

L'augmentation  de  H  appréciée  comme  possible 
à  20  ou  25  %  pour  janvier,  d'après  l'échelle  des 
températures  est,  à  ce  chiffre,  un  maximum  cer- 
tain, mais  non  applicable  aux  trois  mois  d'au- 
tomne qui  le  précédent  et  aux  trois  mois  qui  Le 
suivent.  Appliquée  à  l'ensemble  des  deux  saisons 
d'automne  et  d'hiver,  elle  ne  peut  certainement 
dépasser  10%,  ce  qui  revient  à  multiplier  par 0,90 
les  coefficients  S  de  retenue  des  tableaux  111  et  1\ 
pour  les  adapter  au  régime  pluvial  nouveau-  Ces 
nouvelles  valeurs  du  coefficient  de  retenue'  des 
pluies  sont  inscrites  à  La  quatrième  colonne  du 
tableau  V. 

Pour  le  printemps  ef  L'été,  l;i  question  reste 
entière  ;  mais  il  est  visible  qu'elle  aboutit  à  une 
solution  en  tout  semblable  à  La  précédente.  Les 
deux  saisons  sont  données  comme  sè<  lies,  par 
continuation  d'un  régime  anormal  ;  alors  les  états 
hygrométriques  e  ont  une  valeur  au-dessous  de 
la  moyenne  de  saison  et,  par  le  fait,  la  parenthèse 
(1  —  e)  augmente  encore  de  valeur.  Il  en  est  é\  i 
demment  de  même  pour  II.  tension  maxima  de  La 
vapeur  d'eau.  1  températures  ne  pouvant 
qu'augmenter  dans  les  mêmes  conditions.  Dès 
lors  la  différence  1  —  0,1955  H  il  —  e),  ou  S. 
diminue  pour  le  printemps  et  l 'été  comme  cela  a 
été  le  cas  pour  l'automne  et  l'hiver,  malgré  l'oppo- 
sition des  situations,  excès  de  pluie  d'un  côté, 
rareté  de  l'autre.  La  4me  colonne  du  tableau  V  com- 
prend ainsi,  comme  nouvelle-  \aleurs  du  coeffi- 


—  103  — 

cient  de  retenue  S,  celles  du  tableau  III  et  IV  mul- 
tipliées toutes  par  0,90,  c'est-à-dire  pour  les  douze 
mois  de  Tannée. 

En  regard  de  ce  résultat,  il  reste  à  placer  celui 
auquel  conduirait  le  régime  pluvial  inverse  :  e'est- 
à  dire  celui  qui  comporterait  l'automne  et  l'hiver 
anormalement  secs  avec  un  printemps  et  un  été 
exagérément  pluvieux.  Il  serait  en  tout  l'opposé 
du  précédent  Les  coefficients  de  retenue  des  pluies 
par  le  sol  seraient  ceux  des  tableaux  III  et IV,  non 
plus  réduits  de  10%  ou  multipliés  par  0,00,  mais 
majorés  de  10  °/0  par  la  multiplication  par  1,10. 
Dans  le  premier  cas  cependant  le  débit  moyeu 
annuel  augmente  et  dans  le  second  il  diminue 
Donc  en  résumant  : 

OSCILLATION    DES  DEBITS  AUTOUR   DUNE    MOYENNE  FIXE 

La  réserve  par  le  sol  du  tiers  des  précipitations 
atmosphériques  est  la  règle  quand  le  régime  de 
ces  précipitations  est  moyen,  ou  parallèle  dans  sa 
marche  à  celle  des  températures  moyennes  de  l'air. 
Les  oscillations  sont  plus  ou  moins  grandes  autour 
de  cette  moyenne  suivant  que  les  irrégularités  de 
régime  sont  plus  ou  moins  accusées.  La  nature  des 
choses  enfin  tend,  par  elle-même,  à  amortir  ces 
oscillations  (1).  Telles  sont  les  principales  cône  In 

1)  Les  pluies  anormalement  fortes  en  saisons  extrêmes  par 
rapport  n  la  moyenne  ordinaire  réchauffent  l'ambiance  en 
hiver  et  la  refroidissent  en  été.  La  chaleur  de  condensation 
due  aux  pluies  est  en  effet  prépondérante  en  hiver  à  eau-'' 
de  l'évaporation  presque  nulle,  tandis  qu'elle  se  trouve  plus 
qu'atténuée  en  été  en  raison  de  l'évaporation  beaucoup  plus 
intense  de  la  saison.  De  lacet  équilibre  relatif  quant  aux 
réserves  des  pluies  par  le  sol  au  cours  des  années. 


—  104  — 

sions  àtirerde  la  discussion.  Le  résumé  par  chiffres, 
et  pour  le  cas  spécifié,  est  le  suivant  : 

Pour  des  hauteurs  annuelles  de  pluies  de  0m95 
pour  le  Noireau  et  de  0m75  pour  la  Druance,  les 
débits  moyens  annuels,  en  répartition  normale 
des  pluies  dans  l'année  sont  de  1865  litres  par 
seconde  pour  chacun  des  cours  d'eau.  Les  débits 
moyens  d'étiage  sont  : 

Pour  le  Noireau,  de  435  litres  par  seconde  ; 

Pour  la  Druance,  de  278  litres  par  seconde. 

Dans  le  cas  spécifié  de  répartition  exagérée  des 
pluies  sur  l'automne  et  l'hiver,  les  hauteurs  plu- 
viales annuelles  restant  les  mêmes  avec  le  sol  rete- 
nant une  moindre  proportion  de  celles-ci  qu'en 
temps  normal,  les  débits  moyens  des  deux  cours 
d'eau  passent  de  1665  à  1850  litres  par  seconde. 
Par  contre,  les  débits  moyens  d'étiage  faiblissent, 
et  deviennent  : 

Pour  le  Noireau,  de  240  litres  par  seconde; 

Pour  la  Druance,  de  107  litres  par  seconde.    . 

Et  pour  toute  la  région,  il  en  est  du  régime  des 
puits  comme  de  celui  des  rivières. 

Dans  le  cas  d'une  répartition  inverse  :  celle  de 
pluies  exagérées  sur  le  printemps  et  l'été  pour  les 
mêmes  hauteurs  annuelles,  les  résultats  seraient 
inverses  :  réduits  par  rapport  à  la  normale  quant 
aux  débits  moyens  annuels  qui  tomberaient  à 
1480  litres  par  seconde  environ,  augmentés  quant 
aux  débits  d'étiage  avec  une  retenue  cependant 
plus  grande  par  le  sol  qu'en  temps  normal. 

La  moyenne  entre  ces  cas  extrêmes  reproduirait 
alors  les  débits  normaux  de  1665  litres  par  seconde 


—  105  — 

en  moyenne  annuelle  et  enfin,  le  tiers  des  préci- 
pitations atmosphériques  se  retrouverait  dans  les 
eaux  d'écoulement.  Toutes  ces  prévisions  sont 
conformes  aux  faits. 

EPURE    DE    FIGURATION    DES    DÉBITS 
DU    NOIREAL    ET    DE    LA    DRUANCE,    TABLEAU     \ 

Les  deux  groupes  de  courbes  D.\  et  D'Y 
(Druance  et  Noireau)  donnent  comme  il  est 
indiqué  au  croquis,  la  marche  des  débits  des  deux 
rivières  ensemble  pour  deux  modes  de  répartition 
irrégulière  des  pluies  sur  Tannée,  et  chacun  pour 
un  semestre  différent.  Ils  amplifient  plulôt  qu'ils 
ne  les  atténuent  les  écarts  avec  le  régime  moyen 
normal.  Les  ordonnées  des  courbes  marquent  les 
débits  à  l'échelle  pour  les  deux  cas,  bien  que  le 
tableau  V,  pour  éviter  la  multiciplité  des  colonnes, 
ne  donne  pas  les  débits  mensuels  se  rapportant  au 
dernier. 

()n  remarquera  que  toutes  ces  courbes  accusent 
un  jarret  plus  ou  moins  prononcé  vers  la  date  du 
15  juin.  Il  est  dû  à  la  modification  qui  se  produit 
à  ce  moment  dans  la  couverture  végétale  du  sol. 
Jusqu'au  15  juin  la  végétation,  encore  dans  toute 
sun  activité,  modère  Tévaporation  par  le  sol  :  niais, 
à  partir  de  cette  date,  la  disparition  graduelle  des 
récoltes  l'accélère  presque  subitement,  et  occa 
sionne  la  chute  rapide  des  débits.  Dans  les  trois 
mois  d'avril,  de  mai  cl  de  juin,  les  moindres 
averses  <mi  encore  leur  effet  visible  sur  L'écoulé- 


—  106   - 

ment,  mais  à  partir  du  15  juin,  rien  n'arrête  plus 
la  décroissance  des  débits.  Aucun  fait  ne  prouve 
mieux  l'influence  des  couvertures  végétales  dans 
les  régions  de  sous- sol  imperméable  que  celle 
constatation.  H  est  possible  qu'il  ne  soit  pas  aussi 
net  dans  les  régions  de  sous-sol  relativement  per- 
méable :  mais,  quoique  moins  apparent,  il  existe 
toujours. 

Le  jarret  des  quatre  trajectoires  du  tableau  V 
vers  le  mois  de  juin  devient  particulièrement 
accusé  pour  les  courbes  IV  el  V  qui,  pour  une 
bauteur  annuelle  des  pluies  supposée  constante, 
portent  sur  une  répartition  anormale  de  celles-ci 
sur  le  printempsel  L'été.  La  conséquence  à  en  tirer 
est  que  le  débordement  des  rivières  el  les  inonda 
lions  possibles  en  belle  >;uson  de\  ronl  se  produire- 
vers  le  mois  de  juin,  si  accidentels  qu'ils  soient. 
11  existe  ainsi  pour  no-  régions  deux  époques  dans 
l'année  pour  ces  inondations  possibles  :  une  en 
janvier  qui  esl  ordinaire,  el  une  autre  très  acciden 
telle  qui  se  place  vers  juin.  En  janvier  le  phéno- 
mène coïncide  avec  le  minimum  ordinaire  des 
températures  de  l'air,  ce  qui  est  normal,  el  en  juin 
avec  leur  maximum.  Cette  anomalie  pour  juin 
s'atténue  beaucoup  si  on  remarque  que  ce 
maximum  des  températures  est  alors  en  coïnci- 
dence avec  un  épanouissement  de  végétation  qui 
vient  modérer  L'évaporation  par  le  sol  en  raison 
de  la  saturation  de  l'air  à  la  surface.  S;m^  cette 
coïncidence,  les  inondations  en  belle  saison  ne 
s  expliqueraient  pas  au  cours  ordinaire  de-  phoses 


SÉANCE  DU  12  JANVIER  I920 


Présidence    de  M.   le  Dr  Mgutier,  vice-président 


La  séance  est  ouverte  à  17  heures  et  demie  et  levée  à 
18  heures  et  demie. 
Assistent  à  la  séance  :  MM.  Bigot,  Bugnon,  Chemin. 

ê 

Dr  Lebailly,  Mazetier,  Mercier,  Dr  Moutier,  Poisson. 
Viguier,  ainsi  ([ue  M.  Le  Testu,  Administrateur  des 
Colonies. 

Le  procès-verbal  de  la  séance  du  1er  décembre  101'.» 
est  lu  et  adopté  après  une  rectification  de  M.  le  Dr  Moi . 
tier,  relative  à  la  localité  indiquée  pour  YAntedon 
(espèce  indéterminée)  :  ce  fossile  provenait  de  la  plaine 
de  Giberville. 

Les  ouvrages  reçus  depuis  la  dernière  séance  soi  M 
déposés  sur  le  Bureau. 

Elections.  —  11  est  procédé  à  l'élection  des  membres 
du  Bureau  et  d'une  partie  des  membres  de  la  Commis- 
sion d'impression. 

Sont  élus  successivement  : 

Président MM.  Dr  Moltieh. 

Vice-Président Leboucher. 

Secrétaire Bigot. 

Nice-Secrétaire Bugnon. 

Trésorier .     .  Mazetier. 

Bibliothécaire Lortet. 

Vice-Bibliothécaire    .     .     .  Poisson. 

Archiviste Chemin. 

Membres  de  la  Commission  d'impression  : 

pour  deux  ans.     MM.  Mercier,  Viguier,  I)1  Osmont. 

pour  un  an  .     .  Dr  Lebailly. 


_  108  — 

Propositions  de  la  Commission  d'impression.  —  La  Com- 
mission d'impression,  dans  sa  réunion  du  lundi  8  dé- 
cembre 1919,  a  décidé  de  soumettre  à  la  ratification  de 
la  Société  les  décisions  suivantes 

1°  A  partir  de  la  séance  de  février  1920,  le  droil  d'en- 
trée des  nouveaux  membres  sera  porté  de  5  fr.  à  10  IV. 

2°  Les  tirés  à  part  des  communications  pourront  être 
livrés  aux  auteurs  aussitôt  que  l<-  tirage  ensera  possible 
par  l'imprimeur 

Ces  propositions  sont  adoptées. 

Admissions.  —Sont  admis,  à  la  suite  des  présentations 
faites  dans  La  dernière  séance  : 

l   comme  membres  résidants  de  la  Société  : 

M.  Boutgi  es,  maître  <!<'  conférences  de  botanique  à 
la  Faculté  des  Sciences,  présenté  par  MM.  Bigoi  <•! 
Vigi  ii  h  ; 

M.  le  D'  Marcel  \  igot,  ancien  interne  des  Hôpitaux, 
place  Saint-Sauveur,  20,  présenté  par  MM  le  I)1  Le  bai  11 3 
et  le  D    Moutier  : 

2°  comme  membres  correspondants  de  la  Société  : 

M.  Marcel  Dlm^.  préparateur  <le  botanique  à  ta  Sor- 
l>'»nne.  rue  l'aidherb?.  38,  Paris  (\i  présenté  par 
MM.  Bigot  et  \  iguier  ; 

Madame  Gatinj  licencl  -  ^-Sciences,  rue  Bellechasse, 
Ai,  à  Paris,  présentée  par  MM.  Bigot  et  Viguier; 

M.  Henri  Humbert,  préparateur  de  botanique  à  la 
Faculté  des  Sciences  de  Clermonl-Ferrand  [Puy-de- 
Dôme),  présenté  pai  MM.  Bigot  et  Viguier. 

Présentations.  —  Sont  présente-  : 

1°  pour  devenir  membres  résidants  de  la  Suciei 

M.  Leïestu,  ingénieur  agronome,  Licenciées-Sciences. 


—  109  — 

administrateur  des  Colonies,  rue  Caponière,  41,  pré- 
senté par  MM.  Bigot  et  Viguier  ; 

M.  Audigé,  maître  de  conférences  de  zoologie  à  la 
Faculté  desSciences,  présenté  par  MM.  Bigot  et  Mercier  : 

M.  le  Dr  Lemamssier,  place  Saint-Martin,  22,  présenté 
par  MM.  Bigot  et  le  Dr  Lebailly  ; 

M.  le  Dr  Desbolis,  ancien  interne  des  Hôpitaux,  rue 
des  Jacobins,  29,  présenté  par  MM.  le  Dr  Moutier  et  le 
1)'  Lebaillv  ; 

2°  pour  devenir  membres  correspondants  de  la  Société  : 

M.  Giilliermoxd,  chargé  de  cours  à  la  Faculté  des 
Sciences  de  Lyon,  rue  de  la  République.  19,  à  Lyon, 
présenté  par  MM.  Viguier  et  Buguon; 

M.  Chermezon,  chef  des  travaux  de  botanique  à  la 
Faculté  des  Sciences  de  Strasbourg,  présenté  par 
MM.  HoLiard  et  Viguier. 

Communications.  —  M.  Mercier  présente  deux 
rats  vivants,  appartenant  à  l'espèce  Mus  norvégiens 
et  dont  l'un  offre  la  particularité  d'avoir  un  pelage 
noir,  l'autre  ayant  le  pelage  gris  habituel  de  l'es- 
pèce- M.  Mercier  compte  utiliser  cette  intéressante 
capture  pour  des  recherches  de  génétique  dont  il 
fera  connaître  les  résultats  à  la  Société. 

Il  fait  ensuite  une  communication,  avec  pré- 
sentation d'échantillons,  relativement  à  deux 
espèces  de  Thysanoures  nouvelles  pour  la  faune 
de  Normandie  (Isotoma  crassicauda  Tullb-  et 
Cyphodeiras  albinos  Nie.) 

M.  Poisson  expose  les  résultats  d'un  travail  con- 
cernant un  cas  de  gigantisme  chez  une  grégarine 
Cephaloidophora  talitri  Mercier) 

M.  Bug-non  soumet  à  la  Société,  de  la  part  de 


—    III!    — 

M.  Dalibert.  quelques  observations  enlomolo 
giques  relatives  :  1°  à  un  cas  de  mort  apparente 
d'un  insecte  du  genre  Ifarpalus:  2°  à  la  date  de 
première  apparition  d'un  papillon,  le  Citron 
(Rhodoceru  rhammi  L.)  :  3e  ;i  quelques  faits  de  la  ^  ie 
des  abeilles. 


L.     MERCIER.  Sur     deux     espèces     de 

Thysanoures  nouvelles  pour  la   faune  de 
Normandie. 

C'estànE  Brébissois  (1827)  que  l'on  doit  le  pre 
mier  essai  d'un  Catalogue  des  Thysanoures 
recueillis  dans  le  département  du  Calvados.  Mais, 
depuis  cette  époque,  aucune  contribution  un  peu 
importante  n'a  été  apportée  à  L'étude  de  ce  groupe  : 
c'est  tout  à  fait  incidemment  que  la  présence 
d'Anurida  maritima  (1)  Guér.  ;i  été  signalée  par 
Fauvel  (1868)  et  plus  récemment  par  Cadeau  de 
Kerville(I898  et  1901). 

Or,  en  raison  de  la  date  à  laquelle  de  Brêbisson 
a  publié  son  mémoire,  et  des  progrès  de  nos  con- 

(1)  Anurida  maritima  Guér.  est  une  petite  Li  pur  elle  do 

2  mill.  de  long,  de  couleur  bleu  ardoisé,  d'un  aspect  velouté 
avec  des  poils  blancs.  Kilo  ne  quitte  pas  la  zone  que  le  flot 
envahit  et  on  ne  la  trouve  jamais  ailleurs  qu'à  la  côte,  soit 
sur  les  rochers,  soit  à  la  surface  des  petites  flaques  d'eau 
que  la  mer  laisse  en  se  retirant.  Cet  insecte  semble  être  très 
généralement  répandu  sur  nos  côtes  :  Boulonnais,  Nor- 
mandie, Bretagne.  On  le  rencontre  aussi  sur  la  côte  Atlan- 
tique de  l'Amérique  du  Nord. 


—  ni  — 

naissances  sur  les  Thysanoures,  il  est  de  toute  évi- 
dence que  l'étude  de  ce  groupe  est  à  reprendre  sur 
des  données  nouvelles. 

Pour  cette  fois,  je  me  contenterai  de  signaler  la 
présence,  dans  la  région  de  Luc  sur-Mer,  de  deu\ 
espèces  intéressantes  par  certaines  particularités 
biologiques.  L'une  (Isotoma  crassicauda  Tullberg 
est  marine,  l'autre  (Cyphodeirus  albinos  Nie)  se 
rencontre  surtout  dans  les  fourmilières. 

I.  —  Isotoma  crassicauda  Tu.ilb.erg. 

Isotoma  crassicauda  Tullberg  est  une  Podurelle 
que  j'ai  recueillie  au  moment  dune  grande  marée 
de  septembre  sur  le  rocher  «  Le  Quilhoc  »,  face  à 
Luc-sur-Mer. 

Cet  Insecte  a  été  particulièrement  bien  étudié 
par  Moniez  (1890)  (1).  L'animal  est  de  petite  taille  et 
atteint  au  maximum  2.025  (*  de  longueur;  le  corps, 
de  couleur  grise,  est  court,  ramassé,  bombé  à  sa 
partie  dorsale,  il  est  couvert  de  poils  assez  rares  et 
courts.  La  tête  est  relativement  volumineuse. 

/.  crassicauda  est  très  agile  et  saute  lorsqu'on 
veut  la  saisir;  elle  nage  également  bien  et  peut 
vivre  plusieurs  jours  sous  l'eau.  D'après  Moniez, 
tout  dans  cet  Insecte  semble  être  organisé  pour  la 
nage  :  ce  la  très  large  queue  terminée  par  des 
«  muerons  tridentés  qui  soutiennent  de  larges 
«   membranes,   les    ongles  inférieurs    de*   pattes 

(1)  Montez  a  montré  que  YActaletes  neptuni  Giard  n'esl  pas 
autre  chose  que  Vlsolnma  crassicauda  Tullberg. 


—  n2  — 

«  transformés  en  palettes  creuses  très  développées 
«  et  enfin  l'appareil  membraneux  disposé  autour 
«  de  l'ongle  supérieur  qui  est  très  élargi,  é\idé  et 
«  qui  fait  lui-même  l'office  dune  rame,  concou- 
«  rent  puissamment  à  ce  but,  et  il  eut  été  surpre- 
«  nant  qu'un  animal  ainsi  construit  ne  fut  pas 

«  nageur  ». 

Jusqu'alors,  à  ma  connaissance,  la  présence 
d'J.  crassicauda  a  été  signalée  sur  La  côte  orientale 
de  l'île  Gottland,  en  Scanie,  sur  les  côtes  dq 
Boulonnais. 

Tullberg  a  recueilli  cette  espèce  sous  les  Ugues 
roulées,  au  bord  dr  la  mer  :  Moniez  l'a  capturée 
soit  sur  des  rochers  qui  découvrenl  pendanl  li 
longtemps  et  ;i  toutes  les  marées,  soil  au  milieu 
des  Moules  en  un  point  qui  découvre  quelques 
heures  par  jour  seulement  aux  marées  ordinaires. 
C'est  d'un  niveau  sensiblement  identique  à  ce 
dernier  que  pro\  iennent  les  exemplai  res  recueillis 
sur  «  Le  Quilhoc  ». 

i 

II.  —  Cyphodeirus  <ill>in<>s  Nicolet. 

J'ai  reneonlré  celle  Podurelle  dans  une  fourmi 
lière  édifiée  par  Lasius  flavus  Fab.  dans  un  jarii  n 
à  Luc-sur-Mei . 

Ce  petit  Thysanoure  a  le  corps  aplati,  d'un  blanc 
vitreux  brillant  :  il  esl  trèsagileet  saute  lorsqu  on 
veut  le  saisir. 

Cyphodeirus  albinos  peut  se  rencontrer  chez 
presque  toutes  nos  espèces  de  Fourmis,  et  sa  pré- 
sence a  été  constatée  en  Suisse,  en  Hollande-  en 


—  113  — 

Angleterre,  en  Italie,  aux  environs  de  Prague,  en 
France. 

C'est  Moniez  (1890)  qui,  le  premier,  a  signalé  la 
présence  de  ce  Thysanoure  en  France.  Il  l'a  ren- 
contré dans  des  fourmilières  à  Lille,  au  Portel 
(Pas-de-Calais),  à  Amiens,  à  Coucy-le-Château 
(Aisne),  à  Chinon,  à  Mailly-la-Ville,  A  vallon, 
Chaumont-en-Bassigny  ;  il  l'a  reçu  (1894)  du  Prof. 
Emery  en  provenance  de  Chamonix. 

Depuis,  Janet  (1897)  a  trouvé  C.  albinos  à  Beau- 
vais.  D'après  ce  dernier  auteur,  les  Cyphodeirus 
introduits  dans  des  fourmilières  artificielles  y 
vivent  très  longtemps,  se  tenant  soit  sur  les  parois 
latérales  des  chambres,  soit  de  préférence  sur  la 
face  inférieure  des  morceaux  de  verre  qui  forment 
le  plafond  ;  ils  n'ont  aucun  rapport  direct  avec  les 
Fourmis.  Aussi,  bien  que  la  constance  de  la  pré- 
sence des  Cyphodeirus  dans  les  fourmilières  en 
fasse  de  véritables  myrmécophiles,  Janet  les  place 
dans  la  catégorie  des  synœkètes.  D'ailleurs,  cette 
Podurelle  a  été  rencontrée  assez  fréquemment 
hors  des  fourmilières  ;  on  l'a  recueillie  vivant  en 
liberté  ça  et  là  dans  la  mousse  des  forêts,  dans  de 
vieux  troncs  d'arbres,  dans  des  jardins.  Elle  est 
sans  doute  attirée  dans  les  nids  des  Fourmis  par  un 
genre  de  nourriture  et  par  certaines  conditions 
favorables  qu'elle  y  rencontre  plus  facilement 
qu'ailleurs. 

(Laboratoire  de  Zoologir 
de  la  Faculté  des  Sciences  de  Caen) 


8 


—  114    - 

INDEX  BIBLIOGRAPHIQUE 

1X27.  —  de  Brébisson.  Catalogue  «les  Arachnides, 
des  Myriapodes  et  des  Insectes  aptères  que 
l'on  trouve  dans  le  département  du  Cal 
vados.   Mémoires  de  la  Société  Linnéerine 
de  Normandie ,  T.  3,  p.  254. 

1869  —  Fauvel.  Compte-rendu  de  l'excursion 
entomologique  au  Havre  1rs  i,  .">  6  juil- 
let 1868.  Bal.  Soc.  Lin.  de  \ormandie,  2  S  . 
T.  3,  p.  299. 

1898-1901. — Gadeai  de  I\i:h\  ii.i.i:.  Recherche  sur 
les  faunes  marines  et  maritimes  de  la 
Normandie,  2me  voyage,  p.  359;  3"  voyage, 
p.  194. 

1897.   —  Jaxet  (Ch.)   Eludes    sur   les    Fourmis, 
les  Guêpes  et  les  Vbeilles    Note  14.  Rap 
ports  des  animaux  myrmécophiies  avec 
les     Fourmis.     Imprimerie     Ducourtieux, 
Limoges, 

1890.  r-  Moniez.  acariens  et  Insectes  marins  des 
côtes  du  Boulonnais.  Il  Insectes  I. 
Thysanoures.  Revue  biol.  du  \ord  de  la 
France,  T.  IL  p.  a38. 

1890.— Moniez.  Notes  sur  les  lh>sanoures.  I\  .  Sur 
deux  Podurides  qui  vivent  dans  les  four- 
milières (Cyphodeirus  albinos  Nieolet  et 
Lipura  taberculaia  Moniez).  Rev.  biol.  du 
Nord  de  la  France,  T.  3,  p.  64. 

1894.    -   Moniez.   —   Sur  quelques    Arthropodes 

trouvés  dans  les  fourmilières.  Rev.  biol.  du 
Nord  de  la  France,  T.  6,  p.  201. 


—  115  — 


R.  POISSON.  —  Gigantisme  chez  une  Gréga- 
rine  (Cephaloidophora  tafrtri  Mercier)  (1). 

Etudiant  le  cycle  évolutif  d'une  Grégarine  para- 
site du  tube  digestif  du  Talitre  (Talitrus  saltator 
Mont.J,  j'ai  constaté  Fexistence  de  formes  géantes 
chez  ce  protozoaire. 

La  Grégarine  normale  est  une  dicystidée  trapue. 
L'épimérite  est  peu  développé  mais  nettement 
séparé  du  protomérite  par  une  cloison.  Le  noyau 
toujours  situé  dans  le  deutomérite  est  sphérique 
avec  un  seul  nucléole  également  sphérique  et  de 
nombreux  grains  chromatiques. 

(t)  Le  genre  Cephaloidophora  a  été  créé  par  Mavrodiadi  pour 
une  Grégarine  des  Balanes.  Ce  Protozoaire  est  caractérisé  par 
l'existence  d  un  stade  intracellulaire  au  cours  de  son  déve- 
loppement. Le  genre  semble  comprendre  actuellement  les 
espèces  suivantes,  toutes  parasites  du  tube  digestif  des  crus- 
tacés. 

C.(Frenzelina)  fossor  Lèg.  du  Pinnotheres  pisiwi  Penn. 
C.  —         commuais  Mavrodiadi  des  Balanes. 

C.  —         maculata  Lèg.  et  Dub.  du  Gammarus  marinas 

Leach. 
C.  —         talitri  Mercier  du  Talitrus  saltator  Mont. 

G.  delphinia   E.  Watson   de   Talorchestia  longi- 

cornis. 
G.  —         nigrofusca  E.  Watson  d'Uca  pagnax  et  puqi- 

lator. 
G.  —         olivia  E.  Waston  de  Libinia  dabia. 

G.  —         Brasili  n.  sp.  d'Orchestia  littorea  Mont. 

G.  —         echinogammari     n.    sp.     d'Echinogammarus 

Berilloni  Gatta. 


—  116  — 

Le  protomérite  renferme  un  corps  nuclêoïde  se 
colorant  vivement  par  L'hématoxyljne  ferrique  et 
le  carmin  boracique.  Le  protoplasme  proloméri- 
tique  renferme  en  outre  une  substance  basopbilc 
particulière  le  rendant  plus  foncé  après  coloration 
que  le  deutoméritc. 

Suivant  le  stade  de  son  développement,  le  para 
site  se  montre  très  variable  dans  sa  taille. 

On  note  même  des  différences  très  nettes  entre 
les  formes  parvenues  au  stade  de  sporadin  comme 
le  montre  le  tableau  ci  dessous. 


Formes    \<>hm  m  es 


Pri mites  . 

Longueur 

Largeur 

Diamètre 
ilu  noyau 

Diamètre 

du 
nucléole 

■i  à  5  u 

Diamètre 
du  corps 
nucléoide 

lii  à  75 ji 

qqfs    SU  <y 

1 0  à  30  ;j 

s  à   H»  •< 

2  à    3  •). 

• 

Satellites. 

I.'i   ;i  T.'i  <j. 

— 

■  i  à  i  <).  5 

z 

Mais  à  côté  de  ces    formes   normales   on  ren 
contre  parfois  des  individus  géants-   Ceux-ci   ne 
sontjamais  réunis  en  syzygies,  ils   se  présentent 
toujours  isolés  et  on  les  retrouve  rejetés  avec  les 
excréments. 

Les  dimensions  de  ces  formes  géantes  sont  les 
suivantes  : 


—  117  — 


Formes  Anormales 


Longueur 

Largeur 

Diamètre 
du  noyau 

Diamètre 

du 
nucléole 

Diamètre 
du  corps 
nuHéoïde 

Parasites  . 

NT  à  90  [JL 

39  à  46  [a 

13  à  14  [J. 

sur 
11  à  12  {jl 

7    à  9   [jl 

4   a  o  [j. 

Ces  formes  géantes  ne  sont  pas  très  fréquentes. 
Cependant  si  on  examine  avec  soin  un  certain 
nombre  de  TaJitres  on  les  trouve  à  coup  sûr. 

Leurs  caractères  sont  les  suivants  : 

La  couche  cuticulaire  est  plus  épaisse  que  dans 
les  formes  normales.  Le  cytoplasme  du  dëutomé- 
rite  est  plus  clair  et  il  renferme  des  enclaves  assez 
volumineuses. 

Le  noyau  est  ovale  el  peut  contenir  plusieurs 
nucléoles.  Il  esthyperchromatique;  la  chromatine 
peut  être  disposée  à  son  intérieur  sous  forme  d'un 
gros  nucléole  et  de  nombreux  grains  chroma- 
tiques, ou  bien  condensée  dans  un  ou  plusieurs 
nucléoles.  Dans  quelques  cas  en  effet  j'ai  constaté 
la  présence  de  trois  nucléoles  un  peu  différents  de 
taille. 

Le  protomérite  à  lui  seul  peut  atteindre  13  (J-  de 
longueur  sur  25  [J-  de  largeur.  Son  protoplasme 
semble  avoir  perdu  de  sa  propriété  basophile. 

Le  «  corps    nucléoïde  »  est  plus  gros  que  dans 
les   formes  normales  et   atteint  i  ;j-  quand  il  est 
unique,    mais  il  est  presque  toujours  dédoublé 
l'un  des    «    corps   nucléoïdes   »    a    alors    3   M-   et 
l'autre  1  H-  5. 


-  118  — 

Les  individus  géants  rejetés  avec  les  excréments 
sont  inconnaissables  plus  de  24  heures  après  leur 
expulsion.  Mais,  peu  à  peu,  ils  sont  envahis  par  de 
grosses  bactéries  mobiles  et  ils  se  désagrègent. 
Cette  résistance  particulière  est  peut-être  due  à  la 
plus  grande  épaisseur  de  la  cuticule.  Les  formes 
normales  rejetées  dans  les  mêmes  conditions  sont 
détruites  au  bout  de  quelques  heures. 

Les  formes  géantes  se  différencient  donc  nette- 
ment des  formes  normales.  Elles  se  développent 
comme  elles,  mais  au  lieu  de  s'accoupler  lors- 
qu'elles ont  atteint  la  taille  ordinaire,  elles  conti- 
nuent de  s'accroître,  puis  meurent  sans  former  de 
syzygies  et  sont  rejetées  avec  les  déjections. 

L'existence  de  formes  géantes  chez  les  Gréga- 
rinesadéjà  été  signalée  par  Léger  cl  Di  boscqJ  1915); 
ces  auteurs  ont  constaté  chez  Porospot  a  nephropsis 
(Lég.  et  Dub.)  la  présence,  parmi  les  formes  nor- 
males, de  longs  sporadins  solitaires  moins  nom- 
breux que  les  couples,  mais  très  différents  des 
sporadins  normaux  par  leur  taille  et  par  leur 
forme. 

Les  sporadins  ordinaires  onl  de  200  à  2i0  %  de 
longueur;  ils  présentent  un  noyau  sphérique  avec 
un  nucléole  et  L'extrémité  postérieure  du  deuto- 
mériteest  aussi  large  que  le  diamètre  moyen. 

Les  formes  anormales,  au  contraire,  atteignent 
1300  jj.  de  longueur,  leur  noyau  est  ovale  et  ren- 
ferme un  ou  plusieurs  nucléoles,  enfin  leur  extré- 
mité postérieure  est  atténuée  en  pointe. 

Ces  formes  présentent  donc  quelques  analogies 
avec  les  formes  géantes  de  C.  talitrl 


—  119  — 

Comment  expliquer  l'apparition  chez  C.  ialilri 
de  ces  individus  géants. 

Nous  savons  que  pour  certaines  cellules  géantes 
le  gigantisme  cellulaire  peut  être  dû  : 

1°  Soit  à  l'action  d'un  parasite  ; 

2°  Soit  au  métabolisme  propre  de  la  cellule. 

On  sait,  en  effet,  que  certaines  cellules  peuvent 
vivre  en  hébergeant  un  parasite  et  que  la  présence 
de  ce  dernier  détermine  leur  gigantisme.  Sied- 
lecki  (1907-1911)  amis  ce  fait  en  relief  en  l'étudiant 
chez  Caryotropha  et  chez  Laukesteria  ascidiœ. 

Or  je  n'ai  pas  trouvé  de  parasites  chez  les  formes 
géantes  vivantes  de  C  talitri,  leur  gigantisme  ne 
me  paraît  donc  pas  lié  à  une  cause  de  ce  genre. 

Examinons  si  la  cause  du  gigantisme  relève  du 
métabolisme  cellulaire. 

Si  l'on  calcule  les  volumes  respectifs  du  cyto- 
plasme, du  noyau  et  du  nucléole  chez  une  gréga- 
rine  normale  et  chez  une  forme  anormale  on  peut 
exprimer  ces  différents  volumes  par  les  nombres 
suivants  : 

1°  Forme  normale  : 

Cytoplasme    .     .    .     •    «  2119 

Novau 21 

Nucléole 1 

2°  Forme  anormale  : 

Cytoplasme 4791 

Novau $7 

Masse  nucléolaire  .     .     .  15 

On  peut  alors  constater  que  si  le  rapport  du 
noyau  au  cytoplasme  reste  à  peu  près  constant  il 


—  120  - 

n'en  est  pas  de  même  du  rapport  du  nucléole  au 
cytoplasme. 
D'un  côté  nous  avons  pour  les  formes  normales  : 

W=0'0004 

De  l'autre  pour  les  formes  géantes  : 

Nous  savons  que  pour/?.  Hertwig  (11)04),  la  varia- 
tion du  rapport  karyocytoplasmiquc  serait  une 
cause  déterminante  du  gigantisme. 

C'est  ainsi  que  si  chez  Actinosphrrium  les  condi- 
tions mauvaises  du  milieu  amènent  la  perturba- 
tion du  rapport  karyocytoplasmique  normal,  la 
cellule  ne  se  divise  plus,  elle  continue  de  s'accroître 
et  devient  géante. 

Aussi,  nous  sommes  en  droitde  nous  demander, 
s'il  ne  faut  pas  voir  dans  la  variation  du  rapport 
delà  masse  de  chromatine  nucléaire,  à  la  masse 
cytoplasmique,  le  déterminisme  du  g  uantisme 
chez  C.  talitri. 

Laboratoire  <!<•  Zoologie  (Caen  . 


SÉANCE  DU  2  FÉVRIER  1920 

Présidence  de  M.  le  Dr  Moltier,  président. 

La  séance  est  ouverte  à  17  heures  et  demie  et  levée  à 
18  heures  et  demie. 
Assistent  à  la  séance  :  MM.  Bugnon,  Chemin,  1)'  Le- 

BAILLY,  LORTET,  MaZETIEH,  Dr  MoUTIER,  POISSON,  SÈ\  I  . 
Dl  VlGOT. 

MM.  Bigot,  Mercier,  Viguier  et  Bouygues,  empêchés, 

ont  exprimé  leurs  regrets  de  ne  pouvoir  prendre  part  à 
la  réunion. 

Le  procès-verbal  de  la  séance  du  12  janvier  J920est 
lu  et  adopté  sans  observations. 

Les  ouvrages  reçus  depuis  la  dernière  séance  sont 
déposés  sur  le  Bureau. 

Don  à  la  Bibliothèque.  —  Les  trois  brochures  suivantes 
sont  offertes  par  M.  l'abbé  Letacq  : 

Letacq  (abbé)  :  Une  Famille  de  Savants.  Les  De  Brébisson 
(Imprimerie  Alençonnaise,  \i,  rue  des  Marche- 
ries.  Alençon,  1919). 
Letacq  (abbé)  :  Excursions  mycologiques  faites  en  l'.U/ 
et  1918  dans  le  Nord  du  département  de  la  Sarthe 
(Extrait  de  la  Société  des  Arts,  t.  XL VII,  lei  fasc, 
Le  Mans,  1919). 
Letacq  (abbé)  et  Gerbault  (Ed.)  :  Note  sur  la  flore  du 
Marais  de  Louzier,  à  Assé-le-.Boisne  (Extrait  du 
Bulletin   de  la  Société   d'Agriculture,  Sciences 
et  Arts  de  la  Sarthe,  1919,  1"  fasc). 
Correspondance.  —  Le  Président  donne  lecture  d'une 
lettre  de  notre  confrère  M.  Houard,  qui  demande  à  la 
Société  de  bien  vouloir  mettre  à  la  disposition  de  l'Ins- 
titut botanique  de  Strasbourg  qu'il  dirige,  des  volumes 
disponibles  du  Bulletin  et  des  Mémoires.   La  Société 
décide  d'accueillir  favorablement  cette  demande  et  !.' 


122 


Président  se  déclare  prêt  à  compléter  au  besoin  la  col- 
lection offerte,  à  l'aide  des  doubles  qu'il  possède  per- 
sonnellement. 

Nécrologie.  —  Le  Président  fait  pari  de  la  mort  de 
notre  confrère,  M.  Langlais,  ancien  directeur  des  Ser- 
vices agricoles  de  l'Orne,  décédé  le  14  janvier  1920,  dans 
sa  65,ne  année,  à  Alençon.  M.  Langi  as  était  membre 
correspondant  de  la  Société  depuis  L883.  Ceux  de  n<>^ 
confrères  qui  ont  assisté  à  la  séance  annuelle  du 
9  juin  19J9  l'ont  encoreeu  pour  compagnon  (l'excursion 
dans  la  forêt  d'Ecouves.  Il  ,\  étail  accompagné  de  son 
fils,  M.  l'abbé  [anglais,  qui  demande  à  reprendre  la 
place  de  son  père  dans  notre  Société. 

L'expression  des  regrets  de  la  Société  sera  inscrite  au 
procès-verbal  et  transmise  à  la  famille  du  défunt.. 

Admissions.  —  Sont  admis,  à  la  suite  des  présentations 
faites  dans  la  dernière  séance  : 

1°  comme  membres  résidants  de  la  Société 

M.  LeTestu,  ingénieur  agronome,  licencié  ès-Sciences, 
administrateur  des  Colonies,  rue  Caponière,  41,  pré- 
senté par  MM.  Bigot  el  \  iguier  : 

M.  Â.UDIGÉ,  maître  de  conférences  de  zoologie  à  la 
Faculté  des  Sciences,  présenté  par  MM.  Bigot  et  Mercier! 

M.  le  Dr  Lemanissier,  place  Saint-Martin,  22,  présenté 
par  MM.  Bigot  el  le  D   Lebaillj  : 

M.  le  Dl  Desboi  i-,  ancien  interne  des  Hôpitaux,  rue 
des  Jacobins,  29,  présenté  par  MM.  le  I)'  Moulier  et  le 
I)1  Lebailh  ; 

2°  comme  membres  correspondants  de  la  Société  : 
M.  Guilliermo:vd,  chargé  de  cours  à  la  Faculté  des 

Sciences  de  Lyon,  rue  de  la  République,  19,  à   Lyon, 

présenté  par  MM.  Viguier  et  Bugnon  ; 
M.  Chermezon,  chef  des  travaux  de  botanique  à   la 

Faculté    des   Sciences    de    Strasbourg,    présenté    par 

MM.  Houardet  Viguier. 


—  123  — 

Présentation.  —  Est  présenté  pour  devenir  membre 
correspondant  de  la  Société  : 

M.  l'abbé  Langlais,  professeur  à  l'École  Saint-Fran- 
çois-de-Sâles,  à  Alençon  (Orne),  par  MM.  l'abbé  Letacq 
et  Leboucher. 

Budget.  —  Le  Trésorier  présente  son  compte  de  ges- 
tion pour  l'année  1919  et  fait  l'exposé  de  la  situation 
financière  de  la  Société  au  1er  janvier  1920. 

Une  commission,  composée  de  MM.  Chemin  et  le 
D1  Lebailly,  examine  les  comptes  du  Trésorier,  qui  sont 
reconnus  exacts.  La  Société  adresse  ses  félicitations  et 
ses  remerciements  à  M.  Mazetier  pour  son  dévouement 
et  son  excellente  gestion. 

La  Société  arrête  ensuite  le  projet  de  budget  suivant 
pour  l'exercice  1920  : 

Crédit  : 

Solde  en  banque  au  1er  janvier  1920  ...        451  44 

Montant  du  livret  de  Caisse  d'Épargne  .     .    1.788  29 

Total.    2.23'.)  73 
Recettes  : 

Encaisse  au  1er  janvier  1920.     .     .  22  70 

Subvention  départementale.     .  ..  400    » 

Arrérages  de  22  obligations  3  %    •  320    » 
Intérêts  à  4,50  %  des  2  bons  de 

1.000  francs  de  la  D.  \.     ,     .     .  90    » 
Arrérages    de    2    inscriptions    de 

rente  5  0/o 15°    )} 

Intérêts  de  fonds  placés  à  la  Caisse 

d'Épargne 

Montant  des  cotisations    ....  1.200    » 

Vente  de  publications 100 

Total.     2.3(32  7<)  70 

formant,  avec  le  précédent  un  crédit  de  : 


—  124  — 


DÉPENSES 


Indemnité  au  Bibliothécaire- de 
l'Université  pour  le  service  de  la 
Bibliothèque 250    » 

Frais  de  gestion  (convocations, 
affranchissements,  recouvre- 
ments, etc.) 2(»0    » 

Impression  des  Bulletins  de  1919 
et    de    1920,    en    prévoyant    L5 
feuilles  à  110  francs  la  feuille, 
pour  chaque  bulletin    ....  3.300    » 

Total.    3.750    »    3.750    » 

lequel,  déduit  de  celui  du  crédit 
donne,  pour  l'année  1921,   une  

somme  disponible  de  ...     .  852  i l 

Communications.  M.  Chemin  décrit  L'organisa- 
tion florale  et  la  pollinisation  chez  les  Lathrsea,  éi 
notamment  chez  L.  Clandeslina.  H  présente  à  ce 
sujet  des  échantillons  conservés  dans  l'alcool  de 
fleurs  de  L.  Clandestine  et  de  L-  Squamariq,  des 
aquarelles  des  fleurs  de  la  Clandestine,  et  des 
échantillons  de  diverses  espèces  de  bourdons  pol- 
linisateurs. 

M.  le  Dr  Moutier  présente  ensuite  une  valve  d'un 
Spondyle  de  grande  taille,  recueillie  dans  le 
Cénomanien  de  Beaufour-en  \uge. 


125  — 


E.  CHEMIN.  —  Organisation  florale  et  Polli- 
nisation chez  les  Lathraea. 


La  fleur  a  été  souvent  décrite.  Organe  aérien, 
d'observation  facile,  aux  formes  délicates  et  parfois 
vivement  colorées,  elle  devait  attirer  l'attention 
des  botanistes. 

Duchartre(3)  a  fait  une  étude  détaillée  de  la  fleur 
de  Lat.  clandeslina,  tant  au  point  de  vue  morpho- 
logique qu'au  point  de  vue  anatomique  ;  il  a  suivi 
le  développement  des  différentes  pièces  et  des 
différents  verticilles  :  il  a  montré  en  particulier, 
que  la  concrescence  des  sépales  et  des  pétaLs  est 
réalisée  dès  le  début,  et  qu'elle  n'est  pas  le  résultat 
d'un  développement  en  largeur,  que  l'irrégularité 
des  pièces  d'un  même  verticille  s'observe  dès 
L'origine,  pour  lui  la  lèvre  supérieure  est  formée  de 
deux  pièces,  il  a  décrit  la  structure  de  l'étamine 
et  du  pollen  et  sa  germination  sur  les  papilles 
stigmatiques,  il  a  étudié  enfin  ovaire,  style,  stig- 
mate et  ovules  qu'il  range  dans  les  ovules  ana- 
tropes  avec  raphé  tourné  vers  le  bas. 

Hofmeister  en  1851  (5)  décrit  le  sac  embryon- 
naire, chez  Lat.  squamaria,  avant  la  fécondation 
et  suit  son  développement  après  fécondation. 
En  1858  (6),  il  revient  sur  le  même  sujet  et  insiste 
particulièrement  sur  les  tubes  embryonnaires, 
formations  très  spéciales  dont  il  essaie  d'établir  le 
rôle. 

Gh.  Bernard  (1),  dans  ses  recherches  sur  rem- 


—  126  — 

bryogénie  de  quelques  plantes  parasites,  reprend 
l'étude  du  sac  embryonnaire  de  Lat.  squamaria.  Il 
le  décrit  avant  et  après  la  fécondation,  et  note  la 
formation  et  le  développement  des  tubes  embryon- 
naires de  Hofmeister,  qu'il  considère  comme  des 
suçoirs  «  digestifs  et  conducteurs  de  matières 
nutritives  »  pour  l'albumen  et  L'embryon. 

Jusqu'ici  aucun  auteur  n'a  déterminé  le  rôle  et 
la  nécessité  des  insectes  dans  le  transport  du 
pollen  des  anthères  sur  le  stigmate  <>n  ne  trouve 
dans  la  littérature  que  quelques  vagues  indications 
concernant  la  visite  des  fleurs  par  les  bourdons. 

J'ai  pu  faire,  sur  le  Lat.  clandestina,  de  nom 
breuses  observations  et  réaliser  des  expériences 
concluantes  sur  la  nécessité  des  insectes  peur  la 
pollinisation.  Avant  de  les  rapporter,  je  décrirai 
l'organisation  florale  en  insistant  sur  les  particu- 
larités qui  expliquent  la  nécessité  d'une  inter- 
vention. 

I.  —  Organisation  florale 

1°  Lat.  chmdëstina.  —  La  Qeur  apparaît  et  s'épa- 
nouit dès  les  premiers  beaux  jours.  J'ai  rencontré 
des  fleurs  ouvertes  dès  lin  février.  En  1919,  année 
où  la  végétation  a  été  particulièrement  tardive,  au 
1er  mars,  une  fleur  était  entièrement  épanouie  au 
pied  d'un  mur  en  un  endroit  bien  exposé.  Ce  n'est 
que  vers  le  15  mars,  sous  notre  climat,  que  la 
floraison  est  abondante,  elle  se  poursuit  pendant 
tout  le  mois  d'avril,  et  vers  le  t;>  mai  les  dernières 
fleurs  sont  fanées. 


—   127  — 

Les  fleurs  sont  sensibles  à  la  gelée.  Tant  que  les 
dents  du  calice  restent  rapprochées,  les  Heurs 
résistent  assez  bien  au  refroidissement  nocturne, 
mais  lorsque  les  dents  s'écartent  et  laissent  sortir 
la  corolle  et  les  parties  sexuées,  une  légère  gelée 
suffit  pour  les  tuer,  la  corolle  noircit  et  la  fleur  est 
perdue.  Ceci  ne  se  produit  que  chez  les  fleurs  trop 
précoces,  car  dès  le  mois  de  mars,  les  gelées  sont 
peu  fréquentes  dans  le  fond  des  vallées,  et  déjà  les 
arbres,  les  arbustes  et  surtout  les  herbes  assurent 
une  protection  efficace. 

La  fleur  de  Lathrœa  est  donc  une  fleur  du  tout 
premier  printemps.  Elle  apparaît  alors  que  les 
.violettes,  les  primevères,  les  narcisses,  les  ané 
mones  ne  sont  pas  encore  fleuries.  Déjà  quelques 
hyménoptères  mellifères  sortent  de  leur  sommeil 
hivernal  et  pendant  les  heures  ensoleillées  se 
mettent  en  quête  de  nourriture. 

Les  rameaux  floraux,  toujours  souterrains, 
portent  une  seule  fleur  à  l'aisselle  de  chaque  feuille 
Un  même  rameau  donne  de  25  à  30  fleurs.  Les 
fleurs  inférieures  apparaissent  les  premières,  et, 
successivement,  les  autres  se  développent  en  allant 
de  bas  en  haut;  les  premières  peuvent  être  déjà 
fanées  que  les  dernières  ne  sont  pas  encore 
ouvertes.  La  sortie  se  fait  par  allongement  du 
pédoncule  qui  peut  atteindre  5  à  6  centimètres  de 
longueur  suivant  son  origine  sur  le  rameau  floral 
et  suivant  la  profondeur  de  ce  dernier:  tout 
semble  calculé  pour  que  seule  la  fleur  surgisse  à 
la  surface 

Les   écailles,    à  l'aisselle   desquelles   les  fleurs 


—   128  — 

prennent  naissance,  sont  à  peine  modifiées;  elles 
sont  encore  charnues,  creusées  de  nombreuses 
chambres,  un  peu  moins  épaisses  que  Les  écailles 
normales,  et  surtout  plus  écartées  de  l'axé  par 
suite  de  la  présence  du  pédoncule. 

La  fleur  est  formée  de  4  \  ert  ici  lies.  \  l'exception 
du  verticille  interne,  chaque  verlicille  comprend 
4  pièces,  généralement  soudées  et  de  taille  inégale. 
Les  pièces  d'un  verticille  alternent  avec  les  pièces 
des  deux  verticilles  voisins  et  la  bractée  alterne 
avec  les  deux  pièces  antérieures  du  calice.  C'est 
donc  une  fleur  gamopétale,  irrégulière  et  herma- 
phrodite. 

Le  calice  est  un  tube  largement  ouvert  se  termi 
nant  par  4  dents  obtuses  et  légèrement  arquées 
Les  sépales  sont  charnus,  blanchâtres,  avec 
quelques  bandes  rouge  violacé  au  sommet.  Ils  ne 
présentent  pas  de  i><>iU.  Ils  persistent  pendant  la 
formation  du  fruit  cl  jusqu  à  l'expulsion  des 
graines. 

La  corolle  également  tubulaire  présente  deux 
lèvres  très  inégales.   La   lèvre  postérieure  est  la 

plus  grande  :  elle  a  la  forme  d'un  casque  avec  une 
arête  assez  prononcer  sur  La  Ligne  médiane  Cette 
arête  est  déterminée  par  le  style  qui  s'applique 
exactement  à  l'intérieur,  suit  la  courbure  et  sort  à 
l'extrémité  sur  une  Longueur  de  plusieurs  milli- 
mètres. Au  sommet,  les  deux  bords  de  la  lèvre  se 
rapprochent  et  viennent  presque  au  contact.  Il  est 
difficile  d'admettre  l'existence  de  deux  pièces  dans 
la  lèvre  supérieure  comme  le  fait  Duchartre,  car 
la  pression  du  style  dans  la  région  médiane,  qui 


—  129  — 

serait  la  région  de  soudure,  devrait  empêcher  La 
fusion.  La  lèvre  antérieure  ou  inférieure  est 
formée  de  3  pièces  ;  elle  s'étale  en  une  lame 
divisée  par  deux  sillons  profonds;  la  partie 
médiane  est  sensiblement  plane,  les  parties  laie 
raies  sont  ondulées. 

La  corolle  est  vivement  colorée  ;  la  lèvre  supé- 
rieure est  d'un  bleu-violacé  qui  s'intensifie  avec 
l'-âge,  la  lèvre  inférieure  est  rouge-violacé.  La 
partie  inférieure  du  tube  est  blanchâtre.  Ce  tube 
est  étranglé  au-dessus  de  l'ovaire  et  à  ce  niveau, 
intérieurement,  on  peut  voir  une  couronne  de 
poils-  La  structure  de  ces  poils  a  été  l'objet  d'une 
étude  de  Heinricher  (4).  Ce  sont  des  poils  rigides 
dont  la  pointe  est  recroquevillée  ;  ils  sont  formés 
de  3  ou  4  cellules,  quelquefois  2  ;  toutes  ces  cellules 
ont  un  noyau  et  du  protoplasme  sans  amidon  ; 
leur  membrane  externe  comprend  3  couches  ;  une 
cuticule  tendre  à  l'extérieur,  une  couche  lignifiée 
très  importante  et  une  couche  interne  cellulosique, 
c'est  un  des  rares  exemples  de  cellules  à  parois 
lignifiées  et  à  contenu  vivant.  Sur  le  rôle  de  ces 
poils,  Heinricher  écrit  :  «  la  tâche  qui  incombe  à 
ces  poils,  comme  à  l'étranglement  du  tube  de  la 
corolle,  consiste  à  tenir  à  distance  les  visiteurs 
indésirables  ».  Quel  est  le  genre  de  visiteurs  auquel 
il  fait  allusion  ?  Il  ne  le  dit  point.  S'il  veut  parler  des 
bourdons,  il  est  certain  que  la  couronne  de  poils 
ne  suffit  pas  à  lee  arrêter.  Quant  aux  insectes  plus 
faibles,  cette  barrière  ne  peut  plus  être  efficace 
après  qu'un  bourdon  en  a  écarté  les  éléments. 

9 


—  130  — 

Uandrocée  est  formée  d'un  seul  vcrticille  de 
4  étamines.  Duchartre  déclare  n'avoir  pas  trouvé 
trace  de  l'avortement  d'une  .V"'  élamine  qui  corres- 
pondrait à  son  5me  pétale,  le  nombre  i  est  l)ien  le 
nombre  typique. 

Les  étamines  sont  superposées  aux  sépales,  leurs 
fdets  sont  soudés  assez  longuemenl  au  tube  de  la 
corolle.  Les  deux  étamines  antérieures  se  détachent 
de  la  lèvre  inférieure  el  les  deu\  étamines  posté 
Heures  de  la  lèvre  supérieure  Quelle  que  soit  leur 
origine,  les  filets  se  dirigent  vers  la  lèvre  supé- 
rieure, se  disposent  parallèlement  au  style  el 
symétriquement  de  pari  el  d'autre.  Les  étamines 
antérieures  sonl  un  peu  plus  longues  que  les 
étamines  postérieures. 

Les  anthères  sont  cacher-  bous  le  casque,  il  faut 
écarter  les  deux  bord-  de  la  lèvre  supérieure  poul- 
ies observer.  Elles  formenl  une   masse  en  appa 
renée  unique  par  suite  de  leur  rapprochement  en 
un  espaee   resserré   el    de   leur    union    par    leur 
sommet.  Elles  sont  jaunes,  renflées,  à  disposition 
introrse,  un  sillon  médian  divise  chacune  d'elles 
en  deux  loges,  et  sur  chaque  loge  un  sillon  moins 
profond,  s'étendant  sur  toute  la  longueur,  sépare 
les  deux  sacs  polliniques.   Chaque  loge  se   pro 
longe  vers  le  bas  par  une  sorte  d'ergot  ou  d'éperon 
de  1  '  '  5  de  longueur,  cette  extrémité  est  garnie 
en  outre  de  poils  fins  formant  brosse   Au  sommet 
de  chaque  anthère   on   aperçoit   un    bouquet   de 
poils  raides  qui  s'enchevêtrent  avec  les  poils  de 
l'anthère  voisine  et  déterminent  une  forte  adhé 
rence,  les  quatre  anthères  sont  ainsi  reliées  par 


—  131  — 

leur  sommet,  l'ébranlement  de  l'une  se  commu- 
nique aux  autres- 

Sur  une  coupe  de  l'anthère  on  voit  l'assise 
mécanique  interrompue  au  niveau  des  sillons 
latéraux. 

Le  pollen  provient  des  cellules-mères  qui,  par 
leur  division,  donnent  naissance  à  quatre  grains, 
suivant  la  règle  générale.  Chaque  grain  est  libre, 
sphérique,  à  surface  lisse  sans  aucune  ornemen- 
tation ni  proéminence,  avec  quelques  pores  petits 
et  circulaires 

Un  peu  avant  l'ouverture  des  sacs  polliniques, 
une  torsion  de  l'anthère  autour  de  l'extrémité  du 
filet  ramène  en  avant  la  partie  inférieure  de 
chaque  loge,  et  l'éperon  terminal  fait  légèrement 
saillie  en  dehors  de  la  lèvre  supérieure- 

Lors  de  la  déhiscence,  les  deux  bords  s'écartent 
lentement  sous  la  pression  de  la  masse  pulvéru- 
lente interne;  dans  la  fente  largement  baillante  le 
pollen  apparaît.  Gh.  Le  Gendre  (7)  rapporte  une 
description  de  Lat.  c/arcdes/maparGuillemare  qui. 
parlant  des  étamines,  les  compare  à  des  nacelles 
dont  «  la  proue  est  chargée  de  longs  poils  inco- 
lores ».  La  comparaison  est  heureuse;  par  leur 
disposition  horizontale,  leur  forme  allongée  et 
l'éperon  qui  prolonge  chaque  loge,  elles  rappellent 
assez  bien  un  bateau  chargé. 

Le  gynécée  est  formé  de  deux  carpelles  entière 
ment  soudés;  aucun  indice  ne  révèle  extérieure- 
ment l'existence  de  deux  pièces;  ovaire,  style  ei 
stigmate  apparaissent  uniques. 

L'ovaire  est  petit,  aplati  latéralement,  le  style 


—  132  — 

long,  grêle,  recourbé,  disposé  sous  le  casque  qu'il 
dépasse  par  son  extrémité,  le  stigmate  légèrement 
renflé  se  distingue  surtout  par  sa  couleur  jaunâtre 
du  style  violacé- 

En  coupe  l'ovaire  ne  présente  qu'une  seule 
cavité  où  font  saillie  les  placentas  sons  forme  de 
deux  masses  volumineuses.  Il  provient  donc  de 
deux  feuilles  carpellaires  soudées  bord  à  bord. 
C'est  un  ovaire  uniloculaire  el  La  placentation  est 
pariétale  Des  deux  carpelles,  l'un  esl  antérieur, 
l'autre  postérieur.  Par  suite  de  l'aplatissement 
latéral,  les  deux  groupes  de  placentas  arrivent 
presquo  au  contact,  niais  il  u'\  a  jamais  soudure. 
Les  régions,  des  nervures  médianes,  à  chaque 
extrémité  du  grand  axe.  restent  minées  et  corres- 
pondent aux  fentes  de  déhiscence  du  fruit. 

Le  style  est  creusé  d'un  canal  clans  toute  sa  lon- 
gueur; un  léger  étranglement  montre  qu'il  est 
également  formé  de  deux  parties  soudées,  lune 
antérieure,  l'autre  postérieure 

Le  stigmate  est  couvert  de  papilles  courtes  et 
serrées.  A  la  loupe,  on  distingué  une  fente  trans- 
versale qui  n'est  que  l'élargissement  du  canal 
stylaire 

Les  ovules  sont  au  nombre  de  i.  disposés  par  2 
sur  chaque  groupe  de  placentas,  et  groupés  égale- 
ment  par  2  en  2  étages  superposés.  Ils  sont  gros  et 
remplissent  toute  la  cavité  ovarienne.  Ils  sont  du 
type  anatrope  avec  raphé  tourné  vers  le  bas  et 
micropyle  ramené  vers  le  haut-  Le  nucelle  est 
conique  et  n'est  recouvert  que  d'un  seul  tégument. 

A  la  partie  inférieure  des  ovules,  on  observe  un 


—  133  - 

petit  prolongement  conique  transparent  dont  la 
pointe  est  dirigée  vers  le  placenta.  Duchartre  l'a 
figuré  et  l'a  désigné  sous  le  nom  «  d'appendice  en 
crochet  »,  il  ne  parle  ni  de  son  rôle,  ni  de  son 
évolution.  Cet  appendice  persiste  pendant  toute  la 
transformation  de  l'ovule  en  graine.  Au  moment 
de  la  maturité,  il  se  dessèche,  noircit,  et  laisse  sur 
la  graine  une  tache  oblongue,  noire,  à  surface  légè 
rement  chagrinée.  Cette  tache,  très  constante,  H 
visible  encore  sur  les  graines  les  plus  vieilli 
permet  d'orienter  la  graine  et  de  déterminer  la 
place  de  l'embryon  Le  grand  axe  détermine  le 
plan  médian;  une  coupe  passant  par  ce  plan 
passe  toujours  au  voisinage  de  l'embryon  si  (in- 
sensiblement à  l'opposé  de  la  tache 

Un  nectaire  est  situé  à  la  base  de  l'ovaire.  Il  est 
jaunâtre;  en  forme  de  lamelle,  et  embrasse  la 
partie  antérieure  de  l'ovaire;  c'est  un  anneau 
incomplet  réduit  à  un  dièdre.  11  est  haut  de  I 
environ  et  lobé  au  sommet  Duchartre  le  désigne 
sous  le  nom  de  disque:  il  y  aurait  découvert  cinq 
dents  dont  une  dent  médiane  un  peu  plus  courh. 
Le  nombre  de  ces  dents  est  quelquefois  réduit  à  i. 
et  la  dent  médiane  toujours  peu  accusée,  peul  être 
la  plus  longue  Je  n'ai  pu  observer  aucun  pore  au 
sommet  de  ces  dents,  toute  la  surface  paraît  être 
secrétrice  au  moins  dans  la  région  terminale  et  ^\n 
côté  externe.  Dans  une  coupe  transversale  on  dis- 
tingue :  un  épiderme  à  parois  externes  très  légè 
rement  épaissies  et  non  cutinisées  ;  un  parenchyme 
laeuneux  sur  les  deux  faces,  assez  abondant,  el 
grands  éléments;   au   milieu,  formant  une  zoi 


—  t?4  — 

plus  sombre,  un  parenchyme  dense,  serré,  à  petites 
cellules  renfermant  quelques  vaisseaux  ligneux  et 
quelques  tubes  criblés. 

Le  liquide  sucré  est  élaboré  dans  le  parenchyme 
à  petites  cellules,  filtre  au  travers  du  parenchyme 
lacuneux  et  suinte  à  la  surface.  Il  s'accumule  au 
fond  du  tube  de  la  corolle  toujours  dressée.  Il  est 
préservé  de  la  pluie  et  de  la  rosée  par  la  forme  en 
casquede  la  lèvre  supérieure.  Il  constitue  pour  les 
insectes  un  appât  qui  n'est  pas  dédaigné. 

Le  nectaire  n'est  qu'une  dépendance  de  l'ovaire 
comme  l'a  signalé  G.  Bonnier  chez  le  Lai.  squa- 
maria  (2),  ce  n'est  pas  un  verticille  floral. 

La  fleur  nous  apparaît  donc  comme  formée  de 
4  verticilles  seulement  constitués  chacun  par 
4  pièces  à  l'exclusion  du  verticille  interne  qui  n'en 
a  que  deux  ;  cette  disposition  résulte  en  toute  évi- 
dence de  la  disposition  des  écailles  sur  la  tige  :  il 
y  a  inégalité  des  pièces  dans  chaque  verticille.  Les 
anthères  sont  enfoncées  sous  la  lèvre  supérieure 
et  maintenues  à  bonne  distance  du  stigmate,  ell<  - 
sont  situées  au-dessous  de  lui.  Il  n'\  a  pas  ouver- 
ture brusque  de  l'anthère,  cl  par  suite  pas  de  pro- 
jection de  pollen  ;  ce  dernier  en  tombant  san 
poudre  le  tube  de  la  corolle  et  la  lèvre  inférieure, 
mais  n'atteint  pas  le  stigmate 

La  fleur  renferme  les  Jeux  organes  sexués: 
organiquement  elle  est  hermaphrodite;  l'est-elle 
physiologiquement?  La  période  de  maturité  des 
étamines  correspond-elle  à  celle  du  stigmate  ?  La 
question  mérite  d'être  examinée,  car,  suivant 
Y\  arnstorf  (10),  le  Lai  squunaria  est  protérogyne. 


—  135  — 

Duchartre  a  montré  que  les  différentes  pièci 
florales  de  Lat.  clandestina  apparaissaient  et  se 
développaient  régulièrement  de  l'extérieur  vers 
l'intérieur.  La  fleur  ne  pourrait  donc  être  que 
protandre.  Mais  l'émission  du  pollen  est  lente,  elle 
dure  plusieurs  jours,  et  coïncide  au  moins  pen- 
dant quelque  temps  avec  un  stigmate  bien  déve 
loppé  et  en  état  de  réceptivité.  Si  le  pollen  ne  peut 
de  lui-même  se  fixer  sur  le  stigmate  de  la  même 
fleur,  transporté  par  un  agent  étranger,  il  \  peut 
germer. 

2°  Lat.  sguamaria-  —  Les  fleurs  apparaissent  à 
peu  près  à  la  même  époque  que  celles  de  Lat.  clltn- 
destina.  Le  maximum  de  floraison  s'observe  entre 
le  15  avril  et  le  Ie*  mai. 

Elles  sont  groupées  sur  un  pédoncule  floral, 
dressé,  entièrement  aérien,  et  légèrement  recourbé 
au  sommet,  il  peut  porter  20  à  25  fleurs  sur  une 
longueur  de  12  à  15  ri". 

A  la  base  de  chaque  fleur  est  une  véritable 
bractée.  C'est  une  lame  foliacée  membraneuse 
sans  cavités  internes,  elle  est  parcourue  par  5  à 
7  nervures  qui  se  ramifient  à  leur  extrémité. 

Les  péclicelles  floraux  sont  minces  et  courts. 

Le  calice  est  formé  de  quatre  pièces  soudées  en 
un  tube  terminé  par  4  dents  11  est  blanchâtre  el 
velu-  Les  poils  qui  se  retrouvent  sur  les  bords  des 
bradées  et  surtout  sur  le  pédoncule  floral,  son! 
longs  et  renflés  à  leur  sommet  ;  ils  sont  constitués 
par  des  cellules  placées  bout  à  bout  sauf  à  lextré 
mité  où  on  trouve  une  masse  pluri  cellulaire 


—  136  - 

ne  peuvent  être  comparés  aux  glandes  secrétrices 
de  l'intérieur  des  écailles. 

La  corolle  est  moins  grande  que  chez  le  Lai.  clan 
destina,  elle  dépasse  le  calice  de  quelques  milli- 
mètres seulement.  Elle  présente  encore  deux 
lèvres  ;  la  lèvre  supérieure  est  droite,  la  lèvre 
inférieure  ondulée  et  aplatie.  Les  pétales  sont 
colorés  d'une  légère  teinte  rose  à  leur  extrémité. 
On  ne  remarque  ni  étranglement  du  tube  de  la 
corolle,  ni  présence  de  poils  à  l'intérieur. 

Les  élamines  sont  au  nombre  de  i,  dont  2  anté- 
rieures un  peu  plus  grandes  Comme  chez  le 
Lat.  clandestina,  les  anthères  sont  rendues  soli- 
daires à  leur  sommet  par  l'enchevêtrement  de 
poils  disposés  en  bouquet,  l'extrémité  inférieure 
de  chaque  loge  présente  un  éperon.  Les  anthères 
restent  également  incluses  dans  la  corolle  ;  à 
l'ouverture  on  n'aperçoit  que  leur  sommet  et  les 
filets  recourbés  des  étamines  antérieures.  Le 
pollen  est  sphérique,  sans  ornementation  ni  pro- 
tubérance. 

La  partie  femelle  comprend  2  carpelles  ouverts 
et  concrescents  L'ovaire  est  gros,  renflé,  unilocu 
laire,  les  placentas  sont  épais  et  portent  de  nom- 
breux ovules.  Le  style  recti ligne  longe  les  filets 
staminaux  et  s'épanouit  à  l'extérieur  de  la  corolle 
en  un  stigmate  gros  et  jaunâtre. 

Mes  observations  n'ont  pu  êlre  ni  assez  nom- 
breuses, ni  assez  suivies  pour  que  Je  puisse 
infirmer  l'opinion  de  Warnstorf  (10)  lorsqu'il 
considère  la  fleur  de  Lat.  squamaria  comme  pro- 
térogyne.  Je  ferai  remarquer  seulement  que  le  fait 


—  \M  — 

d'un  stigmate  proéminent  bien  visible,  et  d'an 
thères  cachées  nécessite  une  observation  méticu- 
leuse pour  s'assurer  que  l'émission  du  pollen  a 
lieu  avant,  après,  ou  pendant  la  maturité  du 
stigmate,  et  n'apercevant  que  le  stigmate  on  est 
porté  à  croire  que  les  anthères  ne  sont  pas  encore 
ouvertes- 

Le  nectaire  a  encore  la  forme  dune  lamelle 
triangulaire  située  en  avant  de  l'ovaire  et  à  sa  base. 
Il  ne  forme  pas  un  anneau  complet  comme  chez 
d'autres  Rhinanthacées.  G.  Bonnier  (2) le  compare 
à  celui  du  Méiampyre,  et  constate  qu'il  n'est  qu'une 
dépendance  du  carpelle  antérieur. 

Toutes  les  fleurs  d'une  même  grappe  sont 
inclinées  vers  le  bas  et  tournées  du  même  côté.  Le 
pédicelle  trop  faible  pour  supporter  la  fleur  s'est 
retourné  et  en  même  temps  il  s'est  tordu  d'une 
quantité  convenable  pour  amener  la  fleur  dans  la 
direction  du  maximum  de  lumière.  Il  en  résulte 
que  l'inflorescence  a  un  aspect  tout  différent  de 
celle  de  Lai.  elandestina.  En  outre  les  fleurs  sont 
petites,  peu  colorées  et  ne  peuvent  être  considérées 
pour  les  insectes  comme  des  organes  vexillaires 
Le  nectar,  en  raison  de  la  forme  penchée,  imprègne 
les  parois  du  tube  de  la  corolle,  et  ne  peut  être 
mouillé  par  l'eau  de  pluie  et  la  rosée  malgré 
l'absence  de  casque,  il  peut  constituer  pour  les 
insectes  une  attraction  suffisante 

IL  —  Rôle  des  Insectes 

Par  une  belle  journée  de  la  fin  de  mars  ou  du 
début  d'avril,  il  est  curieux  d'observer  une  touffe 


—  138  - 

de  Lat.  c landes tina.  Les  corolles  bleues  bien  épa- 
nouies tranchent  sur  le  fond  vert  de  la  prairie 
émaillée  de  quelques  Heurs  de  pâquerette  et  de 
pissenlit.  Les  insectes  commencent  à  sortir.  Le 
gros  Bombas  hortorum  L  est  l'un  des  premiers  el 
l'un  des  plus  actifs.  Il  surgit  dé  terre,  cl,  d'un  vol 
rapide,  il  se  dirige  en  droite  ligne  vers  une  tleur  de 
Clandestine  Ils'ypose,  et,  écartant  avec  ses  pattes 
les  lèvres  de  la  corolle,  il  s'y  enfonce  tête  première 
jusqu'à  disparaître  presque  en  entier.  \u\  mouve- 
ment des  (terniers  anneaux  de  son  abdomen,  on 
devine  qu'il  aspire  avec  avidité  le  liquide  sucré 
accumulé  au  fond  du  tube.  Lorsqu'il  a  épuise  la 
provision,  il  arrive  avec  quelque  effort,  à  sortir  de 
ce  tube  un  peu  étroit  pour  lui  cl  se  pose  aussitôt 
sur  une  fleur  voisine. 

Lorsqu'il  entre  dans  une  autre  Heur,  il  frôle  le 
stigmate  avec  son  dos.  et  dépose  involontairement 
la  poussière  fécondante  dont  il  est  porteur. 

Il  est  possible  qu'en  sortant,  le  bourdon  fiole  le 
stigmate  de  la  même  fleur  et  \  laisse  un  peu  de 
pollen  dont  il  vient  d'être  chargé.  Dans  ce  cas.  il 
provoquerait  la  fécondation  directe.  Mais  après 
un  certain  nombre  de  visites,  son  dos  est  recouvert 
de  pollen  d'origine  diverse,  el,  s'il  ne  touche  le 
stigmate  qu'en  sortant,  il  dépose,  avec  le  pollen 
dont  il  vient  de  se  charger,  du  pollen  étranger,  il 
y  a  fécondation  indirecte.  Les  deux, genres  de 
fécondation  sont  donc  possibles,  et  l'un  et  l'autre 
résultent  de  la  visite  du  bourdon. 

Le  Bombas  arenicola  Th  apparaît  à  la  même 
époque;  il  est  aussi  atli  ié  par  les  fleurs  de  La/,  clan 


—   139  — 

destina,    sur    lesquelles  je   l'ai   souvent   capturé. 
Gros  comme  le  précédent,  il  doit  faire  effort  pour 
atteindre  le  fond  du  tube  de  la  corolle,  il  ébranle 
toute  la  fleur,  fiole  les  anthères  et  sort  le  dos  cou 
vert  de  pollen. 

Le  Bombas  muscorum  F.  visite  également  Les 
fleurs  de  Lai.  clandestina-  Son  apparition  est  plus 
tardive,  et  déjà  beaucoup  de  fleurs  sont  fanées 
lorsqu'il  commence  ses  sorties.  Un  peu  plus  petil 
que  les  précédents,  il  pénètre  plus  facilement 
jusqu'au  fond  de  la  corolle,  il  en  sort  couvert  de 
pollen  dont  il  a  déterminé  la  chute  en  ébranlant 
les  anthères.  En  entrant  ou  en  sortant  il  frôle  le 
stigmate  et  y  dépose  un  peu  de  pollen. 

D'autres  hyménoptères  plus  petits  parmi  les- 
quels on  a  pu  reconnaître  :  Apis  mellifica  L-, 
Halictes  cylindricas  L  ,  semblent  aussi  attirés  par 
les  fleurs  de  Lai.  clandestina.  Ils  ne  s'enfoncent 
pas  dans  le  tube  de  la  corolle  à  la  recherche  du 
liquide  sucré.  Ponr  eux  la  pénétration  serait 
aisée,  l'étranglement  du  tube  très  rapproché  du 
fond,  la  couronne  de  poils  déjà  écartés  et  peut-être 
brisés  par  la  visite  des  bourdons  ne  constituent 
pas  un  obstacle  sérieux  Ce  qu'ils  recherchent, 
c'est  le  pollen.  A  peine  posés  sur  la  lèvre  inférieure, 
ils  se  dirigent  vers  les  anthères  et,  se  retournant 
sur  le  dos,  ils  attaquent  la  masse  pulvérulente  qui 
déborde  et  en  font  provision.  Le  dessous  de  leur 
corps  est  saupoudré  de  pollen,  le  dessus  n'en  pré 
sente  pas.  Si  donc,  en  sortant  ou  en  entrant  dans 
une  autre  fleur,  ils  heurtent  le  stigmate  ce  ne  sera 
qu'avec  leur  dos  dépourvu  de  toute  poussière.  En 


—  140  — 

raison  de  leur  petite  taille,  ce  n'est  qu'accidentel- 
lement qu'ils  louchent  le  stigmate,  ils  ne  jouent 
aucun  rôle  dans  la  pollinisation  (1  ). 

Les  Lépidoptères  sont  peu  nombreux  à  cette 
saison.  Je  n'en  ai  vu  aucun  se  poser  sur  une  fleur 
de  Clandestine. 

Le  rôle  principal  est  rempli  par  les  Bourdons. 
Leur  intervention  esl  indispensable  pour  assurer 
la  fécondation. 

Pour  m'en  assurer,  j'ai  fabriqué  de  petites  cages 
avec  un  treillis  métallique  à  mailles  assez  serrées 
pour  empêcher  le  passage  de  tous  les  hyménop- 
tères. Des  touffes  de  Lnf.  clandestina,  ne  compre- 
nant que  des  fleurs  jeunes  non  ouvertes  celles 
qui  étaient  ouvertes  auparavant  furent  coupées 
furent  recouvertes  avec  ces  cages  :  les  pieux  for- 
mant Je  bâtis  étaient  enfoncés  dans  le  sol  de  telle 
sorte  que  toute  pénétration  par  dessous  Fût  impos- 
sible. Des  touffes  voisine-  non  recouvertes  ser- 
vaient de  témoins. 

Les  Bourdons  venaient  visiter  les  Meurs  libres: 
il  se  fixaient  quelquefois  sur  le  treillis  métallique 
et  essayaient  d'atteindre  le- Heur-  protégées,  mais 
se  rendant  compte  de  l'impossibilité  ils   n'insis 
taient  pas  longtemps 

Après  défloraison  complète  et  maturation  du 
fruit,  les  cages  furent  enlevées,  chaque  fruit  fut 
examiné,  et  les  graines  turent  comptées  Voici  les 
résultats  : 


(t)  Je  tiens  à  remercier  ici  M.  Lichtenstcin  à  qui  je  dois 
la  détermination  des  hyménoptères  que  j'avais  capturés. 


—  141  — 

ive  expérience,  faite  au  milieu  d'une  prairie  en 
un  endroit  bien  exposé  ; 

507  fleurs  avaient  été  recouvertes  ; 

500  ne  présentaient  aucun  développement  de 
l'ovaire  : 

3  avaient  un  ovaire  un  peu  développé,  sans 
aucune  graine  ; 

1  avait  un  ovaire  développé  avec  une  seule 
graine  ; 

3  avaient  donné  un  fruit  déjà  éclaté. 

Dans  une  touffe  voisine  toutes  les  lleurs 
s'étaient  transformées  en  fruits  ;  la  majeure  partie 
des  fruits  avaient  expulsé  leurs  graines;  ceux  qui 
étaient  moins  avancés  renfermaient  4  graines, 
quelquefois  3  et  exceptionnellement  2. 

?me  -expérience,  sur  une  colonie  végétant  près 
d'un  ruisseau,  le  développement  avait  été  plus 
lent  et  plus  tardif  : 

544  fleurs  avaient  été  protégées  ; 

508  ne  présentaient  aucun  développement  de 
l'ovaire  ; 

33  avaient  un  ovaire  plus  ou  moins  gros  sans 

aucune  graine  ; 

2  avaient  un  fruit  gros  et  une  seule  graine  dans 

chaque  fruit; 

1  frait  était  éclaté- 

Dans  une  touffe  témoin  de  35  lleurs,   19  avaienl 
donné  des  fruits  normaux  avec  (30  graines  au  total, 
dans  13  d'entre  elles  il  n'y  avait  pas  eu  développe- 
ment de  l'ovaire,  3  fruits  avaient  expulsé  leurs 

graines. 

Dans   deux    autres   expériences    laites    sur   des 


—  142   - 

touffes  croissant  à  l'ombre  delà  rive  d'un  ruisseau 
une  cinquantaine  de  rieurs  avaient  été  recouvertes. 
Aucun  fruit  ne  se  forma,  alors  que  sur  des  fleurs 
voisines   non    protégées    les    fruits  étaient  nom- 

breux. 

Les  fleurs  non  visitées  par  les  insectes  ne  sont 
donc  pas  fécondées.  Les  cas,  très  rares,  où  il  y  a 
eu  formation  de  graines  dans  des  fleurs  protégées 
peuvent  s'expliquer  par  des  accidents  de  crois- 
sance. Certaines  fleurs  riaient  venues  au  contact 
des  parois  de  la  cage,  leur  lèvre  supérieure  s'était 
aplatie  contre  les  parois,  anthères  et  stigmate 
avaient  pu  se  trouver  rapprochés  au  point  que 
quelques  grains  de  pollen  avaient  pu  se  déposer 
sur  le  stigmate. 

Peut-on  admettre  que  les  insectes  n'intervien- 
nent que  pour  assurer  la  pollinisation  indirecte  et 
que  seul  ce  genre  de  pollinisation  soit  efficace!' La 
pollinisation  directe  sans  l'intervention  d'agents 
étrangers  est  difficile  en  raison  de  l'organisation 
florale,  lorsqu'elle  a  lieu  accidentellement  elle 
paraît  aboutir  à  la  fécondation  puisque  certaines 
fleurs  protégées  ont  donné  naissance  à  quelques 
graines. 

Les  bourdons  ne  sont  pas  attirés  par  la  couleur 
des  fleurs.  J'ai  observé  à  maintes  reprises  des 
bouquets  de  fleurs  de  La/,  c landes Una  entièrement 
dissimulés  sous  la  végétation  avoisinante.  Les 
bourdons  s'y  rendaient  avec  autant  d'assiduité  que 
sur  des  fleurs  très  apparentes.  Ils  se  dirigeaient 
vers  les  fleurs  cachées  avec  la  même  sûreté  que 
vers  les  fleurs  visibles  Ils  ne  manifestaient  aucun 


—  143  — 

tâtonnement,  aucune  incertitude.  A  défaut  de  l,i 
luxuriance  de  la  végétation  ils  auraient  pu  me 
servir  de  guides  dans  mes  recherches. 

On  pourrait  objecter  qu'ils  savaient,  par  expé 
rience,  trouver  sous  les  hautes  herbes,  des  fleurs 
riches  en  liquide  sucré.  Ce  serait  leur  supposer 
une  perspicacité  dont  les  hommes  n'ont  pas  tou 
jours  fait  preuve.  Il  est  plus  logique  d'admettre 
que  les  insectes  sont  guidés  vers  le  «  nectar  d'une 
façon  très  accessoire  parla  vue,  d'une  manière  au 
contraire  sûre  par  un  autre  sens  qui  ne  peut  être 
que    l'odorat  ».    C'est    la    conclusion    tirée    par 
F,  Plateau  (8-9)  de  ses  nombreuses  expériences, 
c'est    également  l'opinion    de  G.    Bonnier.    Mes 
observations  sur  les   bourdons  visiteurs   de  Lai. 
clandesilna  confirment  les  idées  soutenues  par  ces 
auteurs. 

Je  n'ai  pas  eu  l'occasion  d'observer  à  loisir  les 
fleurs  de  Làt.  squamaria.  Je  n'ai  pu  passer  que 
quelques  heures  en  une  station  où  elles  étaient 
épanouies.  C'était  en  mai,  la  saison  était  déjà 
avancée.  Quelques  bourdons  butinaient  dans  le 
voisinage.  En  une  heure,  un  seul  d'entre  eux  s'est 
approché  d'une  intlorescence,  s'est  posé  sur  une 
Heur  et  s'en  est  écarté  sans  avoir  tenté  d'y  pénétrer. 
Les  bourdons  semblaient,  à  ce  moment,  préférer 
les  fleurs  de  lierre  terrestre  parce  que  le  nectar  > 
était  probablement  plus  abondant- 


—  tu  — 

III    —  Conclusions 

Les  fleurs  de  Lalhrœa  ont  un  stigmate  externe 
éloigné  des  anthères  cachées  sous  la  lèvre  supé- 
rieure de  la  corolle. 

Elles  possèdent  une  glande  nectarifère  placée  à 
la  base  de  l'ovaire. 

Le  nectar  est  protégé  de  la  rosée  et  de  la  pluie, 
chez  Lai.  clandestina  par  la  forme  en  casque  de  la 
.  lèvre  supérieure  et  par  un  étranglement  du  tube 
de  la  corolle  avec  couronne  de  poils  internes  ; 
chez  Lai.  squamaria  par  une  inclinaison  appro- 
priée de  la  fleur. 

Les  bourdons  visitent  assidûment  les  fleurs  de 
Lat.  clandestina,  ils  ne  sont  pas  attirés  par  la  cou- 
leur uniquement,  ils  sont  encore  guidés  par 
l'odorat. 

Ils  assurent  la  pollinisation,  leur  intervention 
est  nécessaire  à  la  fécondation- 

INDEX  BIBLIOGRAPHIQUE 

1.  Ch.  Bernard  (  903).  —  Sur  l'embryogénie  de  quelques 

plantes  parasites.  Jour,  de  botanique,  t.  XVII. 

2.  G.  Bonnier  (1879).  —  Les  Nectaires.  Thèse,  Paris. 

3.  P.  Duchartre  (1843).         Observations  anatomiques 

et  organogéniques  sur  la  Clandestine  d'Europe 
[Lathrœa  clandestina  L.).  Mém.  de  l'Ac.  des  Se., 
t.  X. 

4.  E.  Heinricher  (1892).  —  Biologische  Studien  an  der 

Gattung  Lathraea.  Sitzungsb.  der  Kaiserlich 
Akad.  der  Wissensch.  Wien. 


—  145  — 

5.  Hofmeester  (1851).  —  Zur  Entwicklungsgeschichte 

des  Embryo  der  Personaten.  Flora  29. 

6.  —     (1858)  Neure  Beobachtugen   uber  Embryobil- 

dung  der  Phanerogamen.  Pringsheim. 

7.  Ch.  Le  Gendre  (1904).  —  Genre  Lathraea.  Rev.  scient. 

du  Limousin. 

8.  F.  Plateau  (1895-96-97).  —  Gomment  les  fleurs  atti- 

rent les  Insectes.  But  de  l'Ac.  roy.  de  Belgique, 
5  notices. 

9.  —    (1898-9M900).  —  Nouvelles  recherches  sur  les 

rapports  entre  les  Insectes  et  les  fleurs.  Mém. 
de  la  Soc.  Zool.  de  France.  3  articles. 

10.  G.  Warnstorf  (1896).  —  Blùthen  biologische  Beoba- 

chtungen.  Zeitschr...  naturw.  ver.  Hartz.,  t.  XI. 


10 


SEANCE  DU  1er  MARS  1920 

Présidence  de  M.  le  Dr  Moutier,  président 

La  séance  est  ouverte  à  17  h.  30  et  levée  à  18  h.  30. 
Assistent  à  la  Séance  :  MM.  Bigot,  Bugnon,  Chemin, 
Le  Testu,  Mazetier,   Mercier,  Dr  Moutier,  Poisson. 

Sève. 

Le  procès-verbal  de  La  séance  du  2  février  1920  est  lu 
et  adopté  sans  observations. 

Nécrologie.  Le  président  fait  part  de  la  mort  de 
notre  confrère,  M.  Boudier.  correspondant  de  l'Institut, 
décédé  à  Blois  le  4  févriei  1920.  Le  savant  mycologue 
était  membre  correspondant  de  notre  Société 
depuis  1876.  Le  président  se  fait  L'interprète  des  regrets 
unanimes  causés  par  cette  perte. 

Assises  de  Caumont.  La  Société  se  range  à  l'avis  du 
Comité  rouennais,  <|ui  propose  «le  Laisser  un  intervalle 
de  dix  ans  entre  deux  sessions  consécutives.  La  session 
prochaine  aurait  donc  lieu  à  Kouen  en  1923. 

MM  le  Dr  Moutier  et  Mercier  sont  élus  pour  l'aire 
partie  du  Comité  caennais,  en  remplacement  de 
MM.  Lignier  et  Brasil,  décédés. 

État  de  l'impression  du  Bulletin  de  1919.  Le  bon  à 
tirer  des  sept  premières  feuilles  a  été  donné  à  l'impri- 
meur. En  exécution  de  la  décision  prise  à  la  séance  du 
12  janvier  1920,  les  auteurs  dont  les  noms  suivent  pour- 
ront obtenir  dès  maintenant,  sur  leur  demande,  les 
tirés  à  part  correspondant  à  leurs  communications  du 
1er  semestre  1919  :  MM.  Gerbault,  \ntoine,  Chemin. 
Houard. 

Admission.  M.  l'abbé  Langeais  est  admis  comme 
membre  correspondant  de  la  Société  à  la  suite  de  la 
présentation  faite  au  cours  de  la  dernière  séance. 


—  147  — 

Présentation.  —  M.  Warcollier,  directeur  de  la 
Station  agronomique  du  Calvados  et  de  la  Station 
pomologique  de  Gaen  est  présenté  par  MM.  Bigot  et 
Mercier  pour  devenir  membre  résidant  de  la  Société. 

Dépôt  de  travaux.  —  M.  Chermezon  adresse  un  travail 
intitulé  :  Aperçu  sur  la  végétation  du  littoral  asturien. 


GOMMUNIG  ATIONS 

M.  Mercier  expose  le  résultat  d'une  étude  biolo- 
gique, faite  en  collaboration  avec  M.  Poisson,  sur 
la  tourbière  sous-marine  de  Bernières-sur-Mer  ; 
il  présente  une  série  d'échantillons  des  principales 
espèces  animales  rencontrées. 

M.  Sève  présente  à  la  Société  un  pied  fleuri  de 
Daphne  Mezereum  L.  recueilli  dernièrement  par 
lui  sur  le  territoire  de  Saint-Manvieu,  dans  la 
partie  méridionale  d'un  petit  bois  qui  domine  la 
rive  droite  de  la  vallée  de  la  Mue.  Ce  bois  est  au 
croisement  de  la  route  de  Caen  à  Torigny-sur-Vin 
et  du  chemin  de  grande  communication  d'Evrecy 
à  Courseulles,  dans  l'angle  obtus  sud-est  formé  par 
ces  routes.  Cette  localité  ne  semble  pas  avoir 
encore  été  signalée.  La  localité  la  plus  proche 
indiquée  est  Tourville  (dans  Hardouin,  Renou  et 
Leclerc,  d'après  Thomines). 

M.  Sève  remet  pour  le  Nouvel  Herbier  de  Nor 
mandie  de  l'Institut  Botanique,  où  il  figurera  sous 
le  n°  6,  un  exemplaire  desséché  de  la  plante 
un   croquis  indiquant  la  station-  Il  rappelle  en 
outre    qu'il   a   visité    récemment   la    station   d< 


—  148  — 

D.  Mezeream  signalée  il  y  a  une  dizaine  d'années 
par  M.  leDrF.  Gidon  dans  le  bois  de  Saint  Aubin 
d'Ârquenay  (sur  le  territoire  d'Ouislreham)  et  que 
la  plante  y  est  toujours  abondante 

M.  Bugnon,  au  nom  de  M.  Bedel,  fait  une  corn 
munication  relative  :   1°  à  quelques  cas  tératolo- 
giques  (chorise  de  la  corolle  chez  Primula  grandi- 
flora,  fasciation  de  rameaux  chez    Viscum  album, 
verticillation  par  H  des  feuilles  chez  Urtica  dioica, 
Valeriana  officinalis,  Melandrium  silvestre,   Epilo- 
bium  montanum)  ;  2°  à  quelques  variétés  créées  par 
cet  auteur  (var.  regalis  du  Primula  grandiflora,  var 
lutescens  du  Liguslrum  vulgare)  :  3°à  l'extension  du 
Dorycnium  herbaceum  aux  environs  de  Canon.  Des 
échantillons  desséchés  correspondants,   destinés 
au  Nouvel  Herbier  de    Normandie   de  L'Institut 
Botanique,  sont  présentés  à  la  Société. 

M.  Bugnon  donne  ensuite  connaissance  d'une 
liste  des  plantes  trouvées  en  ileurs  par  M.  Bedel 
aux  environs  de  Dozulé,  du  1er  janvier  au  15  fé- 
vrier 1920.  En  raison  de  la  douceur  exceptionnelle 
de  l'hiver,  on  y  trouve  un  certain  nombre  d'espèces 
(Vicia  sepium,  Melandrium silvestrc .  Ange/ira  silves- 
tris,  etc.)  qui  ont  devancé  considérablement  leur 
époque  normale  de  floraison. 

Enfin,  M.  le  Dr  Moutier  présente  un  certain 
nombre  de  fossiles  Mollusques  des  genres  Emar 
ginula,  Trigonia,  Patella)  qui  feront  l'objet  d'une 
note  ultérieure  de  sa  part. 


—  149  — 

L.  MERCIER  et  R.  POISSON.  —  Documents 
biologiques  fournis  par  l'étude  de  la 
tourbière  sous-marine  de  Bernières-sur- 
Mer. 

L'étude  des  tourbières  sous-marines  de  notre 
littoral  de  la  Manche  et  de  l'Océan  a  déjà  été  l'objet 
d'un  certain  nombre  de  travaux.  Parmi  ceux-ci, 
nous  retiendrons  plus  particulièrement,  en  raison 
du  point  de  vue  spécial  auquel  nous  nous  plaçons, 
celui  de  de  Beauchamp  (1914)  sur  la  tourbière  de 
l'anse  des  Roches- Jaunes  près  de  Roscoft";  et  celui 
de  Gacleceau  (1919)  sur  les  forêts  submergées  de 
Belle:Ile-en-Mer. 

Il  existe,  sur  tout  le  littoral,  de  Luc  à  Cour- 
seulles,  une  tourbière  sous-marine  provenant 
(Bigot,  1900)d'un  affaissementgénéral  delà  région. 
Cette  tourbière  est  constituée  par  des  souches  en 
place  et  des  troncs  d'arbres  reposant  sur  une  argile 

verdâtre- 

Presque  toujours  la  tourbe  est  enfouie  sous  une 
épaisse  couche  de  sable,  qui  donne  son  faciès 
particulier  à  toute  la  côte.  Il  arrive  cependant 
que,  par  suite  de  l'action  des  courants  marins,  le 
sable  est  déplacé  et  que  la  tourbière  émerge  de 
place  en  place.  C'est  ainsi  qu'assez  fréquemmeni 
la  tourbe  est  visible  au  débouché  du  ruisseau 
séparant  Luc  de  Langrune.  Mais,  en  1916,  une 
exploitation  de  tourbe  a  été  ouverte  entre  Bernièi 
et  Courseulles  à  un  niveau  correspondant  à  p< 
près  à  la  moitié  de  la  zone  de  balancemeni  d< 


—  150  — 

marées.  Aussi  avons-nous  profité  de  cette  circon- 
stance pour  étudier  les  biotes  qui  sont  venus 
peupler  les  bancs  de  tourbe  mis  à  nu  et  qui 
constituent  un  substratum  très  différent  des 
bancs  de  sable  et  des  quelques  rochers  du  voisi 

nage. 

Dans  l'état  où  se  trouvaient  les  choses  au  mois 
de  septembre  1919,  la  tourbière  de  Bernières  pré- 
sentait trois  ou  quatre  grands  îlots  de  tourbe 
séparés  les  uns  des  autres  par  des  bancs  de  sable 
qu'ils  dépassaient  de  quelques  centimètres.  Le 
centre  de  ces  îlots,  creusé  en  cuvette  du  fait  de 
l'extraction,  était  rempli  d'eau  de  mer.  Ça  et  là  on 
voyait  encore  de  petites  plaques  de  tourbe,  traces 
d'îlots  plus  importants  abandonnés  par  l'exploi- 
tation et  en  voie  d'ensablement. 

Les  biotes  végétaux  étaient  très  mal  représentés  : 
seuls  de  rares  exemplaires  de  Fucus  Fucus  vesi- 
culosus  L.)  poussaient  de  place  en  place. 

Par  contre,  les  biotes  animaux  étaient  plus 
nombreux.  Tous  les  bancs  de  tourbe  étaient  per- 
forés de  trous  de  Pholades  ;  un  seul  coup  de 
pioche  mettait  à  jour  de  nombreux  exemplaires 
de  Barnea  candida  L. 

C'est  la  première  fois,  à  notre  connaissance, 
qu'une  station  de  ce  Mollusque  est  signalée  dans 
la  région  de  Luc  sur-Mer.  En  effet,  Brasil  (1901), 
dans  son  étude  de  la  faune  marine  de  la  région  de 
Luc,  mentionne  que  ce  Lamellibranche  se  trouve 
toujours  rejeté  mort  sur  nos  plages.  L'auteur 
pense  qu'il  se  pourrait  bien  que  toutes  les  coquilles 
qu'on    ramasse   sur   les   plages  de  cette   région 


—  151    - 

vinssent  des  environs  de  Cabourg  (1)  où  les  Pho- 
Jades  existent  en  abondance. 

La  présence  de  trous  et  de  coquilles  de  Phola<l<- 
dans  la  tourbe  a  été  également  signalée  par 
Gadeceau  (1919)  (tourbière  du  Ster-Vras,  Belle-Ile- 
en-Mer) 

Par  contre,  de  Beauchamp  (1914)  fait  remarquer 
l'absence  totale  d'espèces  de  Mollusques  perforants 
dans  la  tourbière  des  Roches-Jaunes.  Il  pense  que 
l'on  doit  sans  doute  attribuer  cette  particularité  à 
la  présence  des  matières  humiques  de  la  tourbe. 
Nos  observations  et  celles  de  Gadeceau  sont  en 
contradiction  avec  cette  supposition,  et  c'est  vrai- 
semblablement à  une  autre  cause  qu'il  faut  imputer 
l'absence  de  Mollusques  perforants  clans  la  tourbe 
des  Roches-Jaunes. 

Nous  pensons  que  le  peuplement  de  la  tourbière 
de  Bernières  par  des  Pholades  s'est  fait  à  la  suite 
d'apports  amenés  par  les  courants  de  points  voi- 
sins de  la  côte  (Cabourg  par  exemple)  où  ce 
Mollusque  existe  en  abondance. 

En  plus  de  B.  candida  L,  nous  avons  recueilli 
dans  la  tourbe  de  nombreuses  Annélides  et  quel- 
ques rares  Sphéromiens. 

Les  Annélides  ont  été  déterminées  par  M.  Kau- 
vel  (2),  elles  appartiennent  à  deux  espèces  : 

(1)  Notons  que  Gadeau  de  Kerviile    1898j  a  signalé  paie- 
ment l'existence  de  B.  candida  à  Grandcamp-les-Bain- 
dit  avoT  houvé  cette  espèce  dans  la  zone  de  balancement 
des  marées,  dans  des  souches  d'arbres,  in-situ  en  compagnie 
de  Pholas  dactylus  L. 

(2)  Nous  prions  M.  Fauvel  de  bien  vouloir  accepter 
nos  remerciements. 


—  152  — 

Nereis  (Perinereis)  cultrifera.  Griïbe. 

Phyllodoce  mucosa  OErsted. 

Dans  les  bancs  d'argile  intercalés  par  place 
dans  la  tourbe,  nous  avons  recueilli,  en  outre  des 
Annélides  citées  précédemment,  de  nombreux 
exemplaires  du  curieux  Amphipode  Corophium 
volatator  Pall.   (C.  grossipes  L.   —   C.   longicorne 

Latr.,  etc.)- 

Les  stations  de  ce  Crustacé  sont  assez  rares  le 
long  de  la  côte  entre  Luc  et  Gourseulles.  Le  Séné- 
chal (1888)  l'a  vainement  cherché  aux  environs  de 
Luc.  Par  contre,  C  volatator  est  très  abondant  à 
Courseulles  et  dans  le  Canal  de  Caen  à  la  Mer. 
Mais  Le  Sénéchal,  qui  a  été  le  premier  à  signaler 
cette  dernière  station,  a  rapporté  à  tort,  ainsi 
que  l'un  de  nous  l'a  établi  (Mercier,  1920)  la  forme 
du  Canal  à  Corophiaai  bonelli  M.  E. 

En  résumé,  les  espèces  animales  qui  peuplent  la 
tourbière  de  Bernières  sont,  ainsi  que  de  Beau- 
champ  (1914)  l'a  établi  pour  la  tourbière  des 
Roches-Jaunes,  des  espèces  attirées  par  un 
substratum  résistant  vis-à-vis  des  flots,  mais  facile 
à  perforer  et  retenant  l'humidité  à  marée  basse. 

Indépendamment  de  l'intérêt  que  présente 
l'étude  de  la  tourbière  de  Bernières  au  point  de 
vue  de  la  façon  dont  se  fait  le  peuplement  d'un 
milieu  dans  la  nature,  nous  pouvons  encore  en 
tirer  des  renseignements  paléozoologiques  inté- 
ressants pour  l'histoire  de  certaines  espèces  de 
Mollusques  de  la  région. 

Ainsi  que  Bigot  (1900)  et  Letacq  (1906)  l'ont  déjà 
signalé  on  trouve  dans  la  tourbe  du  littoral  de  la 


—  ioa  - 

côte  du  Calvados  de  nombreuses  coquilles  de 
Mollusques  terrestres  et  d'eau  douce.  Parmi  celles 
que  nous  avons  recueillies  nous  signalerons  : 

Hélix  nemoralis  L. 
Zua  subcylindrica  L. 
Hyalinia  nitida  Mùll. 
Clausilia  laminata  Montag. 
Planorbis  planorbis  L. 
Planorbis  contortus  L. 
Valvata  piscinalis  Mïill. 
Limnaea  stagnalis  L. 
Limnaea  limosa  L. 
Succinea  humîlis  DroueL 
Bythinia  tentaculata  L.  (1). 

Il  est  à  remarquer  que  nous  n'avons  trouvé 
aucune  des  espèces  du  groupe  d'Hélix  variabilis 
Drap  :  (H.  xalonica  Servain,  H.  cyzicensis  Gall., 
H.  alliivionum  Servain),  ni  Cochlicella  barbara  L. 
qui  sont  aujourd'hui  si  abondantes  tout  le  long 
de  la  côte  (2).  Or,  on  sait  que  ces  Mollusques  sont 
des  formes  méridionales  ayant  remonté  à  l'ouest 
le  long  des  côtes  de  l'Océan  et  de  la  Manche.  Ces 
espèces  ont  même  pénétré  assez  loin  à  l'intérieur 
des  terres  Nous  en  avons  recueilli  de  nombreux 
exemplaires  dans  les  sentiers  du  petit  bois  situé 
entre  Douvres  et  Mathieu. 

Deux   hypothèses    sont    susceptibles  de    nous 

(1)  Nous  sommes  redevables  de  la  détermination  de  nos 
espèces  à  notre  collègue  Germain  ;  nous  le  prions  d'accepter 
nos  plus  vifs  remerciements. 

(2)  Il  est  curieux  que  nous  n'ayons  pas  trouvé  dans  la 
tourbière  de  Dernières  les  coquilles  d'il,  variabilis  Drap., 
de  Cochlicella  barbara  L.  (=H.  acuta  M.ïli.  et  d<  nin 
elegans  Drap,  signalées  par  l'abbé  Letacq  1906  dans  les 
tourbières  de  Luc  et  d'Asnelles. 


—  154  — 

expliquer  l'absence  de  coquilles  de  ces  espèces 
dans  la  tourbière  de  Bernières. 

On  peut  admettre,  en  premier  lieu,  que  ces 
espèces  existaient  sur  la  côte  normande  mais 
manquaient  dans  la  région  correspondant  au  point 
d'émergence  de  la  tourbière  que  nous  avons 
exploré.  Cette  hypothèse  peut  être  appuyée  d'une 
observation  faite  par  de  L'Hôpital  (1858).  En  effet, 
cet  auteur  a  constaté  que  son  Hélix  acata  Miïll  (1), 
très  abondant  sur  la  côte  normande  manquait,  à 
cette  époque,  à  l'embouchure  de  l'Orne  et  sur  les 
dunes  comprises  entre  l'Orne  et  la  Dives 

Une  seconde  hypothèse  consiste  à  supposer 
qu'au  moment  où  la  tourbière  s'est  formée,  C.  bar- 
bara et  les  formes  du  groupe  d'//.  variabilis  remon- 
tant du  midi  vers  le  nord,  le  long  des  côtes  de 
l'Océan  n'avaient  pas  encore  atteint  la  côte  du 
Calvados. 

Nous  espérons  que  cet  aperçu  sur  la  tourbière 
de  Bernières  est  suffisant  pour  faire  ressortir  une 
fois  de  plus  l'intérêt  que  présentent  des  études  de 
ce  genre  non  seulement  au  point  de  vue  de  la 
documentation  paléozoologique,  mais  encore  en 
•ce  qui  concerne  la  répartition  des  espèces. 

Laboratoire  de  Zoologie  de  la  Faculté 
des  Sciences  de  Caen. 

j;  Les  auteurs  :  de  L'Hôpital  (1858),  Alexandre  et  François 
Moutier  (1919,,  qui  ont  dressé  des  catalogues  des  Mollusques 
du  Calvados,  mentionnent  tous  H.  acata  Mùll,  et  ne  citent 
pas  Cochlicella  barbara  L.  Or,  d'après  Germain.  Y  H.  acata 
Mùll,  de  beaucoup  d'auteurs  n'est  autre  que  C  barbara  L . 
Seul,  Gadeau  de  Kerville  (1898)  a  mentionné  L.  barbara 
d'après  des  déterminations  faites  par  Locard.  Il  pense  ainsi 
être  le  premier  à  signaler  cette  espèce  en  Normandie. 


155 


INDEX  BIBLIOGRAPHIQUE 

P.  de  Beauchamp.  —  Une  Tourbière  sous-marine  comme 
milieu  biologique.  {Bail.  Soc.  Zool.  de  France. 
T.  39,  1914,  p.  153). 

Bigot.  —  La  Normandie.  {Extrait  du  Livret- Guide,  VIIIe 
congrès  géologique  international.  Paris  1900). 

Brasil.  —  Faune  marine  de  la  région  de  Luc-sur-Mer. 
—  Mollusques.  {Bull.  Soc.  Linnéenne  de  Nor- 
mandie. 5e  s.,  4°  v.,  1901,  p.  18). 

Gadeau  de  Kermlle.  —  Recherches  sur  les  faunes  ma- 
rine et  maritime  de  la  Normandie.  2e  voyage. 
(Paris.  Baillière  et  Fils,  1890). 

E.  Gadeceal  .  —  Les  forêts  submergées  de  Belle-Ile-en- 
Mer.  (Bull.  Biol.  France  et  Belgique.  T.  53, 1919, 
.      p.  276). 

de  L'Hôpital  —  Catalogue  des  Mollusques  terrestres  et 
lluviatiles  des  environs  de  Gaen.  {Bull.  Soc. 
Linnéenne  de  Normandie.  4e  v.,  1858,  p.  86). 

Le  Sénéchal.  —  Notes  sur  quelques  Animaux  recueillis 
dans  le  Canal  de  Caen  à  la  Mer.  (Bull.  Soc. 
Linnéenne  de  Normande.  4e  S.,  T.  1, 1888,  r .  87). 

A.  L.  Letacq.  —  Liste  des  Coquilles  recueillies  par 
\LM.  Bigot  et  Leboucher  dans  les  tourbières 
littorales  situées  entre  Luc-sur-Mer  et  Arro- 
manches  (Calvados).  (Bull.  Soc.  Linnéenne  de 
Normandie.  5e  S.,  T.  10%  1906,  p.  3). 

Mercier.  —  Variation  de  place  chez  Corophium  volu- 
lalor  (PalL).  (Compt.  rend.  Acad.  des  Se. 
Paris.  T.  170.  1920,  p.  410). 

A.  et  F.  Moutier.  —  Catalogue  des  Mollusques  testacés 
terrestres,  des  eaux  douces  et  saumàtres, 
recueillis  dans  le  Calvados.  [Mémoire  déposé  à 
la  séance  de  la  Société  Linnéenne  de  Normandie 
du  !'■'  décembre  1919). 


—  156  — 


M.  BÉDEL.  —  Présentation  de  Plantes. 

J'ai  l'honneur  de  présenter  à  la  Société  Linnéenne 
des  échantillons  des  plantes  suivantes  : 

Dorycnium  herbaceum  Vill.,  recueillie  à  Canon  le 
4  août  1919. 

Cette  plante,  introduite  récemment  en  Norman- 
die, s'est  multipliée  dune  façon  sensible  à  Canon. 

En  juillet  1918,  il  en  existait  une  trentaine  de 
pieds  sur  un  talus  bordant  La  roule  de  Mér\  Cor- 
bon.  Le  4  août  dernier,  deux  cents  pieds  environ 
croissaient  tant  sur  le  talus  que  dans  le  champ 
voisin. 

Elle  fleurit  un  mois  plus  tard  dans  cette  station 
(juillet-août)  que  dans  le  Midi  et  l<i  Sud-Est  juin- 
juillet,  d'après  Bon  nier). 

Ligustrum  vulgare  L.  var.  lutescens  Béd..  Plante 

retrouvée  le  28  juin  1919  à  Putot  dans  une  haie 
d'où  elle  semblait  avoir  disparu. 
Cette  variété  existe  toujours  à  Annebault 

Primulagrandiflora  L  var.  regalis  Béd.,  trouvées 

^  ictot-Pontfol  sur  le  bord  du  chemin  de  Coquerès 
le  25  mars  1919. 

Diffère  delà  forme  ordinaire  par  sa  corolle  plus 
grande  (35  à  45  %  sur  les  fleurs  fraîches)  à  taches 
ou  à  lignes  plus  foncées  ou  nettement  orangées. 

Elle  se  rencontre  dans  les  lieux  où  croissent 
Primala  digenea  et  grandiflora  et  parait  provenir 
du  croisement  de  ces  deux  plantée. 


—  157  — 

Urtica  dioïca  L.  var.  verticillata,  recueillie  le 
5  juin  1919  à  Rumesnil. 

La  tige  est  à  six  côtés  et  les  feuilles  sont  verfi- 
cillées  par  trois. 

J'ai  également  trouvé  cette  forme  à  Grangues, 
Gonne ville-sur  Dives,  St-Léger-Dubosq,  Gricque- 
viile,  Hotot,  Valsemé,  Heulancl. 

Valeriana  officlnalis  L.  var.  verticillata,  trouvée  à 
Douville  le  10  juin  1919. 

Les  feuilles  sont  verticillées  par  trois.  Rencontrée 
aussi  à  Dozulé  et  à  Léaupartie. 

Melandruim  sylvestre  Rœlh.  var.  verticillata, 
feuilles  verticillées  par  trois.  Trouvée  à  Beuvron 
le  26  mai  1919- 

Epilobium  montanum  L.  var.  verticillatum  Koch, 
recueillie  à  Rumesnil  le  5  juin  1919.  J'ai  trouvé 
aussi  cette  variété  à  Angerville,  Bourgeauville, 
Saint- Jouin. 

Remarque.  —  La  verticillation  des  feuilles  par 
trois,  sur  des  plantes  qui  portent  habituellement 
des  feuilles  opposées,  sans  être  commune, 
s'observe  cependant  de  temps  à  autre. 

Je  l'ai  rencontrée  plusieurs  fois  sur  Epilobunn 
parviflorum,  qui  peut  même  avoir  des  feuilles 
verticillées  par  quatre  et  une  fois  sur  les  espèce 
suivantes  :  Scrophularia  Balbisii,  S.  noclosa  et 
Dipsacas  sylvestris. 

Viscum  album  L.  (mâle).  Rameaux  fasciés  ei 
feuille  persistante  de  1918  à  la  base  d'un  rameau. 
Recueilli  à  Bonnebosq  le  16  février  1920. 


—  158  — 

Remarque.  —  La  fasciation  des  rameaux  s'observe 
asnez  souvent  sur  le  gui  et  dans  ce  cas  ces  rameaux 
sont  presque  toujours  terminés  par  4  feuilles  et 
portent  à  leur  extrémité  deux  bourgeons  floraux 
qui  sont  quelquefois  soudés  entre  eux. 

La  persistance  des  feuilles  est  également  assez 
fréquente  sur  le  gui  du  pommier  et  sur  celui  du 
peuplier. 

Les  feuilles,  qui  commencent  à  se  développer 
vers  le  mois  de  mai,  tombent  généralement 
l'année  suivante  à  partir  du  mois  de  juillet.  Quel- 
ques-unes cependant  continuent  à  s'accroître  et 
persistent  pendant  près  de  deux  ans.  On  peut  les 
trouver  jusqu'en  mars  à  la  base  des  rameaux 
terminaux.  Elles  sont  toujours  beaucoup  plus 
développées  que  les  feuilles  terminales  et  attei- 
gnent quelquefois  des  dimensions  remarquables  : 
le  28  janvier  1916,  j'ai  trouvé,  à  la  base  d'un 
rameau  terminal  du  gui  mâle  du  pommier,  une 
feuille  qui  avait  90  %  de  longueur  sur  48  %  de 
largeur  alors  que  la  plus  grande  des  feuilles 
terminales  avait  60  %  de  long  sur  23  %  de  large. 

Primula  grandiflora  L.  Fleurs  possédant  six  et 
neuf  pétales. 

Cette  anomalie  s'observe  assez  souvent  sur  cette 
plante.  On  la  rencontre  aussi  sur  Primula  elatior, 
P.  digenea  et  P.  variabilis. 

Remarque.  —  Les  anomalies  ne  sont  pas  très 
rares  dans  le  genre  Primula.  En  dehors  de  la 
chorise,  j'ai  rencontré  les  suivantes  : 

1°  Sur  un  P.  grandiflora,    une   fleur  avait  un 


159  — 


calice  à  dix  divisions,  une  corolle  à  dix  pétait 
deux  ovaires  soudés  et  deux  styles  séparés.  Elle 
provenait  de  la  réunion  de  deux  fleurs- 

2°  Sur  un  P.  gmndiflora,  le  calice  était  remplac  - 
dans  chaque  fleur  par  cinq  petites  feuilles,  ce  qui 
rendait  le  tube  de  la  corolle  complètement  nu. 

Cette  plante,  quej'avais  plantée  dans  mon  jardin , 
a  présenté  la  même  anomalie  dans  la  suite. 

3°  Un  pied  de  P.  officinalis  présentait  une  hampe 
qui  portait  une  ombelle  de  vingt  fleurs  et  était 
prolongée  par  un  petit  pédoncule,  long  de  8  centi- 
mètres qui  portait  également  une  petite  ombelle 
de  sept  fleurs. 


H.  CHERMEZON.  —  Aperçu  sur  la  végétation 
du  littoral  asturien. 


Les  Asturies,  entièrement  situées  entre  la  Chaîne 
cantabrique  et  le  Golfe  de  Gascogne,  font  partie  de 
la  région  nordatiantique  de  la  Péninsule  ibérique. 
Toute    cette    région,   qui   s'étend  des  Provinces 
basques   à  la   Galice,    est  caractérisée,  dans  ses 
parties  basses  tout  au  moins,  par  un  climat  mari 
time   doux   à  faibles   variations   saisonnières  de 
température  et  abondantes  précipitations  atmo 
phériques  ;    ces    conditions    climatériques,    tr 
différentes  de  celles  du  reste  de  l'Espagne,  exercent 
naturellement  une  influence  considérable  sur  la 
flore  comme  sur  la  physionomie  générale  du  pays. 

Les  quelques  travaux  botaniques  publiés  sur  le 


—  160  — 

littoral  asturien  sont  des  notes  simplement  lloris 
tiques  (I).  Les  seuls  renseignements  sur  les  asso- 
ciations végétales  ont  été  donnés  par  Willkomm  (2), 
qui,  dans  une  étude  générale  sur  la  végétation  de 
la  péninsule,  a  consacré  un  chapitre  à  l'ensemble 
de  la  région  nordatlantique  et  en  a  décrit  très 
brièvement,  mais  avec  exactitude,  les  principales 
formations. 

Ayant  eu  l'occasion  de  séjourner  pendant 
l'été  aux  environs  d'Vvilés,  j'ai  pu  observer 
dans  ses  grandes  lignes  la  végétation  du  district 
côtier  compris  entre  la  Kia  de  \vilés  et  l'embou- 
chure du  Nalon  et  formant  une  bande  de  terrain 
d'environ  quinze  kilomètres  de  longueur  sur  cinq 
ou  six  de  largeur*. 

La  région  est  fortement  vallonnée  et  s'élève 
graduellement  jusqu'aux  petites  montagnes  que 
contourne  le  Nalon  avant  d'arrivei  à  la  mer:  la 
partie  que  j'ai  explorée  comprend  simplement  de 
petites  collines  découpées  en   tous   sens   par   de 


(t)  J.  Gay,  Duria'i  iter  asturicum,  anno  1835  susceptum 
(Ann.  se.  nat.  Bot.,2'sér.,  \  \    L836),  p.  i  13-137,  218-225,  340-355). 

L.  Leresche  et  E.  Levieh,  Deux  excursions  botaniques 
dans  le  Nord  de  l'Espagne  et  l<-  Portugal  en  1878  et  1879. 
Lausanne  (1880),  199  p. 

R.  de  Litardière,  Contribution  à  l'étude  de  la  flore  ptéri- 
dologique  de  la  péninsule  ibérique  Bull,  gèogr.  bol.,  \\l 
(1911),  p.  12-30). 

H.  Chermezon,  Contribution  à  la  flore  des  Asturie-  /;////. 
soc.  bot.  Fr.,  LXYI  (1919),  p.  120-130  . 

(2)  M.  Willkomm,  Grundzûge  der  Pflanzenverbreitung 
auf  der  iberischen  Halbinsel.  -     Leipzig    1896),  395  p. 


—  161  — 

nombreux  ruisseaux  qui  coulent  dans  des  vallons 
très  étroits;  vers  la  mer  les  collines  se  terminent 
presque  partout  par  des  falaises  élevées.  En 
quelques  points  les  vallons  s  élargissent  un  peu  et 
sont  alors  occupés  par  des  cultures  ou  des  prai 
ries  ;  la  majeure  partie  des  collines  est  couverte 
de  landes  ou  de  bois,  ces  derniers  surtout  sur  les 
pentes  ou  dans  les  fonds. 

Le  sous-sol  est  formé  principalement  de  grès 
dévoniens  avec  intercalations  calcaires  ou  schis- 
teuses ;  la  couverture  superficielle  est  le  plus 
souvent  argilo-sableuse  et  plus  ou  moins  fortement 
siliceuse.  Le  climat  est  très  tempéré,  avec  hiver 
doux  et  été  frais,  les  extrêmes  de  température  étant 
exceptionnels  ;  les  pluies  sont  fréquentes  et  abon- 
dantes (1). 

Nous  étudierons  surtout  ici  la  zone  littorale, 
c'est-à-dire  celle  où  l'action  de  la  mer  se  fait  le  plus 
directement  sentir  ;  elle  se  subdivise  assez  natu- 
rellement en  zone  littorale  halophile  et  zone  litto- 
rale paralienne.  Nous  examinerons  ensuite  plus 
rapidement  la  zone  intérieure,  dans  les  limites  de 
la  circonscription  explorée,  c'est-à-dire  dans  sa 
partie  la  plus  rapprochée  de  la  mer. 


(1)  Voici,  à  titre  de  renseignement,  les  chiffres  donnés  par 
Willromm  {loc.  cit.,  p.  54)  pour  Oviedo  (altitude  230  m.), 
ville  située  à  25  km.  d'âvilés,  dans  l'intérieur  des  terres  : 
températures  moyennes,  6°8  (hiver),  12°  (printemps),  18°  (éi 
13°1    (automne);  températures   absolues,   39°  (maximum) 
—  1°  (minimum)  ;  jours  de  pluie  par  an,  145,6  ;  quantité 

pluie  par  an,  930  mm. 

11 


—  162  — 

A    —  ZONE  LITTORALE  HALOPHILE 

La  zone  littorale  halophile  comprend  toute  la 
partie  qui  par  sa  proximité  de  la  mer  se  trouve 
soumise  à  l'action  du  sel  marin. 

La  salure  du  substratum  entraîne  l'exclusion  de 
la  plupart  des  espèces  continentales  et  la  flore  est 
composée  surtout  d'halophytes,  avec  leurs  adap 
tations  habituelles  plus  ou  moins  marquées. 

La  formation  la  plus  franchement  halophile  de 
nos  régions  tempérées,  celle  des  marais  salés  à 
Salsolacées,  fait  ici  défout.  Par  contre  les  plages 
sont  bien  développées  sur  les  cotes  basses,  tandis 
que  les  côtes  élevées,  plus  fréquentes,  présentent, 
à  la  base  de  leurs  falaises,  des  rochers  ou  des 
pelouses  maritimes. 

I.  —  Plages 

La  végétation,  très  clairsemée,  occupe  l'étroite 
bande  de  sable  qui  se  trouve  au-dessus  de  la  limite 
des  marées  ordinaires  et  n'est  guère  atteinte  direc- 
tement parla  mer  qu'aux  très  fortes  marées  ;  les 
plages  un  peu  étendues  sont  limitées  vers  Tinté- 
rieur  par  des  dunes.  Les  espèces  sont  peu  nom- 
breuses ;  plusieurs  ne  s'écartent  pas  de  cette  sta- 
tion ;  d'autres  peuvent  se  rencontrer  aussi  dans  les 
dunes,  surtout  dans  leur  partie  externe. 

Les  deux  plantes  qui  s'approchent  le  plus  de  la 
mer  sont  Salsola  Kali  L.  et  Cakde  marittma  Scop., 
toutes  deux  très  abondantes.  Un  peu  plus  loin,  il 
s'y  ajoute  d'abord  Honckeny a peploidesEhrh., puis 


—  163  — 

Agropyrum  junceum  PB.  et  enfin  Eryngium  mavi- 
timum  L.,  Convolvulus  Soldanella  L.,  Polygonum 
maritimum  L. ,  P.  littorale  Link,  Euphorbia  Parallas 
L.,  E.  portlandica  L.,  E.  Peplis  L  et  quelques 
touffes  d'Ammophila  arenaria  Link. 

Les  anses  qui  découpent  les  parties  rocheuses 
de  la  côte  offrent  souvent  de  petites  plages  où  le 
sable  est  accompagné  de  galets  très  abondants.  La 
végétation  est  alors  plus  variée,  mais  souvent 
moins  caractéristique  ;  c'est  ainsi  qu'à  l'anse  de 
Linares  on  observe  : 

Glaucium  flavum  Grantz. 

Raphanus  maritimus  Sm. 

Honckenya  peploides  Ehrh. 

Eryngium  maritimum  L. 

Crithmum  maritimum  L. 

Sonchus  oleraceus  L.  var.  lacerus  Wallr. 

Anagallis  arvensis  L. 

Convolvulus  Soldanella  L. 

A  triplex  patula  L. 

hastata  L.  var.  oppositifolia  Moq. 

Polygonum  maritimum  L. 
—  littorale  Link. 

Euphorbia  portlandica  L. 

Cynodon  Dactylon  Rich. 

Ammophila  arenaria  Link. 

Festuca  dumetorum  L. 

Agropyrum  iunceum  PB. 
C'est  là  une  association  mixte,  indiquant  un  sol 
un  peu  moins  salé  et  moins  purement  sablonneux 
que  dans  les  plages  ordinaires  ;  à  quelques 
espèces  des  plages  se  sont  ajoutées  un  certain 
nombre  de  plantes  des  rochers  et  des  pelouses  du 


164 


voisinage;  la  seule  espèce  un  peu  caractéristique     • 

de  cette  station  est  Glaucium  fia  mm.  I 

Dans  les  plus  petites  de  ces  anses,  la  plage  ta  il 
souvent  défaut  et  les  galets  recouverts  à  chaque 
marée  sont  dépourvus  de  végétation,  sauf  juste  au 
pied  de  la  falaise,  où  peuvent  se  rencontrer 
quelques  individus  i<<>lé<  des  espèces  qui  croissent 
plus  haut. 

II.  —  Base  des  Falaises 

La  zone  halophile  correspond  ici  à  l;i  partie  des 
falaises  qui  à  marée  haute  est  atteinte  par  les 
embruns  ;  c'est  donc  encore  une  bande  très  étroite, 
surtout  en  certains  point-  Les  espèces  sont  tou- 
jours peu  nombreuses  et  la  plupart  halophilea 
mais  différentes  de  celles  des  plages. 

Le  substratum  est  souvent  rocheux,  constituant 
les  rochers  maritimes  proprement  dits:  d'autres 
fois  la  roche  est  recouverte  d'une  mince  couche 
déterre  permettant  L'établissement  de  pelouses  à 
végétation  assez  dense.  Dans  les  deux  cas  la  tran- 
sition avec  la  zone  non  halophile  située  au-dessus 
se  fait  de  façon  tout  à  fait  insensible. 

uj.  —  Rochers  maritimes 

Ce  faciès  se  rencontre  dans  les  parties  à  piedes 

falaises;  la  végétation    >    est    naturellement  très 
clairsemée,  puisque  les  plantes  ne  peuvent  croître 
que  dans  les  fentes  où  leurs  racines  trouvent  un 
peu  de  terre  et  d'humidité  :  on  y  remarque  prin 
cipalement  : 


-   165  — 

Silène  maritima  With.  —  G. 
Crithmum  maritimum  L.  —  GG. 
Inula  crithmoides  L.  —  C. 
Senecio  vulgaris  L.  var.  crassifolius  Rony. 
Sonchus  oleraceus  L.  var.  lacerus  Wallr. 
Plantago  Coronopus  L. 

—       maritima  L. 
Statice  occidentalis  Lloyd. 
Armeria  maritima  Willd.  —  CG. 
Atriplex  hastata  L.  var.  oppositifolia  Moq. 
Euphorbia  portlandica  L. 

Les  espèces  qui  descendent  le  plus  près  de  la 
mer  sont  Crithmum  maritimum  et  Inula  crithmoides, 
qui  cependant  se  trouvent  aussi  assez  haut  sur  cer- 
taines parois  à  pic,  où  elles  sont  protégées  par 
l'absence  de  compétition.  Les  autres  espèces  sont 
surtout  fréquentes  sur  le  bord  extrême  des  petits 
escarpements  ;  Plantago  Coronopus  et  Armeria 
maritima  y  sont  représentés  par  des  formes  de 
petite  taille. 

6).  —  Pelouses  Maritimes 

Ces  pelouses  occupent  les  parties  horizontales 
ou  en  pente  douce,  partout  où  un  peu  de  terre  a 
pu  s'accumuler.  La  végétation  y  est  assez  serrée, 
mais  toujours  formée  d'un  petit  nombre  d'espèces, 
la  salure  excluant  la  plupart  des  plantes  qui  se 
rencontrent  plus  haut  ;  on  trouvera  ici  : 

Fi ankenia laevis  L. 

Silène  maritima  With.  —  CC. 

Spergularia  Lebeliana  Rouy. 

Lotus  corniculatus  L.  var.  crassifolius  Ser. 


—  166  — 

Daucus  gummifer  Lamk. 
Plantago  Coronopus  L   —  G. 

—    maritima  L.  var.  dentata  RI.  et  Fing.  — C. 
Armeria  maritima  Willd.  —  C. 
Erythraea  tenuiflora  HotTg.  et  Link. 
Euphorbia  portlandica  L. 
Allium  ericetorum  Thore.  —  R. 
Agrostis  maritima  Lamk. 
Festuca  dumetorum  L. 

Plusieurs  d:  ces  espèces  remontent  plus  ou 
moins  haut  sur  les  pentes  des  falaises  ;  d'autres, 
comme  Frankenia  Lvvis,  Spergularia  Lebeliawi, 
Lotus  corniculatus  var.  rrassifolius,  sont  au  con- 
traire cantonnées  dans  cette  station  ;  Plantago 
Coronopus  et  Armeria  maritima  sont  beaucoup  plus 
vigoureux  que  dans  les  rochers  et  souvent  repré- 
sentés par  des  formes  de  grande  taille. 

B.  —  ZONE  LITTORALE  PARALIENNE 

Sous  ce  nom,  nous  comprendrons  une  zone 
d'épaisseur  variable,  intermédiaire  à  divers  égards 
entre  la  précédente  et  la  zone  intérieure. 

La  salure  du  sol  y  est  très  faible,  insuffisante  de 
toute  façon  pour  entraîner  lexclusion  de  la  plu- 
part des  espèces  continentales,  comme  c'était  le 
cas  dans  la  zone  halophile.  Cependant  l'influence 
maritime  se  fait  sentir,  au  moins  par  l'intermé- 
diaire de  l'atmosphère,  d'une  façon  plus  nette  que 
dans  la  zone  intérieure,  ce  qui  diminue  le  nombre 
des  espèces  continentales,  en  éliminant  les  plus 
sensibles  à  cette  influence. 

Il  existe  en  effet,  en  arrière  de  la  zone  halophile, 


—  167  - 

une  flore  suffisamment  individualisée,  surtout 
dans  les  dunes,  renfermant  un  certain  nombre 
d'espèces  non  halophiles,  mais  cependant  spé- 
ciales au  littoral.  Ces  deux  flores  littorales,  halo- 
phiie  et  non  halophile,  ont  été  fréquemment 
confondues,  notamment  au  point  de  vue  des 
caractères  écologiques  de  leurs  espèces  les  plus 
typiques  J'ai  insisté,  dans  un  travail  antérieur  (tj, 
sur  les  différences  qu'il  y  a,  surtout  en  ce  qui 
concerne  la  structure,  entre  les  plantes  des  stations 
vraiment  salées  et  celles  des  dunes  et  du  haut  des 
falaises. 

La  zone  littorale  paralienne  n'acquiert  une 
largeur  un  peu  considérable  que  là  où  elle  est 
représentée  par  des  dunes  ;  c'est  là  également 
qu'elle  offre  les  caractères  les  plus  tranchés,  à 
cause  de  la  nature  sablonneuse  du  substratum  :  sur 
les  falaises  elle  est  beaucoup  plus  étroite  et  beau- 
coup moins  riche  en  espèces  spéciales.  De  toute 
façon,  le  passage  à  la  zone  intérieure  se  fait  de 
façon  insensible  par  disparition  progressive  des 
espèces  littorales  et  prédominance  croissante  des 
types  continentaux. 

(1)  H.  Chermezon,  Recherches  anatomiques  sur  les  plantes 
littorales  (Ann.  se  nat.  Bot,  9»  série,  XII,  (1910),  p.  117-313). 
Dans  ce  travail,  j'avais  surtout  opposé  à  la  flore  halophile. 
la  flore  littorale  xérophile,  à  cause  de  la  confusion  souvent 
faite  entre  les  halophytes  et  les  xérophytes.  En  réalité  la 
zone  paralienne  offre  bien  une   flore  xérophile  dans   ses 
parties  les  plus  caractéristiques,  c'est-à-dire  les  dun- 
même  sur  certaines  falaises,  mais  elle  comprend  aussi 
formations    mésophiles    et     hygrophiles     pelouses, 
humides,  marais). 


—  168  — 

I.  —  Dunes 

Les  dunes  se  rencontrent  en  trois  points  de  la 
côte,  à  Àrena  et  à  Bayas,  où  elles  sont  très  peu 
développées,  et  surtout  de  Salinas  à  San  Juan  de 
Nieva,  où  elles  atteignent  environ  trois  kilomètres 
de  longueur  sur  cinq  à  huit  cents  mètres  de  pro 
fondeur  :  c'est  là  que  nous  prendrons  le  type  de 
la  formation. 

Ces  dunes  se  composent,  à  partir  de  la  mer,  d'un 
premier  bourrelet  assez  élevé  dominant  la  plage, 
puis  d'une  partie  à  peu  près  plate,  assez  étroite,  et 
enfin  d'une  série  d'ondulations  discontinues,  de 
taille  variable  et  diversement  orientées,  bien  que 
la  direction  générale  soit  le  plus  souvent  parallèle 
au  rivage. 

Le  bourrelet  externe  et  la  majeure  partie  de  la 
zone  plate  située  en  arrière  nt  dépourvus 
d'arbres  et  constituent  des  dunes  mobiles.  Le 
reste,  presque  entièrement  boisé  artificiellement, 
sauf  en  certaines  places  dénudées,  rentre  presque 
partout  dans  la  catégorie  des  dunes  fixées  ;  ces 
dunes  boisées  franchissent  par  endroits  le  Rio  de 
Raices  et.  suivant  les  cas.  s'arrêtent  brusquement 
contre  des  cultures  ou  des  prairies,  ou  plus  sou- 
vent passent  insensiblement  aux  formations  de 
l'intérieur. 

a)-  —  Dunes  Mobiles 

La  transition  avec  la  plage  se  fait  par.  l'intermé- 
diaire de  la  pente  externe  du  bourrelet  ;  du  reste, 
un    certain   nombre   de  plantes   de   la   plage   se 


—  169  — 

rencontrent  encore    ici,    mais    généralement  en 
moins  grande  abondance- 
La  végétation,  un  peu  plus  dense  que  sur   la 
plage,  mais  encore  très  ouverte,  est  assez  varii 
formée  des  espèces  suivantes  : 

Cakile  maritima  Scop.  —  R. 

Honckenya  peploides  Ehrh.  —  R. 

QEnothera  biennis  L. 

Eryngium  maritimum  L.  —  C. 

Crucianella  maritima  L. 

Thrincia  hirta  Roth  var.  arenaria  DC.  —  C. 

Convolvulus  Soldanella  L.  —  C. 

Orobanche  minor  Sutt. 

Salsola  Rali  L.  —  R. 

Euphorbia  Paralias  L.  —  C. 
—        portlandica  L. 

Pancratium  maritimum  L. 

Carex  arenaria  L. 

Ammopbila  arenaria  Link.  —  CC 

Agropyrum  junceum  PB. 

Le  plus  souvent  les  plantes  sont  par  pieds  isolés 
et  même  de  grands  espaces  restent  nus  ;  Ammophila 
arenaria  forme  des  touffes  sur  la  plupart  des 
petites  crêtes,  par  suite  de  son  aptitude  à  fixer  Le 
sable  et  à  s'accroître  à  mesure  de  l'exhaussement 

de  ce  dernier. 

En  certains  points,   la  végétation,  plus  dens 
forme  une  transition  avec  celle  des  dunes  fixéi 
elle  est  alors  constituée  par  une  espèce  nettement 
dominante,  le  plus  souvent  Ammophila  arenaria. 
en  peuplements  parfois  presque  purs,  les  espè- 
de  la  liste  précédente  ne  se  trouvant  plus  qu'acci 
dentellement;  il s'y  ajoute  souvent  Ticia  Cr        U 


—  170  — 

sous  une  forme  courte  assez  grêle.  D'autres  fois, 
mais  plus  localement  et  dans  les  parties  en  creux, 
la  plante  dominante  est  Equisetum  hiemale  L.  var. 
occidentale  Hy,  également  très  serré  et  presque 
pur,  avec  quelques  rares  pieds  de  Convoioutus 
Soldanella. 

Des  ilôts  d'une  végétation  analogue  se  ren- 
contrent par  places  dan-  les  dun<-  fixées,  dans  les 
parties  déboisées  où  le  sable  est  redevenu  mobile, 
dunes  écroulées  ou  coupées  par  mi  chemin,  par 
exemple.  La  végétation,  très  clairsemée,  se  coin 
pose  alors  de  quelques  unes  des  espèces  précé 
dentés,  mêlées  à  d'autres  des  dunes  fixées 
avoisinantes  : 

Hirschfeldia  adpr<  ssa  Moench. 
Tunica  proliféra  Scop 
Melilolus  alba  Desr. 
Œnothera  biennis  L 
Eryngium  maritimum  I. 
Vsperula  cynaochica  L. 
Grucianella  maritima  L. 
Heliçhrysum  Staechas  l>< 
Erythrœa  Centaurium  Pers 
Convolvulus  Soldanella  L 
Kuphorbia  Paralias  L 

—       portlandica  L 
Asphodelus  (istulosus  L. 
Pancratium  maritimum  L. 
Carex  arenaria  L. 
Ammophila  arenaria  Link. 
Monerma  subulata  PB. 

Ces  stations,    toujours    peu   étendues,   se   ren- 
contrent jusqu'au  delà  du  Rio  de  Kaices.    c'est- 


—  171  — 

à-dire  loin  de  la  mer,  ce  qui  montre  le  peu 
d'exigences  en  chlorure  de  sodium  de  plantes 
telles  cfue  Eryngium  maritimum,  Conwlmtas  Sulda- 
nella,  Euphorbia  Paradas. 

b).  —  Dunes  Fixées 

Les  dunes  fixées  sont  presque  entièrement  boi- 
sées artificiellement  en  Pinus  Pinus  ter  Soland.  ;  on 
y  rencontre  çà  et  là  de  rares  Pop  a  las  Tremula  L.  et 
Pinus  sylvestris  L  ,  ainsi  que  quelques  individus 
subspontanés  d'Eucalyptus  Globulus  Labill.  ; 
dans  les  parties  plus  fraîches,  surtout  vers  le  Rio 
de  Raices,  apparaissent  Tamarix  anglica  Webb, 
Salix  Caprea  L.,  S.  cinerea  L.,  Populus  nigra  L.  et 
Alnus  glutinosa  Gaertn. 

La  plupart  du  temps,  la  végétation  est  abondante, 
sans  cependant  former  un  tapis  continu,  et  le  sable 
reste  visible  entre  les  plantes  ;  c'est  le  cas  pour  les 
sommets  et  les  pentes  des  ondulations,  à  sol  sec  et 
constitué  par  du  sable  très  peu  mélangé  de  terre 
végétale  ;  on  trouve  alors  : 

Helianthemum  guttatum  Mill.  —  C. 

Polygala  dunensis  Dumt. 

Silène  gallica  L. 

Tunica  proliféra  Scop.  —  C. 

Ononis  diffusa  Ten.  var.  intermedia  H.  Cher  ni. 

Authyllis  Dillenii  Schult.  —  CC. 

Medicago  sativa  L.  —  R> 

ïrifolium  arvense  L.  —  CC. 

—       angustifolium  L.  —  CC. 

Vicia  Cracca  L. 

Ornilhopus  ebracteatus  Brot.  —  C 


—  172  - 

Asperula  cynanchicaL.  —  G. 

Crucianella  maritima  L. 

Gnaphalium  luteoalbum  L.  —  R. 

Helichrysum  Stœchas  DC. 

Andryala  integrifolia  L.  —  C. 

Jasione  montana  L. 

Rumex  bucephalophorus  L.  —  K 

Euphorbia  portlandica  L. 

Asphodelus  fistulosus  L.  —  C. 

Panera tiu  m  maritimum  L. 

Ophrys  apifera  lluds. 

Garex  arenaria  L.  —  G. 

Phleum  arenarium  L.  —  C. 

Lagurus  ovatus  L.  —  G. 

Ammophila  arenaria  Link.  —  \\. 

Aira  caryophyllea  L.  —  G. 

Kœleria  phleoides  L. 

Monerma  subulala  PB. 

Equisetum  hiemale  L.  var  occidentale  Hy. 

Plusieurs  de  ces  espèces  sont  nettement  domi- 
nantes par  places,  par  exemple  TrifoUum  arvense, 
T.  angustifolium,    Anthyllis    DiUerdi,     ïsphodelus 

fis  kilos  us,  etc. 
A  côté -de  ce  faciès,  en  quelque  sorte  normal, 

s'en  trouvent  d'autres  qui  l'ont  la  transition  avec 
les  formations  de  l'intérieur. 

Certaines  parties  déboisées,  par  exemple,  mais 
à  sol  bien  fixé,  se  présentent  sous  forme  de  pelouses 
sablonneuses,  à  végétation  rase,  formant  un  tapis 
presque  continu  constitué  par  : 

Helianthemum  guttatum  Mill. 
Polygala  dunensis  Dumt  —  R. 
Polycarpon  tetraphyllum  L.  —  G. 


—  173  — 

Medicago  Lupuliaa  L. 
Trifolium  arvense  L. 
Ornithopus  ebracteatus  Brot. 
Rosa  spinosissima  L. 
Poterium  dictyocarpum  Spach. 
Galium  verum  L. 
Asperula  cynanchica  L. 
Grucianella  maritima  L.  —  R. 
Hypochœris  radicata  L. 
Tolpis  barbata  Gaertn. 
Jasione  montana  L. 
Erythrœa  CentauriumPers. 
Merendera  Bulbocodium  Ram. 
Anthoxanthum  odoratum  L.  —  C. 
Phleum  arenarium  L.  —  G. 
iVira  caryophyllea  L.  —  C. 
Monerma  subulata  PB. 

Dans  les  clairières  des  fonds  et  en  bordure  des 
sentiers,  le  sable,  un  peu  plus  humide  et  moins 
pur,  est  complètement  fixé  par  une  végétation 
dense,  plus  élevée  et  relativement  riche,  formée 
principalement  de  : 

Glematis  Vitalba  L. 
Papaver  Rhaeas  L. 
Silène  nutans  L. 
Hypericum  perforatum  L. 
Linum  angustifolium  Huds. 
Ulex  europseus  L. 
Anthyllis  Dillenii  Schult. 
Medicago  Lupulina  L. 

—  sativa  L. 
Melilotus  alba  Desr. 

—  arvensis  Wallr. 
Trifolium  campestre  Schreb. 


—  174  — 

Trifolium  repens  L. 

—       pratense  l>. 
Lotus  corniculal us  L. 
Vicia  sativa  L. 

—  Gracca  L. 

—  tetrasperma  Moench. 
Rubus  fruticosus  L     L). 
Poterium  dictyocarpum  Sp  i<  \\ 
Daucus  Garota  I 
Galiuin  verum  L. 

—      Mollugo  L. 
Centrantlm>  <  lalcitrapa  I  >• 
Bell  i  s  porc  unis  I 
Erigeron  acris  L. 
ïnula  Gonyza  I N 
Achille;t  MillefoliujD  L. 
Centaurea  niLrr.t  L 
Leontodou  hispidus  I. 
Hypocliœris  radicata  I.. 
Tolpis  barbata  Gaertn. 
Chlora  perfolîata  L 
Echium  \  iilgare  L. 
Gonvolvulus  arvensis  I.. 
,\  erbascum  Thapsus  I 
Origanum  vulgare  L. 
Asparagus  officinalis  L 
Smilax  aspera  L. 
Ophrys  apifera  Huds. 
Anthoxanthuin  odoratum  I. 
Lagurusovatu^  !.. 
Aira  caryophyllca  L. 
Holcuslanalus  L. 

(1)  Ici,  comme  plus  loin.  Rubtu  fruticosus ea\  pris  au  -ons 
global  et  non  au  sens  ptrj 


— 


—  175  — 

Cynosurus  echinatus  L. 
Briza  maxima  L. 
Dactylis  glomerata  L. 
Brachypodium  pinnatum  PB. 

Nous  sommes  ici  en  présence  d'un  faciès  relati- 
vement peu  psammophileetremarquable  en  consé- 
quence par  la  très  nette  prédominance  des  espèces 
de  l'intérieur. 

Eniin,  certaines  parties  des  dunes,  surtout 
au-delà  du  Rio  de  Raices.  dans  la  région  la  plus 
éloignée  de  la  mer,  sont  occupées  par  des  landes 
sablonneuses  qui  rappellent  certaines  landes 
boisées,  peu  humides,  de  l'intérieur  ;  le  sol  est  un 
peu  frais  et,  sous  l'ombrage  des  Pins,  il  s'établit 
une  végétation  très  uniforme  composée  de  : 

Helianthemum  guttatum  Mill. 
Sarothamnus  cantabricus  Willk. 
Ulex  europaeus  L.  —  GG. 
Rubus  fruticosus  L. 
Andryaia  integrifolia  L. 
Tolpis  barbata  Gaertn. 
Galluna  vulgaris  Salisb.  —  GC. 
Erica  cinerea  L.  —  GG. 
Daboecia  polifolia  Don.  —  R. 
Smilax  aspera  L. 
Anthoxaathum  odoratum  L. 
Holcus  lanatus  L. 
Pteris  aquilina  L.  —  C. 

Le  facteur  principal  dans  les  dunes  est  la 
nature  sablonneuse  du  sol,  qui  entraîne  la  présence 
d'une  végétation  relativement  xérophile;  la  prin- 
cipale différence  avec  les  plages  est  la  salure  faible 


—  176  — 

ou  presque  nulle  du  substratuin  :  aussi  les  espèces 
halophiles  font  elles  le  plus  souvent  défaut,  sauf 
dans  les  sables  mobiles  où  la  compétition  très 
faible  leur  permet  de  s'aventurer  un  peu.  A  mesure 
que  la  dune  se  fixe,  le  sable  devient  moins  pur  et 
plus  trais  ;  le  nombre  des  psammophiles  diminue 
et  les  plantes  continentales  envahissent  le  terrain  ; 
la  dune  passe  alors  graduellement  à  des  pelouses 
sablonneuses  et,  si  L'humidité  augmente,  à  des 
landes  sablonneuses  ou  à  des  prairies,  à  \  égétation 
peu  différente  de  celle  des  formations  correspon- 
dantes de  l'intérieur. 

II.  —  Pentes  des  Falaises 

Au-dessus  de  la  partie  atteinte  parles  embruns, 
les  pentes  des  falaises  forment  une  station  à  salure 
très  faible  etgénéralement  recoui  »  -rie  d'une  couche 
de  terre  suffisante  pour  permettre  Ledéi  eloppement 
d'une  végétation  dense  Quelques  espèces  halo- 
philes s'y  rencontrent  encore  dans  le  bas,  puis  se 
raréfient  de  plus  en  plus  ;  beaucoup  de  plantes  de 
l'intérieur  se  trouvent  en  abondance,  à  côté  d'un 
certain  nombre  d  espèces  spéciales  à  cette  station  ; 
il  en  résulte  que  la  flore  a  un  caractère  assez 
indécis. 

Le  faciès  habituel  consiste  en  pelouses,  rases  ou 
hautes  suivant  les  conditions  locales,  présentant 
un  nombre  d'espèces  assez  considérable  : 

Raphanus  maritimus  Sm.  —  C. 
Silène  maritima  With.  —  R. 
—     nutans  L. 


■»     Il  ^»«>-^M 


—  177  — 

Linum  gallicum  L.  —  C. 
Ononis  procurreDs  Wallr.  —  CC. 
Anthyllis  Dillenii  Schult.  —  CC. 
Medicago  sativa  L. 
Trifolium  maritimum  Huds. 
Lotus  hispidus  Desf. 
Daucus  gummifer  Lamk. 
Solidago  Virga-aurea  L. 
Pulicaria  odora  Reichb.  —  C. 
Centaurea  nigra  L. 
Galactites  tomentosa  Moench. 
Andryala  integrifolia  L.  —  C. 
Thrincia  hirta  Roth. 
Campanula  Rapunculus  L. 
Jasione  montana  L.  —  C. 
Plantago  Coronopus  L. 

—  maritima    L.   var    dentata.     Bl.    et 

Fing.  -  R. 
Armeria  maritima  Willd. 
Erythraea  tenuiflora  Hoffg.  et  Link.  —  CC 

—       diffusa  Woods. 
Ghlora  perfoliata  L.  —  C. 
Echium  vulgare  L. 
Euphorbia  portlandica  L.  —  R. 
Allium  sphaerocephalum  L.  —  R. 

—  ericetorum  Thore. 
Agrostis  maritima  Lamk. 
Gastridium  lendigerum  Gaud. 
Lagurus  ovatus  L.  —  R. 
Arrhenatherum  bulbosum  Presl. 
Holcus  lanatus  L. 

Kœleria  maritima  Lange.  —  C. 
Cynosurus  echiuatus  L. 
Briza  maxima  L.  —  C. 
Molinia  caerulea  Moench.  —  R. 

12 


—  «78  — 

Festuca  dumetorum  L.  —  R. 
Brachy podium  pinnatum  PB.  —  C. 
Gatapodium  loliaceum  Link. 

Dans  l'ensemble  la  végétation  est  assez  mélan- 
gée ;  par  places  cependant,  quelques  espèces 
deviennent  dominantes,  par  exemple  Ononis  pro~ 
carrens,  Anthyllis  Dillenii,  AUiam  cricetorum,  etc. 

Il  se  rencontre  ici  des  rochers,  mais  moins  sou- 
vent que  dans  la  zone  haloptule  :  leur  végétation 
est  assez  différente  de  celle  dos  rochers  maritimes 
proprement  dits,  la  plupart  des  halophytes  avant 
disparu  : 

Fumaria  capreolata  L. 

Silène  maritima  Wilh.  —  I». 

Géranium  modes! uni  Jord. 

Sedum  album  L.  —  CC. 

Umbilicus  pendulinua  DC.  —  <  I 

Hedera  Hélix  L. 

Centranthus  Calcitrapa  DC. 

Sonchus  oleraceus  L.  var.  lacerus  Walli . 

Armeria  maritima  Willd.  —  H, 

Anagallis  arvensis  L. 

Orobanche  Hederae  Duby. 

Euphorbia  portlandica  L.  —  R. 

Parietaria  officinalis  L.  —  CC. 

Scolopendrium  officinale  DC. 

Asplenium  mari  m  un  I. 

Le  plus  souvent  les  pelouses  des  falaises  passent 
insensiblement  à  celles  de  l'intérieur,  dont  elles 
diffèrent  assez  peu.  Quand  l'intérieur  est  occupé 
par  des  landes,  comme  entre  Santa  Maria  del  Mar 
et  Bayas,  ces  landes  descendent  très  bas  sur  la 


~.  179  — 

pente  des  falaises  ;   il  se  forme  alors   un  faciès 
mixte  comprenant  un  mélange  d'espèces  tel  que  : 

Reseda  média  Lag. 
Ononis  procurrens  Wallr.  — -  G. 
Anthyllis  Dillenii  Schult.  —  C 
Lotus  hispidus  Desf. 
Pulicaria  odora  Reichb. 
Cirsium  filipendulum  Lange. 
Andryala  ïntegrifolia  L. 
Gampanula  Rapunculus  L. 
Jasione  montana  L.  —  G. 
Lobelia  urens  L. 
Erica  cinerea  L. 
—     vagans  L. 
Daboecia  polifolia  Don.  —  R. 
Erythraea  diffusa  Woods. 
Lithospermum  prostratum  Lois. 
Linaria  triornithophora  Willd.  —  R. 
Simethis  bicolor  Kunth.  —  R. 
Allium  ericetorum  Thore. 
Arrhenatherum  bulbosum  Presl. 
Holcus  lanatus  L. 
Briza  maxima  L. 
Molinia  ceerulea  Moench. 
Brachypodium  pinnatum  PB. 

Les  pentes  des  falaises  sont  l'équivalent  de  ce 
qu'étaient  les  dunes  sur  les  côtes  basses;  mais 
alors  que  les  dunes  doivent  à  leur  sol  sablonneux 
une  végétation  tout  à  fait  caractéristique,  les 
falaises  n'ont  que  peu  d'espèces  spéciales  et  le 
passage  à  la  flore  de  l'intérieur  s'y  fait  de  façon 
plus  insensible. 


—  180  — 
III.  —  Lieux  humides 

Les  stations  humides  sont  assez  fréquentes  dans 
les  dunes,  plus  rares  et  surtout  moins  étendues 
sur  les  falaises.  Dans  les  deux  cas  le  facteur  essen- 
tiel est  l'eau,  et  la  végétation  diffère  fortement  de 
celle  du  voisinage  par  son  caractère  hygrophilc. 

La  salure,  quoique  faible,  est  encore  sensible 
dans  un  petit  marais  situé  sur  les  bords  du  Rio  de 
Raices,  vers  San  Juan  de  Nieva,  au  milieu  des 
dunes  ;  la  végétation  y  est  réduite  à  un  petit  nombre 
d'espèces,  quelques-unes  légèrement  halophiles, 
les  autres  susceptibles  de  se  rencontrer  plus  avant 
dans  l'intérieur: 

Gotula  coronopifolia  L. 
Samolus  Valerandi  L.  —  ' 
Anagallis  tenella  L. 
Juncus  maritimus  Lamk. 
Triglochin  maritimum  L. 
Pycreus  flavescens  Reichb. 
Scirpus  maritimus  L.  var.  compact  us  Mey. 
puogensjNahl.  —  C. 
—       Savii  Seb.  et  M.  —  C. 

Un  peu  plus  en  amont,  toujours  au  milieu  des 
dunes,  la  salure  disparaît  complètement  et  on 
passe  à  des  prairies  marécageuses,  à  sol  encore 
un  peu  sablonneux,  mais  qui  ne  diffèrent  guère 
de  celles  de  l'intérieur,  car  elles  sont  constituées 
principalement  par  : 

Ranunculus  Flammula  L.  —  C. 

Spiraea  Ulmaria  L. 

Potentilla  Tormentilla  Neck.  —  C 


mm 


»,     Mmitm      J  i  mimmmm^mmmmmmmmmmmmmss, 


m 


—  181  — 

Lythrum  Salicaria  L. 

—       Graefferi  Ten . 
Helosciadium  nodiflorum  Koch. 
Angelica  sylvestris  L.  var.  villosa  Lange. 
Galium  palustre  L. 
Eupatorium  cannabinum  L.  —  C. 
Anagallis  tenella  L. 
Veronica  scutellata  L. 
Polygonum  Persicaria  L. 
Alisma  Plantago  L. 
Juncus  conglomérats  L. 

—  glaucus  Ehrh. 

—  supinus  Moench. 
Sparganium  neglectum  Beeby. 
Pycreus  flavescens  Reichb. 
Cyperus  badius  Desf. 
Scirpus  maritimus  L. 

—  SaviiSeb.  et  M. 
Carex  pendu  la  Huds.  —  R. 

—     glauca  Scop. 
Phragmites  communis  Trin. 

On  rencontre  plus  souvent  dans  les  dunes,  et 
parfois  sur  d'assez  grands  espaces,  des  parties 
déboisées  très  humides,  mais  non  marécageuses  ; 
la  végétation  de  ces  sables  humides  est  assez 
dense  et  se  compose  principalement  des  espèces 
suivantes  : 

Potentilla  Tormentilla  Neck.  —  G. 
Samolus  Valerandi  L. 
Anagallis  tenella  L.  —  G. 
Erythraea  tenuiflora  Hoffg.  et  Link. 
Chlora  perfoliata  L. —  ÇC. 
Salix  repens  L. 


—  182  — 

Epipactis  palustris  Crantz. 
Juncus  maritimus  Lamk.  ~  C 

—  supinus  Moench. 
Pycreus  flavescens  Reichb.  —  C. 
Cyperus  fuscus  L.  —  R. 

Scirpus  maritimus  L.  var.  compactus  Mey. 

—  pungens  Vahl. 

—  Savii  Seb.  et  M. 
Carex  punctata  Gaud.  —  R. 

—     glauca  Scop. 
Equisetum  campanulatum  Poir. 

Ces  sables  passent,  suivant  les  cas,  soit  aux 
prairies  marécageuses,  soit  aux  sables  ordinaires 
des  dunes. 

Sur  les  falaises,  les  stations  humides,  toujours 
très  restreintes,  occupent  surtout  les  bords  des 
ruisselets  ou  des  suintements:  leur  végétation  se 
compose  de  : 

Sagina  maritima  Dod. 
Apium  graveolens  L. 
Samolus  Valerandi  L.  —  C. 
Anagallis  tenella  L.  —  GC. 
Iris  fœtidissima  L. 
Juncus  conglomeratus  L 

—  maritimus  Lamk. 

—  lamprocarpus  Ehrh. 

—  bufonius  L.  —  G. 

Scirpus  maritimus  L.  var.  compactus  Mey. 

—  Savii  Seb.  et  M.  —  CC. 
Carex  glauca  Scop.  —  C. 

Gomme  dans  le  cas  des  stations  mésophiles  des 
falaises,  les  stations  hygrophiles  n'ont  qu'un  petit 


—  183  - 

nombre  d'espèces  spéciales  et  diffèrent  assez  peu 
des  stations  correspondantes  de  l'intérieur. 

C.  —  ZONE  INTÉRIEURE 

La  zone  intérieure  s'étend  en  arrière  de  la  zone 
paralienne  et  se  trouve  ainsi  plus  ou  moins,  éloi- 
gnée de  la  mer  suivant  les  circonstances;  sa  limite 
est  toute  conventionnelle  et  nous  avons  vu  de 
nombreux  exemples  de  transition,  tant  sur  les 
parties  rocheuses  que  sur  les  parties  sablonneuses 
de  la  côte  ;  l'influence  de  la  mer  v  est  nulle,  sauf 
au  point  de  vue  du  climat. 

Nous  examinerons  cette  zone  avec  moins  de 
détail  que  les  précédentes,  car  son  étude  complète 
nous  entraînerait  trop  loin.  Les  diverses  forma- 
tions y  sont  plus  complexes,  plus  difficiles  à 
délimiter  et  susceptibles  de  multiples  variations  ; 
de  plus,  leur  état  primitif  a  été  plus  ou  moins 
modifié  par  la  culture.  Néanmoins,  en  schéma- 
tisant un  peu,  ces  formations  peuvent  se  ramener 
à  six  :  hois,  buissons,  landes,  lieux  humides, 
prairies  et  pelouses,  cultures  :  nous  les  passerons 
rapidement  en  revue,  en  indiquant  au  besoin  les 
principales  variations. 

I.  —  Bois 

Les  bois  ne  forment  nulle  part  ici  de  forêt  con- 
tinue, mais  sont  réduits  à  des  lambeaux  de  peu 
d'étendue,  localisés  le  plus  souvent  sur  le  versant 
des  collines.  Ils  sont  généralement  assez  humide 
ou  tout  au  moins  frais,  bien  qu'assez  clairs 


—  184  - 

Les  essences  dominantes  sont  Castanea  vulgaris 
Lamk.  en  première  ligne,  et  ensuite  Quercus  pedun- 
culata  Ehrh*,  ;  çà  et  là  se  rencontrent  également 
Fraxinus excelsior  L . ,  Ilex  AquifoliumL.,  Betula  ver- 
rucosa  Ehrh.,  Populas  Trenuila  L  ,  Corylus  Avellana 
L.,  Quercus  sessiliflora  Sm.  Les  espèces  les  plus 
caractéristiques  du  sous-bois  sont: 

Ranunculus  repens  L. 
Polygala  depressa  Wend.  —  C. 
Stellaria  Holostea  L. 
Hypericum  pulchrum  L.  —  GC 

—  humifusum  L.  —  C. 
Androsaemum  officinale  Ail. 
Géranium  Robertianum  L. 
Oxalis  Acetosella  L. 

Ulex  europseus  L. 
Rubus  fruticosus  L. 
Geum  urbanum  L. 
Fragaria  vesca  L.  —  C. 
Potentilla  splendens  Ram. 

—  Tormentilla  Neck.  —  CC. 
Gircaea  lutetiana  L. 

Physospermum     aquilegifolium     Koch.     var. 

cornubiense  Lange.  —  R. 
Hedera  Hélix  L. 
Rubia  peregrina  L. 
Lonicera  Periclymenum  L. 
Senecio  bayonnensis  Boiss.  —  R. 
Campanula  patula  L. 
Wahlenbergia  hederacea  Reichb.  —  CC. 
Vaccinium  Myrtillus  L.  —  R. 
Lysimachia  nemorum  L. 
Primula  grandiflora  Lamk. 
Veronica  Chamœdrys  L. 


^ 


■M 


—  185  — 

Melampyrum  pratense  L. 

Teucrium  Scorodonia  L, 

Euphorbia  angulata  Jacq. 
—  sylvatîca  Jacq. 

Ruscus  aculeatus  L. 

Smilax  aspera  L. 

Platanthera  bifolia  Rich. 

Brachypodium  sylvaticum  Roem.  et  Sctvult. 

Pteris  aquilina  L.  —  GC. 

Nephrodium  Filix-mas  Rich. 

Aspidium  aculeatum  Sw. 

Athyrium  Filix-fœmina  Roth. 

Blechnum  Spicant  Roth.  —  C. 

Osmuada  regalis  L. 
Beaucoup  de  ces  espèces  se  rencontrent  aussi 
dans  les  landes  ;  la  transition  se  fait  par  les  par- 
ties les  plus  claires  des  bois,  où,  sous  les  Châtai- 
gniers, se  développent  alors  de  nombreuses 
Bruyères,  comme  Erica  cillaris  L.,  E.  Mackayi 
Hook.,  avec  une  partie  de  leurs  satellites. 

Le  sommet  des  collines  a  parfois  été  reboisé  par 
des  plantations  de  Pinus  Pinaster  Soland.  ;  ces 
bois,  beaucoup  plus  secs  que  les  précédents,  ont 
une  végétation  très  pauvre  et  le  sous-bois  est  sou- 
vent réduit  à  Ulex  européens  L.  et  Pteris  aquilina  L., 
accompagnés  de  quelques  autres  espèces  seule- 
ment ;  ici  aussi  le  bois  passe  graduellement  à  des 
landes,  mais  à  des  landes  sèches  à  Calluna  vul- 
garis  Salisb.  et  Erica  cinerea  L. 

II.  —  Buissons 

Dans  les  clairières  et  sur  les  bords  des  bois  se 
développent  très  souvent  des  buissons  assez  épais 


—  186  — 

« 

constitués  par  un  mélange  d'arbustes  et  de  plantes 
grimpantes  ;  il  s'y  ajoute  quelques  plantes  her- 
bacées de  grande  taille,  ainsi  que  quelques  arbres- 
Une  association  à  peu  près  identique  forme  éga- 
lement la  plupart  des  haies  épaisses  qui  bordent 
presque  tous  les  chemins  et  les  champs.  La  végé- 
tation se  compose  principalement  de  : 

Clematis  Vitalba  L.  —  C. 
Géranium  Robertianum  L. 
Ilex  Aquifolium  L. 
Ulex  europaeus  L.  —  CC. 
Vicia  Cracca  L.  —  C 

—     bith>nica  L.  —  R. 
Rubus  fruticosus  L.  —  GÇ. 
Genm  urbanum  L. 
Rosa  sempervirens  L. 
Agrimonia  Eupatoria  L. 
Cratœgus  oxyacantha  L. 
ïorilis  infesta  Hoffm. 
Cornus  sanguinea  L. 
Rubia  peregrina  L. 
Galium  Mollugo  L.  —  G. 

■ 

—      Aparine  L. 
Sanibucus  nigra  L. 
Lonicera  Periclymenum  1.. 
Bryonia  dioica  L. 
Campanula  patula  L. 
Erica  vagans  L.  —  G. 
Daboecia  polifolia  Don.  —  C. 
Ligustrum  vulgare  L. 
Lithospermum  prostratum Lois.  —  G. 
Convolvulus  sepium  L. 
CuscutaEpithymum  Murr. 
'  -Solanum  Dulcamara  L.  —  G. 


—  187  — 

Veronica  Chamaedrys  L 

Linaria  triornithophora  Wilid 

Scrofularia  Scorodonia  L. 

Digitalis  purpurea  L. 

Teucrium  Scorodonia  L.  —  GG. 

Melittis  Melissophyllum  L. 

Lamium  maculatum  L.  —  G. 

Stachys  sylvatica  L. 

Calamintha  Clinopodium  Moris. 

Rumex  obtusifolius  L. 

Laurus  nobilis  L. 

Corylus  Avellana  L. 

Quercus  pedunculata  Ehrh. 

Ruscus  aculeatus  L. 

Smilax  aspera  L.  —  GC. 

Arum  maculatum  L. 

Bromus  maximus  Desf. 

Brachypodium  sylvaticum  Roem.  et  Schult. 

Pteris  aquilina  L.  —  CC. 

Aspidium    aculeatum    Sw.    var.    hastulatum 

Kunze. 
Athyrium  Filix-fœmina.  Rolh. 

Il  y  a  donc  ici,  outre  quelques  plantes  spéciales 
à  la  station,  un  grand  nombre  d'espèces  emprun- 
tées aux  bois  ou  aux  landes  du  voisinage. 

Dans  les  endroits  plus  humides,  la  végétation 
change  peu  à  peu  ;  le  long  des  ruisseaux  des 
vallons,  par  exemple,  les  taillis  ont  une  constitu- 
tion floristique  très  différente,  avec  : 

Aquilegia  vulgaris  L. 
Lycnnis  Flos-Cuculi  L. 
Androsaemum  officinale  AH. 
Lotus  uligino&is  Schkuhr.     -  GG. 


1 


—  188  — 

Spiraea  Ulmaria  L.  —  C. 
Lythrum  Salicaria  L.  —  C. 
OEnanthe  crocata  L. 

Angelica  sylvestris  L.  var.  villosa  Lange. 
Eupatorium  cannabinum  L.  —  GC. 
Girsium  palustre  Scop. 
Scofularia  aquatica  L. 
Lycopus  europœus  L. 
Euphorbia  pilosa  L. 
Laurus  nobilis  L. 
Salix  cinerea  L. 
—    Caprea  L. 
Populus  alba  L. 

—  nigra  L. 
Alnus  glutinosa  Gaertn, 
IrisPseudaconis  L. 
Gyperus  badius  I)<  ^1 
Garex  pendula  Huds. 
Phragmites  commun is  Trio.  —  R. 
Nephrodium  Fili\-mas  Hicli. 
Aspidium  aculeatum  Sw. 

—  var.  hastulatum  K.uozé. 
Athyrium  Filix-fœmina  Roth. 

Osmunda  regalis  L.  —  CC. 
Equisetum  maximum  Lamk.  -  i 

C'est  le  faciès  hygrophilc  des  buissons  cl  beau 
coup  de  ses  constituants  se  retrouvent  dans  les 
prairies  humides.  , 

III-  —  Landes 

Les  landes  constituent  la  formation  la  plus 
caractéristique  de  toute  la  région  et  celle  qui 
couvre  la  plus  grande  surface  ;  elles  s'étendent  sur 


I 


item  #s  48a,  b,  c 


»w-, 


—  189  — 

la  plupart  des  collines,  coupées  çà  et  là  par  des 
bois  et  par  quelques  rares  cultures. 

La  végétation  est  extrêmement  monotone  par 
suite  de  la  pauvreté  du  substratum  et  de  la  place 
prépondérante  qu'occupent  les  Ericacées  et  les 
Ajoncs.  Le  plus  souvent  le  sol  est  assez  sec,  en 
particulier  sur  le  sommet  des  collines  ;  on  trouve 
alors  : 

Reseda  média  Lag. 
Helianthemum  guttatum  Mill.  —  C. 
Arenaria  moutana  L. 
Hypericum  pulchrum  L. 

—         humifusum  L. 
Linum  catharticum  L. 
Ulex  europaeus  L.  —  GC. 
—    nanus  Forst. 
Lotus  hispidus  Desf. 
Ornithopus  ebracteatus  Brot. 
Laserpitium  prutenicum  L.  var.  Dufourianum 

H.  Cherm. 
Filago  gallica  L. 
Ormenis  nobilis  J.  Gay.  —  C 
Leucanthemum  vulgare  Lamk. 
Serratula  Seoanei  Willk. 
Hieracium  Pilosella  L.  —  C. 
Andryala  integrifolia  L.  —  CG. 
ïolpis  barba  la  Gaertn.  —  R. 
Campanula  Rapunculus  L. 
Jasione  montana  L.  —  G. 
Lobelia  urens  L. 
Galluna  vulgaris  Salisb.  —  CG. 
Erica  ciliaris  L.  —  R. 

—  cinerea  L.  —  GC. 

—  vagans  L.  —  CG. 


—  190  — 

Erica  umbellata  L.  —  R. 
Daboecia  polifolia  Don. 
Lithospermum  prostratum  Lois.  —  C. 
Cuscuta  Epithymum  Murr. 
Digitalis  purpurea  L. 
Teucrium  Scorodonia  L. 
Simethis  bicolor  Kunlli. 
Gladiolus  illyricus  Roch. 
Anthoxanthum  odoratum  L.  —  CC. 
Lagurus  ovatus  L.  —  H 
Arrhenatherum  bulbosum  Presl. 
Holcus  lanatus  L. 
Briza  minor  L. 
Pteris  aquilina  L.  —  G. 

Les  parties  rocailleuses  sont  caractérisées  par 
Erica  umbellata  qui  pour  cette  raison  est  assez  peu 
répandu- 

Vers  la  base  des  collines  et  dans  les  fonds,  le  sol 
est  généralement  plus  humide  et  parfois  même 
un  peu  tourbeux  ;  il  peut  en  être  de  même  locale- 
ment sur  les  sommets.  La  végétation  comprend 
alors,  outre  plusieurs  des  espèces  précédentes,  un 
grand  nombre  d'autres  plus  spéciales  à  ce  faciès  : 

Polygala  depressa  Wend. 
Mœnchia  erecta  Baxt. 
Sagina  subulata  Presl.  —  R. 
Hypericum  humifusum  L. 
Androsaemum  officinale  AIL    • 
Ulex  europœus  L. 
—    nanus  Forst. 
Potentilla  Tormentilla  Neck.  —  CG.  J 

Garum  verticillatum  Koch.  —  C. 
Gnaphalium  uliginosum  L. 


Item  #s  _48a,  b,  c 


—   191    — 

Girsium  filipendulum  Lange. 
Wahlenbergia  hederacea  Reichb.  —  C. 
Lobelia  urens  L. 
Erica  ciliaris  L.  —  ~CC. 

—  Mackayi  Hook.  —  G. 

—  vagans  L.  —  R. 
Erythraea  diffusa  Woods. 
Eufragia  viscosa  Benth.  —  R. 
Scutellaria  minor  L. 
Narthecium  ossifragum  Huds.  —  R. 
Orchis  maculata  L. 

Garex  laevigata  Sm.  —  R. 
Briza  minor  L. 
Molinia  caerulea  Moench. 
Blechnum  Spicant  Roth. 

Enfin  dans  les  dépressions  les  plus  humides, 
parmi  les  Sphaignes  (1),  croissent  généralement 
Helodes  palus  tris  Spach,  Lythrum  hyssopîfoïium  L., 
Peplis  Portula  L.,  Plnguicula  lusitanien  L.  et  Scirpus 
fluitans  L. 

Les  landes  passent  latéralement,  suivant  les  cas, 
soit  à  des  bois,  soit  à  des  pelouses  ou  des  prairies, 
soit  même  à  des  prairies  marécageuses. 

IV.  —  Lieux  humides 

Les  stations  humides  sont  très  répandues  dans 
la  région,  mais  sous  des  formes  assez  diverses, 
fossés,  prairies  humides  ou  marécageuses,  ou 
encore  .simples  dépressions  locales  où  l'eau 
séjourne  l'hiver  et  une  partie  du  printemps-  Un 

(1)  Principalement  Sphagnwn  subnitens  Russ.  et  Warnst. 
et  surtout  S.  Gravetii  Russ, 


192 


grand  nombre  d'espèces,  plus  ou  moins  hydro- 
philes, sont  communes  à  ces  divers  faciès  et  leur 
donnent  un  certain  caractère  d'uniformité- 

a).  —  Fossés  et  Lieux  Bourbeux 

Cette  sorte  de  station  se  rencontre  partout, 
notamment  le  long  des  chemins,  et  donne  asile  à 
une  végétation  assez  variée,  composée  principa- 
lement de  : 

Ranunculus     Lenormandi    F.     Schultz    var. 

intermedius  H.  Gherm.  —  R. 
Flammula  L.  —  C. 

—  —         var.  serratus  DG . 

—  repens  L. 
Nasturtium  officinale  R.  Br. 
Gardamine  sylvatica  Link.  —  R. 
Stellaria  uliginosa  Murr. 
Lythrum  Salicaria  L. 

—  .  Graefferi  Ten. 

—  hyssopifolium  L. 
Peplis  Portula  L. 
Epilobium  parviflorum  Reich. 
Helosciadium  nodiflorum  Koch.  —  C. 
Galium  palustre  L. 

Gnaphalium  uliginosum  L. 
Pulicaria  vulgaris  Gaertn. 

dysenterica  Gaertn.  —  GC. 
Senecio  aquaticus  Huds. 
Samolus  Valerandi  L. 
Veronica  Beccabunga  L. 
Scrofularia  aquatica  L. 
Mentha  Pulegium  L.  —  GG. 

—     rotundifolia  L.  —  G. 

~      aquatica  L.  —  C. 


—  193  — 

Lycopus  europaeus  L. 
Polygonum  Persicaria  L. 

—  Hydropiper  L.  —  G. 
Alisma  Plantago  L. 

Juncus  glaucus  Ehrh.  —  GG. 
Juncus  laiîiprocarpus  Ehrh. 

—  sylvaticus  Reich. 

—  bufonius  L.  —  C. 
Pycreus  flavescens  Reichb. 
Gyperus  badius  Desf. 
Scirpus  Savii  Seb.  et  M. 
Equisetum  arvense  L.  —  C. 

—  maximum  Lamk. 

Quand  les  fossés  se  dessèchent,  les  espèces  les 
plus  hygrophiles  peuvent  disparaître  et  quelques 
espèces  des  talus  viennent  les  remplacer. 

b).  —  Prairies  Marécageuses 

Dans  les  vallons,  le  long  des  ruisseaux,  les 
prairies  sont  parfois  très  marécageuses,  à  sol 
spongieux,  bien  que  non  tourbeux- La  végétation, 
très  hygrophile,  est  alors  particulièrement  uni- 
forme et  formée  seulement  d'un  petit  nombre 
d'espèces,  telles  que  ; 

Ranunculus  Flammula  L.  —  GG. 
Lychnis  Flos-cuculi  L. 
Helodes  palustris  Spach.  —  R. 
Trifolium  patens  Schreb.  —  G. 
Potentilla  Tormentilla  Neck.  —  G. 
Galium  palustre  L. 
Girsium  palustre  Scop. 
Samolus  Valerandi  L. 

13 


—  194  — 

Anagallis  tenella  L. 
Spiranthes  aestivalis  Rich.  —  R. 
Pycreus  flavescens  Reichb. 
Scirpus  Savii  Sel),  et  M.  —  G. 
Carex  pulicaris  L.  —  R. 
—    flava  L. 

En  certains  points,  se  rencontrent  des  peuple- 
ments denses  de  Iris  Pseadacoras  L.  ou  de  Sparga- 
niiim  neglectiim  Beeby,  parfois  à  peu  près  purs, 
surtout  le  second. 

c).  —  Prairies  Humides 

Les  prairies  marécageuses  passent  graduelle- 
ment à  des  prairies  simplement  humides  ;  c'est  le 
faciès  le  plus  fréquent  dans  les  vallons-  La  végé- 
tation, plus  variée  et  plus  haute,  est  un  peu  moins 
hygrophile  que  dans  le  cas  précédent  et  se 
compose  de  : 

Ranunculus  Flammula  L.  —  G. 

—         repens  L. 
Lychnis  Flos-cuculi  L. 
Ilypericum  undulatum  Schousb. 
Trifolium  patens  Schreb.  —  G. 
Lotus  uliginosus  Schkuhr. 
Spiraea  Ulmarià  L. 
PotentillaTormentilla  Neck. 
Lythrum  Salicaria  L. 

—       Graefferi  ïen. 
Epilobium  parviflorum  Reich. 
Carum  verticillatum  Koch. 
Angelica  sylvestris  L.  var.  villosa  Lange. 
Galium  palustre  L.  —  C. 
Scabiosa  Succisa  L.  —  C. 


—  m  - 

Pulicaria  dysenterica  Gaeitn. 
Senecio  aquaticus  Huds.  —  ( 
Eupatorium  cannabinum  L. 
Girsium  filipendulum  Lange. 
Ghlora  perfoliata  L. 
Myosotis  palustris  Link. 
Scrofularia  aquaîica  L. 
Rhinanthus  minor  Ehrh.  —  C. 
Mentha  rotundifolia  L. 

—  aquatica  L. 
Euphorbia  pilosa  L. 
Juncus  emisus  L. 

—  conglomérats  L. 

—  glaucus  Ehrh. 
Cyperus  badius  Desf. 
Scirpus  Savii  Seb.  et  M.  —  C. 
Garex  glauca  Scop. 
Equisetum  arvense  L. 

Ces  prairies  humides  présentent  souvent  des 
places  plus  sèches  qui  établissent   la   transition 
avec  les  prairies  ordinaires.  Plusieurs    espèces 
telles  que  Potentilla  TormenIHhi,  Carum  verticiUa 
tum,  Cirsium  fdipendulum,  se  rencontrent  fréquena 
ment,  comme  il  a  été  dit,  dans  les  parties  humides 
des  landes,  avec  lesquelles  il  peut  >  avoir  égale 
ment  passage  insensible 

V.  —  Prairies  et  Pelouses 

Les  prairies  et  les  pelouses  ont  une  i         itio 
mésophile  assez  semblable,  suffisami 
dans  les  premières  pour  permettre  la 
plus  courte   dans  les  secondes  qui  occupent 


—  196  — 

places  plus  sèches  et  des  sols  moins  favorables 
Les  deux  faciès  sont  du  reste   réunis    par    des 
intermédiaires  et  parfois  difficiles  à  séparer. 

a).  —  Prairies 

Les  prairies  se  rencontrent  surtout  dans  les 
régions  non  humides  des  vallons  ou  sur  les  pentes, 
plus  rarement  sur  le  sommet  des  collines,  dans  les 
parties  non  occupées  par  les  landes.  Leur  végé- 
tation est  assez  riche,  mais  uniforme  et  composée 
d'espèces  assez  banales  comme  : 

Ranunculus  repens  L. 
Polygala  vulgaris  L. 
Melandryum  pratense  Rehl. 
Silène  inflataSm. 
Stellaria  graminea  L. 
Hypericum  perforatum  L. 
Linum  catharticum  L. 

—  angustifolium  Huds. 
Trifolium  campestre  Schreb. 

—  repens  L. 

—  pratense  L. 
Lotus  corniculatus  L. 

Vicia  sativa  L. 

—    tetrasperma  Moench. 
Lathyrus  Aphaca  L. 
Agrimonia  Eupatoria  L. 
Poterium  dictyocarpum  Spach. 
Daucus  Carota  L. 
Galium  Gruciata  Scop. 

—  verum  L. 

—  Mollugo  L. 
Dipsacus  sylvestris  Mill. 


—  107  - 

Achillea  Millefolium  L. 
Senecio  Jacobaea  L. 
Centaurea  nigra  L. 
Taraxacum  Dens-leonis  Desf. 
Crépis  virens  L 
Picris  hieracioides  L. 
Leontodon  hispidus  L. 
Hypochœris  radicata  L. 
Ghlora  perfoliata  L. 
Brunella  vulgaris  L. 
Betonica  offîcinalis  L. 
Rumex  obtusifolius  L. 
Euphorbia  platyphyllos  L 
Ophrys  apifera  Huds. 
Garex  glauca  Scop. 
Anthoxanthum  odoratum  L. 
Àrrhenatherum  bulbosum  Presl. 
Holcus  lanatus  L. 
Gynosurus  cristatus  L. 
Briza  maxima  L. 

—    média  L. 
Bromus  mollis  L. 
Dactylis  glomerala  L. 
Brachypodium  pinnatum  PB 
Equisetum  arvense  L. 

A  l'automne,  après  le  fauchaison,  apparaissent 
Spiranthes  autumnalls  Rich.  et  Merertdera  Bulboco 

dkini  Ram- 

6).  —  Pelous 

Les  pelouses  plus  ou  moins  rases  occupent  toul 
les  places  un   peu  sèches  ou   même 
rocailleuses.  Leur  végétation  est   plus  ri 
celle  des  prairies,  car,  h  beaucoup  d'espèces  qv 


—  198  — 

rencontraient  déjà  dans  cette  dernière  station, 
viennent  s'en  ajouter  d'autres  moins  exigeantes 
au  sujet  de  l'humidité  ;  elle  est  également  plus 
variée  à  cause  des  petites  différences  qui  s'obser- 
vent d'un  point  à  un  autre  dans  la  nature  du 
substratum. 

Les  principales  espèces  qui  se  rencontrent  dans 
les  pelouses  sont  les  suivantes  : 

Polygala  vulgaris  L. 
Melandryum  pratense  Kehl. 
Silène  inflata  Sm. 
Stellaria  graminea  L. 
Polycarpon  tetraphyllum  L. 
Hypericum  perforatum  L. 

—  —       var.  microphyllum  DC. 
Linum  catharticum  L. 

—  gallicum  L. 

—  angustifolium  Huds. 
Géranium  colnmbinum  L. 

—  dissectum  L. 

—  molle  L. 
Ërodium  cicutarium  L'Hér. 
Ononis  procurrens  Wallr. 
Anthyllis  Dillenii  Schult. 
Medicago  Lupulina  L. 

—  sativa  L. 
Trifolium  campestre  Schreb. 

—  minus  Rehl. 

—  repens  L. 

—  fragiferum  L. 

—  pratense  L. 
Lotus  corniculatus  L. 

—  hispidus  Desf. 
Vicia  tetrasperma  Moench. 


—  190  — 

Lathyrus  Aphaca  L. 
Potentilla  reptans  L. 
Poterium  dictyocarpum  Spach. 
Daucus  Carota  L. 
Fœniculum  officinale  Ail. 
Galium  Gruciata  Scop. 

—      verum  L. 
Dipsacus  sylvestris  Mill. 
Bellis  perennis  L. 
Achillea  Millefolium  L. 
Senecio  Jacobaîa  L. 
Gentaurea  nigra  L. 
Taraxacum  Dens-leonis  Desf. 
Crépis  virens  L. 
Hieracium  Pilosella  L. 
Picris  hieracioides  L. 
Leontodon  hispidus  L. 
Thrincia  hirta  Roth. 
Hypochœris  radicata  L. 
Tolpis  barbata  Gaertn.  —  R. 
Jasione  montana  L. 
Plantago  Goronopus  L. 
lanceolata  L. 
Plantago  média  L. 
Erythrœa  tenuifiora  Hoffg.  et  Link 
Ghlora  perfoliata  L. 
Echium  vulgare  L. 

—  plantagineum  L.  —  R. 
Veronica  serpyllifolia  L. 
Euphrasia  Rostkowïana  Hayne. 
Verbena  officinalis  L. 
lirunella  vulgaris  L. 

—  hastaifolia  Brot.     ■  R. 
Calamintha  adscendens  Jord. 
Origanum  vulgare  L. 


—  200  — 

Euphorbia  platyphyllos  L. 
Merendera  Bulbocodium  Ram. 
Ophrys  a  pi  fera  Huds. 
Cynodon  Dactylon  Rich. 
Anthoxanthum  odoratum  L. 
Lagurus  ovatus  L.  —  R. 
Aira  caryophyllea  L. 
Holcus  lanatus  L. 
Cynosurus  cristatus  L. 
—  echinatus  L. 

Briza  minor  L. 
—    média  L. 
Bromus  mollis  L. 
Dactylis  glomerata  L. 
Brachypodium  pinnatum  PB. 
Lolium  perenne  L. 

La  plupart  de  ces  plantes  sont  des  espèces  assez 
banales,  dont  beaucoup  se  retrouvent  dans  les 
cultures  ou  les  décombres. 

VI.  —  Cultures  et  voisinage  des  habitations 

Les  cultures,  relativement  peu  développées, 
consistent  surtout  en  champs  de  maïs,  de  pomme 
de  terre  et  de  seigle,  outre  les  cultures  potagères 
autour  des  villages;Elles  donnent  asile  à  un  grand 
nombre  de  plantes,  souvent  empruntées  aux  sta- 
tions avoisinantes. 

Les  satellites  des  cultures  sont  principalement  : 

Papaver  Rhaeas  L. 

Fumaria  muralis  Sond.  e?-!: 

Gardamine  hirsuta  L. 

Sisymbrium  officinale  Scop.    * 


=  201  — 

Sinapis  arvensis  L. 
Raphanus  sativus  L. 
Rapistrum  rugosum  Berg. 
Senebiera  didyma  Pers. 
Capsella  Bursa-pastoris  Moeach. 
Melandryum  pralense  Rehl. 
Cerastium  triviale  Link. 

—  glomeratum  Thuill. 
Stellaria  média  Cyr. 

Sagina  procumbeus  L. 
Spergula  arvensis  L. 
Polycarpon  tetraphyllum  L. 
Erodium  moschatum  L'Hér. 

—  cicutarium  L'Hér. 
Oxalis  corniculata  L. 
Medicago  Lupulina  L. 

—  apiculata  Willd. 
Trifolium  repens  L. 
Vicia  sativa  L. 

—  atropurpurea  Desf.  —  R. 

—  tetrasperma  Moench. 
Potentilla  reptans  L. 
Daucus  Carota  L. 
Toriiis  infesta  Hoffm. 
Sherardia  arvensis  L. 
Erigeron  canadensis  L. 
Ormenis  mixta  DC 
Ghrysanthemum  segelnni  J,. 
Senecio  vulgaris  L. 
Girsium  arvense  Scop. 
Centaurea  Cyanns  L. 
Taraxacum  Dens-leonis  Desf. 
Sonchus  asper  Hill. 

— »        oleraceus  L. 
Crépis  virens  L. 


—  202  — 

Helminthia  echioides  Gaertn. 
Lampsana  communis  L. 
Plantago  Coronopus  L. 
Anagallis  arvensis  L. 
Convolvulus  arvensis  L. 
Solanum  nigrum  L. 
Veronica  arvensis  L. 

—       polita  Pries. 
Antirrhinum  Orontium  L. 
Linaria  Eiatine  Mill. 
Stachys  arvensis  L. 
Gorrigiola  littoralis  L. 
Amarantus  retroflexus  L. 
Atriplex  hastata  L. 
patula  L. 
Chenopodium  album  L. 
Polygonum  Convolvulus  L. 

Persicaria  L. 

aviculare  L. 
Kuphorbia  Helioscopia  L. 

Peplus  L. 
Mercurialis  annua  L. 
Urtica  dioica  L. 
Setaria  viridis  PB. 
Oplismenus  Crus-galli  Kunth. 
Digitaria  sanguinalis  Scop. 
Gastridium  lendigerum  Gaud. 
Briza  minor  L. 
Poa  annua  L. 
Horde um  murinum  L. 
Equisetum  arvense  L. 

—         maximum  Lamk. 

Les  décombres,  bords  des  chemins  el  lieux  ana- 
logues ont  une  végétation  très  semblable  :  outre  la 


—  203  — 


plupart  des  espèces  précédentes,  on  peut  >    i 
contrer  aussi  : 


Chelidonium  majus  L. 

Sisymbrium  austriacnm  Jacq. 

Lepidium  Draba  L. 

Alyssum  maritimum  Lamk.  —  R. 

Silène  gallica  L. 

Spergularia  rubra  Pers. 

Portulaca  oleracea  L. 

Malva  moschata  L.  var.    geraniifolia  \\  illk.  et 

Lange. 
Malva  sylvestris  L. 
Lavatera  cretica  L. 
Géranium  columbinum  L. 

—  dissectum  L. 

—  molle  L. 

—  Robertianum  L. 
Oxalis  violacea  L. 
Medicago  sativa  L. 
Trigonella  polycerata  L.  —  H. 
Melilotus  alba  Desr 

—  arvensis  Wallr. 
ïrifolium  i'ragiferum  L. 
Rubus  fruticosns  L. 
Fœniculum  officinale  AU. 
Galium  Aparine  L. 
Dipsacus  sylvestris  Mill. 
Scabiosa  maritima  L.  —  R. 
Bellis  perennis  L. 
Gonyza  ambigua  DC. 
Gnaphalium  luteoalbum  L. 
Carlina  vulgaris  L. 
Galactites  tomentosa  Mœnch. 
Cirsium  lanceolahnn  llili 


—  204  — 

Lactuca  Scariola  L. 
Picris  hieracioides  L. 
Tolpis  barbata  Gaertn. 
Plantago  lanceolata  L. 

—  major  L. 
Echium  vulgare  L. 

plantagineum  L.  —  R. 
Verbascum  Thapsus  L. 

—  sinuatum  L.  —  R. 
Yerbena  offîcinalis  L. 
Amarantus  deflexus  L. 
CheDOpodium  murale  L. 

polyspermum  L. 

—  ambrosioides  L. 
Rumex  obtusifolius  L. 

—  pulcher  L. 
Euphorbia  platyphyllos  L. 
Cynodon  Dactylon  Rich. 
Cynosurus  échina  tus  L. 
Briza  maxima  L. 
Bromus  mollis  L. 

—  maximus  Desf. 
Agropyrum  repens  PB. 

Plusieurs  de  ces  espèces,  par  exemple  Alyssutn 
maritimum,  Oxalis  violacea,  Tvigonella  polycerata, 
sont  ici  simplement  adventices  ou  subspontanées. 

Enfin  les  vieux  murs  donnent  asile  à  : 

Ghelidonium  majus  L. 
Géranium  Robertianum  L. 

—         modestum  Jord. 
Sedum  album  L. 

—  hirsutum  Ail. 
Umbilicus  pendulinus  DC. 
Hedera  Hélix  L. 


-  20b  — 

Linaria  Cymbalaria  Mill. 
Parietaria  officinalis  L. 
Ceterach  officinarum  Willd. 
Polypodium  vulgare  L. 
Asplenium  Trichomanes  L. 

—         Adiantum-nigrum  L. 

Les  murs  forment  à  peu  près  la  seule  station 
rocheuse  delà  zone  intérieure,  les  rochers  n'exis 
tant  guère  que  sur  les  falaises  de  la  côte. 

CONCLUSION 

Les  trois  zones  qui  ont  été  distinguées   pré< 
(lemment    forment     une    série    où     L'influence 
maritime  va  en  décroissant  graduellement. 

La  zone   littorale  halophile  est   la  plus   diffé 
renciée,  au  point  de  vue  écologique,  par  sa  salu 
toujours  assez  forte  :  pour  cette  raison  précisément 
et  à  cause  de  sa  faible  étendue,  c'est  de  beaucoup 
l'a  plus  pauvre;  les  plantes  continentales  fonl 
peu  près  défaut  et  la  flore  se  réduit  à  un    petit 
nombre  d'espèces   très  caractéristiques,   presque 
toutes  plus  ou  moins  halophiles  et  par  conséquent 
à  feuilles  généralement  charnues.  La  composition 
floristique  est  tout  à  fait  comparable  à  celle  d 
stations  analogues   des  côtes  occidentales  de   la 
France. 

La  zone  littorale  paralienne  se  justifie  par 
nécessité  qu'il  y  a  de  séparer  de  la  flore  balophile 
une  flore  très  différente  à   la    fois   par 
sition    et  ses  caractères   écologiques 
beaucoup  plus  faible,  n'exclut  qu'un  nomb] 


—  206  — 

restreint  d'espèces  continentales  et  la  proportion 
de  ces  dernières  est  toujours  assez  grande  ;  cepen- 
dant, du  fait  de  l'exclusion  de  certains  de  ces 
compétiteurs  continentaux,  la  lutte  est  devenue 
moins  vive  et  il  a  pu  s'établir  ici  un  assez  grand 
nombre  d'espèces  spéciales  et  même  parfois 
quelques  types  généralement  plus  halophiles.  Cela 
est  vrai  surtout  pour  les  dunes,  formation  ouverte 
par  suite  de  la  nature  physique  du  substratum  qui 
limite  le  nombre  des  espèces  continentales  aptes 
à  la  colonisation  ;  c'est  là,  grâce  à  la  forte  propor- 
tion d'espèces  caractéristiques,  que  les  différences 
avec  la  zone  halophile  comme  avec  la  zone  inté- 
rieure sont  le  plus  nettement  visibles  ;  dès  que  le 
sable  devient  moins  pur,  nous  voyons  la  végéta- 
tion devenir  plus  dense  et  se  rapprocher  insensi- 
blement de  celle  de  l'intérieur.  Dans  les  formations 
fermées,  comme  les  pelouses  des  falaises,  qui 
ne  diffèrent  guère  de  celles  de  l'intérieur  que  par 
la  proximité  de  la  mer,  la  compétition  est  bien 
plus  vive  que  dans  les  dunes,  par  suite  du  fort 
contingent  d'espèces  continentales  qui  a  pu 
envahir  le  terrain,  seules  quelques  espèces  parti- 
culièrement sensibles  à  l'action  du  sel  étant 
éliminées  ;  ceci  explique  le  nombre  relativement 
restreint  des  types  spéciaux  à  cette  station  ;  il  en 
est  de  même  dans  les  stations  humides;  plus 
encore  que  dans  les  dunes,  la  zone  paralienne, 
très  étroite  du  reste,  peut  alors  être  considérée 
comme  intermédiaire  entre  les  deux  zones  qui  la 
limitent  De  toute  façon,  la  zone  paralienne  est 
est  beaucoup  plus  riche  que  la  zone  halophile  ;  la 


—  207  - 

flore  y  rappelle  encore  l'Ouest  de  la  France,  mais 
avec    un    plus    grand    nombre    de    types    méii 
dionaux. 

La  zone  intérieure,  qui  n'a  plus  de  maritime  que 
le  climat,  s'oppose  ainsi  à  l  ensemble  des  deux 
zones   littorales.    La    formation    la  plus  caracté- 
ristique   est    celle    des    landes,    qui    couvraient 
vraisemblablement  autrefois  une  surface  encore 
plus  considérable:    avant   l'établissement    de    la 
culture,    les    landes    devaient    s'étendre    sur    la 
plus  grande  partie  des  collines,  accompagnées  de 
bois  frais  sur  les  pentes   abritées  et  de  prain 
marécageuses  dans  le  fond  des  vallons  les  moins 
étroits;  c'est  du  reste  encorelaposition  qu'occupent 
le  plus  souvent  ces  formations  à  l'état  actuel.  SoiW 
l'influence  de  l'homme,  les  landes  et  les  bois  ont 
été   partiellement  détruits  et  remplacés  soit  par 
des  cultures,  soit  plus  souvent  par  çles  prairû 
pendant  que   des   plantations    de  Pin   maritime 
étaient  effectuées  en  quelques  points  du  baut  dfil 
collines.  Presque  partout  d'ailleurs,  saut  dans  lei 
lieux  très  humides,  la  lande  tend  à   reprendre  le 
dessus  et  à  envahir  les  formations  voisines,  grl 
principalement  à  Erica  cilinris  L.  el  E.   Marl.uyi 
Hook.    dans  les    parties    fraîches,   à  E  vçtgan*  I 
dans  les  stations  intermédiaires,  à  E.  eirusrea  I    et 
Calluna  vulgaris  Salisb.  dans  les  endroits  plus 
Cette  prédominance  de  la  lande,  formation  carac 
téristique  des  parties  siliceuses  <le  l'Europe 
dentale,  est  une  conséquence  du  climal  doui   H 
humide  de  la  région.  Les  affinités  de  ces  Land< 
qui  s'étendent  de  la  Galice  aux  pays  basqu         «1 


—  208  — 

du  reste  beaucoup  plus  avec  celles  de  la  Bretagne 
qu'avec  celles  des  plaines  du  Sud-Ouest  de  la 
France,  plus  sablonneuses  et  plus  chaudes.  C'est 
d'autre  part  surtout  par  le  grand  développement 
des  landes,  et  des  bois  et  prairies  qui  les  accom- 
pagnent, que  se  traduisent  les  différences  clima- 
tériques  considérables  qui  séparent  l'Espagne 
nordatlantique  du  reste  de  la  péninsule. 

Au  point  de  vue  purement  floristique,  lYtude 
rapide  que  j'ai  faite  de  la  région,  à  défaut  d'une 
exploration  plus  complète,  permet  déjà  de  cons- 
tater la  présence  de  cinq  éléments  floraux,  d'im- 
portance d'ailleurs  très  inégale  (1). 

Le  plus  fort  contingent  est  constitué  par  des 
espèces  dont  l'aire  s'étend  sur  la  plus  grande 
partie  de  l'Europe  moyenne  ;  à  cette  catégorie 
appartiennent  la  plupart  des  arbres,  la  majorité 
des  plantes  des  bois,  des  buissons,  des  prairies, 
des  pelouses,  des  lieux  humides  et  un  grand 
nombre  de  celles  des  autres  formations.  Certaines 
de  ces  espèces  manquent  ou  sont  rares  dans  le 
reste  de  l'Espagne  ;  d'autres  y  sont  également 
répandues  et  rentrent  dans  la  flore  banale  de  nos 
régions  tempérées. 

L'élément  occidental,  ou  encore  atlantique 
comme  on  l'a  souvent  nommé,  est  sensiblement 
moins    bien    représenté    numériquement,    mais 

(1)  Je  néglige  ici  les  espèces  naturalisées  d'origine  extra 
européenne,  peu  nombreuses  du  reste.  D'autre  part,  je  laisse 
entièrement  de  côté  les  halophytes  véritables,  qui,  par  leur 
étroite  localisation,  sont  en  quelque  sorte  en  marge  du  reste 
de  la  flore  et  constituent  presque  un  élément  floral  spécial. 


—  209  - 

joue  cependant  un  rôle  particulièrement  impo 
tant.  Abstraction  faite  de  quelques  plantes  exclu 
sivement  littorales  (1),  il  est  facile  de  constater 
que  tous  les  types  occidentaux  sont  des   plant- 
abondantes  dans   la  région,   comme  /  lex  munis 
Forst.,  Lobelia  urens  L.,   Erica  ciliaris  I  Mac 

kayiUook.,  E.  vagans  L  .  Daboecia  polifolia  Don., 
Erythrœa  diffusa  Woods,  Lithospermam  prostralum 
Lois  ,  Pinguiciila  lusitanien  L.,  ou  encore,   parmi 
les  types  un  peu  moins  exclusivement  occidentaux 
Helodes  palustris  Spach.,  Ulex  europaeus  L.,  \\ 
lenbergia  hederacea  Reichb.,  Digitalis purpurea  I 
Scutellaria   minor  L.  ;    plusieurs    même    de    c 
espèces  sont  des  plantes  sociales  cl  interviennent 
à  ce  titre  dans  la  pliysionomie  générale  du  pays 
Or,   contrairement  à  ce  que  nous  verrons  poui 
l'élément  méditerranéen,  toutes  ces  espèces  appar 
tiennent  aux  formations  fermées  et  spécialement 
aux  landes,  c'est-à-dire  justement  à  la  formation 
la  plus  caractéristique. 

L'élément  endémique   proprement   dit,   fora 
par    les    plantes    spéciales    au    Nord-Ouest    de 
l'Espagne    (augmenté   au   besoin   des    terril 
français  et  portugais   Limitrophes     est  d'impoi 
tance  très  secondaire;  il  n'\  a  guère  à  citer  dans 
cette  catégorie  que  de  simples  variétés,  races  ou 
sous-espèces,  comme  Malva  moschata  L.  var.  g< 

11)  Par  exemple  Raphanas  maritimu 
nsis   Dumt,    Tamaris  anglica  Webb,    Rrodium 
Lange,  Euphorbia  portlandica  I 
la  plupart  simples  sous-esp^ 
taux. 


—  210  — 

niifolia  Willk.  et  Lange,  Sarothamnus  caniabricas 
Willk.  (race  de  Sscoparius  Wimm.),  Ononis  diffusa 
Ten.  var.  intermedia  H.  Cherm.,  Laserpitium 
priitenicam  L.  var.  DufourianumR.  Cherm.,  Senecio 
bayonnensis  Boiss.  (sous-espèce  de  8.  Fuchsii  Gmel.), 
Clrsiujn  filipendulum  Lange  (sous-espèce  de  C  bul- 
bosum  DC),  Serratula  Seoanei  Willk.  (race  de 
S.  tJncforia  L),  Kœleria  maritima  Lange  (race  de 
K.  albescens  DC);  les  types  auxquels  ces  formes 
se  rattachent  étroitement  sont  d'origine  assez 
diverse  et  certains  manquent  totalement  dans  la 
région  ;  nous  sommes  ainsi  en  présence  de  formes 
récentes  encore  très  près  de  la  souche  dont 
elles  sont  probablement  dérivées.  Il  y  a  donc,  au 
point.de  vue  de  l'endémisme,  un  contraste  marqué 
avec  l'Espagne  centrale  et  méridionale  où  les 
espèces  endémiques  jouent  un  rôle  si  considérable: 
il  est  juste  d'ajouter  que  le  nombre  des  endé- 
miques s'accroît  assez  rapidement,  dès  que,  quit- 
tant notre  circonscription  côtière,  on  se  rapproche 
de  la  Chaîne  cantabrique. 

Les  endémiques,  au  sens  ainsi  restreint,  nous 
mènent  par  extension  aux  plantes  dont  le  centre 
de  développement  est  la  Péninsule  ibérique,  où 
elles  sont  plus  ou  moins  largement  répandues  ; 
ces  plantes  «ont  ici  en  très  petit  nombre,  Reseda 
média  Lag\,  Erica  umbellata  L.,  Linaria  triorni- 
thophora  Willd  ,  Merendera  Bulbocodium  Ram.  ; 
ce  sont  là  de  véritables  espèces,  qui  constituent  la 
très  faible  contribution  de  ce  qu'on  peut  appeler 
l'élément  ibérique  ;  comme  dans  le  cas  précédent, 


_ 


—  211   - 

cette  contribution   augmente   quand   on 
de  la  côte. 

Le  dernier  élément  floral  est  l' élément   rnédi 
terranéen.  On  sait  que  les  constitu  Les  moini 

exigeants  de  la  flore  méditerranéenne  pénètrent 
plus  ou  moins  profondément  dans  I  i 
moyenne,  par  des  voie?  diverses  et  en  iréfiant 
progressivement  ;  une  des  plus  importante!  de 
ces  voies  d'accès  est  constituée  par  le  littoral  de 
l'Europe  occidentale  et  son  arrière  pays,  gi  n 

particulier  à  la  température  peu  rigoureuse  qui 
règne  l'hiver  ;  quelques  espèces  atteignent  ain 
la  Hollande  ou  le  Sud  de  L'Angleterre,  alors  que  In 
plupart  des  autres  s'arrêtent  aux  étapes  interni 
diaires.  Par  suite  de  la  situation  géographique  de 
la  côte  Nord-Ouest  de  l'Espagne,  noua  ne  m 

donc   pas  surpris  de  rencontrer  i<  i  sensiblement 
plus  d'espèces  méridionales   que,    par   ei 
en  Bretagne;  un  dixième  environ  «le  la  Bore  peut 
en  effet  être   rangé  dans  cette  catégorie.    ' 
proportion  assez  forte  ne  doit  cependant  pas  faii 
illusion  ;  il  esta  remarquer  en  eflVI  que  la  plup 
de  ces  espèces  croissent  ici,  soit  exclusivement 
soit  tout   au    moins    principalement,    dans 
formations  ouvertes    dunes,  bords  des  chemins, 
décombres,  cultures)  à  compétition  réduite,  i 
exemple  Hirschfeldia  adpressa  Moench,  RapUtrum 
rugosiim  Berg.,  Alyssum  mariiimum  Lamfc 
lera  cretica  L.,  Erodiunt  moschatum  I 
nella  polycerata  L.,  \  icia  airopù 
thopus  ebracteatiis  Brot,  F         ilamo 
Crucianella    maritima   L      Centrant!* 


—  212  — 

DC,  Scabiosa  maritima  L  ,  Conyza  ambigua  DC  , 
Helichrysum  Stœchas  DC,  Galactites  tomentosa 
Moench. ,  Tolpis  barbata  Gaertn.,  Echiam  plania- 
gineam  L.,  Verbascum  sinuatum  L.,  Rumex  bucepha_ 
lophorus  L.,  Asphodelus  fistulosus  L.,  Pancratium 
maritimum  L.,  Cas tr ïdium  lendig erum Gaud.,  Lagu- 
rus  ovatas  L.,  Kœleria  phleoides  Pers.,  Bromus 
maximus  Desf.,  Monerma  sabalata  PB.,  etc.  ;  les 
espèces  qui  ont  réussi  à  s'implanter  dans  les 
formations  fermées  sont  en  nombre  sensiblement 
plus  restreint,  par  exemple  Lythrum  Grœfferi 
ïen.,  Rubia  peregrina  L,,  Pulicaria  odora  Reichb.. 
Andryala  integrifolia  L.,  Erylhrœa  tenuiflora  Hoffg. 
et  Link,  Eufragia  viscosa  Benth  ,  Laariis  nobilis 
L,  Srnilax  aspera  L.,  Gladiolas  illyricus  Koch., 
Gyperus  badius  Desf.,  Cynosurus  echinatus  L., 
Briza  maxima  L.  Ce  sont  ces  dernières  espèces 
surtout  qui  peuvent  être  considérées  comme 
complètement  adaptées  aux  conditions  d'existence 
locales  et  elles  ne  suffisent  pas,  par  suite  de  leur 
petit  nombre,  pour  modifier  beaucoup  le  caractère 
floristique  général  de  la  région.  Les  plantes  méri- 
dionales des  formations  ouvertes  sont,  au  contraire, 
pour  la  plupart,  soit  de  simples  adventices,  soit 
des  espèces  qui  n'ont  pu  s'aventurer  hors  de  leur 
territoire  primitif  qu'à  condition  de  ne  rencontrer 
qu'une  concurrence  réduite  ;  leur  rélégation  dans 
les  plus  mauvaises  places  montre  qu'elles  ne  sont 
encore  qu'imparfaitement  adaptées  aux  nouvelles 
conditions  et  leur  rôle  dans  l'ensemble  de  la  flore 
s'en  trouve  corrélativement  diminué.  , 

De  tout  ce  qui  précède,  il  résulte  que  la  côte 


—  213  — 

Nord-Ouest  de  l'Espagne  se  rattache  à  tous  là 

àlïùrope  moyenne  occidentale,  dontelle  constitue 
en  quelque  sorte  la  marche  méridionale,  rappe 
lant   plus    spécialement   par  quelques    traits    I 
districts  extrêmes  (Bretagne,  Goniouaill<<  [rland 
grâce  à  certaines  similitudes  de  climat  el  A. 

La  haute  barrière  des  Pyrénées  cantabriques  joue 
ici  un  rôle  capital,  d'une  part  comm»  obstacle  au 
mélange  des  flores,  d'autre  part  et  surtout  comme 
un  des  facteurs  du  climat  maritime  donl  dépenden! 
étroitement  la  flore  et  la  végétal  ion 


SEANCE  DU  3  MAI  1920 

Présidence  de  M.  le  Dr  Moutier,  président 

La  séance  est  ouverte  à  17  heures  30  et  levée  à  18  h.  40. 

Y  assistent  :  MM.  Bigot,  Bugnon,  Chemin,  Lortet, 
Mazetier.  Dr  Moutier,  Sève,  Viguier.  MM.  Audigé  et 
Mercier  se  sont  excusés  de  ne  pouvoir  prendre  part  à  la 
réunion. 

Le  procès-verbal  de  la  séance  du  1er  mars  1920  est  lu 
et  adopté  sans  observations. 

Soutenance  de  Thèse.  —  Le  Président  se  fait  l'inter- 
prète de  la  Société  pour  féliciter  notre  collègue, 
M.  Chemin,  dont  la  thèse  pour  le  doctorat  es  Sciences 
naturelles,  récemment  soutenue  à  la  Sorbonne,  a  été 
reçue  avec  la  mention  très  honorable.  Cette  thèse  a  pour 
titre  :  «  Observations  anatomiques  et  biologiques  sur  le 
genre  Laihrœa  ».  Son  auteur  en  offrira  un  exemplaire 
à  là  Société  aussitôt  que  possible. 

Correspondance.  — Le  Secrétaire  fait  part  de  l'ouverture 
prochaine  (25  mai),  à  Strasbourg,  du  Congrès  des 
Sociétés  savantes;  il  s'y  rendra  peut  être  et,  dans  ce  cas, 
il  y  représentera  la  Société. 

Le  Secrétaire  signale  d'autre  part  une  demande  de 
livres  présentée  à  la  Société  par  le  Comité  français  de 
restauration  de  la  bibliothèque  de  Louvain.  La  Société 
pourra  mettre  un  assez  grand  nombre  d'ouvrages  à  la 
disposition  du  Comité  ;  il  est  fait  appel,  d'autre  part,  à 
chacun  des  membres  de  la  Société  pour  offrir  à  titre 
personnel  des  exemplaires  de  ses  diverses  publications. 

A  ce  propos,  le  Président  s'intéresse  à  la  suite  donnée 
à  la  demande  de  M.  Houard,  favorablement  accueillie 
à  la  séance  du  2  février  1920.  Le  Secrétaire  indique  qu'il 


—  213  - 

fait  des  démarches  pour  obtenir  I  env,  franchise  du 

lot  assez  important  d'ouvragée  disponible* 

Excursion  annuelle  de  1920.  -  Parmi  les  propositions 
présentées,  la  Société  décide  de  retenir  et  de  m 
l'étude  celle  d'une  excursion  dans  la  région  de  h 

(Calvados)  pour  lin, juin. 

Admission.  —  M.  Warcollieb  est  admis  comme 
membre  résidant  de  la  Société  à  la  suit,  de  la  présen- 
tation faite  au  cours  de  la  dernière  séam 

Présentation.    —  \l.  Thériot,  Directeur  d'Ecole  : 
maire  supérieure,  rue  Dicquemare,  1,  Le  II  h  re   Seine 
Inférieure)  est  présente  par  MM.  Bigot  etViGuiEap 
reprendre  place  parmi  les  membres  correspondants  <l< 

la  Société. 

COMMUNICATIONS 

M.  Chemin  fait  l'exposé  d'une  étude  qu'il  a  pom 
suivie  sur  les  anomalies  Borates  dans  le  genre 
Daphne:  il  présente  à  cette  occasion  un  exemplaire 
de  la  cédicie  produite  su r  le  />.  LaureoiQ  par  un 
Cécidomyide,  cécidie  antérieurement  décrite  par 
C-  Houaiid 

M-   le    Dl   Molïiek  signale  la  déconverie  d'un 
échantillon  de  Pedina  gigas  Cotteau,  de  taille  | 
ticulièrement  remarquable (8  9centimètrea  de  dis 
mètre),  dans  le  Bathorrien  de  La  falaise  de  v .<int 
Aubin.  En  18S:>,  Cotteau  ne  connaissait  que  dem 
cxeiiï;»! aires  deeette  très  rare  espi  i  i    qui  se  b 
ici    pour    la    première    l'ois    indiq  '« 

Calvados. 

M.  Bugnon donne  lecture  de  la 


—  216  — 

Ed  -L.  Gerbault.  —  Observations  sur  ïètat  de  la 
végétation  pendant  l'hiver  1919-1920.  —  Ces  obser- 
vations furent  faites  à  Fresnay-sur-Sarthe  (Sarthe) 
(40  kil.  N-W  du  Mans.  20  kil.  S-W  d'Alençon. 
Altitude  moyenne  :  75-95  m  Sous-sol  calcaire).  La 
liste  n'est  pas  complète,  mais  porte  seulement  sur 
plusieurs  points  qui  ont  paru  dignes  d'être  notés. 

30  décembre  191 9-lev  janvier  1920.  —  Floraison 
de  Ranuncnhis  acris  L.  (subsp.  Borœanus  Jordan 
+  hybride  de  Friesanus  Jordan),  Géranium  lacidum 
Lv  G.  pusillum  L.,  Potentilla  verna  L.  (subsp. 
minor  Gilibert,  teste  Murbeck  suivant  Corbière). 

Les  plantes  suivantes  ont  pendant  les  mois  de 
fin  d'automne  et  d'hiver  mené  du  commencement 
à  la  fin  leur  évolution  :  Senecio  vulgaris  L.,  Mercu- 
rialis  annua  L  ,  Poa  annaa  L.  Des  Cymbalaires 
fécondées  à  l'automne  ont,  en  hiver,  achevé  la 
maturation,  au  moins  apparente,  de  leurs  graines. 
Sont  restées  fleuries  tout  l'hiver  :  Borago  officinalis 
L.  ainsi  que  plusieurs  sortes  du  X  Viola  hortensis 
notamment  X  Viola  hortensis  L.  Loydi  Jordan.  Del- 
phinium  Ajacis  L.  et  Nigella  damascenah.,  plantes 
horticoles,  sont  également  demeurées  fleuries  ; 
mais  leurs  fleurs  ont  été  atteintes  d'une  virescence 
persistante. 

Des  Viola  odorata  L.  saavissima  Jordan  +  purs 
ont  été  fleuris  continûment  d'octobre  à  mars,  alors 
que  les  autres  espèces  élémentaires  du  même 
groupe  linnéen  de  Yodorata  n'ont  pas  donné  une 
seule  fleur  et  ont  eu  l'aspect  hivernal  ordinaire, 
savoir  :  V.  odorata  L.  dumetorum  Jordan,  V.  alba 
Besser  scotophylla  Jordan. 


—  217  — 

Des  hybrides  du  V  odorata  suavissbna  onl  fleuri 
+  abondamment  et  +  tardivement,  maie  étaienl 
généralement  fleuris  en  janvier,  savoi  ri.ni,. 

formes  du  X  Viola  subcarnœa  Jordan  i  V.  $ub- 
carnea  Jordan  prospecte  =  V.  odorata  dumetorum 
X  V.  odorata  suavissima  :  certaines  formes  du 
X  Viola  propera  Jordan  (=  1    propera  Jordan  pr 

specie  =  V.  flirta  L    X  \  l  °    ^""^"""  \ 

(  V.    o     dumetorum  ■"  ' 

X    V.    Foudrasi  Jordan  V.   Foudrasi  Jordan 

T/   , .  .    T    w  \    V.  o.  suavissima     \ 
pro  specie  =  V.  lurta  L.  X  {    Jr  I 

/    V     o.    dumetorum/ 

plusieurs  sortes  de  violettes  horticoles  procédanl 

avec  évidence  du  V.  o.  suavissima  mil  Henri      tôt, 

i  abondamment. 

En   résumé   les    violettes  précédentes   qui   onl 
fleuri  sont  des  violettes  qui  procédenl  _  du   1 
suavissima .  N'ont  pas  fleuri  et  sont  restées  en  i 
tation  ralentie  les  V.  hirta  L.  :  1  '.  odorata  dumelorun 
X  V.  eburnca  Gerbault(—  1    hirta  L.       I  .  odorata 
dumetorum)  ;   V.  alba  Besser  scotophylla  Jord 
V.  cœruleàta  Gerbault  (=  X  1    propera    <   l  .  ail 
scotophylla  =  V.  hirta  L.  X  V.  o.  suavissima       \     y  -     -  ,— 

dumetorum  [??jf  X  V.  permixta  Jordan  :  X  \  sepin    jC  /! 
co/a  Jordan. 

Une  violette  horticole,  désignée  el  cultivée  soua 
le  nom  de  «  RsarBlanc  ».  donl  je  n'ai  pu  jusqu'il 
connaître    exactement    La    valeur    systématiqui 
mais  qui  est  certainement  très  éloignée  spécifique 
ment  des   V.  o.  suavissima  et   V.  0.  dumetoru 
fleuri  abondamment  de  décembre  à  mars. 

La   Viola  silvestris  Lam    (=    \  ,   I 


—  218  — 

Jordan  a  fleuri  dès  janvier  alors  que  les  Viola  du 
groupe  Riviniana(V.  R.  typica  Murbeck  ;  V.  R.  ne- 
moralis  Murbeck)  n'ont  pas  donné  une  seule  fleur. 
La  courte  liste  qui  précède  montre  que  dans  les 
énumérations  de  ce  genre  il  peut  y  avoir  intérêt  à 
ne  pas  s'en  tenir  à  l'espèce  linnéenne  seule  (phé- 
notype)  mais  à  distinguer  certaines  espèces  élé- 
mentaires constitutives  du  species  linnéen. 

Fresnay-sur-Sarthe,  1er  avril  1920. 


E.  CHEMIN.   —  Anomalies   florales  dans  le 
genre  DAPHNE. 

Moquin-Tandon  (1)  cite  des  cas  de  fasciation 
intéressant  la  tige  dans  Daphne  indica  L.  d'après 
A.  de  Jussieu,  et  dans  Daphne  Mezereum  L.  d'après 
de  Candolle. 

Godron  (2)  rapporte  également  un  exemple 
d'une  tige  de  Daphne  LaureolaL.  «  insensiblement 
fasciée  sur  une  longueur  de  0m2o  et,  comme  plus 
grande  largeur,  atteignant  3cm5  »,  «  elle  portait  trois 
rameaux  inégaux  fasciés  terminés  chacun  par  un 
bouquet  dejFeuilles  ». 

O.  Penzig  (3),   aux  cas  précédents,  ajoute  que 

(1)  Moqun-Tandon.  —  Eléments  de  tératologie  végétale, 
Paris,  1841. 

(2)  Godron.  —  Troisièmes  mélanges  de  tératologie  végé- 
tale, Mémoires  de  la  Société  des  Sciences  de  Cherbourg, 
t.  XXI,  1877. 

!    O.  Penzig.  —  Pflanzen-teratologie,  Bd.  II,  1894. 


—  219  - 

dans  le  Daphne  Laureola  on  a  observé  des  ôonci 
cences  et  que  dans  le  Daphne  Mezereum  I...  on  b 
signalé  des  fleurs  double*;  mais  ii  ne  donne  aucun 
détail. 

J'ai  examiné,  en  de  nombreuses  station         em  i 
rons  de  Caen,  les  inflorescences  des  deui 
du  genre  Daphre  qu'on  y  rencontre    Les  anoma 
lies  florales  sont  fréquentes  particulièrement  chei 
le  D.  Laureola  dont  peu  de  pieds  n'en  prés<  nient 
pas  au  moins  un  eas.  Elles  sont  assez  vai  et 

elles  peuvent  se  grouper  de  La  façon   suivante 
concrescence    entre  fleurs    voisines  :    concr 
entre  pièces  dune  même  fleur  :   division  de  / 
florales  ;  fasciations.  Je  me  propose  <!<•  les  décrin 
successivement  dans  chacune  des  deux  es] 
après  avoir  rappelé  les  caractères  floraux  ce  qui 
est  indispensable  pour  les  bien  comprend  i 


* 


1°  Daphne  Lai  reola  I. 

Les    Heurs,    très    précoces    (dès   janvier    elles 
commencent  à  s'ouvrir),  sont  group  '*•  - 

grappes  retombantes  à  l'aisselle  de  chacun 
grandes  feuilles  vertes,  persistantes,  qui  forment 
un  bouquet  serré  au  sommet  de  la  fige    \ 
de  chaque  grappe  6  à  7  préfeuilles  doivent 
considérées  comme  les  écailles  du  b< 
Les  inférieures,  petites,  ne  -  it  ;"",,,! 

les  supérieures,  plus  grandes,  présentent 
Leraent  deux  fleurs  à  leur 


—  220  - 

nales  n'ont  à  leur  base  aucune  lame  foliaire  ;  il 
n'y  a  donc  pas  à  proprement  parler  de  bractées. 

Chaque  fleur  est  portée  par  un  court  pédoncule. 
Le  périanthe  ne  comprend  qu'un  seul  verticille  de 
4  pièces  verdâtres  soudées  en  un  long  tube  et 
s'étalant  à  leur  extrémité  en  quatre  lames  légère- 
ment épaissies-  Ces  quatre  pièces  sont  déjà  dis- 
tinctes alors  que  le  tube  n'a  que  quelques  milli- 
mètres de  longueur.  La  préfloraison  est  imbriquée  : 
dans  un  groupe  de  deux  fleurs,  à  l'aisselle  d'une 
même  préfeuille,  deux  pièces  recouvrantes  se  font 
face,  et  la  préfeuille  est  en  regard  de  deux  pièces 
recouvertes.  A  aucun  moment  du  développement 
on  ne  voit  apparaître  l'ébauche  d'un  second  ver- 
ticille, il  n'y  a  donc  pas  de  corolle. 

Huit  nervures  de  même  taille,  équidistantes, 
parcourent  dans  toute  sa  longueur  le  tube  floral; 
elles  apparaissent  distinctes  dès  la  base  :  quatre  se 
rendent  au  sommet  de  chaque  dent  où  elles  émet- 
tent quelques  ramifications  ;  les  quatre  autres, 
intermédiaires,  se  bifurquent  au  niveau  de  la 
gorge  et  envoient  une  ramification  à  chacune  des 
deux  pièces  voisines  (fig.  1,  pi.  I). 

Chaque  étamineest  portée  par  un  filet  très  court 
qui  se  détache  d'un  des  faisceaux  libéro-ligneux 
du  périanthe.  Le  nombre  des  étamines  et  leur 
disposition  sont  donc  en  rapport  avec  les  nervures: 
il  y  en  a  huit  disposées  en  deux  étages  ;  quatre 
supérieures  à  l'entrée  du  tube  floral  reliées  aux 
nervures  non  bifurquées  ;  quatre  inférieures  dis- 
posées sur  les  nervures  intermédiaires  et  au- 
dessous  de  la  bifurcation  de  ces  dernières  (fig.  1, 


221    — 

pi.  I).  Les  anthères,  introrses,  comprennent  quatre 
sacs  polliniques  allongés,  groupés  deux  par  deux 
de  part  et  d'autre  du  connectif.  La  déhiscence  est 
longitudinale;  elle  est  provoquée  par  le  jeu  d'une 
assise  mécanique  normale  à  paroi  interne  lignifiée 
d'où  partent  des  bandes  de  lignification  s'étendant 
sur  les  parois  radiales.  Le  pollen  est  formé  de 
grains  jaunâtres  sphériques  de  40  y  environ  de 
diamètre,  à  surface  réticulée. 

Au  centre  de  la  fleur  se  trouve  un  ovaire  unique 
volumineux,  ovoïde,  vert  foncé,  porté  par  un 
court  pédicelle.  Il  est  prolongé  par  un  style  court 
blanchâtre  qui  se  termine  par  un  stigmate  égale- 
ment blanchâtre  arrondi,  papilleux,  situé  au 
niveau  des  étamines  inférieures. 

Un  seul  ovule  anatrope  fixé  à  la  partie  supérieure 
de  l'ovaire  remplit  la  cavité  ;  par  son  raphé  latéral 
son  micropyle  ramené  vers  le  sommet  il  rentre 
dans  la  catégorie  des  ovules  épitropes  pendants  ou 
hyponastes.  Le  faisceau  libéro-ligneux,  qui  par- 
court le  raphé  du  haut  en  bas  et  s'épanouit  dans  la 
primine,  est  formé  de  vaisseaux  qui  se  sont  déta- 
chés de  deux  gros  faisceaux  libéro-ligneux  des 
parois  ovariennes  (fig  2,  pi.  II).  Ces  deux  gros 
faiceaux  doivent  être  considérés  comme  les  fais- 
ceaux placentaires  d'une  feuille  carpellaire  Entre 
eux  existe  un  petit  faisceau  vasculaire  qui  ne  peut 
être  que  le  faisceau  de  la  nervure  médiane  du 
carpelle  ovulifère.  Ce  carpelle  ne  constitue  donc 
qu'une  partie  des  parois  de  la  cavité  ovarienne,  le 
quart  environ.  Les  autres  faisceaux  répandus  dans 
ces  parois  peuvent  se  répartir  en  trois  groupes  de 


—  222  — 

—  _   mm 

trois  faisceaux  chacun  ;  on  est  ainsi  amené  à  con- 
sidérer l'ovaire  comme  formé  par  quatre  feuilles 
carpellaires,  chaque  feuille  étant  parcourue  par 
trois  faisceaux,  un  médian  et  deux  latéraux,  trois 
carpelles  ne  donneraient  naissance  à  aucun  ovule, 
le  quatrième  porterait  un  seul  ovule. 

Le  pédoncule  floral  renferme  normalement 
quatre  faisceaux  libéro-ligneux.  Chaque  faisceau 
émet  une  branche  externe  qui  se  dirige  vers  le 
tube  du  périanthe,  se  ramifie  immédiatement  et 
donne  naissance  à  deux  des  nervures  de  ce 
périanthe.  Les  faisceaux  centraux  se  dissocient  en 
stèles  distinctes,  et  chacune  d'elles  s'étalera  en  une 
feuille  carpellaire.  La  fleur  peut  donc  être  assimilée 
à  deux  tubes  emboîtés  l'un  dans  l'autre,  le  tube 
externe  portant  les  étamines  et  s'ou  vrant  au  dehors, 
le  tube  interne  restant  clos  pour  protéger  l'ovule 
unique. 

Quant  à  l'orientation,  les  préfeuilles  n'étant  pas 
de  véritables  bractées,  elle  doit  être  considérée  non 
par  rapport  à  l'axe  de  l'inflorescence  mais  par 
rapport  à  l'axe  plus  virtuel  que  réel  d'un  groupe 
de  deux  fleurs-  D'après  cela  les  pièces  recouvrantes 
sont  dorsiventrales  et  les  pièces  recouvertes  sont 
latérales. 

Faut-il,  comme  H.  Bâillon  (1)  a  une  tendance  à 
l'admettre,  considérer  le  tube  floral  comme  un 
«  réceptacle,  le  véritable  calice  consistant  seule- 
ment dans  les  pièces  du  limbe  »  ?  Rien  ne  justifie 
cette  manière  de   voir.  Il  y  a  continuité  parfaite 

(1)  H  Bâillon.  —  Histoire  des  plantes,  t.  VI. 


—  223  — 

entre  le  tube  du  périanthe  et  les  pièces  du  calice, 
et  l'ensemble  se  détache  tout  d'une  pièce  après 
fécondation.  Dans  toutes  les  anomalies  florales 
que  j'ai  pu  observer  le  tube  floral  et  ses  divisions 
se  modifient  dans  le  même  sens  et  se  comportent 
comme  des  éléments  non  distincts.  De  même  je 
n'ai  jamais  vu  une  soudure,  même  partielle,  entre 
l'ovaire  et  la  base  du  périanthe  indiquant  une 
tendance  vers  la  disposition  d'ovaire  infère-  La 
Heur  de  D.  Laureola  est  une  fleur  apétale  supéro- 
variée. 

Concrescences  entre  deux  fleurs-  —  Les  cas  de 
concresceiice  entre  deux  fleurs  sont  fréquents.  Ils 
s'observent  surtout  à  la  base  de  l'inflorescence  là 
où  les  fleurs  sont  groupées  par  deux  à  l'aisselle 
d'une  même  préfeuille.  On  peut  observer  tous  les 
intermédiaires  entre  une  soudure  partielle  et 
légère  et  une  soudure  complète  où  les  deux  parties 
sont  entièrement  confondues. 

Les  deux  pédoncules  peuvent  se  souder  en 
partie  ou  en  totalité,  les  deux  fleurs  restant  dis- 
tinctes. Dans  d'autre  cas,  les  deux  tubes  floraux 
accolés  ont  un  épiderme  externe  commun  sur 
tout  ou  partie  de  leur  longueur,  les  parenchymes 
sous-jacents  et  les  sépales  restant  indépendants. 
La  soudure  peut  s'étendre  au  parenchyme,  en 
même  temps  que  les  pièces  médianes  accolées 
vont  se  répartir  à  droite  et  à  gauche  donnant 
naissance  à  une  fleur  en  apparence  unique,  vue 
par  l'ouverture,  mais  double  encore  dans  la  partie 
profonde  La  cloison  médiane  peut  disparaître 
dans  toute  la  longueur,  ne  laissant  que  deuxbour- 


—  224  — 

relets  internes  indiquant  la  région  de  soudure. 
Enfin  ces  bourrelets  peuvent  faire  défaut  et  le  seul 
examen  du  tube  floral  est  insuffisant  pour 
affirmer  que  pareille  fleur  résulte  de  la  con- 
crescence de  deux  autres  fleurs 

Suivant  le  degré  de  concrescence,  les  pièces  du 
périanthe  peuvent  être  au  nombre  de  huit  dont 
deux  recouvrantes  dorsi-ventrales  et  six  latérales 
(fig.  3,  pi.  I)  ;  elles  peuvent  se  réduire  à  sept  par 
disparition  d'une  des  pièces  latérales,  soit  à  droite, 
soit  à  gauche  (fîg.  4,  pi.  I),  ou  à  six  toujours  par 
réduction  des  pièces  latérales  (fig.  5,  pi.  I),  et 
exceptionnellement  à  cinq  (fig  6,  pi  I).  Un 
périanthe  à  cinq  pièces  n'est  pas  toujours  le 
résultat  d'une  concrescence,  il  peut  provenir  d'une 
disjonction  comme  nous  le  verrons  plus  loin. 

La  réduction  en  nombre  des  pièces  du  périanthe 
entraîne  assez  souvent  une  inégalité  de  taille  par- 
ticulièrement pour  les  pièces  latérales.  Celles-ci 
sont  quelquefois  échancrées  en  leur  milieu  ou 
latéralement,  profondémentou  légèrement,  indices 
d'une  fusion  incomplète  entre  deux  pièces.  Autre- 
ment dit  entre  les  types  moyens  à  8,  7,  6  et  5  pièces 
on  peut  observer  de  nombreux  intermédiaires. 

La  concrescence  des  deux  tubes  floraux  est  en 
relation  avec  une  réduction  du  nombre  des  fais- 
ceaux libéro-ligneux  et  par  suite  des  étamines. 
Lorsque  le  périanthe  est  à  peu  près  régulier,  le 
nombre  des  étamines  est  généralement  double  du 
nombre  des  sépales  ;  comme  dans  le  cas  normal 
elles  sont  réparties  en  deux  étages  avec  alternance 
régulière  entre  les  étamines  inférieures  et  les  éta- 


—  225   - 

mines  supérieures  (fig.  3,  pi.  I).  Mais  souvent  aussi 
une  répartition  inégale  des  nervures,  leur  rappro- 
chement dans  les  régions  de  soudure  entraîne  des 
irrégularités  dans  le  nombre  et  la  répartition  des 
étamines.  On  pourra  observer  deux  étamines 
inférieures  sans  intercalation  d'une  étamine  supé- 
rieure (fig  4  et  5,  pi.  I),  ou  inversement  (fig.  6, 
pi.  I);  une  nervure  pourra  être  dépourvue  d'éta- 
mine  ffig.  6,  pi-  I)  ;  une  étamine  pourra  se  trouver 
à  mi-distance  entre  l'étage  supérieur  et  l'étage 
inférieur,  la  nervure  lui  donnant  naissance  se 
bifurquant  plus  haut  qu'à  l'ordinaire,  etc.  Ces 
variations,  diversement  combinées,  aboutissent  à 
un  èrand  nombre  de  formes  dont  il  suffit  de 
donner  un  aperçu. 

Le  plus  souvent  les  deux  ovaires  restent  séparés, 
et  lorsque  les  pièces  du  périanthe  sont  réduites  à 
cinq,  leur  double  présence  suffit  pour  affirmer 
qu'il  y  a  eu  concrescence.  Quelquefois  l'un  deux 
avorte  (fig.  4,  pi.  I).  il  n'est  plus  représenté  que 
par  une  lame  verte  légèrement  incurvée,  ne  por- 
tant aucun  ovule  et  terminée  cependant  par  un 
style  et  un  stigmate  normaux.  Exceptionnellement 
les  deux  ovaires  se  soudent  en  un  ovaire  unique 
renfermant  deux  ovules  (fig.  6,  pi  I)  ;  les  deux 
styles  très  rapprochés  sont  libres  et  les 
stigmates  sont  fusionnés  en  une  masse  unique. 

La  concrescence  peut  donc  s'observer  sur  tous 
les  verticilles  Elle  peut  même  avoir  lieu  entre  les 
pièces  du  périanthe  d'une  fleur  et  la  préfeuille 
d'un  autre  groupe,  comme  je  l'ai  observé  dans  un 
cas  où  le  rapprochement  des  organes  soudés  pro- 

15 


—  226  — 

venait  d'un  accident  de  croissance.  Le  rapproche- 
ment de  formations  jeunes  en  voie  de  développe- 
ment est  manifestement  la  cause  déterminante  de 
pareilles  soudures. 

Division  de  pièces  florales.  —  Assez  fréquemment 
l'une  des  pièces  latérales  du  périanthe  se  dédouble. 
Je  n'ai  jamais  observé  le  dédoublement  des  pièces 
dorsi-ventrales,  et  je  ne  l'ai  jamais  vu  simultané- 
ment sur  les  deux  pièces  latérales. 

Ce  dédoublement  est  plus  ou  moins  accusé.  Il 
peut  ne  se  révéler  que  par  l'existence  de  deux,  ou 
très  exceptionnellement  trois  dents  terminales 
(fig.  7,  pi.  I);  il  peut  être  plus  accusé  et  l'échan- 
crure  peut  atteindre  en  profondeur  l'échancrure 
séparant  deux  pièces  normales-  Les  deux  pièces 
résultant  d'une  division  sont  généralement  iné- 
gales (fig.  8,  pi.  I)  ;  elles  peuvent  être  de  même 
taille  et  atteindre  en  grandeur  les  pièces  normales 
(fig.  9,  pi.  I).  Un  périanthe  à  cinq  pièces  est  ainsi 
réalisé.  Il  pourrait  être  considéré  comme  résultant 
de  la  concrescence  de  deux  fleurs  ,  mais  si  l'ovaire 
est  unique  avec  un  seul  ovule,  on  est  autorisé  à 
admettre  qu'un  pareil  périanthe  résulte  de  la  dis- 
jonction d'une  pièce  normale,  puisqu'on  trouve 
tous  les  intermédiaires  entre  une  division  complète 
et  une  division  incomplète. 

A  ce  dédoublement  correspond  une  modification 
dans  la  nervation  et  dans  la  répartition  des 
étamines.  Lorsque  la  pièce  supplémentaire  est 
nettement  plus  petite  que  sa  congénère  le  nombre 
des  nervures  n'est  pas  modifié  et  l'androcée  com- 
prend quatre  étamines  supérieures  et  quatre  éta- 


-  227  — 

mines  inférieures.  Mais  déjà  une  nervure  supplé- 
mentaire apparaît  souvent  sans  toutefois  donner 
naissance  à  une  nouvelle  étamine  Lorsque  les 
deux  pièces  résultant  de  division  sont  sensible- 
ment égales  et  atteignent  en  taille  la  dimension 
des  pièces  normales,  on  a  généralement  dix 
nervures  avec  cinq  étamines  supérieures  et  cinq 
étamines  inférieures  (fig.  9,  pi.  I).  Une  éta- 
mine peut  avorter,  ou,  dans  cet  espace  resserré, 
une  étamine  peut  occuper  en  hauteur  une  place 
intermédiaire  entre  les  étamines  supérieures 
et  les  étamines  inférieures.  Comme  dans  les 
concrescences  entre  fleurs,  les  anomalies  par 
division  peuvent  donc  présenter  de  grandes  varia- 
tions. 

Fasciation.  —  La  dissymétrie  peut  encore  être 
réalisée  par  aplatissement  du  tube  floral  et  forma, 
tion,  latéralement,  d'une  échancrure.  Cette  échan- 
crure  peut  se  présenter  dans  l'intervalle  séparan^ 
deux  pièces  (fig.  10,  pi.  I),  mais  elle  peut  aussi 
se  produire  au  milieu  d'une  pièce  soit  recouvrante, 
soit  recouverte  et  dans  ce  cas  le  périanthe  paraît 
formé  de  cinq  sépales  (fig.  12,  pi.  I).  Elle  peut  être 
à  peine  ébauchée,  ou  s'étendre  jusqu'au  milieu  du 
tube  floral,  et  dans  certain  cas  atteindre  le  fond 
laissant  apercevoir  l'ovaire-  Les  bords  de  l'échan- 
crure  sont  épaissis  comme  le  sommet  des  sépales 
et  plus  fortement  colorés  en  vert  que  le  reste  du 
tube  ;  ils  s'étendent  latéralement  en  une  lame  plus 
ou  moins  accusée  et  présentent  souvent  vers  le 
haut  une  ou  deux  proliférations  qui  apparaissent 
comme  des  sépales  supplémentaires.  C'est  bien  là 


228 


une  fasciation  rappelant  celle  des  rameaux  par 
l'aplatissement  et  les  expansions  foliacées. 

La  nervation  des  pièces  bordant  l'échancrure  est 
généralement  modifiée.  L'élargissement  entraîne 
la  formation  de  nervures  supplémentaires  ;  la 
nervure  marginale  émet  sur  toute  sa  longueur  des 
ramifications  latérales  qui  se  rendent  aux  prolifé- 
rations (fig.  11,  pi.  I).  Le  nombre  des  étamines  est 
fréquemment  augmenté  bien  que  la  nervure  mar- 
ginale n'en  présente  jamais  ;  on  peut  observer 
cinq  étamines  supérieures  et  quatre  inférieures  ou 
inversement.  Quelquefois  il  y  a  réduction,  j'ai 
observé  plusieurs  cas  à  trois  étamines  supérieures 
et  quatre  inférieures. 

L'aplatissement  affecte  rarement  le  pédoncule, 
il  s'observe  plus  souvent  sur  l'ovaire  dont  la 
structure  n'est  cependant  pas  modifiée- 


* 
*  * 


2°  Daphne  Mezereum  L. 

Cette  espèce  est  moins  répandue  que  la  précé- 
dente en  notre  région.  Je  l'ai  récoltée,  dans  le  bois 
de  Saint-Aubin-d'Arquenay  où  elte  a  été  signalée 
par  F.  Gidon,  d'après  R.  Chevrel  (1),  dans  le  bois 
de  la  Londe,  à  Saint-Manvieu,  d'après  les  indica- 
tions de  M.  Sève  (2),    à    Lebisey,   dans  un    parc 

(1)  R.  Chevrel.  —  Plantes  rares  du  Calvados  et  principa- 
lement des  environs  de  Caen.  —  Bull,  de  la  Soc.  Lin.  de 
Normandie,  6'  sér.,  3*  vol. 

(2)  Sève.  —  Communication  à  la  Soc.  Lin.  —  Bull,  de  la 
Soc.  Lin.  de  Normandie,  séance  du  1er  mars  1920. 


—  229  — 

actuellement  en  friche  sur  la  droite  de  la  route  de 
Gaen  à  Lion-sur-Mer,  et  dans  les  bois  de  Yacognes 
en  bordure  de  la  route  de  Caen  à  Aunay-sur- 
Odon  ;  ces  deux  dernières  stations  n'ont  pas 
encore  été  signalées  et  peuvent  être  considérées 
comme  nouvelles- 

On  a  coutume  de  dire  que  les  fleurs  apparaissent 
avant  les  feuilles.  En  fait,  les  bourgeons  floraux 
se  développent  à  l'aisselle  des  feuilles  apparues 
l'année  précédente  comme  chez  le  D.  Laureola, 
mais  alors  que  ces  feuilles  persistent  tout  l'hiver 
dans  cette  dernière  espèce,  elles  tombent  dès 
l'automne  dans  le  D.  Mezereum  et  c'est  sur  une 
tige  nue  que  s'épanouissent  les  bourgeons  floraux; 
dans  un  cas  comme  dans  l'autre  le  bourgeon 
terminal,  dès  la  fin  de  l'hiver,  développe  de 
nouvelles  feuilles  en  même  temps  que  s'ouvrent 
les  fleurs  plus  bas  placées.  De  cette  particularité, 
feuilles  persistantes,  pouvant  remplir  un  rôle 
protecteur  pour  les  fleurs,  dans  un  cas,  feuilles 
caduques,  laissant  les  fleurs  à  découvert  dans 
l'autre,  on  peut  faire  dériver  toutes  les  différences 
qui  existent  entre  les  deux  espèces  tant  dans  le 
groupement  des  fleurs  que  dans  les  caractères 
floraux. 

Dans  le  D.  Mezereum,  chaque  bourgeon  floral  ne 
donne  naissance  qu'à  trois  fleurs,  rarement  quatre, 
à  pédoncule  très  court  divergeant  d'un  même 
point  :  c'est  une  ombelle,  presque  un  capitule. 
L'orientation  des  pièces  du  périanthe  par  rapport  . 
à  l'axe  de  l'inflorescence,  où  toujours  une  des 
pièces    recouvrantes    est    tournée    vers    cet   axe, 


—  230  — 

permet  d'assimiler  le  bouquet  de  trois  fleurs  à  un 
groupe  de  deux  fleurs  du  D.  Laureola.  Dans  le 
D.  Mezereum  la  grappe  est  donc  raccourcie,  elle 
est  réduite  à  un  seul  rameau,  toutes  les  fleurs,  peu 
nombreuses,  issues  d'un  même  bourgeon  sont 
ramassées  en  un  même  point. 

Gomme  dans  le  D.  Laureola,  chaque  inflores- 
cence porte  à  sa  base  six  à  sept  préfeuilles  ;  elles 
sont  petites,  imbriquées,  brunes,  scarieuses,  ciliées 
sur  leurs  bords  et  adaptées  à  un  rôle  protecteur 
pour  les  fleurs  en  formation. 

Le  périanthe,  réduit  à  une  seule  enveloppe,  est 
formé,  comme  dans  le  D.  Laureola,  de  quatre 
pièces  à  préfloraison  imbriquée  formant  un  tube 
où  les  organes  sexués  resteront  inclus.  Le  tube  est 
un  peu  plus  court,  les  pièces  sont  plus  largement 
étalées  dans  leur  partie  libre,  mais  ce  qui  caracté" 
rise  surtout  le  périauthe  c'est  sa  pubescence  e* 
sa  couleur. 

Il  est  couvert  de  poils  soyeux  de  2%  environ  de 
longueur.  Chacun  de  ces  poils  n'est  autre  qu'une 
cellule  épidermique  qui  s'est  allongée  vers  l'exté- 
rieur tout  en  restant  incluse  par  sa  base  dans 
l'épiderme  et  dont  les  parois  entièrement  cellulo- 
siques se  sont  fortement  épaissies  (fig.  1  et  2, 
pi.  II).  Ils  ont  même  origine,  même  forme, 
que  les  poils  de  la  tige  jeune  figurés  par  Van 
Tieghem  (1). 


(1)  Van  Tieghem.  —  Recherches  sur  la  structure  et  les 
affinités  des  Thyméléacées  et  des  Pénéacées.  —  An.  des 
Sciences  Naturelles,  1893;. 


—  231   - 

La  couleur  rouge  du  périanthe  réside  entière- 
ment et  uniquement  dans  Tépiderme  externe,  le 
parenchyme  sous-jacent  est  verdâtre  comme  chez 
D.  Laureola.  Dans  toutes  les  coupes  cet  épiderme 
se  détache  facilement  et  par  pression  entre  deux 
lames  de  verre  on  peut  l'isoler  en  lambeaux.  Un 
de  ces  lambeaux  vu  de  face  montre  un  fond 
uniformément  rouge  sur  lequel  les  cloisons  cellu- 
laires dessinent  en  clair  leur  réseau  ;  seules  les 
cellules  stomatiques  et  les  cellules  qui  se  pro- 
longent en  un  poil  sont  incolores. 

C'est  donc  sous  un  écran  rouge,  ne laissant  pas- 
ser que  des  radiations  principalement  calorifiques, 
doublé  d'un  revêtement  pileux  atténuant  la  perte 
de  chaleur  par  contact  et  rayonnement,  que  mûri- 
ront les  organes  sexués.  En  raison  de  leur  préco- 
cité, exposés  à  des  froids  assez  vifs  particulière- 
ment la  nuit,  sans  feuilles  pouvant  leur  servir  de 
tentes-abris,  ils  utilisent  au  mieux  les  quelques 
rayons  de  soleil  de  la  journée  et  se  préservent 
contre  le  froid  nocturne  au  moven  d'un  écran 
approprié 

Cette  protection  peut  n'être  pas  suffisante  ;  la 
présence  des  arbres  et  arbustes  voisins  vient  la 
renforcer.  C'est  dans,  les  taillis  broussailleux  que 
\  égèle  le  D.  Mezeream.  Lorsque  ces  taillis  ont  été 
partiellement  défrichés,  les  fleurs  tombent  à  peine 
entrouvertes.  C'est  ce  que  j'ai  observé  dans  le  parc 
de  Lcnisfey  où  tous  les  grands  arbres  ont  été 
abattus  et  où  il  ne  reste  plus  que  des  arbustes 
chétifs  ;  en  mars  de  cette  année  quelques  gelées 
mil    suffi    pour  tuer  toutes   les   fleurs  ;    sur  une 


—  232  — 

vingtaine  de  pieds  je  n'ai  observé  qu'une  seule 
fleur  développée  sous  le  couvert  des  jeunes  feuilles 
du  bourgeon  terminal.  Ceci  montre  à  la  fois  la 
sensibilité  de  ces  fleurs  à  la  gelée  et  la  nécessité 
d'appareils  protecteurs. 

Les  anomalies  florales  sont  plus  rares  que  chez 
D.  Laureola.  Sur  un  millier  de  fleurs  examinées, 
je  n'ai  observé  qu'une  vingtaine  de  cas  anormaux. 
J'y  ai  rencontré  des  concrescences  entre  fleurs  et 
des  fasciations.  Je  n'ai  pas  vu  des  dédoublements 
de  pièces  florales  mais  par  contre  j'ai  observé 
plusieurs  cas  de  réduction  dans  le  nombre  de  ces 
pièces.  C'est  encore  la  tendance  au  resserrement 
pour  ces  organes  précoces  et  frileux. 

Concrescences  entre  deux  fleurs-  —  Comme  dans 
le  D.  Laureola,  les  tubes  de  deux  fleurs  voisinent 
peuvent  s'accoler  sur  tout  ou  partie  de  leur 
longueur,  les  sépales  restant  distincts.  La  fusion 
peut  être  plus  complète,  les  deux  fleurs  n'ont  plus 
qu'une  ouverture  unique,  mais  une  cloison  de 
séparation  complète  ou  incomplète  persiste  à 
l'intérieur  du  tube  (fîg.  3,  pi.  II).  Les  deux  fleurs, 
enfin,  n'en  constituent  plus  qu'une  avec  un 
nombre  variable  de  pièces  dans  chaque  verticille. 

Le  nombre  des  sépales  peut  être  de  huit  ;  il  peut 
se  réduire  à  sept  (fig.  4,  pi.  II)  à  six  (fig.  o,  pi.  II) 
et  même  à  cinq.  Les  sépales  sont  généralement 
inégaux  ;  quelques-uns  peuvent  présenter  une 
échancrure  sur  leur  bord  libre  indiquant  une 
fusion  incomplète  (fig.  5,  pi.  II).  Les  faisceaux 
libéro-ligneux  non  seulement  subissent  une  réduc- 
tion en  nombre,  mais  ne  sont  plus  répartis  régu- 


—  233  — 

lièrement.  Il  en  résulte  une  répartition  irrégulière 
des  étamines,  leur  nombre  n'est  plus  en  rapport 
avec  celui  des  sépales,  des  étamines  apparaissent 
en  une  position  intermédiaire  entre  les  étamines 
supérieures  et  les  étamines  inférieurs,  etc.  Ce  sont 
là  des  variations  déjà  observées  et  rapportées  dans 
le  D.  Laureola. 

Concrescences  entre  pièces  d'une  même  fleur.  — 
La  soudure  de  deux  sépales  voisins  peut  être  plus 
ou  moins  accentuée.  Lorsqu'elle  est  incomplète 
l'une  des  pièces  est  seulement  échancrée  à  son 
sommet  (fig.  6,  pi.  II);  quand  elle  est  complète  on 
a  une  fleur  trimère  d'aspect  régulier.  Dans  quel- 
ques cas,  la  fusion  complète  ou  incomplète  s'opère 
simultanément  sur  deux  groupes  de  d^ux  sépales 
chacun  ;  le  calice  paraît  être  à  deux  lèvres. 

La  réduction  du  nombre  des  sépales  s'accom- 
pagne souvent  d'une  réduction  en  nombre  des 
'aisceaux  libéro-ligneux  et  par  suite  des  étamines  ; 
mais  cette  réduction  est  généralement  poussée 
moins  loin.  Voici  à  titre  d'exemple  les  formules 
florales  dans  quelques  cas. 

3S-f-4E  +  4e 
3  S  +  4  E  +  3  e 

3S  +  3E-f-4e 
3  S  +  3  E  +  3  e 
2  S  -f  3E  +  3ed) 

Fasciation.  —  Je  n'en  ai  observé  que  trois 
exemples.  Dans  l'un  (fig.  7,  pi  II)  une  large  échan- 

(1)  M.  B.  —  Je  désigne  par  E  les  étamines  supérieures  e1 
et  par  e  les  étamines  inférieures. 


234 


crure  latérale  existait  entre  deux  des  pièces  du 
périanthe  Le  bord  libre  d'une  de  ces  pièces  s'éta- 
lait latéralement,  l'épidémie  interne  avait  pris,  en 
cet  endroit  la  teinte  rouge  de  l'épiderme  externe. 
Bien  que  le  périanthe  eût  encore  quatre  pièces,  les 
étamines  étaient  réduites  à  six  dont  trois  supé- 
rieures et  trois  inférieures. 

Dans  les  deux  autres  cas  le  tube  du  périanthe 
présentait  deux  échancrures  opposées,  peu  pro- 
fondes dans  l'un  deux  (fig.  8,  pi.  II),  s'étendant 
jusqu'au  milieu  dans  l'autre  (fig.  9,  pi  II)  ;  le 
calice  était  nettement  bilabié.  Les  deux  lèvres 
étaient  inégales  et  dans  le  dernier  cas  la  lèvre 
supérieure  était  irrégulière  à  trois  dents  inégales 
et  portant  deux  étamines  supérieures,  une  étamine 
intermédiaire  et  une  étamine  inférieure  (fig.  10, 
pi.  II). 

* 
*  * 

La  cause  de  ces  anomalies  n'est  pas  toujours 
évidente. 

Les  cas  de  concrescence  entre  fleurs  peuvent 
s'expliquer  par  un  rapprochement  amenant  le 
contact  d'organes  jeunes  en  voie  de  croissance  ; 
c'est  une  sorte  de  greffe  comme  il  s'en  produit 
entre  rameaux. 

Les  cas  de  division  des  pièces  d'une  même 
fleur  ou  de  réduction  dans  le  nombre  de  ces  pièces, 
sont  en  relation  avec  le  diamètre  du  pédoncule 
floral  et  le  nombre  et  l'importance  relative  des 
faisceaux  libéro-ligneux  qui  le  parcourent.  Une 
nutrition  abondante  provoque  la  formation  d'un 


—  235  — 

pédoncule  plus  fort,  d'un  plus  grand  nombre  de 
vaisseaux,  d'une  nervation  différente  du  périanthe 
qui  retentit  et  sur  le  nombre  des  sépales  et  sur 
celui  des  étamines  (1). 

Quant  aux  fasciations,  elles  sont  dues  vraisem- 
blablement à  des  traumatismes  dont  il  est  diffi- 
cile de  préciser  la  cause.  Ce  que  l'ont  peut  affir- 
mer, c'est  qu'elles  ne  sont  pas  provoquées  par 
l'intervention  des  animaux.  On  a  signalé,  il  est 
vrai,  des  zoocécidies  sur  ieD.  Mezereum  et  sur  le 
D.  Laureola  G.  Houard  (2)  a  récolté  et  décrit  une 
diptérocécidie  sur  le  Daphne  Laureola;  elle  est 
causée  par  un  Cécidomyide,  le  Perrisla  daphne 
Kieff.  J'ai  rencontré  la  même  cécidie  sur  plusieurs 
pieds,  en  une  seule  station,  dans  un  petit  bois 
situé  près  de  la  vieille  église  de  Périer,  le  28  mars. 
La  floraison  était  presque  terminée.  La  déforma- 
tion ne  se  présentait  que  sur  les  jeunes  feuilles  du 
bourgeon  terminal  enroulées  sur  elle-mêmes, 
emboîtées  les  unes  dans  les  autres  et  sur  quelques 


(1)  N  B.  —  Je  n'entends  pas  me  prononcer  ici  sur  la 
question  de  l'origine  des  faisceaux  vasculaires,  ni  établir 
une  relation  de  cause  à  effet  entre  le  nombre  des  faisceaux 
de  l'axe  et  la  nervation  des  différentes  pièces  florales.  Ceci 
nécessiterait  des  recherches  organogéniques  que  je  n'ai 
point  faites.  Il  m'ap paraît  seulement  que  sous  l'effet  d'une 
végétation  plus  active,  un  méristème  terminal  plus  vigou- 
reux peut  présenter  un  plus  grand  nombre  de  mamelons 
foliaires,  ce  qui  se  traduit  finalement  par  un  plus  grand 
nombre  de  pièces  florales  avec  une  nervation  en  rapport. 

(2)  C.  Houard.  —  Sur  une  diptérocécidie  nouvelle  du 
Daphne  Laureola.  —  Marcellia  1905. 


—  236  - 

feuilles  plus  âgées  où  elle  déterminait  des  bour- 
souflures saillantes  vers  la  face  inférieure  ;  elle 

n'affectait  pas  les  organes  floraux-  Ce  n'est  pas  à 
cet  insecte  qu'il  convient  d'attribuer  la  cause  des 
fasciations  observées. 


EXPLICATION  DES  FIGURES 


Dans  tous  les  diagrammes  : 

1°  L'orientation  est  telle  que  les  pièces  recouvrantes 
sont  placées  latéralement  ;  l'axe  du  fascicule  floral  est 
donc  situé,  soit  au  milieu  lorsqu'il  s'agit  de  la  soudure 
des  deux  fleurs,  soit  sur  l'un  des  côtés  lorsqu'il  s'agit 
d'une  seule  fleur  ; 

2°  Le  cycle  externe  représente  les  étamines  inférieures, 
le  cycle  interne  représente  les  étamines  supérieures.  * 

Planche  I.  —  Daphine  Laureola 

fig.  1.  —  Périanthe  ouvert  et  étalé  montrant  la  ner- 
vation et  la  disposition  des  étamines. 

Fig.  2.  —  Coupe  transversale  et  médiane  de  l'ovaire 
avec  l'ovule,  (gr.  10  —  fig.  schém.).  p.  primine  ;  s. 
secondine  ;  n.  nucelle  ;  f.  gros  faisceaux  libéro-ligneux 
de  l'ovaire  qui,  en  se  rapprochant  et  en  se  recourbant 
dans  la  partie  supérieure,  ont  formé  le  faisceau  descen- 
dant f  du  raphé. 

Fig.  3,  4,  5,  6.  —  Diagrammes  montrant  divers  états 
de  concrescence  entre  deux  fleurs  :  le  nombre  et  la 
grandeur  relative  des  pièces  du  périanthe  est  variable  ; 
il  en  est  de  même  du  nombre  et  delà  répartition  des 
étamines  ;  il  y  a  généralement  deux  ovaires,  l'un  d'eux 
peut  être  atrophié  fig.  4,  ou  il  n'y  a  qu'un  seul  ovaire 
à  deux  ovules  fig.  6. 


—  237  — 

Fig.  7,  8,  9,  —  Diagrammes  de  fleurs  dont  une  des 
pièces  du  périanthe  s'est  dédoublée  :  en  7  la  pièce 
présente  trois  dents  :  en  8  elle  a  donné  naissance  à 
une  pièce  supplémentaire  petite  qui  en  9  a  pris 
l'importance  des  autres  avec  avortement  d'une  étamine 
inférieure. 

Fig.  10.  —  Diagramme  d'une  fleur  fasciée  ;  l'échan- 
crure  est  placée  entre  deux  pièces  du  périanthe. 

Fig.  il.  —  Partie  du  périanthe  de  la  lig.  10  étalée, 
montrant  la  nervation  sur  l'un  des  bords  de  l'échan- 
crure. 

Fig.  12.  —  Diagramme  d'une  autre  fleur  fasciée  ;  une 
des  pièces  recouvertes  est  largement  fendue. 

Planche  II.  —  Daphne  Mezereum 

Fig.  1.  —  Epiderme  externe  du  périanthe  vu  par  la 
lace  interne  avec  base  des  poils  p  et  stomate  s.  (gr.  210). 

Fig.  2.  —  Un  des  poils  du  périanthe.  (gr.  210). 

Fig.  3.  —  Coupe  transversale  an  niveau  des  étamines 
inférieures  de  deux  fleurs  dont  les  tubes  sont  soudés 
sans  être  confondus  (fig.  schématique^. 

F.  U  et  5.  —  Diagrammes  de  ileurs  anormales  résul- 
tant de  la  concrescence  de  deux  fleurs  voisines. 

Fig.  6.  —  Diagramme  d'une  fleur  réduite  à  trois  pièces 
par  soudure  de  deux  pièces  normales. 

Fig.  7.  —  Diagramme  d'une  fleur  fasciée  dont  l'échan- 
crure  atteignait  le  milieu  du  tube. 

Fig.  8  et  9.  —  Diagrammes  de  fleurs  fasciées  présen- 
tant deux  échancrures  opposées,  le  calice  présentant  de 
ce  fait  deux  lèvres  inégales. 

Fig.  10.  —  Pièce  supérieure  de  la  fleur  de  la  fig.  9 
vue  de  face  avee  sa  nervation  et  la  situation  intermé- 
diaire de  l 'étamine  droite  par  rapport  aux  étamines 
supérieures  et  aux  étamines  inférieures. 


DAPHNE  LAUREOLA.  —  Pl.  I 


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SÉANCE  DU  7  JUIN  1920 


Présidence  de  M.  le  Dr  Moutier,  président 


La  séance  est  ouverte  à  17  heures  et  demie  et  levée  à 
18  heures  45. 

Assistent  à  la  séance  :  MM.  Audigé,  Bigot,  Chemin, 
Le  Testu,  Lortet,  Mercier,  Dr  Moutier,  Sève,  Viguier. 

Par  suite  de  l'absence  de  M.  Bugnon,  Secrétaire  de 
séance,  la  lecture  du  procès- verbal  de  la  séance  de  mai 
est  renvoyée  à  la  séance  suivante. 

Correspondance.  — Le  Secrétaire  donne  communication 
de  passages  d'une  lettre  de  M.  Emile  Lignier,  fils  de 
notre  regretté  collègue,  qui  est  relative  à  la  notice  nécro- 
logique et  scientifique  qui  doit  être  insérée  dans  les 
publications  de  la  Linnéenne.  Des  renseignements  qui 
sont  donnés  par  les  botanistes  de  la  Faculté,  il  résulte 
qu'il  ne  reste  plus  qu'environ  150  exemplaires  de  la 
notice  que  Lignier  avait  fait  imprimer  pour  exposer  ses 
titres  et  travaux  à  l'occasion  de  sa  candidature  à  une 
chaire  au  Muséum  d'Histoire  Naturelle.  Ce  nombre  est 
insuffisant  pour  réaliser  le  projet  de  faire  de  cet  exposé 
de  titres  un  fascicule  des  Mémoires.  Il  est  décidé  qu'il 
sera  fait  avec  cet  exposé  de  titres,  précédé  de  la  notice 
nécrologique  que  doit  publier  notre  confrère  Chevalier, 
un  fascicule  hors  série,  sous  couverture  spéciale. 

Les  ouvrages  reçus  depuis  la  dernière  séance  sont 
déposés  sur  le  Bureau.  Le  Secrétaire  signale  un  impor- 
tant envoi  de  l'Académie  des  Sciences  de  Stockholm  et 
de  l'Académie  des  Sciences  de  Hollande. 


241 


Réunion  annuelle.  —  11  est  décide  que  la  Réunion 
annuelle  se  tiendra  le  dimanche  27  juin  à  Trévières 
(Calvados). 

Admission.  —  M.  Theriot,  Directeur  de  l'Ecole  supé- 
rieure de  garçons,  1,  rue  Dicquemare,  Le  Havre,  ancien 
membre  de  la  Société  est  admis  à  nouveau  comme 
membre  correspondant. 

Présentation.  —  M.  R.  Gaume,  licencié  ès-Sciences, 
5,  rue  Palatine,  Paris  (vie),  est  présenté  pour  devenir 
membre  correspondant  par  MM.  Viguier  et  Allorce. 

État  de  l'impression  du  Bulletin  de  1919.  -  Le  bon  à 
tirer  des  feuilles  8  à  12  a  été  donné  à  l'imprimeur.  Les 
auteurs  dont  les  noms  suivent  pourront  obtenir,  sur 
leur  demande,  les  tirés  à  part  correspondant  à  leurs 
communications  :  MM.  Gerbault,  Letacq,  Lemée. 

11  est  rappelé  à  cet  égard  aux  auteurs  que,  pour  avoir 
des  tirés  à  part  de  leurs  travaux  au  tarif  indiqué  sur  la 
couverture  du  dernier  Bulletin  paru,  il  est  nécessaire 
que  leur  commande  figure  sur  leur  manuscrit,  ou,  au 
plus  tard,  sur  les  épreuves  corrigées  qu'il  retournent 
au  Vice-Secrétaire. 

Comptabilité.  —M.  le  Président  fait  connaître  à  l'Assem- 
blée que  l'une  des  obligations  du  P  L  M,  n°  649  693,  fai- 
sant partie  de  l'avoir  de  la  Société,  est  sortie  au  dernier 
tirage  au  sort  et  se  trouve  remboursable,  impôt  déduit, 
à  la  somme  de  quatre  cent  quatre-vingt-douze  francs 
soixante-et-onze  centimes  (492  fr.  71). 

En  conséquence,  M.  Mazetier,  Trésorier  de  la  Société, 
est  autorisé  à  donner  quittance  de  la  dite  somme,  el  à 
en  faire  remploi  en  une  obligation  de  même  nature  et 
à  encaisser  la  différence. 

Dépôt  de  Travaux.  —  M.  l'Abbé  Letacq  adr         une 
Liste  des  Champignons  recueillis  aux  environs  dAl 
durant  les  mois  de  mars,  avril  et  mai  1920. 

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—  242 


COMMUNICATIONS 


(1)  Observations  anatomiques  et  biologiques  sur  le  genre 
«  Lathraîa  ».  Th.  de  la  Faculté  des  Sciences  de  Paris,  1920. 


M.  Mercier  signale  l'existence  de  trois  espèces 
de  Turbellariés  intéressantes  pour  la  Faune  du 
Département  du  Calvados  :  Rhynchodesmus  terres- 
tris  Leidy  (ïriclade  Terricola),  Polycelis  cornuta 
(Johnston)  (Triclade  Paludicola),  Planaria  gonoce- 
phala  Dugès  (Triclade  Paludicola;. 

M.  Chemin  offre  à  la  Société  un  exemplaire  de  son 
travail  sur  le  genre  Lathrœa  C*)  et  en  expose  les 
principales  conclusions. 

Les  Lathrsea,  plantes  souterraines,  sont  dépour- 
vues de  chlorophylle  et  incapables  d'en  acquérir 
par  exposition  à  la  lumière  ;  ils  vivent  entièrement 
en  parasites.  L'embryon  se  développe  au  dépens 
des  abondantes  matières  de  réserve  de  la  graine, 
et  donne  une  racine  avec  suçoirs  alors  que  toutes 
les  réserves  ne  sont  pas  absorbées  ;  il  n'y  a  pas  une 
phase  de  vie  libre. 

Les  suçoirs  se  développent  au  contact  d'un  corps 
étranger  ;  on  en  rencontre  sur  tous  les  organes 
souterrains  de  toutes  les  plantes  voisines,  et  sur 
les  organes  même  du  Lathraea  :  racine,  rhizome, 
écailles,  graines  ;  on  en  trouve  sur  des  organes  en 
décomposition  et  sur  des  corps  inorganiques-  Ils 
traversent  l'écorce,  pénètrent  dans  le  cylindre 
central  et  se  mettent  en  rapport  avec  les  vaisseaux 


—  243  — 

ligneux  de  la  plante-hôte.  Ils  n'ont  pas  la  struc- 
ture des  racines  ;  ce  sont  des  gonflements  latéraux 
dont  les  cellules  externes  possèdent  à  un  haut 
degré  des  propriétés  digestives  et  absorbantes.  Ici 
la  surface  absorbante  est  limitée  aux  points  de 
contact  avec  un  organe  étranger  où  le  parasite  pui 
sera  la  sève  minérale.  Le  suçoir  digère  et  absorbe 
également  les  matières  de  réserve  de  l'organe-hôlc 
et  en  particulier  l'amidon. 

Les  matières  absorbées  sont  élaborées  et  assi- 
milées ;  bien  que  sous  la  dépendance  de  son  hôte 
le  parasite  conserve  son  individualité.  L'énen. 
nécessaire  à  ces  transformations  ne  peut  provenir 
du  dehors,  elle  ne  peut  être  fournie  que  par  des 
oxydations.  Ces  oxydations  donnent  naissance  à 
des  déchets  qui  sont  éliminés  par  les  feuilles  : 
celles-ci  jouent  donc  le  rôle  d'organes  d'excrétion. 
Les  produits  rejetés  sont  utilisés  par  les  végétaux 
voisins  chez  lesquels  ils  déterminent  une  végéta- 
tion plus  active 

.  Les  Lathraea,  comme  tous  les  holoparasites,  sont 
des  organismes  essentiellement  destructeurs  de 
matière  organique.  Sous  ce  rapport  ils  se  compor- 
tent comme  des  animaux.  Dans  les  phénomènes 
de  la  vie,  entre  le  règne  végétal  et  le  règne  animal, 
il  y  a  de  nombreux  points  communs  comme  l'a 
montré  Claude  Bernard. 

M.  Chemin  montre  ensuite  des  échantillons  et 
signale  la  présence  : 

1°  de  Monotropa  Hypopilys  L  ,  clans  un  bois  de 
pins  sur  le  sommet  du  plateau  formant  la  rive 
gauche  de  l'Odon  à  hauteur  du  moulin  de  Clicuv. 


—  244  — 

Il  est  enfoui  dans  une  couche  d'humus  de  plus  de 
10  centimètres  et  s'enfonce  encore  profondément 
dans  un  sol  caillouteux  de  nature  gréseuse.  Il 
n'était  signaléjusqu'ici  que  dans  les  bois  deGrim- 
boscq  (Ghevrel),  au  Mont  de  Grisy  (C.  Houard)  et 
dans  les  bois  de  pins  de  Chicheboville-Bellengre- 
ville-Secqueville  (P.  Bugnon)  : 

2°  de  Neottia  Nidus-avis  Rich.,  dans  les  bois  de 
Mouen.  Il étaitpeu  abondant,  3  à  4  pieds  seulement 
Hardouin,  Renou  et  Le  Clerc  l'ont  signalé  dans 
l'arrondissement  de  Gaen  à  Maltot,   Feuguerolles, 
Mathieu,  Bures,  Troarn. 


L.  MERCIER.  —  Contribution  à  l'étude  de  la 
faune  du  département  du  Calvados.  (Tur- 
bellariés) . 


Je  signalerai  dans  cette  courte  note  l'existence 
de  trois  espèces  de  Turbellariés  intéressantes  pour 
la  faune  du  département  du  Calvados.  Ce  sont  : 
Rhynchodemus  terres  tris  Leidy  (Triclade-remco/ft), 
Polycells  cornuta  (Johnson)  {Tricldide-PaludLCola), 
Planaria  gonocephala  Dugès  (Triclade-PaMcofa). 

Rhynchodemus  terrestris  est  une  des  rares  espèces 
de  Planaires  terricoles  connues  en  Europe,  la 
plupart  des  formes  de  ce  groupe  habitent  les 
contrées  chaudes  de  l'Amérique,  de  l'Asie,  de 
l'Afrique  et  de  l'Océanie. 

J'ai   recueilli    une   douzaine   d'exemplaires  de 


—  245  — 

cette  Planaire,  fin  mars  et  commencement  avril, 
dans  la  mousse  humide  le  long  de  la  voie  ferrée 
entre  Luc  et  La  Chapelle  et  dans  le  bois  de  Dou- 
vres à  gauche  du  chemin  de  fer  en  se  dirigeant 
vers  Caen. 

Les  exemplaires  capturés  mesurent  de  10  à 
15  millimètres  de  longueur  à  l'état  de  demi- 
extension  :  dans  cet  état,  le  corps  est  épais  et 
arrondi  dorsalement.  La  face  dorsale  est  d'un  noir 
grisâtre,  la  face  ventrale  est  blanchâtre  et  forme 
une  sole  comparable  à  un  pied  de  limace.  L'animal 
est  recouvert  d'une  mucosité  abondante;  lorsqu'il 
se  déplace,  il  laisse  sur  son  passage  une  trace 
brillante  et  traîne  fréquemment  derrière  lui  un 
filament  muqueux  assez  long.  Par  ces  particula- 
rités, R-  terrestris  présente  de  curieux  caractères 
de  convergence  avec  les  petites  limaces  (Agrio- 
limax)  qui  vivent  dans  les  mêmes  parages.  Mais 
un  œil  quelque  peu  exercé  ne  s'y  trompe  pas,  et  à 
première  vue  distingue  facilement  ces  animaux 
les  uns  des  autres. 

D'après  Hallez(  1893)  (1),  R-  terrestris  est  commun 
dans  le  Nord  de  la  France  (Pas-de-Calais,  Somme, 
Nord)  ;  on  l'a  trouvé  également  en  Languedoc,  sur 
les  côtes  de  la  Méditerranée,  dans  les  Baléares, 
dans  les  environs  de  Wurzbourg,  en  Danemark  et 
en  Angleterre. 

J'ai  capturé  Polycells  cornata  et  Planaria  gonoce- 
phala  dans  la  rivière  la  Mue,  petit  affluent  de  la 

(1)  Hallez  —  Catalogue  des  Turbellariés  du  Nord  de  la 
France  et  de  la  côte  Boulonnaise.  [Revue  biologique  du  Nord 
de  la  France.  T.  5,  p.  145,  1893). 


—  246  — 

Seulies,  au  Moulineaux,  près  Fontaine-Henry, 
et  à  Reviers.  P.  cornuta  est  facilement  reconnais- 
sante grâce  aux  auricules  situées  de  chaque  côté 
de  la  tête  et  qui  lui  donnent  un  aspect  cornu  très 
caractéristique.  Les  exemplaires  que  j'ai  recueillis 
ont  une  coloration  extrêmement  variable  :  les  uns 
sont  dépigmentés,  les  autres  noirs,  mais  le  plus 
grand  nombre  présentent  une  coloration  d'un 
brun-roux  plus  ou  moins  foncé. 

L'étude  de  la  distribution  géographique  de 
P.  cornuta  et  de  P.  gonocephala  a  été  l'objet  de 
nombreux  travaux,  tant  en  France  qu'à  l'étranger 
et  particulièrement  en  Allemagne.  Ces  deux 
espèces  sont  des  formes  caractéristiques  des  eaux 
claires  et  courantes  ;  aussi  les  trouve-t-on  fréquem- 
ment dans  les  mêmes  régions  que  Planaria  alpina 
Dana.  Dans  les  ruisseaux  de  montagne  où  les  trois 
espèces  vivent  côte  à  côte,  P.  alpina  est  localisée 
au  bassin  de  la  source,  P.  cornuta  descend  un  peu 
plus  bas  et  P.  gonocephala  se  rencontre  plus  bas 
encore. 

Si  P.  alpina,  par  sa  distribution  géographique 
et  par  ses  caractéristiques  biologiques,  doit  être 
considérée,  dans  certaines  régions,  comme  un 
reliquat  de  la  période  glaciaire,  il  ne  saurait  en 
être  de  même  pour  P.  cornuta.  L'existence  de  cette 
espèce  dans  le  Calvados,  à  quelques  kilomètres  de 
la  côte  de  la  Manche,  nous  montre  qu'elle  est  très 
répandue  en  France  non  seulement  du  nord  au 
sud,  mais  encore  de  l'ouest  à  Test. 

(Laboratoire  de  Zoolooie  de  la  Faculté 
des  Sciences  de  Cae»), 


247  — 


Abbé  LETACQ.  —  Liste  de  Champignons 
recueillis  aux  environs  d'Alencon  durant 
les  mois  de  Mars,  Avril  et  Mai  1920. 


Le  très  doux  hiver  1919-20  suivi  d'un  printemps 
pluvieux  et  chaud  nous  a  valu  dans  la  végétation 
fongique  une  exubérance  rare  à  cette  saison  ;  les 
mycologues  ont  pu  faire  des  excursions  fruc- 
tueuses. Afin  de  ne  pas  abuser  du  papier,  je  me 
contente  de  donner  la  nomenclature  des  espèces 
recueillies  ;  je  laisse  de  côté  les  observations  faites 
sur  les  caractères,  les  affinités  ou  l'habitat  de  nos 
champignons. 

Amanita  rubescens  Pers  ,  Tricholoma  Georgli 
L'Ecl.,  T.  terreaux  Schaeff-  et  var.  scalptaratiun  Fr., 
Clltocybe  obbata  Fr.,  Laccaria  laccata  Scop-,  Hygro- 
pliorus  agasthomus  Fr-,  Omphalia  miircdis  Sow., 
0,velulina  Q.,  Pleurotus  conchatas  Bull.,  Lactarius 
subdulcls  Pers  ,  Russula  cyanoxantha  Schaeff.,  PUr 
tens  cervinus  Schaeff.  et  var.  eximias  Sund. ,  rigens 
Pers.,  excorians  Luc,  Enloloma  simiaium  Fr., 
E.  spéculum  Fr.,  E  clypeatum  L.,  Nolanea  Slauros- 
pora  Bres  ,  Pholiota  praecox  Pers.,  P.  sphalero- 
morpha  Bull  ,  P.  mutabills  Schaeff-,  Corlinarius 
satumimus  Fr.,  Inocybe  GaWardi  Gill.,  Hebeloma 
crusiuluniforme  Bull.,  Ftammula  ochrochlora  Fr., 
Naucoria  pusiola  Fr  ,  N>  semiorbicularis  Bull., 
Gâtera  rubiginosaFr..  G  hypnorum  var.  bryorum, 
G.  tenera  var.  antipa  Lasch.,  Bolbitius  viieltinas 
Pers.,  Crepidotus  mollis  Schaeff.,  Stropharia  slerco- 


—  248  — 

raria  Fr,,  S.  semiglohata  Batsch.,  S.  merdaria  Fr., 
Hypholoma  fasciculare  Huds.  et  var.  nanam  Gill., 
H.  suhlaleritiam  Schaeff ,  H.  Candolleanum  Fr-, 
H.  hydrophilum  Bull- ,  Coprinm  atramentarius  Bull., 
C.  micaceas  Bull-,  C.  ephemeroïdes  Bull-,  C  lagopus 
Fr.,  Panaeolas  campanulalusL-  et  var.  retirugis  Fr., 
Boletus  flaviis  Wilh.,  #.  edti//s  Bull  ,  /?.  pinicola 
Vent-,  B.  piperatus  Bull.,  5.  erythropus  Pers., 
B.  subtomentoslis  S.,  Polyporus  salfareus  Bull.,  P. 
ForquignoniQ.,  Meriilius  papyrinus  Bull-,  Trame  tes 
pini  Brot.,  Calyptella  muscicola  Fr.  —  Morchella 
esculenta  Bull.,  Mitrophora  ritnosipes  DC,  Helvella 
fusca  Gill.,  //.  monachélla  Fr.,  Acetabala  vulgaris 
Filk.,  Aleuria  vesiculosa  Bull.,  Sarcosphœra  eximia 
Lév-,  Mitrula paludosa  Fr. 


SÉANCE  DU  5  JUILLET  1920 

Présidence  de  M.  le  Dr  Mouïier,  président 

La  séance  est  ouverte  à  17  heures  30  et  levée  à 
18  heures  15. 

Y  assistent  :  MM.  Bigot,  Bugnon,  Le  Testu,  Lortet, 
Mazetier,  Dr  Moutier,  Sève,  Viguier.  M.  Drouet  a 
exprimé  par  lettre  ses  regrets  de  ne  pouvoir  encore  par- 
ticiper à  cette  réunion,  à  cause  de  son  état  de  santé. 

Les  procès-verbaux  des  deux  séances  précédentes 
(3  mai  et  8  juin)  sont  adoptés.  La  réunion  générale 
annuelle  qui  devait  se  tenir  le  27  juin  à  Trévières  n'a 
pu  avoir  lieu. 

Parmi  les  ouvrages  reçus  depuis  la  dernière  séance, 
le  secrétaire  signale  un  envoi  important  du  service  géo- 
logique des  Etats-Unis,  ainsi  que  les  Annales  de  la 
Société  entomologique  de  Belgique  pour  la  période 
U14-1919. 

Nécrologie.  —  Le  président  fait  part  de  la  mort  de 
notre  confrère,  M.  Renault,  professeur  au  Collège  de 
Fiers,  membre  correspondant  de  la  Société  depuis  1881. 

Le  secrétaire  rappelle  la  part  prise  par  Charles 
Renault  dans  la  découverte  du  minerai  de  fer  dans  le 
bassin  de  May.  C'est  dans  le  Bulletin  de  notre  Société 
(3e  sér.,  7e  vol.,  année  1882-1883)  qu'il  a  publié  son  étude 
stratigraphique  du  Cambrien  et  du  Silurien  dans  les 
vallées  de  l'Orne  et  de  la  Laize,  et  les  coupes  figurées 
dans  ce  travail  sont  devenues  et  restées  classiques. 

L'expression  des  vifs  regrets  de  la  Société  figurera  au 
procès-verbal  et  sera  transmise  à  la  famille  du  défunt. 

Admissions.  —  M.  R.  GAUMEest  admis  comme  membre 
correspondant  de  la  Société  à  la  suite  delà  présentation 
faite  au  cours  de  la  dernière  séance. 


—  250  — 

M.  Hédiard,  directeur  des  Services  agricoles  du 
Calvados,  rue  Saint-Martin,  il.  est  présenté  par 
MM.  Chemin  et  Viguier  pour  devenir  membre  résidant 
de  la  Société.  Son  admission  est  aussitôt  mise  aux  voix 
et  prononcée. 

COMMUNICATIONS 

M-  Bugnon  donne  lecture  des  deux  notes 
suivantes  : 

Vbbé  LETAGQ  et  E.-L.  GERBAULT-  —  Sur  plu- 
sieurs Névroptères  Planipennes  de  la 
Haute-Sarthe. 

Nous  avons  entrepris  l'inventaire  des  Névrop- 
tères latissimo  sensu)  de  la  région  que  nous  habi- 
tons. 

Nous  avons  communiqué  à  la  Société  des  Amis 
des  Sciences  Naturelles  de  Rouen  une  liste  des 
Odonates  qui  fait  partie  des  «  Matériaux  pour 
servir  à  la  Faune  Entomologique  du  département 
de  l'Orne  et  des  environs  d'Alençon  »  publiés  sous 
la  direction  de  M.  Letacq  ;  ce  catalogue  est  suivi 
d'un  tableau  dichotomique  lequel  permettra  aux 
chercheurs  locaux  une  facile  et  prompte  détermi- 
nation de  ces  superbes  et  intéressants  insectes.  Le 
tout  paraîtra  dès  que  les  circonstances  le  per- 
mettront 

Nous  donnons  aujourd'hui  le  résultat  de  quatre 
années  de  recherches  sur  plusieurs  familles  de 
névroptères  planipennes. 


—  251  — 

Panorpides.  Panorpa  vulgaris  Imh.  et  Labr.  est 
commun  partout,  de  mai  en  août,  dans  les  haies 
et  les  bois  ;  plusieurs  formes  sont  très  distinctes 
par  la  maculature  des  ailes.  Panorpa  communis  L. 
est  beaucoup  moins  répandu  ;  même  station, 
même  saison. 

Les  Panorpa  cognata  Rambur.  et  Panorpa  germa 
nica  Linné  sont  rares  et  peut  être  locaux,  nous  ne 
possédons  du  premier  qu'une  femelle  prise  à 
Fresnay-sur-Sarthe  en  juillet  et  du  second  que 
deux  mâles  pris  à  la  Chatterie,  sur  Assé-le-Boisne, 
Sarthe,  en  juin.  Le  Panorpa  alpina  Rambur.  est  à 
rechercher  :  il  doit  être,  s'il  existe,  rare  et  local. 

Millet,  dans  sa  Faune  du  Maine-et-Loire,  indique 
dans  sa  région  relativement  voisine  de  la  nôtre, 
le  Panorpa  communis  (détermination  à  contrôler). 

I 

Le  R.  P  Longinos  Xavas,  dans  sa  liste  de  névro- 
ptères  parue  en  mars  191 1  dans  la  Feuille  des  Jeunes 
Naturalistes,  d'après  les  captures  faites  aux  envi- 
rons de  Saint-Nazaire  par  M.  G.  Revelière.  cite  les 
P.  communis,  vulgaris,  germanica.  Plus  au  Sud. 
dans  TOuest  encore,  à  Niort,  M.  Joseph  Lacroix 
cite  le  P.  communis  var.  aperta  Lacroix,  var.  Cou- 
loni  Lacroix,  var.  sécréta  Lacroix  ;  P.  germanica 
var.  sécréta  Lacroix.  P.  communis  aperta  est  indi- 
quée dans  le  Calv  :dos.  (Les  variétés  de  M.  Lacroix 
sont  fondées  sur  les  variations  des  taches  de  l'aile  : 
In  Insecta,  (mars  1913  .  M.  J.  Lacroix  cite  Je  cognata 
comme  «  peu  abondant  ».  11  ne  parle  pas  du  val- 
garis  (Feuille  des  Jeunes  Naturalistes  :  Contribu- 
tion à  l'étude  des  Névroptères  de  France,  février 
et  mars  1914). 


—  252  — 

Le  docteur  Laboulbène  rencontra  le  5  août  1882 
dans  le  Sud  de  la  Mayenne,  à  Saint-Denis-d'Anjou, 
une  éclosion  de  Bitlacus.  Il  soumit  ces  insectes  à 
Mac  Lachlan,  le  célèbre  neuroptérologiste  anglais, 
qui  reconnut  le  Bittacus  tipularius  Fabricius.  Il  y 
eut  un  écho  de  la  trouvaille  du  Dr  Laboulbène  aux 
Bulletins  d'août  et  de  septembre  1882  de  la  Société 
Entomologique  de  France. 

M  Gerbault  au  commencement  de  juillet  1917 
recueillit  un  exemplaire  unique  de  cet  insecte  à 
Assé-le-Boisne  (Sarthe)  à  l'endroit  dit  la  Cohue, 
loin  de  tout  point  d'eau.  L'insecte  est  de  toutes 
façons  rare  et  peut  être  local  dans  nos  limites. 

Est  à  rechercher  le  Bittacus  Hagenl  Brauer  qui, 
s'il  existe,  est  encore  plus  rare. 

Millet  (/.  c.)  indique  seulement  le  tipularius  et 
encore  avec  un  point  de  doute  :  des  communica- 
tions lui  ont  été  faites,  mais  il  ne  l'a  pas  vu. 

J.  Lacroix  (/.  c.)  a  trouvé  le  tipularius  dans 
les  Deux-Sèvres  ainsi  que  M.  Gelin  ;  M.  Lacroix 
annonce  avoir  rencontré  le  Hageni  plus  au  Sud, 
dans  l'Ouest,  près  de  Royan. 

Le  Boreus  hiemalis  L.  dont  certains  entomolo- 
gistes font  le  prototype  d'une  famille,  les  Boréides, 
est  à  rechercher  dans  nos  limites. 

Sialides.  La  famille  des  Sialides  est  représentée 
par  le  Sialis  lutaria  L-,  très  commun  d'avril  en 
juillet. 

Sialis  fuliginosa  Pictet  est  à  rechercher. 

Les  Raphidia,  que  certains  auteurs  récents  rap- 
portent à  la  famille  des  Raphidiides,  sont  repré- 
sentés chez  nous  par  le  Raphidia  ophiopsis  Geer. 


253 


dont  M.  Letacq  possède  plusieurs  exemplaires  de 
la  forêt  d'Ecouves,  dans  les  endroits  humides.  Cet 
insecte  n'a  pas  été  trouvé  au  Sud  d'Àlençon  ;  il 
semble  assez  rare. 

Millet  (/.  c.)  indique  comme  seuls  Semblides 
(Sialides)  le  Raphidia  ophiopsis  Geer,  qu'il  dit  assez 
commun,  et  le  Semblis  (Sialis)  lutaria  L.,  signalé 
comme  très  commun 

Longinos  Navas  (/.  c.)  cite  seulement  le  Sialis 
lutaria.  Ni  l'un,  ni  l'autre  de  ces  auteurs  n'indique 
le  Sialis  fuliginosa,  dont  M.  J.  Lacroix  prétend 
avoir  pris  plusieurs  rares  exemplaires  dans  les 
Deux-Sèvres.  Le  fuliginosa  est  assez  commun  en 
Belgique  (Lameere,  Faune  de  Belgique,  II,  p.  219); 
cet  insecte  paraît  en  somme  devenir  rare  dans 
l'Ouest, 

Les  Osmylines  de  la  famille  des  Hémérobiides  sont 
représentées  par  YOsmylus  chrysops  Linn-  (==  ma- 
culatus  Fabricius),  un  bel  insecte,  relativement 
gros  (envergure  40-50  rnill.)  qui  n'est  pas  rare  le 
long  des  cours  d'eau. 


Abbé  LETACQ.   —    Superposition    de    deux 
Psalliotes  Psalliota  campestris,L. 


Notre  confrère  M.  Raoul  Le  Sénéchal  m'a  envoj  <; 
ces  jours  derniers  un  très  curieux  échantillon  de 
cette  espèce  recueilli  au  Merlerault  (Orne)  ;  il  pré- 
sente deux  champignons  exactement  superposes 
l'un  à  l'autre  par  le  chapeau. 


—  254  — 

Le  champignon  inférieur  s'est  développé  d'une 
façon  normale;  le  chapeau  mesure  6  centimètres 
de  diamètre  et  le  pied  muni  de  son  anneau  4  cen- 
timètres de  longueur.  La  couleur  du  pied,  du  cha- 
peau, des  lamelles  et  de  la  chair  n'a  rien  qui  les 
distingue  du  type. 

Le  champignon  supérieur  est  de  proportions 
beaucoup  moindres;  le  chapeau  n'a  que  4  centi- 
mètres de  diamètre  ;  les  lamelles  et  la  chair  sont 
de  couleur  normale,  mais  les  lamelles  ne  sont  pas 
contigûes  au  pied,  réduit  lui-même,  par  suite  de 
l'insuffisance  d'alimentation,  à  un  petit  moignon 
ayant  6  millimètres  de  longueur  sur  :i  d'épaisseur. 

Les  deux  champignons  se  sont  développés  en 
même  temps  ;  la  chair  est  continue  et  la  cuticule 
commune.  L'étranglement  qui  marque  la  limite 
entre  les  deux  chapeaux  mesure  2  cent.  5  de 
diamètre 

M.  H.  Pierre  a  décrit  et  figuré  un  fait  à  peu  près 
semblable  observé  sur  le  Russula  olivacea  Schœf. 
Bull.  Soc.  mycol.  Fr.,  T.  XXXIV  (1918),  p.  74.  Moi- 
même  j'ai  vu,  il  y  a  quelques  années,  dans  les  bois 
de  l'Isle  près  d'Alençon  un  Gortinaire  présentant 
une  anomalie  du  même  genre,  mais  le  champi- 
gnon était  trop  vieux  pour  être  bien  déterminé  et 
décrit  d'une  façon  précise;  voilà  pourquoi  je  ne 
l'avais  pas  signalée. 

* 
*  * 

M.  Viguier  fait  une  communication  relative  à 
une  Guttifère,  Rheedia  Laka  Viguier  et  Humbert, 
dont  il  présente  des  échantillons  fleuris,  et  qui 


2X\  — 


constitue  le  type  d'une  section  nouvelle  du  genre 
Rheedia. 

M.  Sève  indique  qu'une  station  importante  de 
Jasione  montana  L.  et  de  Dianthus  prolifer  L.  s'est 
constituée  aux  portes  de  Caen,  à  Cormelles,  sur 
du  ballast  siliceux. 

M.  Moutier  signale  l'abondance  de  la  variété  à 
fleurs  blanches  de  la  Bourrache  en  un  point  de 
Louvigny,  près  Caen. 


René  VIGUIER  et  Henri  HUMBERT.  —  Le  Rhee- 
dia Laka. 

Nous  avons  donné  le  nom  de  Rheedia  Laka(\) 
à  un  arbre  malgache  dont  nous  avions  récolté  les 
échantillons  dans  la  forêt  d'Analamazaotra  En 
l'absence  de  fleurs,  la  présence  de  deux  sépales  à 
la  base  du  fruit  ainsi  que  l'organisation  de  la 
graine,  nous  avaient  permis  d'attribuer  au  genre 
Rheedia  la  nouvelle  espèce  en  question. 

Un  herbier  forestier  important  a  été  recueilli 
l'an  dernier,  dans  cette  même  forêt  d'Analama- 
zaotra, par  les  soins  de  M.  Thouvenot  et  adressé, 
par  M.  Fauchère,  au  Muséum  de  Paris.  M.  Lecomte 
a  très  obligeamment  mis  à  notre  disposition  ces 
échantillons  et  nous  avons  retrouvé  parmi 
eux  des  exemplaires  fleuris  de  notre  espèce  dont 

(1)  R.  Yiguier  et  H.  Humbert.  {Bull.  Soc.  Bot.  France), 
4e  sér.,  T.  XIV,  p.  131,  1914. 


—  256  — 

nous  pouvons  ainsi  compléter  la  description  (2). 

Les  inflorescences  forment  des  sortes  d'ombelles 
à  4-6  fleurs  axiliaires,  à  pédoncules  très  courts  ou 
presque  nuls  ;  elles  peuvent  se  développer  après 
la  chute  de  la  feuille  axillante. 

Les  fleurs  sont  unisexuées  et  les  nouveaux  échan- 
tillons ne  comportent  que  des  fleurs  mâles.  Le 
pédïcelle,  de  4  à  6  %  de  longueur,  est  articulé  à  la 
base,  glabre;  les  deux  sépales  sont  concaves  orbi- 
culaires,  légèrement  apiculés  au  sommet,  subco- 
riaces, de  5  %  environ,  et  montrent  des  lignes 
noires  de  glandes  internes.  La  corolle  est  composée 
de  4  pétales  en  deux  paires.  Les  pétales  externes 
recouvrent  largement  les  internes  et  sont  arrondis, 
presque  tronqués  au  sommet  tandis  que  les 
internes  sont  obtus  ;  ils  sont  plus  petits  que  les 
sépales,  blancs,  à  peu  près  égaux,  striés  eux  aussi 
de  glandes  noires. 

L'androcée  est  formé  de  quatre  faisceaux  d'éta- 
mints  ;  chaque  faisceau  est  une  sorte  de  lame 
oblongue  épaisse,  couverte,  sur  les  deux  faces 
aussi  bien  que  sur  les  côtés,  d'une  multitude  de 
petites  anthères  sessiles  à  déhiscence  transverse 
ou  oblique. 

Le  centre  de  la  fleur  est  occupé  par  un  pistillode 
épais,  dilaté  au  sommet,  en  forme  de  chapeau  de 
champignon;  le  pied  en  est  subquadrangulaire  et 
le  chapeau,  qui  recouvre  les  étamines,  se  présente, 
vu  de  face,  comme  un  rectangle  de  2  X  1  %• 

(2)  Ils  portent  le  n°  110  Thouvenot,  lévrier  1910,  (fl.),  Ana- 
lamazaotra;  Fauchère  comm. 


257 


Ce  type  d'organisation  florale  est  intéressant, 
car  il  était  inconnu  dans  le  genre  Rheedia. 

Les  monographes  des  Guttifères  considèrent 
comme  rapprochés  les  genres  Ochrocarpus,  Gar- 
cinia  et  Rheedia  ;  le  genre  Ochrocarpus  est  carac- 
térisées) par  ses  fleurs  à  calice  entièrement  clos, 
gamosépale  jusqu'au  sommet,  à  étamines  répar- 
ties également  tout  autour  de  l'ovaire  ou  diverse- 
ment soudées  en  faisceaux,  ainsi  que  par  ses 
graines  dont  l'embryon  est  pourvu  de  deux  gros 
cotylédons  bourrés  de  réserves  et  plus  ou  moins 
soudés  par  leur  face  interne- 
Dans  les  deux  autres  genres,  c'est  la  tigelle  qui, 
tuberculisée,  constitue  la  masse  de  l'embrvon, 
tandis  que  les  deux  cotylédons  sont  réduits  à  l'état 
de  minuscules  écailles  presque  avortées  ;  on  dis- 
tingue essentiellement  les  Rheedia  des  Garcinia 
par  les  fleurs,  à  deux  sépales  libres  sur  presque 
toute  leur  longueur  et  quatre  pétales  dans  les  pre- 
miers, et  à  quatre  ou  cinq  sépales  et  pétales  dans  les 
seconds  ;  de  plus,  les  étamines  des  Garcinia  sont 
presque  constamment  soudées  en  faisceaux  ou  en 
masse,  tandis  que  celles  des  Rheedia  sont  distri- 
buées également  autour  de  l'ovaire. 

L'intérêt  particulier  qui  s'attache  au  Rheedia  Laka 
réside  dans  ce  fait  que  le  calice  est  organisé  comme 
celui  de  tous  les  Rheedia  et  que  l'androcée  est  du 
type  Garcinia;  cette  espèce  réalise  ainsi  un  terme 
de  transition  entre  les  deux  genres. 

(3)  R.  Viguier  et  H.  Humbert.  Observations  sur  quelques 
Guttifères  malgaches.  Rev.  gèn.  Bot.  T.  XXV  bis,  p.  629,  (1914)- 

17 


—  258  — 

Il  y  a  donc  lieu  de  distinguer  deux  sections  dans 
le  genre  : 

Tetradelpha  nov.  sect.  :  Etamines  disposées 

en  quatre  faisceaux  (Rheedia  Laka)  ; 
Eurheedia  nov.  sect.  :  Etamines  libres  situées 
également  tout  autour  de  l'ovaire  (les 
autres  espèces). 

Si  on  veut  bien  se  souvenir,  d'autre  part,  que 
certains  Rheedia,  comme  le  R.  mangorensis  R.  Vig. 
et  H.  Humb.,  ont  deux  petites  bractées  appliquées 
contre  les  sépales  et  alternant  avec  eux,  et  que 
certains  Garcinia  ont  été  décrits  comme  avant  les 
deux  sépales  externes  plus  petits  que  les  internes, 
on  peut  se  demander  si  l'organisation  florale  n'est 
pas  identique  dans  les  deux  cas  :  les  petites 
bractéoles  situées  sous  le  calice  dans  la  fleur  de 
certains  Rheedia  et  les  sépales  externes,  plus  petits, 
de  certains  Garcinia  ont  la  môme  valeur.  Nous 
croyons  donc  que  le  monographe  qui  voudra  re- 
prendre l'étude  des  espèces  de  ces  deux  genres  sera 
conduit  à  n'admettre  que  le  seul  genre  Garcinia; 
notre  intention  n'étant  pas  de  faire  ce  travail  de 
révision,  nous  préférons  nous  en  tenir  à  la 
distinction  habituelle. 

* 
*   * 

Nous  ajouterons  que,  dans  la  même  forêt  d'Ana- 
lamazaotra,  les  indigènes  Bezanozano  désignent 
sous  le.  nom  de  Laka,  une  autre  espèce  de  Guttifère 
qu'ils  confondent  probablement  avec  la  précé- 
dente ;  des    échantillons   de    cet    autre  Laka   se 


—  25Ô  — 

trouvent  également  dans  la  collection  Fauchère  (1). 

Par  son  port,  la  forme  de 'ses  feuilles,  la  plante 
ressemble  au  Rheedia  Laka,  mais  à  première  vue, 
on  peut  constater  que  les  fleurs,  beaucoup  plus 
grosses,  de  15  %  de  diamètre,  ont  le  calice  gamo- 
sépale clos  des  Ochrocarpus  :  une  fleur  ouverte 
montre  que  les  étamines  sont  en  quatre  faisceaux, 
caractère  propre  aux  espèces  de  la  section  Para- 
garcinia. 

Nous  avons  comparé  cette  plante  aux  échantil- 
lons authentiques  des  0.  decipiens  H.  Bn.  et 
0.  multiflorus  0.  Hoffm.;  les  différences  signalées 
entre  ces  deux  espèces  sont  assez  importantes 
d'après  les  diagnoses,  mais  s'atténuent  singuliè- 
rement quand  on  compare  les  échantillons  ;  les 
feuilles  sont  de  même  taille;  elles  seraient  obtuses 
ou  émarginées  au  sommet  dans  YO.  maltiflorus , 
brièvement  acuminées  dans  YO.  decipiens  ;  or,  le 
premier  a  des  feuilles  atténuées,  obtuses  au  som- 
met, mais  parfois  nettement  pourvues  d'un 
acumen  ;  Y  Ochrocarpus  maltiflorus  aurait  des  fleurs 
plus  grosses,  un  ovaire  avec  un  style  bref  couronné 
par  un  stigmate  capité,  tandis  que  YO.  decipiens 
aurait  des  fleurs  plus  petites,  des  étamines  soudées 
en  plus  de  quatre  faisceaux  ;  en  comparant  les 
fleurs  de  ces  deux  espèces,  on  constate  qu'elles 
offrent  les  plus  grandes  ressemblances  :  la  taille 
plus  réduite  des  fleurs  de  YO.  decipiens  semble  ne 
tenir  qu'à   leur  développement    moins    avancé, 


(1)  Thouvenot,  n°  127,  février  1919,  (fi.).  Analamazaotra ; 
Fauchère  comm. 


2tfO 


certaines  pouvant  avoir  à  peu  près  le  même  dia- 
mètre ;  les  étamines,  de  plus,  étaient  groupées  en 
quatre  faisceaux  dans  une  fleur  disséquée;  enfin, 
nous  avons  vu  un  pistillode  en  chapeau  de  cham- 
pignon, et  non  un  ovaire  dans  YO.  multiflorus  ;  il 
ne  reste  que  des  différences  secondaires  notam- 
ment dans  la  forme  du  pistillode,  organe  avorté, 
et  qui  peuvent  être  individuelles  ;  les  pédicelles, 
presque  nuls  et  les  pédoncules  plus  grêles  de 
YO.  decipiens  doivent  vraisemblablement  s'allon- 
ger dans  le  développement  ultérieur,  l'exemplaire 
connu  n'ayant  que  des  fleurs  jeunes.  Il  est  préfé- 
rable de  réunir  sous  le  nom,  plus  ancien,  d'O. 
decipiens  ces  deux  prétendues  espèces- 

La  plante  d'Anamalazaotra  ne  diffère  guère  des 
précédentes  que  par  ses  feuilles  :  le  pétiole  épais 
mesure  environ  10  %  de  longueur  et  le  limbe, 
oblong  ou  obovale,  atténué  à  la  base,  est  largement 
arrondi  au  sommet,  maisv  n'est  ni  acuminé,  ni 
même  obtus  ;  il  est,  en  outre,  plus  coriace  ;  ses 
dimensions  les  plus  grandes  sont  90X4-0  %. 

Nous  considérons  ce  Laka  comme  une  simple 
variété  de  YO.  decipiens  :  ce  sera  la  variété  rotun- 
datus  nov.  var.  (5). 

(5)  Folia  oblonga,  v.  obovata  apice  rotundala. 


SÉANCE  DU  8  NOVEMBRE  1920 

Présidence  de  M.  le  D1  Moutier,  président 

La   séance    est  ouverte  à  17  heures  30  et  levée    à 
18  heures  45. 
Y  assistent  :  MM.  Bigot,  Bugnon,  Chemin,  Dr  Gidon, 

LORTET,   MAZETIER,  MERCIER,  DrM0UTIER,  POISSON,  SÈVE, 
VlGUIER. 

Les  ouvrages  reçus  depuis  la  dernière  séance  sont 
nombreux,  les  Sociétés  correspondantes  de  l'étranger 
reprenant  peu  à  peu  leurs  envois.  Le  secrétaire  signale 
en  particulier  un  deuxième  envoi  de  la  Société  d'Histoire 
naturelle  de  Fribourg-en-Brisgau. 

Correspondance.  —  Le  secrétaire  annonce  qu'il  a  reçu 
de  notre  confrère,  M.  Chevalier,  la  notice  biographique 
d'Octave  Lignier.  Cette  notice  sera  soumise  a  l'examen 
de  la  Commission  d'impression,  qui  doit  se  réunir  pro- 
chainement pour  étudier,  d'autre  part,  l'importante 
question  de  l'impression  des  publications  de  la  Société. 

Nécrologie.  —  Le  président  fait  part  delà  mort  récente 
de  notre  confrère,  M.  Œhlert,  correspondant  de  l'Ins- 
titut ;  le  savant  directeur  du  Musée  de  Laval  était 
membre  honoraire  de  la  Société  depuis  1897.  Les  regrets 
de  la  Société  seront  inscrits  au  procès-verbal. 

Distinctions  honorifiques.  —  Le  président  invite  la 
Société  à  se  joindre  à  lui  pour  féliciter  chaleureusement 
nos  nouveaux  confrères,  MM.  Hédiard  et  Warcollier, 
qui  viennent  d'être  nommés  chevaliers  de  la  Légion 
d'honneur.  Cette  distinction  n'est  que  la  juste  récom- 
pense des  éminents  services  qu'ils  ont  rendus  pendant 
la  guerre. 


—  262  — 

Présentation.  —  M.  A.  Davy  de  Virville,  rue  Crossar- 
dière,  40,  à  Laval  (Mayenne)  est  présenté  par  MM.  Viguier 
el  Bugnon  pour  devenir  membre  correspondant  de  la 
Société. 

Dépôt  de  travaux.  —  M.  Viguier  remet  entre  les  mains 
du  secrétaire  un  manuscrit  de  M.  Allorge  intitulé  : 
Contribution  à,  l'étude  de  la  flore  normande,  etM.  Mazetier, 
un  manuscrit  de  M.  Antoine,  intitulé  :  Notes  entomo- 
logiques. 

COMMUNICATIONS 

M.  Mercier  fait  une  communication  relative  à 
des  formes  nouvelles,  rares  ou  intéressantes  de 
Diptères  de  la  Faune  du  Calvados  et  présente  les 
échantillons  correspondants. 

A  propos  des  remarques  que  les  mœurs  de 
YAnopheles  maculipennis  Meig.  ont  suggérées  à 
M.  Mercier,  M-  le  Dr  Moutier  expose  les  observa- 
tions que  sa  longue  carrière  médicale  lui  a  permis 
de  faire  sur  le  paludisme  en  Normandie  ;  il 
rappelle  également  les  faits  relatifs  aux  épidémies 
de  suette  miliaire. 

Le  Dr  F.  Gidon  communique  sur  le  même  sujet 
un  ensemble  de  faits  qu'il  a  résumés  comme  suit  : 
la  région  de  Troarn  a  offert  encore  assez  récem- 
ment des  foyers  d'endémie  paludéenne.  On  disait, 
il  y  â  trente  ans,  que  le  bourg  de  Saint-Samson, 
sur  une  hauteur,  était  indemne,  mais  qu'on 
prenait  la  fièvre  assez  souvent  dans  les  prés  du 
fièvre  paludéenne  était  encore  assez 
répandue  vers    1850  dans  la   vallée    d'Aure.    Le 


—  263  — 

Dr  Gidon  père  en  fut  atteint,  dans  sa  jeunesse,  à 
Colombières,  près  de  Trévières.  Le  DrF.  Gidon  a 
souvent  entendu  sa  grand'mère,  née  au  même 
lieu  en  1815,  parler  de  la  «  fièvre  tremblante  » 
comme  d'une  maladie  extrêmement  répandue  de 
son  temps  dans  cette  région,  quoique  sans  gravité. 
On  attribua  la  diminution  de  sa  fréquence  à  des 
travaux  entrepris  à  une  certaine  époque  à  Isigny, 
et  qui  eurent  pour  effet  d'empêcher  la  marée  de 
refouler  l'eau  de  l'Aure  inférieure.  On  trouverait 
des  renseignements  pour  le  xvme  siècle  dans  la 
«  Collection  d'observations,  etc..  »  de  Lépecq  de 
la  Clôture,  qui  exerça  la  médecine  à  Caen,  puis  à 
Rouen,  et  qui  a  conservé  beaucoup  de  renseigne- 
ments sur  les  épidémies  rurales  de  toute  nature 
ayant  eu  lieu  à  cette  époque.  Vers  1770,  Caen  était 
une  localité  palustre,  avec  fièvres  tierces,  doubles- 
tierces  et  quotidiennes.  A  propos  de  Lépecq  de  la 
Clôture,  le  Dr  F.  Gidon  signale  son  ouvrage 
comme  une  des  sources  à  consulter  sur  les  «  fon- 
taines »  ayant  existé  dans  le  périmètre  urbain  de 
Caen,  pour  l'époque  intermédiaire  à  celle  de 
Daniel  Huet  et  à  celle,  beaucoup  plus  récente  de 
Dufeugray,  qui  n'a  pas  connu  l'ouvrage  de 
Lépecq. 

M.  Chemin  fait  ensuite,  en  son  nom  et  au  nom 
de  M.  Hédiard,  une  communication  relative  à  la 
Cuscute  du  Lin  dans  le  Calvados,  avec  présenta- 
tion d'échantillons  parasités  et  de  graine  de  lin 
commerciale  mélangée  d'une  assez  forte  propor- 
tion de  graines  du  parasite. 

M.  Chemin  présente  d'autre  part  une  collection 


—  264  — 

d'algues  marines  récoltées  par  dragage  sur  la  côte 
de  Luc-sur-Mer,  au  cours  de  l'été  1920- 

M.  le  Dr  Moutier  fait  passer  sous  les  yeux  des 
membres  présents  une  petite  coquille  fossile  bien 
conservée  de  Patella,  trouvée  dans  le  Bradfprdien 
de  Giberville,  une  coquille  soiariforme  inconnue 
provenant  du  même  niveau  et  une  coquille  de 
Hyalinia  septentrionalis. 


L.  MERCIER.  —  Faune  du  Calvados.  —  Dip- 
tères (Formes  nouvelles,  rares  ou  intéres- 
santes). 

L'étude  des  Diptères  du  département  du  Calvados 
présente  un  double  intérêt.  Tout  d'abord,  le  voi 
sinage  de  la  mer  permet  la  capture  de  formes  très 
spéciales,  comme  celles  recueillies  par  notre 
regretté  collègue  Chevrel  (1),  et  dont  la  biologie, 
pour  beaucoup,  est  imparfaitement  connue.  En 
raison  du  rôle  de  régulateur  de  température  que 
joue  la  mer,  il  est  également  intéressant  de 
rechercher  l'influence  que  peut  avoir  son  voisi- 
nage sur  la  répartition  géographique  de  certaines 
espèces. 

Si  maintenant,  nous  envisageons  le  côté  pratique 

(1)  Chevrel.  —  Sur  un  Diptère  marin  du  genre  Clunio  Hal. 
{Arch.  zool  exp.,  3°  S.  T.  2.  1894,  p.  583). 

Scopelodromus  isemerinus.  Genre  nouveau  et  espèce  nou- 
velle de  Diptères  marins  {Arch.  Zool.  exp.,  4' S.  T.  1,  1903' 

M). 


—  265  — 

de  cette  étude,  il  me  suffira  pour  montrer  son 
intérêt  de  rappeler  que  beaucoup  de  Diptères 
jouent  un  rôle  très  important  dans  la  propagation 
de  certaines  maladies  microbiennes  de  l'Homme 
et  des  Animaux,  que  beaucoup  également,  s'atta- 
quent aux  Végétaux.  Or,  dans  le  Calvados,  pays 
d'élevage  et  de  grande  culture,  ces  questions  ne 
sauraient  nous  laisser  indifférents. 

Je  me  propose  dans  cette  note  de  signaler  la 
capture  d'un  certain  nombre  d'espèces  de  Diptères 
nouvelles,  rares,  ou  dont  la  présence  est  pratique- 
ment intéressante  à  connaître. 


Lucina  fasciata  Meig. 

Deux  exemplaires  capturés  en  fauchant  sur  les 
Graminées,  le  long  de  la  dune,  à  Bernières-sur- 
Mer,  le  17  septembre  1920- 

Lucina  fasciata  Meig.  est  un  Diptère  de  la 
famille  des  Muscidae  connu  surtout  du  sud  de 
l'Europe.  Sa  capture  dans  le  nord-ouest  de  la 
France  pourrait  faire  songer  tout  d'abord  à  une 
migration  récente  à  mettre  en  parallèle,  par 
exemple,  avec  celle  de  Mantis  religiosa.  Mais  cette 
hypothèse  doit  être  abandonnée  quand  on  sait 
que  l'existence  de  cet  Insecte  a  été  signalée  en 
Irlande.  Lucina  fasciata,  par  sa  distribution  géo- 
graphique, appartient  donc  à  la  faune  dite  «  faune 
lusitanienne  »,  c'est-à-dire  à  cette  faune  préglaciaire 
qui  s'étendait  du  Portugal  à  l'Irlande  alors  que 
celle-ci  n'était  pas  encore  séparée  du  continent. 


—  266  — 

Œdoparea  (Heteromyza-Heterostoma)  buccata  Fall. 

Nombreux  exemplaires  capturés  tout  le  long  de 
la  côte  de  Oyestreham  à  Courseulles- 

0.  buccata  (Muscidae)  est  considéré  par  Yer- 
bury  (1)  comme  une  forme  marine.  En  effet,  cette 
espèce  ne  s'éloigne  pas  de  la  côte  où  on  la  capture 
soit  sur  les  paquets  d'Algues  rejetés  par  le  flot, 
soit  en  fauchant  sur  les  herbes  du  bord  des  dunes 
ou  des  falaises. 

Cette  mouche  est  considérée  comme  très  rare  et 
cela  est  dû,  sans  doute,  ainsi  que  me  l'écrivait 
M.  le  Dr  Villeneuve,  à  ce  qu'elle  est  «  une  bête 
<(  d'hiver  qui  échappe  aux  dilettantes  de  la  belle 
«  saison  ».  A  Luc,  0.  buccata  était  très  abondante 
en  décembre  1919,  janvier  et  février  1920. 

0.  buccata  existe  en  Angleterre  (Yerbury)  et  à 
Helgoland  (Schiner). 

Cœlopa  eximia  Stenh. 

Cœlopa  eximia  me  paraît  être  également  une 
espèce  localisée  à  la  côte.  J'en  ai  capturé  deux 
exemplaires  l'un  en  mai  1919,  l'autre  en  jan- 
vier 1920,  en  retournant  des  paquets  d'Algues 
rejetés  parle  flot.  L'espèce  vivait  là  en  compagnie 
de  Cœlopa  frigida  Fall.  et  de  C.  pilipes  Hal. 

Gadeau  de  Kerville  (2)  a  capturé  cette  Muscidae 

(1)  Yerbury.  —  Seashore  Diptera.  Journal  of  the  Marine 

Biological  Association,  New  Séries.  Vol.  XII,  n*  1,  1919,  p.  141- 

de  Kerville.   —  Recherches   sur  les  faunes 

marine  et   maritime  de   la  Normandie,   3*   voyage,    Paris, 

Baillière,  1901,  p.  205. 


-  267  - 

qu'il  considère  comme  rare  à  Omonville-laRogue 
(Manche)  dans  les  fleurs  de  Silène  inflata  Sm.,  au 
bord  de  la  mer  en  juin  1899.  Schiner  l'indique 
de  Suède  et  d'Angleterre. 

Platycephala  planifions  F. 

Un  exemplaire   capturé    en    fauchant  sur    les 
herbes,  dans  la  prairie  de  Colleville  en  août  1920. 
Cette  Muscidae  est  assez  rare. 

Porphyrops  discolor  Zett. 

Deux  exemplaires  capturés  à  Bernières-sur-Mer 
en  fauchant  sur  les  herbes,  dans  la  prairie,  en 
arrière  de  la  dune,  le  16  août  1920. 

Cette  Dolichopidae,  aux  couleurs  métalliques, 
est  une  espèce  nouvelle  pour  la  France.  Elle  a  été 
décrite  pour  la  première  fois  par  Zetterstedt  sur 
des  exemplaires  provenant  de  Laponie. 

Les  deux  individus  que  j'ai  capturés  sont  dans 
la  collection  duDr  Villeneuve. 

Rhyphus  punctatus  F. 

Un  exemplaire  capturé  à  Bernières,  en  fauchant 
sur  les  herbes,  dans  la  prairie,  en  arrière  de  la 
dune,  le  16  août  1920. 

Espèce  beaucoup  plus  rare  que  Rhyphus  fenes- 
tralis  Scop  que  l'on  capture  fréquemment  dans 
les  appartements,  voletant  contre  les  vitres. 

Rhyphus  punctatus,  d'après  Schiner,  serait  une 
forme  commune  dans  les  régions  montagneuses. 


—  268  — 

Anophèles  maculipennis  Meig. 

L'existence  d'Anophèles  maculipennis  Meig.,  le 
principal  vecteur  du  paludisme  en  Europe,  est 
bien  connue  dans  le  Calvados.  Si  je  signale  la 
présence  de  ce  Diptère,  c'est  surtout  en  raison  des 
circonstances  particulières  qui  accompagnèrent 
sa  capture, 

Au  cours  d'une  excursion  à  Golleville(août  1920) 
mon  attention  fut  attirée  par  un  habitant  de  cette 
localité  sur  le  fait  suivant  :  ce  ses  lapins  étaient 
«  saignés  à  blanc  par  des  Moustiques  qui,  durant 
«  le  jour,  se  tenaient  immobiles  à  la  face  inférieure 
«  du  toit  du  clapier.  » 

La  voracité  des  Moustiques  était  telle  que  le  pro- 
priétaire avait  dû  transporter  dans  un  nouveau 
local  de  jeunes  lapereaux  qui  s'amaigrissaient  à 
vue  d'oeil.  En  vain  il  avait  tenté  de  détruire  les 
Moustiques  en  les  brûlant  à  la  flamme  d'une 
lampe.  Après  capture  des  Moustiques,  je  reconnus 
qu'il  s'agissait  d' Anophèles  maculipennis  Meig. 

L'existence  de  cette  espèce  de  Diptère  à  Golle- 
leville  ne  doit  pas  surprendre  qui  connaît  la  topo- 
graphie de  la  région  et  en  particulier  l'existence 
des  marais. 

Mais  les  rapports  des  Anophèles  et  des  Lapins 
me  remirent  en  mémoire  des  observations  très 
intéressantes  de  mon  savant  collègue  Roubaud(l), 

-  Antagonisme  du  bétail  et  de  l'homme  dans 
la  nutrition  sanguine  de  Y  Anophèles  maculipennis. 

Le  rôle  antipaludique  du  bétail  domestique.  Compt.  Rend 
Acad.  Se,  T.  169,  1919,  p.  483. 


—  269  — 

observations  qu'il  est  bon,  je  crois,  de  répandre 
et  de  faire  connaître. 

Roubaud  a  constaté  que  les  Anophèles  piquent 
avant  tout  le  bétail,  exceptionnellement  l'Homme. 
Par  ordre  de  préférence,  ils  recherchent  en  pre- 
mier lieu  les  Porcs,  puis  viennent  les  Bovins,  les 
Chevaux,  les  Chèvres  et  Moutons,  les  Lapins,  les 
Chiens  Aussi  Roubaud  admet  que  dans  nos 
régions  «  le  bétail  domestique  joue  un  rôle  anti- 
«  paludique  de  premier  ordre  en  fixant  sur  lui 
«  l'immense  majorité  des  Anophèles  ». 

Cette  affirmation  est  pleinement  confirmée  par 
l'observation  que  j'ai  faite  à  Colleville,  car,  bien 
que  le  clapier  en  question  fût  contigu  à  l'habita- 
tion de  son  propriétaire,  celui-ci  ne  s'est  nulle- 
ment plaint  d'être  piqué  par  les  Anophèles.  Ces 
derniers  préféraient  les  Lapins. 

Mais  si  les  Lapins,  inconsciemment  il  est  vrai, 
protégeaient  leur  maître,  celui-ci  les  défendait 
bien  mal  En  effet,  ainsi  que  Roubaud  l'a  constaté, 
la  population  anophélienne  d'un  local  donné  se 
renouvelle  chaque  nuit  en  raison  du  rythme  d'ac- 
tivité crépusculaire  de  l'espèce. 

Il  était  donc  illusoire  de  tenter  de  faire  dispa- 
raître les  Anophèles  du  clapier  en  brûlant  ceux  qui 
s'y  trouvaient  de  jour,  car  la  nuit  suivante  ils 
étaient  remplacés. 

Slomoxys  calciirans  L. 

Exemplaires  capturés  en  fauchant  sur  les  herbes 
à  Courseulles,  le  18  juillet  1920. 

Cette  Muscidae  sanguicole  est  caractérisée  par  sa 


—  270  — 


grande  trompe  très  semblable  à  celle  des  Glossines 
ou  Tsétsés,  principaux  agents  de  transmission  des 
trvpanosomoses  animales  et  humaines  en  Afrique. 
S.  calcitrans  pique  l'Homme  et  les  Animaux  et 
peut  être  également  un  dangereux  agent  de  trans- 
mission de  maladies  microbiennes. 

{Laboratoire  de  Zoologie.  Faculté  des  Sciences  de  Caen.) 


E.  CHEMIN  et  L  HÉDIARD.  —  La  Cuscute  du 
Lin,  Cuscula  Epilinum  Weihe,  dans  le 
Calvados. 

HISTORIQUE 

De  Brébisson,  dans  sa  flore,  signale  le  Cuscuta 
Epilinum  parasite  sur  le  lin,  la  cameline.  à  Falaise 
et  Vassy.  Hardouin,  Rcmou  et  Leclerc,  rapportent 
l'observation  de  de  Brébisson,  et  Corbière  ne  fait 
qu'ajouter  que  ce  parasite  est  très  rare  en  Nor- 
mandie et  y  est  introduit  avec  le  lin  de  Riga. 

Le  petit  nombre  des  observations  faites  dans  le 
Calvados  tient  à  ce  que  la  culture  du  lin  n'y  a 
jamais  été  fort  importante.  Un  document  statis- 
tique trouvé  aux  archives  départementales  montre 
cependant  qu'en  1855  ce  textile  occupait  331  hec- 
tares dans  le  département,  dont  133  dans  l'arron- 
dissement de  Lisieux  et  151  dans  celui  de  Vire,  en 
particulier  dans  le  canton  de  Vassy  Le  lin  était 
alors  produit  pour  alimenter  les  industries  exis- 
à  Lisieux  et  à  Vire,  et  qui  ont  disparu  depuis. 


—  271  — 

Il   était  presque  inexistant  dans   les  arrondisse- 
ments de  Baveux,  Caen  et  Falaise. 

En  1893,  malgré  les  encouragements  accordés 
à  la  culture  du  lin,  en  vertu  de  la  loi  du  13  janvier 
1892,  les  ensemencements  n'ont  porté  que  sur  48 
hectares.  D'autre  part  les  statistiques  agricoles 
annuelles  n'enregistrent  plus  que  15  hectares  de 
lin  en  1900  et  8  hectares  en  1910.  Peu  à  peu  le  lin 
était  donc  ahandonné  par  les  cultivateurs  du 
Calvados. 

En  1911  une  famille  belge  loue  une  ferme  à 
Cagny,  près  de  Caen,  et  y  installe  un  rouissage- 
teillage.  Cette  cause,  ainsi  que  plusieurs  autres, 
provoquent  une  légère  reprise  de  la  culture  du  lin, 
dont  les  ensemencements  annuels  varient  de  1911 
à  1915  entre  21  et  48  hectares. 

Depuis  1916  l'extension  a  été  plus  rapide,  sous 
l'impulsion  de  cours  plus  élevés  dus  à  l'absence 
totale  des  lins  russes  et  momentanée  des  lins 
belges,  aux  besoins  créés  par  la  guerre,  et  les  sur- 
faces cultivées  passent  à  : 

87  hectares  en  1916 

150        —        —  1917 

168        —        —  1918 

332        —        —  1919 

pour  atteindre  environ 

400  hectares  en  1920. 

Mais  la  distribution  géographique  est  tout  autre 
qu'autrefois.  La  culture  du  lin  est  aujourd'hui 
pratiquée  surtout  dans  les  plaines  de  labours  des 
arrondissements  de  Caen  et  Falaise. 

Ce  nouvel  et  rapide  développement  de  la  pro- 


272 


duction  du  textile,  dans  une  période  où  furent 
négligés  les  soins  à  donner  aux  semences  et  aux 
cultures;  devait  être  favorable  à  la  réapparition  de 
la  Cuscute  dans  le  Calvados. 

Le  parasite  n'a  été  remarqué  à  nouveau 
qu'en  1920.  Il  nous  a  été  signalé  de  divers  côtés  au 
début  de  juillet,  dans  l'arrondissement  de  Caen  et 
nous  1\  avons  observé,  d'une  part  dans  la  région 
de  la  côte  (communes  de  Tailleville,  Dernières, 
Saint-Aubin-sur-Mer  et  Douvres),  d'autre  part  dans 
le  canton  de  Boiirguébus  (communes  deFontenay- 
le-Marmion,  Poussy,  Bourguébus). 

Certains  champs  furent  totalement  envahis, 
notamment  chez  M-  Ecalard,  à  Fonte  nayle-Mar- 
mion.  Le  parasite  n'existait  pas  partout  aussi 
abondamment.  Dans  de  nombreux  champs  parais- 
sant indemnes  on  pouvait  à  peu  près  touj  ours  en 
découvrir  quelques  individus-  Nous  avons  constaté 
en  tous  cas  que  la  présence  ou  l'absence  de  Cuscute 
était  liée  à  l'origine  de  la  semence. 

CARACTÈRES 

La  tige  est  filamenteuse,  peu  ramifiée,  elle 
s'étend  moins  en  surface  que  Cuscuta  Epilhymum 
Murr.  ;  elle  est  légèrement  verdâtre,  ce  qui  explique 
qu'avant  la  floraison  elle  peut  passer  inaperçue- 
Son  enroulement  est  senestre  ;  elle  enserre  forte- 
ment les  tiges,  pétioles  ou  fruits  qui  sont  à  sa 
portée;  aux  points  de  contact  elle  se  renfle  et 
envoie  dans  la  plante  nourricière  de  nombreux 
suçoirs. 


—  273  — 

Elle  ne  s'attaque  pas  seulement  au  lin,  Nous 
l'avons  observée  fréquemment  avec  suçoirs  adhé- 
rents et  bien  développés  sur  la  Cameline,  Camelina 
saliva  Fr.  (autre  plante  autrefois  cultivée  dans  le 
Calvados  et  réintroduite  comme  impureté  de  la 
semence  de  lin),  sur  Sinapis  arvensis  L  ,  Convol- 
vulus  arvensis  L.,  A nagallis arvensis  L.,  Ranunculus 
bulbosus  L.,  Papaver  Rhœas  L.,  Cirsium  arvense 
Scop  ,  divers  Chenopodium  et  Polygonum;  nous 
l'avons  vue  décrire  quelques  tours  despire  autour 
d'un  rameau  d'Equisetum  arvense  L.  On  peut  dire 
qu'elle  se  fixe  sur  toutes  les  plantes  qu'elle  peut 
rencontrer  et  si  elle  ne  s'observe  que  là  où  le  lin 
est  cultivé  elle  ne  s'attaque  pas  uniquement  à  ce 
dernier. 

Les  fleurs  apparaissent  en  juillet.  Elles  sont 
groupées  en  glomérules  de  5  à  10  fleurs  non  pédi- 
cellées,  serrées  les  unes  contre  les  autres  ;  à  la  base 
de  chaque  glomérule  se  trouve  une  bractée  trian- 
gulaire. Les  fleurs  sont  régulières,  du  type  5,  calice 
charnu,  corolle  urcéolée,  étamines  incluses, 
écailles  petites  digitées,  ovaire  à  deux  loges  avec 
deux  ovules  dans  chaque  loge,  deux  styles  et  deux 
stigmates  un  peu  plus  courts  que  l'ovaire. 

Le  fruit  mûrit  en  même  temps  que  celui  du  lin. 
Galice  et  corolle  ont  persisté  et  se  sont  desséchés. 
L'ovaire,  également  desséché,  s'ouvre  par  pression 
suivant  un  cercle  irrégulier  transversal  voisin  de 
la  base  ;  la  calotte  supérieure  se  détache,  empor- 
tant et  laissant  échapper  les  graines.  Celles-ci  sont 
arrondies,  bossuées,  de  1  %  environ  de  diamètre, 


18 


—  274  — 

et  de  couleur  terreuse  ;  souvent  les  deux  graines 
d'une  même  loge  restent  accolées. 

SUÇOIRS 

Les  suçoirs  sont  des  renflements  de  la  tige  qui 
pénètrent  à  l'intérieur  de  l'hôte.  On  peut  y  distin- 
guer extérieurement  des  replis  préhenseurs  dont 
les  cellules  épidermiques  se  sont  allongées  per- 
pendiculairement à  la  surface  pour  former  des 
papilles  adhésives  et  intérieurement  le  cône  de 
pénétration.  Ce  cône  n'a  généralement  pas  la 
forme  massive,  à  contour  régulier,  se  terminant 
en  pointe  qu'a  vu  et  figuré  Chatin  (l):  la  figure 
donnée  d'après  Sachs  par  Engler  et  Prantl  (2)  est 
plus  exacte.  Il  s'étale  largement  à  la  surface  des 
masses  ligneuses,  et  ses  éléments  latéraux  péné- 
trent dans  les  parenchymes  corticaux  et  libériens 
en  se  dissociant  et  prenant  ainsi  la  forme  en  pin- 
ceau. Au  centre  du  cône,  on  observe  des  files  de 
trachéides,  cellules  légèrement  allongées  à  parois 
lignifiées  réticulées,  en  relation  avec  les  vaisseaux 
de  la  tige-mère  et  s'étendant  jusqu'à  l'extrémité  du 
suçoir. 

Les  suçoirs  semblent  attirés  par  les  faisceaux 
libéro-ligneux  de  l'hôte.  Sur  une  tige  d'Anagallis 
arvensis  les  suçoirs  se  fixent  aux  angles  vis-à-vis 
d'un  faisceau  libéro-ligneux  dont  ils  atteignent 


G.  À.   Ghatin.  —  Anatomie  comparée  des  végétaux, 
Paris,  1862. 

(2).  Engler  et  Prantl.         Die  natùrlichen  Pflanzenfami- 
lien,  4»  part.,  3  a. 


—  275  — 

facilement  le  bois  sans  le  pénétrer.  De  même,  sur 
un  pétiole  de  Convolvulus  arvensis,  un  suçoir  s'était 
développé  sur  la  saillie  formée  par  l'un  des  bords 
et  s'était  dirigé  vers  un  des  petits  faisceaux  libéro- 
ligneux  latéraux. 

Sur  Ranunculus  bulbosiis,  c'est  encore  générale- 
ment aux  angles  de  la  tige,  vis-à-vis  des  gros 
faisceaux  libéro-ligneux,  que  les  suçoirs  se  déve-* 
loppent.  Mais,  une  gaine  continue  de  scléren- 
chyme  entourant  chaque  faisceau,  le  suçoir  ne 
peut  pénétrer  dans  le  liber  ou  se  mettre  en  contact 
avec  les  vaisseaux  ligneux,  et  il  s'étale  dans  le 
parenchyme  des  rayons  médullaires.  Le  même  cas 
se  présente  sur  les  siliques  de  Sinapis  arvensis  où 
les  suçoirs  sont  fréquents.  Souvent  des  fibres 
cellulosiques  ou  ligneuses  viennent  former 
obstacle  à  la  pénétration.  Lorsque  le  liber  est 
seulement  coiffé  d'un  paquet  de  fibres  soit  cellu- 
losiques comme  dans  les  tiges  de  Sinapis  arvensis 
soit  lignifiées  comme  dans  les  tiges  de  Camelina 
saliva,  les  suçoirs  contournent  ces  îlots,  pénétrent 
latéralement  dans  les  faisceaux  et  s'étendent  dans 
le  liber  et  à  la  surface  du  bois.  Si  les  fibres  forment 
autour  du  liber  un  anneau  presque  complet,  la 
pénétration  est  plus  difficile  Dans  le  lin,  où  les 
fibres  sont  cellulosiques  et  où  l'anneau  s'amincit 
par  places  et  présente  des  lacunes,  la  pénétration 
dans  le  liber  est  la  règle  à  peu  près  générale  Dans 
le  Convolvulus  arvensis,  où  les  fibres  sont  également 
cellulosiques,  nous  avons  observé  quelques  suçoirs 
qui  s'étaient  infléchis  sur  l'anneau  et  s'étaient 
épanouis  dans  le  parenchyme  cortical  seulement. 


—  276  - 

Enfin,  là  où  l'anneau  extra-libérien  est  scléreux, 
épais  et  continu,  comme  dans  Cirsium  arvense  et 
Papaver  Rhœas,  il  n'est  pas  perforé  par  le  suçoir 
qui  s'aplatit  contre  lui  et  reste  dans  l'écorce. 

La  pénétration  est  due  à  une  action  digestive 
comme  l'a  montré  M.  Mirande  (1)  pour  d'autres 
espèces  du  même  genre.  Les  cellules  parenchyma- 
teuses  à  parois  minces  sont  facilement  perforées 
et  leur  contenu  digéré;  collenchyme  et  scléren- 
chyme  à  parois  plus  épaisses  ne  sont  pas  atteints. 
Nous  avons  observé  sur  le  lin  des  fibres  cellulo- 
siques en  contact  avec  le  suçoir  dont  les  parois 
étaient  amincies  et  affaissées,  à  lumen  plus  grand; 
elles  n'avaient  pas  été  perforées  cependant.  Il  est 
vraisemblable  que  l'amincissement  n'était  pas  dû 
à  une  action  digestive  du  parasite,  mais  à  un 
défaut  de  nutrition  de  la  fibre  provoqué  par  la 
présence  de  celui  ci  L'affaissement  résultait  mani- 
festement de  la  pression  des  éléments  du  suçoir. 
La  même  particularité  s'observe,  mais  beaucoup 
plus  rarement,  sur  les  éléments  ligneux.  Dans  tous 
les  cas  cette  action  est  toujours  très  localisée- 

Laction  à  distance  du  parasite  sur  l'hôte  est 
très  faible  ;  au  contact  du  suçoir  les  éléments  de 
l'hôte  n'ont  subi  aucune  modification  apparente  ; 
les  réserves  figurées,  telles  que  l'amidon,  sont 
encore  intactes.  Les  papilles  adhésives  n'exercent 
aucune  action  visible  sur  les  cellules  superficielles 
de  l'hôte  ;  elles  obturent  quelques  stomates  et  par 
là  diminuent  l'intensité  des  échanges  gazeux. 

VI.  Mirande.    —  Recherches  physiologiques  et  anato- 
miques  sur  les  Cuscutacées  Th.  Paris  1901. 


—  277  - 

En  résumé,  le  parasite  recherche  dans  tous  les 
cas  la  région  de  l'assise  génératrice  libéro- 
ligneuse  ;  lorsqu'il  n'y  peut  parvenir  il  se  nourrit 
aux  dépens  des  parenchymes.  Nous  n'avons  jamais 
remarqué  cependant  une  continuité  entre  les 
vaisseaux  de  l'hôte  et  ceux  du  parasite  comme 
J.  Peirce  (1)  l'a  signalée  chez  Cuscata  americana  en 
particulier.  D'ailleurs,  comme  l'a  dit  M  Mirande, 
le  parasite  ne  trouve  pas  dans  son  hôte  une  nour- 
riture loute  préparée;  il  élabore,  aux  dépens  des 
principes  qu'il  rencontre,  les  aliments  dont  il  a 
besoin.  Il  n'y  a  pas  simple  passage,  d'un  individu 
à  l'autre,  même  après  sélection  ;  le  parasite  digère 
les  éléments  de  l'hôte,  les  absorbe  et  souvent  les 
met  en  réserve  sous  une  forme  différente  de  celle 
où  il  les  a  trouvés-  Ainsi  nous  avons  toujours 
observé  une  grande  abondance  d'amidon  dans  la 
partie  externe  du  suçoir,  alors  que  dans  les 
organes-hôtes  examinés  l'amidon  était  rare  ou 
même  absent- 

Nous  n'avons  remarqué  aucune  réaction  de 
l'hôte  au  parasite,  réaction  qui  est  fréquente 
autour  des  suçoirs  de  Lafhrœa- 

EFFETS    SLR    LE    LIN 

Engler  et  Prantl  considèrent  la  Cuscute  comme 
très  nuisible  au  lin. 

Nous  n'avons  pas  remarqué  qu'elle  lue  les  indi 
vidus  siii'  lesquels  elle  se  fixe.  Mais  ces  individus 

(t)  J.  Peirce    —  On   the  structure  of  (lie  Haustoria  of 
some  Phanerogamic  Parasites.  Aimais  of  liolany,  18! 


—  278  — 

sont  toujours  moins  vigoureux;  leur  tige  est 
moins  haute,  moins  grosse,  elle  mûrit  et  se  des- 
sèche plus  vite.  En  août,  alors  que  les  tiges  non 
atteintes  sont  encore  vertes,  on  distingue  facile- 
ment les  pieds  parasités  à  leur  plus  petite 
taille,  à  leur  couleur  jaunâtre  et  à  ce  fait  qu'ils 
sont  moins  rigides  et  se  couchent  sur  les  pieds 
voisins  à  la  fois  sous  le  poids  de  la  cuscute  et  par 
suite  de  leur  moindre  résistance.  Les  pieds  para- 
sités présentent  moins  de  capsules  ;  les  capsules 
sont  moins  grosses,  quelques-unes  ne  renferment 
aucune  graine,  les  autres  n'en  offrent  qu'un 
nombre  réduit. 

A  maturité,  au  moment  de  l'arrachage  du  lin, 
nous  avons  prélevé  en  trois  points  d'un  champ 
un  certain  nombre  de  pieds  parasités  et  dans  le 
voisinage  immédiat  des  pieds  indemnes  Voici  les 
résultats  : 

Nombre     Nombre     Nombre         Poids 


îantillo 

ns          Nalure 

de 

de 

de 

des  liges 



^^_ 

pieds 

capsules 

graines 

décapsnlé( 

N°  1 

parasité 
non  parasité 

17 
17 

11 
36 

30 
220 

1  gr.  70 
3  gr.  06 

N°2 

parasité 
non  parasité 

26 
26 

34 

r»4 

157 

380 

4  gr.  00 
5gr.  16 

N°  3 

parasité 
non  parasité 

45 
45 

52 
67 

262 

45? 

7  gr.  26 
7  gr.  35 

L'action  du  parasite  sur  le  poids  des  tiges  est 
faible  dans  le  3e  échantillon.  Cela  provient  vrai- 
semblablement de  ce  que  ces  tiges  n'ont  été 
atteintes  qu'assez  tardivement.  Pour  éliminer  ces 
variations,  totalisons  les  résultats  pour  les  trois 
échantillons.   On  trouve   que  la   présence   de   la 


—  279  — 

Cuscute  a  ramené  le  nombre  des  grains  de  1.052  à 
449  et  le  poids  des  tiges  de  15  gr.  57  à  12  gr.  96.  Le 
rendement  en  graines  a  donc  été  réduit  de  57  %  et 
le  rendement  en  paille  de  16  %. 

La  réduction  du  rendement  en  paille  est  plus 
élevée  encore  dans  les  échantillons  photographiés 
ci-dessous,  provenant  de  M.  Girard,  vétérinaire  et 
agent  de  culture  du  lin  et  prélevés  par  lui  dans  un 
champ  de  Bénouville.  La  longueur  moyenne  de 
30  tiges  non  parasitées  y  est  de  70  centimètres, 
alors  que  cette  longueur  moyenne  n'atteint  que 
50  centimètres  à  peine  pour  un  lot  de  30  tiges  cus- 
cutées.  La  réduction  est  donc  ici  de  28  %. 

Dans  la  paille,  ce  qui  importe,  ce  sont  les  fibres 
textiles  et  ce  sont  elles  qui  sont  surtout  altérées. 
Non  seulement  l'épaisseur  de  leurs  parois  peut 
être  réduite  et  leur  résistance  à  la  rupture  dimi- 
nuée, mais  les  fibres  atteintes  se  séparent  diffici- 
lement lors  du  rouissage  et  des  opérations  ulté- 
rieures; elles  sont  empâtées  par  les  débris  du 
suçoir  et  elles  restent  adhérentes  au  bois  comme 
on  peut  le  voir  en  décortiquant  une  tige  sèche  : 
chaque  suçoir  laisse  une  tache  brune  allongée  à  la 
surface  du  bois,  dans  laquelle  on  peut  reconnaître 
des  paquets  de  fibres  altérées. 

On  peut  donc  estimer  que  la  présence  de  la  cus- 
cute diminue  le  rendement  en  grains  d'au  moins 
50  %  et  le  rendement  en  filasse  de  2"  %  environ. 

Une  récolte  moyenne  de  lin  fournissant  par 
hectare  environ  500  kilos  de  graine  et  600  de  filasse, 
la  perte  à  l'hectare  peut  être  évaluée  approxima- 
tivement ainsi  qu'il  suit,  aux  cours  actuels  : 


LjLIBRARYiso 


—  280  - 

250  kilos  de  graine  à  2  fr    le  kilo, 

au  minimum  .     , 500  fr. 

150  kilos  de  filasse  à  10  fr.  le  kilo, 

au  minimum  .  1.500  fr. 

Préjudice  total  (minimum  et  suscep- 
tible de  grandes  variations)  .     .       2.000  fr. 

CONCLUSION 

L'invasion  de  Cuscute  dans  les  champs  de  lin 
est  due  à  la  semence  employée.  Dans  des  échan- 
tillons de  graines  de  lin  livrées  aux  cultivateurs 
du  Calvados,  nous  avons  pu  reconnaître  et  faire 
germer  de  nombreuses  graines  de  Cuscute,  avec 
des  graines  de  cameline  et  de  moutarde.  Il  importe 
donc  d'examiner  soigneusement  les  semences 
proposées  et  de  n'employer  que  des  semences  pures. 

Il  n'est  guère  à  craindre  que  la  Cuscute  persiste 
dans  une  pièce  de  terre  après  une  culture  de  lin  : 

1°  Parce  que  la  Cuscute  est  enlevée  à  l'arrachage 
et  avant  d'avoir  émis  ses  graines,  qui  ne  sont 
généralement  libérées  qu'au  moment  du  battage  ; 

2°  Parce  que  le  lin  ne  revient  qu  à  longue 
échéance  dans  la  même  parcelle  et  que  les  cultures 
de  céréales  qui  lui  succèdent,  directement  ou  indi- 
rectement, se  prêtent  mal  à  la  fixation  du  parasite 

Toutefois  il  est  bon  de  nettoyer  avec  soin  les 
anciens  champs  de  lin,  à  la  fois  pour  les  débar 
rasser  de  la  cameline,  de  la  moutarde  blanche  et 
si  possible  de  la  moutards  des  champs,  et  pour 
supprimer  en  même  temps  des  plantes  qui,  en 
offrant  asile  à  la  cuscute,  faciliteraient  son  main- 
tien et  peut-être  son  extension. 


Deux  bottillons  de  lin  arrachès\dans  une  même  culture.  —  A 
gauche,  lin  non  cuscute  et  non  décapsulé  ;  à  droite,  lin  para 
site,  les  capsules  ont  été  enlevées  pour  ne  laisser  parai  Le 
que  les  glomérules  de  la  cuscute. 


—  282  — 
E    CHEMIN.   —  Les  Algues  de  profondeur. 

Pendant  l'été  de  1920  nous  avons  pu  faire 
quelques  dragages  en  mer  avec  le  bateau  «  la 
Cypris  »  du  laboratoire  maritime  de  Luc,  et  grâce 
au  concours  dévoué  des  marins  attachés  à  ce  labo- 
ratoire qui  ont  été  mis  très  obligeamment  à  notre 
disposition  par  le  Directeur,  M.  le  Professeur 
Mercier. 

Ces  dragages  ont  été  effectués  à  quelques  milles 
du  rivage,  dans  les  passes  à  fond  caillouteux,  qui 
ne  découvrent  jamais  et  dont  la  profondeur,  au- 
dessous  du  niveau  des  basses  eaux,  est  de  2  à  3  m. 
Il  ne  fallait  pas  songer  à  draguer  sur  les  rochers 
voisins  toujours  submergés  ;  la  drague  s'y  serait 
brisée  sans  rien  arracher  vraisemblablement. 

Les  Algues  ramenées  étaient  en  bon  état.  Les 
unes  étaient  encore  fixées  à  des  cailloux  ou  à  des 
coquilles  ;  d'autres  avaient  été  manifestement 
arrachées  de  leur  support;  toutes  pouvaient  être 
considérées  comme  vivant  à  ce  niveau. 

Voici  la  liste  des  espèces  identifiées  : 

Chlorophycées.  —  I  espèce 

Ulva  lactuca  Le  Jol.  Larges  et  belles  frondes, 
d'un  vert  sombre,  peu  déchiquetées.  Cette  espèce, 
qui  se  rencontre  à  tous  les  niveaux,  ne  supporte 
pas  la  dessication  ;  elle  exige  toujours  un  peu 
d'eau  ou  un  substratum  humide.  Elle  s'accommode 
bien  d'un  fond  profond  et  caillouteux  où  elle  n'est 


283 


pas  gênée  par  le  développement  des  Laminaires. 
Quelques  individus  présentaient  des  taches  peu 
nombreuses  de  Myrionema  vnlgare  Thuret,  et  l'une 
d'entre  elles  portait  à  sa  base  des  taches  rouges 
assez  étendues  appartenant  à  un  Melobesia. 

Phéophycées.  —  o  espèces 

Cladostephus  vertiçillatus  Lyngb  —  Quelques 
individus  seulement.  Cette  espèce,  moins  abon- 
dante que  sa  congénère,  C  spongiosus,  croît  aussi 
à  un  niveau  plus  bas.  Hariot  (1)  la  range  dans  les 
espèces  de  basse-mer;  elle  descend  plus  bas 
encore  puisqu'on  la  rencontre  dans  des  fonds  qui 
ne  découvrent  jamais. 

Sporochnus  pedunculatus  Ag-  estime  espèce  rare. 
Elle  est  signalée  à  Luc  par  Debray  (2)  mais  sans 
indication  de  nom  d'auteur.  Son  nom  figure  dans 
le  fascicule  n°  25  de  l'Herbier  Bertot  (3)  mais  aucun 

(I).  P  Haiuot.  —  Flore  algologique  de  la  Hougue  et  de 
Tatihou.  An.  de  l'Institut  océanographique 

(2)  F.  Debrai.  —  Florule  des  Algues  marines  du  Nord  de 
la  France. 

(3)  N.  B.  —  L'herbier  Bertot  déposé  à  l'Institut  botanique 
de  Caen  est  difficile  à  consulter.  Il  est  formé  de  livraisons 
ficelées  et  enveloppées  dans  du  papier-journal.  Chaque 
livraison  comprend  5  espèces  groupées  sans  ordre  apparent 
En  11)14,  avec  l'autorisation  de  M.  Lignier,  nousavonsextrait 
un  ou  plusieurs  échantillons  de  chaque  espèce  suivant 
l'abondance.  Nous  les  avons  groupées  en  trois  carions  en 
suivant  l'ordre  adopté  par  de  Toni.  C'est  ce  que  M.  llouard 
a  appelé  le  «  petit  herbier  Bertot  »  (Bull,  de  la  Soc.  Lin.  de 
IVorm.,  1919,  p.  07). 


284 


exemplaire  n'y  existe  plus.  Pour  Hariot  elle  «  n'a 
jamais  été  recueillie  en  place  avec  certitude  »  à 
Saint-Vaast  ;  mais  «  il  est  probable  qu'elle  croît 
dans  le  voisinage  »  parce  qu'elle  a  été  trouvée  par 
le  Dr  Bornet  «  en  très  bon  état,  très  fraîche,  fixée 
encore  à  un  pelit  caillou  ».  Le  24  août  la  drague  en 
a  ramené  3  échantillons  en  bon  état,  encore  fixés 
à  leur  support;  le  11  septembre  un  nouveau  dra- 
gage a  fourni  quelques  exemplaires  dépouillés  des 
touffes  de  poils  qui  terminent  chaque  tubercule. 
L'espèce  ne  semble  pas  très  rare,  mais  elle  croît 
au-dessous  du  niveau  des  plus  basses  mers  d'où 
elle  est  accidentellement  rejetée. 

Laminaria  saceharina La rnour,  ;  quelques  échan- 
tillons sous  la  forme  jeune  de  l'ancien  L.  Phyllilis 
Lamour- 

Dictyota  dicholoma  Lamour.  ;  très  abondant,  la 
drague  en  certains  cas  en  était  presque  remplie. 
Sa  répartition  verticale  est  donc  assez  grande, 
allant  de  la  zone  de  mi-marée  jusqu'au  delà  des 
plus  basses-mers. 

Diclyopteris  polypodioides  Lamour.  ;  quelques 
beaux  échantillons  avec  sporanges  à  tous  les  états 
de  développement.  C'est  une  espèce  peu  commune 
qui  se  rencontre  à  différents  niveaux. 


Floridées.  —  Il  espèces 

Scinaïa  furcellala  Biv.  ;  un  seul  échantillon  de 
petite  taille  sur  une  coquille  d'huître  Cette  espèce 
végète  donc  difficilement  à  cette  profondeur  ;  elle 


—  285  — 

se  rencontre  plus  abondamment  à  un  niveau  plus 
élevé  dans  les  flaques  d'eau. 

Naccaria  Wigghii  Endi.  :  un  seul  échantillon  en 
très  bon  état.  C'est  une  espèce  considérée  comme 
très  rare  par  Debray  qui  la  signale  à  Luc  seulement 
d'après  Chauvin.  Nous  l'avions  vainement  recher- 
chée depuis  une  dizaine  d'années.  L'herbier  Bertot 
en  renferme  quelques  exemplaires  ramassés  à 
Cricqueville.  Elle  se  rencontre  à  Saint-Vaast  le 
plus  souvent  comme  épaves  d'après  Hariot.  Cet 
auteur  rapporte  qu'un  échantillon  distribué  par 
Lenormand  porte  l'inscription  «  inter  rariores 
rarissima  ».  Hariot  la  cite  parmi  les  espèces  crois- 
sant à  mi-marée  en  faisant  suivre  cette  indication 
d'un  point  d'interrogation  ;  il  la  place  également 
parmi  les  espèces  de  très  basse-mer.  C'est  à  ce 
dernier  niveau  quelle  commence  à  croître,  et  c'est 
dans  les  régions  inaccessibles  à  la  main  qu'on  a  le 
plus  de  chance  de  la  rencontrer. 

Champia  parvula  Harv.  ;  quelques  échantillons 
avec  tétrasporanges.  C'est  encore  une  espèce  de 
1res  basse-mer,  peu  abondante  en  notre  région  où 
elle  a  été  signalée  à  Langrune  par  Chauvin  et 
rejetée  à  Arromanches  (Bertot). 

Gastroclonlum  ovale  Kiïtz.  ;  quelques  spécimens 
avec  tétrasporanges.  Debray  considère  cette  espèce 
comme  rare  ;  nous  l'avons  trouvée  assez  fréquem- 
ment au  niveau  des  basses-mers.  Hariot  la  signale 
en  hiver  et  au  printemps  à  Tatihou  ;  à  Luc  elle 
fructifie  en  été- 

Plocamium  coccineum  Lyngb.  ;  Espèce  très 
commune    partout,    qu'on   trouve  fréquemment 


—  286  — 

rejetée,  mais  qui  ne  se  rencontre  en  place  qu'à 
très  basse-mer.  La  drague  en  a  ramené  bon 
nombre  d'échantillons  présentant  des  tétras- 
poranges. 

NUophyllum  laceratam  Grev.  est  également  une 
espèce  commune  de  basse-mer;  elle  peut  croître 
beaucoup  plus  bas  car  chaque  dragage  en  a  fourni 
de  nombreux  échantillons  dont  quelques-uns 
portaient  des  tétrasporanges. 

Polysiphonia  elongata  Grev.  ;  nombreux  échan- 
tillons de  toute  taille  fixés  sur  coquilles  ou  cailloux. 
C'est  une  espèce  commune  qui  se  rencontre  à  peu 
près  à  tous  les  niveaux  à  partir  de  la  zone 
movenne. 

Heterosiphonia  coccinea  Falk  ;  belles  touffes 
fixées  sur  cailloux,  sans  organes  de  fructification. 
Comme  le  P.  coccineum  c'est  une  espèce  commune 
de  très  basse-mer  que  Ton  ramasse  le  plus  souvent 
en  épaves. 

Sphondylothammion  multifidum  Nseg.  ;  espèce  de 
très  basse-mer,  déjà  signalée  à  Luc  et  Langrune 
où  nous  l'avons  récoltée  plusieurs  fois-  Un  seul 
échantillon  a  été  ramené,  il  possédait  des  tétras- 
poranges. 

Antithamnion plumulaThur.  ;  Nombreux  échan- 
tillons les  uns  avec  cystocarpes,  les  autres  avec 
tétrasporanges.  C'est  aussi  une  espèce  de  très  basse- 
mer  ;  elle  flotte  aisément  et  on  la  rencontre  surtout 
rejetée  à  la  côte. 


—  287  — 


* 
*  * 


Nous  n'avons  pas  la  prétention  d'avoir  donné  la 
liste  complète  des  Algues  marines  vivant  en  pro- 
fondeur. Notre  liste  ne  comprend  d'ailleurs,  nous 
le  répétons,  que  les  espèces  du  faciès  caillouteux, 
à  l'exclusion  du  faciès  rocheux. 

Bien  qu'incomplètes,  nos  observations  nous 
autorisent  cependant  à  formuler  les  conclusions 
suivantes  : 

1°  Vers  3  mètres  au-dessous  du  niveau  des  plus 
basses-mers,  la  lumière  est  suffisante  pour  assurer 
le  développement  des  algues  quelle  que  soit  la 
couleur  de  leur  pigment  Le  nombre  des  espèces 
(nous  ne  tenons  pas  compte  du  développement 
particulier  de  chacune  d'elles)  est  cependant  plus 
grand  pour  les  algues  rouges,  moindre  pour  les 
algues  brunes,  faible  pour  les  algues  vertes  ;  mais 
les  nombres  dans  chaque  classe  sont  à  peu 
près  dans  le  même  rapport  que  les  nombres 
des  espèces  récoltées  à  différents  niveaux  (A.  Luc 
le  nombre  des  espèces  connues  est  approvimati- 
vement  le  suivant  :  Floridées,  67  ;  Phéophycées,  3 1  : 
Chlorophycées,  7). 

2°  Certaines  espèces  de  profondeur  (Ulva,  Dic- 
tyota,  Polysiphonia)  ont  une  grande  extension 
verticale  ;  d'autres  (Sporochnus,  Naccaria)  sont 
localisées  dans  la  zone  qui  ne  découvre  jamais  et 
c'est  ce  qui  explique  principalement  leur  rareté 
dans  les  herbiers. 

Il  y  aurait  intérêt  à  multiplier  les  dragages,  à  les 
faire  en  toute  saison  et  en  un  grand  nombre  de 


—  288  — 

points  de  profondeur  variable.  Il  serait  désirable 
de  connaître  un  dispositif  permettant  d'explorer 
les  fonds  rocheux  où  la  végétation  est  certainement 
plus  abondante  ;  on  y  trouverait  vraisemblable- 
ment les  Gelidium,  le  Delessaria  sangainea  qui  ne 
sont  encore  connus  dans  notre  région  qu'à  l'état 
d'épaves. 


A. -Pierre  ALLORGE.  —  Contribution  à  l'étude 
de  la  flore  normande. 


Un  nombre  déjà  important  d'herborisations 
faites  dans  le  pays  de  Bray  et  les  grandes  forêts  de 
Haute-Normandie  m'a  permis  de  consigner,  avec 
des  observations  phytogéographiques  plus  géné- 
rales, quelques  remarques  sur  la  répartition  de 
plusieurs  plantes  vasculaires  rarement  signalées 
en  Normandie  ou  nouvelles  pour  cette  province- 

Avant  de  publier,  en  collaboration  avec  mon 
excellent  confrère  et  ami  R.  Gaume,  un  travai* 
monographique  sur  la  végétation  des  grands 
massifs  forestiers  du  Bassin  de  Paris,  travail  qui 
nécessitera  encore  de  multiples  courses,  j'ai  cru 
bon  de  signaler  ici,  dès  à  présent,  quelques  espèces 
intéressantes  pour  la  flore  normande. 

J'ajouterai  que  les  grandes  forêts  de  Haute- 
Normandie  semblent  avoir  assez  peu  sollicité 
l'attention  des  botanistes  locaux,  sans  doute  à 
cause  de  l'apparente  uniformité  de  leur  flore.  Or, 
elles  présentent  un  grand   intérêt,  non  seulement 


—  289  - 

parceque  leur  végétation  est  beaucoup  plus  variée 
qu'où  ne  le  croit,  mais  encore  parce  que  leur  étude 
attentive  permet  d'élucider  quelques  importants 
problèmes  de  synécologie,  plus  particulièrement 
ceux  qui  ont  trait  à  la  valeur  de  l'association  (ou 
des  associations)  du  hêtre  en  plaine. 

Cardamine  silvatica  Link.  —  Cà  et  là  dans  la 
forêt  de  Brotonne,  dans  les  laies  humides  et 
ombragées  (S.-I.)  (1). 

Linum  alpinum  L.  var.  Leonii  F.  Schuitz  — 
Pelouse  crayeuse  à  Château-sur-Epte  (Eure)  avec 
Avena  pralensis,  Ononis  Natrix,  Linum  tenaifo- 
llum,  etc.  Très  rare  à  cette  localité,  la  plante  se 
retrouve,  assez  abondante,  sur  la  rive  gauche  de 
l'Epte,  dans  la  petite  vallée  du  Gudron,  entre 
Saint-Clair  sur-Epte  et  Buchet  (S -et-O).  Cette 
espèce,  non  encore  signalée  en  Normandie,  paraît 
atteindre  ici  sa  limite  nord-occidentale;  elle  est 
surtout  répandue  dans  l'Europe  centrale,  d'où  elle 
s'avance  jusque  sur  les  collines  calcaires  de  l'Est 
et  du  Centre  de  la  Fiance. 

Hypericum  Desetangsii  Lamotte  (==  H.  interme- 
dium  Bellynck).  —  Lisières  des  forêts,  haies 
fraîches:  forêt  de  Pont-de  l'Arche  (Eure);  f.  de 
Bray,  d'Eawy,  de  Brotonne,  Cuy-St-Fiacre  (S.I.). 

Tetragonolobus  siliquosus  Rolh.  —  Pelouses 
crayeuses    à    Quièvrecourt    près    Neufchàtelen- 


(i)  Celte  forêt  s'élend  sur  le  territoire  de  la  Seine-Inférieure 
cl  non  sur  celui  de  l'Eure  comme  l'indiquent  plusieurs  flores 
ou  catalogues  locaux. 

19 


—  290  — 

Bray(S.-I).  Espèce  très  rare  en  Haute-Normandie 
où  elle  n'est  signalée  qu'à  Fourges  fi 4]  !  Quant  à 
la  localité  de  Chambors  (!)  citée  par  Niel  [13],  elle 
se  trouve,    en   réalité,  dans   le    département  de 

l'Oise. 

Cette  Papilionacée.  dont  la  station  habituelle 
est  le  pré  marécageux  calcaire,  se  rencontre  par- 
fois dans  des  stations  sèches,  comme  c'est  le  cas 
dans  la  localité  de  Quièvrecourt.  Elle  partage, 
du  reste,  cette  particularité  écologique  avec 
d'autres  espèces  telles  que  Parnassia  palustris, 
Herminium  Monorchis,  Polygala  amara,  dytnmadenia 
conopea,  Hypnum  molliiscunu  H.  protensum,  etc. 

Agrimonia  odorata  Mill  -  Lisières  des  forêts, 
bords  des  chemins  boisés  :  foret  de  Brotonne,  vers 
le  Landin  (trouvé  par  R.  (iaume)  ;  forêt  «le  Bray, 
forêt  de  Saint-Saëns  CS.-I.  ) 

Tillaea  muscosa  L.  —  Chemins  sablonneux  frais 
et  découverts  des  forêts  et  des  landes  :  forêt  de 
Pont-de-Larche(Eure)  :  forêts  de  Bray,  de  Brotonne, 
du  Trait  (S.-L). 

C'est  un  des  éléments  caractéristiques  d'une 
association  très  bien  individualisée  et  composée 
en  majorité  de  petites  plantes  annuelles  à  évolu- 
tion estivale  comme  Centunculus  minimus,  Cicendia 
flliformis,  C.  pusilla,  Janciis  bafonius,  ./•  Tenageia, 
J.  capitatus,  Radiola  linoides ,  Scirpus  setaceus,  etc. 
Ce  groupement,  fréquent  dans  toute  l'Europe  occi- 
dentale (Pusillœjunceturn  de  Gadeceau  [8]),  est 
particulièrement  bien  représenté  dans  le  Bassin 
de  Paris  [3,9]. 


—  291  — 

Epilobiu.m  lanceolatam  Séb.  et  Maur.  —  Haies 
à  Mésangueville  (S.-L),  avec  E.  roseum  et  E.  obs- 
curum.  Çà  et  là  dans  la  partie  du  Bray  situé  dans 
l'Oise  (Goincourt!  Ons-en-Bray  !  Guigy-en-Bray  !) 
et  dans  le  Vexin  français  [1]. 

Carum  verticillatum  Koch  —  Dans  plusieurs 
prairies  tourbeuses  acides  entre  Mésangueville  et 
Hodeng-Hodenger  et  dans  les  laies  herbeuses 
humides  de  la  foret  de  Bray  (S.-L).  Signalé  à 
Forges-les-Eaux  par  Blanche  et  Malbranche  [3]. 

Helosciadium  repens  Koch  —  Prairie  inondée 
l'hiver  à  la  ferme  de  Vaux,  près  Gisors  (trouvé  par 
R.  Gaume)  ;  marais  de  Bray- Lu  (Eure).  M.  Jeanpert, 
conservateur  de  l'herbier  Gosson,  a  également 
rencontré  cette  espèce  dans  la  vallée  de  l'Epte,  à 
Giverny,  où  elle  semble  ne  plus  exister. 

Lappa  nemorosa  Kœrnicke  —  Forêt  de  Lyons  à 
Lisors  (Eure)  ;  forêt  d'Eawy,  çà  et  là,  bois  des 
Houx  près  Argueil  (S.-I.). 

La  répartition  de  cette  espèce  dans  le  Bassin 
de  Paris  est  assez  mai  connue  ;  elle  est  rarement 
citée  dans  les  travaux  régionaux  et  il  est  probable 
qu'elle  a  été  souvent  négligée  ou  confondue 
avec  Lappa  major.  Elle  en  est  cependant  bien 
distincte  par  son  inflorescence  en  grappe,  ses 
calathides  subsessiles,  ses  akènes  noirs  à  disque 
non  ondulé  Non  signalée  en  Bretagne  [12],  elle  a 
été  rarement  observée  en  Normandie  :  Bec-Thomas 
(Izambert)  [5],forêtde  Louviers(Saint-Amand)  [6]  ; 
aux  environs  de  Paris,  elle  se  rencontre  çà  et  là 
[1,11] 


-  292  — 

Localisée  dans  les  clairières  des  bois  argileux, 
elle  y  forme  souvent,  avec  Epilobium  spicatum, 
Rubus  Idœus,  Galeopsis  Tetrahil,  Verbascum 
Thapsus,  Urlica  dioica,  un  groupement  dont  le 
développement  est  lié  à  la  nitrification  abondante 
qui  s'opère  dans  les  sols  forestiers  avec  l'accrois- 
sement de  l'intensité  lumineuse  :  ce  sont  des 
espèces  nitratophiles  comme  les  appelle  H-  Hessel. 
mann  dans  ses  belles  recherches  sur  les  forêts 
suédoises  [10]. 

Juncus  tenuis  Willd.  -  Cette  espèce,  d'origine 
nord-américaine,  est  maintenant  commune  dans 
le  Bassin  de  Paris  [1,  9,  H].  Dans  la  ilore  de  Cor- 
bière et  ses  suppléments,  quatre  localités  nor- 
mandes figurent  seulement.  Je  l'ai  trouvée  en 
abondance,  mais  uniquement  le  long  des  voies 
forestières, dans  les  forets  de  Vernon,  de  Pont  de- 
l' Arche,  de  Lyons  (Eure)  ;  forêts  de  Bray,  de 
Saint-Saëns,  de  Brotonne,  <ln  Trait  (S.-I.)* 

Wolffia  arhiza  L.  Mare  auLandin  (Eure),  près 
la  maisên  forestière.  J'ai  également  récolté  cette 
curieuse  Lemnacée  dans  la  mare  d'IIaricourt 
(Eure),  d'après  les  indications  de  M.  l'abbé  Tous- 
saint [14],  et  au  Marais-Yernier,  sous  la  conduite 
expérimentée  de  M.  A-  Duquesm 

Carex  lœvigataSm.-  Bois deLéon près Beaubec 
la-Rosière  (S.  L),  sur  des  pentes  tourbeuses,  avec 
Osmunda  regalis,  Nephrodium  dilatalum,  Sphagnum 
recurvum,  Plagiothecium  undulnhim,  etc.  Rare  en 
Haute-Normandie,  ce  Carex  est  abondant  en  Vexin 


—  293  - 

français,  dans  les  bois  tourbeux  des  hautes  buttes 
tertiaires. 

C  strigosa  Huds.  —  Laies  humides  des  grandes 
forêts  :  forêts  d'Eawy  et  de  Brotonne  (S.-I  ),  en  plu- 
sieurs places,  avec  Lysimachia  nemorum,  Chrysos- 
plenium  oppositifolium,  Car  ex  remota.  Signalé  en 
Haute-Normandie,  dans  la  forêt  d'Eu  (Dr  Bour- 
geoisj  et  à  Archer  (Ebran)  [4],  ce  Carex  a  du  être 
négligé  et  existe  vraisemblablement  dans  la  plu- 
part des  grandes  forêts  de  l'Eure  et  de  la  Seine- 
Inférieure. 

Aspidium  angulare  Kit.  —  Chemins  creux  et 
talus  des  bois  siliceux  :  le  Landin,  forêt  de  Pont- 
de -l'Arche (Eure)  ;  forêts  de  Bray,  d'Eawy,  de  Saint- 
Saëns  (S.-I.). 

Nephrodium  cristatum  Michx.  —  Bois  de  Léon, 
près  Beaubec-la-Rosière  (S.-I.)  dans  une  Moliniaie 
à  Sphaignes,  avec  Oxycoccos  palustris,  Erica 
Tetralix,  Eriophoram  angustifolium,  Nephrodium 
spinulosum.  M.  de  Vergnes,  qui  a  également  visité 
cette  localité,  y  a  rencontré  quelques  pieds  de 
l'hybride  N.  cristatum  X  N.  spinulosum  (=  N.  uli- 
ginosum  Rouy).  Le  N-  cristatum  est  une  Fougère 
assez  rare  en  France  :  çà  et  là  dans  le  Nord,  le 
Nord-Est  et  le  Centre,  elle  n'existe  pas  en  Bretagne 
[2]  et  n'avait  pas  encore  été  rencontrée  en  Nor- 
mandie. Quant  à  l'hybride,  on  n'en  connaît  que 
quelques  localités  en  France  (Rambouillet,  Alsace) . 

Polypodium  Phegopteris  L.  —  Talus  siliceux 
frais,  dans  les  grandes  forêts  :  forêt  d'Eawy  où  elle 
abonde    en    plusieurs    places    (grande   allée   des 


—  294  — 

Limousins,  route  d'Ardouval),  forêt  de  Brotonne 
(laie  du  Faon,  1.  de  la  Réserve,  route  d'Hauville). 
Déjà  signalé  dans  cette  dernière  forêt  au  rond  de 
Nagu  par  M.  Duquesne  [7].  Là  où  je  l'ai  observée, 
cette  intéressante  Fougère  était  associée  à  Polypo- 
dium  Dry  opter  is,  Blechnum  Spicant,  Athyi  ium  Filix- 
Femina. 

Il  n'est  pas  douteux  que  cette  espèce  ne  se 
retrouve  dans  la  plupart  des  hétraies  de  Haute- 
Normandie;  sa  ressemblance,  d'ailleurs  très  super- 
ficielle, avec  certaines  formes  jeunes  et  stériles 
d'autres  Fougères  a  dû  la  faire  souvent  mécon- 
naître. 

BIBLIOGRAPHIE 

[1]  àllorge  (A.  P.).  —  Notes  sur  quelques  plantes  inté- 
ressantes du  Vexin  français.  Bull  Soc.  bot  Fr., 
LXVI,  1917). 

[2]  Allorge  (A.  P.).  —  Les  Associations  végétales  du 
Vexin  français.  Etude  desynécologie  comparée. 
Sous  presse. 

[3]  Blanche  et  Malëranche.  —  Catalogue  des  plantes 
cellulaires  et  vasculairesde  la  Seine-Inférieure. 
Rouen,  1864. 

[4]  Corrière  (L.)'.  -  Nouvelle  Flore  de  Normandie, 
Caen,  1893. 

[5J  Corrière  (L  ).  Additions  et  rectifications  à  la 
Nouvelle  Fore  de  Normandie  {Bull.  Soc.  Linn. 
Norm.,  4e  Série,  9,  1895). 

Corrière  (L.).  —  Deuxième  supplément  à  la  Nou- 
velle Flore  de  Normandie  {ibid.,ïe  série,  11, 1897). 


—  295  - 

[7]  Duquesne  (A.).  -  Catalogue  des  plantes  de  l'arron- 
dissement de  Pont-Audemer  {Bull.  Soc.  Amis 
Se.  Nat,  Rouen,  1884). 

[8]  Gadeceau  (Em.).  —  Le  Lac  de  Grand-Lieu, Nantes 
1909. 

[9]  Gaume  (R.).  —  Contribution  à  létude  de  la  flore  de 
Brie  {Bull.  Soc.  bot.  Fr.,  LXVII,  1920). 

[10]  Hesselmann  (H.).  —  Studier  over  Salpeterbild- 
ningen  i  naturliga  Jordmaner  och  dess  Bety- 
delse  i  vâxtekologisk  Auseende  [Etudes  sur  la 
nitrifîcation  dans  les  sols  naturels  et  son  impor- 
tance au  point  de  vue  phytécologique]  Meddel. 
fran.  Statens  Skogsfôrsek  anstalt,  13-14,  Stock- 
holm, 1917). 

[11]  Jeanpert  (Ed.).  —  Vade-mecum  du  botaniste  dans 
la  région  parisienne,  Paris,  1911. 

[12]  Lloyd  (J.).  —  Flore  de  l'Ouest  de  la  France, 5e  éd., 
par  E.  Gadeceau,  Nantes,  1898. 

[13]  Niel  (E.).  —  Catalogue  des  plantes  phanérogames 
vasculaires  et  cryptogames  semi-vasculaires 
croissant  spontanément  dans  le  département  de 
l'Eure.  Bull.  Soc.  Amis  Se.  nat.  Rouen,  1888). 

[14]  Toussaint  (abbé)  et  Hoschedé  (J.  P.)-  —  Flore  de 
Vernon  et  de  la  Roche  Guyon  (ibid,,  1897. 


SÉANCE  DU  6  DÉCEMBRE  1920 


Présidence  de  M   Mazetier,  trésorier 


La  séance  est  ouverte  à  16  heures  et  levée  à  17  heures. 

Y  assistent:  MM.  Bugxon,  Chemin,  D'Gidon.  Hédiard. 
Lortet,  abbé  Lucas,  Marie,  Mazetier,  Merciek, 
Poisson,  Sève,  Viguier.  Le  vice-secrétaire  présente  les 
excuses  de  M.  Bigot,  secrétaire,  empêché  de  prendre 
part  à  la  réunion. 

M.  Hédiard  présente  les  remerciements  de  M.  War- 
collier,  et  les  siens,  pour  les  félicitations  dont  ils  ont 
été  l'objet  au  cours  de  la  dernière  séance  de  la  Société 
et  qui  figurent  au  procès  verbal. 

Commission  d'impression.  —  La  Commission  d'impres- 
sion, dans  sa  réunion  du  15  novembre  1920,  après 
examen  de  la  notice  biographique  d'Octave  Lignier 
rédigée  par  notre  confrère  M.  Chevalier,  a  émis  l'avis 
que  cette  notice  pourra  figurer  sans  modification  clans 
les  publications  de  la  Société  et  prendre  place  dans  le 
prochain  volume  de  Mémoires. 

La  Commission,  abordant  ensuite  l'étude  des  ques- 
tions financières  qui  se  posent  à  propos  des  publica- 
tions de  la  Société  et  constatant  notamment  : 

1°  Que  les  recettes  normales  de  1920  seront  épuisées 
pour  payer  l'impression  du  Bulletin  de  1919; 

2°  Que  le  Bulletin  de  1920,  en  cours  d'impression, 
sera  beaucoup  plus  important  que  celui  de  1919  et 
devra  être  réglé  au  prix  de  240  francs  la  feuille  de 
16  pages  ; 


—  297  — 

3°  Que  ces  hauts  prix  d'impression  persisteront  vrai- 
semblablement encore  pendant  quelque  temps; 

Propose,  pour  faire  face  à  ces  dépenses  qui  ne  sont 
plus  en  rapport  avec  les  ressources  de  la  Société  : 

1°  Pour  assurer  le  paiement  du  Bulletin  de  1920,  de 
faire  appel  à  une  contribution  facultative  des  auteurs 
ainsi  qu'à  la  générosité  de  tous  les  membres  de  la 
Société,  et  de  compléter  la  somme  ainsi  obtenue,  s'il  y 
a  lieu,  par  l'emploi  d'une  partie  des  réserves  ; 

2°  Pour  les  Bulletins  suivants,  et  temporairement  : 

a)  de  restreindre  les  dépenses,  en  obtenant  de  l'impri- 
meur une  meilleure  utilisation  du  papier  ainsi  que  les 
prix  les  plus  bas  que  pourra  fournir  l'appel  à  la  con- 
currence; en  ne  réimprimant  plus  dans  le  Bulletin  le 
contenu  des  procès-verbaux  adressés  aux  membres  après 
chaque  séance;  en  n'accordant  plus  aux  auteurs  que 
8  pages  de  texte  à  titre  gratuit  dans  chaque  Bulletin, 
le  surplus,  ainsi  que  les  figures,  restant  entièrement  à 
leur  charge  ; 

b)  D'acccroître  les  recettes,  en  portant  la  cotisation 
des  membres  nouveaux  à  12  francs  pour  les  membres 
correspondants  et  20  francs  pour  les  membres  résidants, 
ainsi  que  pour  les  membres  correspondants  qui  se 
feraient  inscrire  pour  le  service  des  Mémoires;  en  envi- 
sageant également,  si  c'est  nécessaire,  la  même  élévation 
de  la  cotisation  pour  les  membres  actuels  de  la  Société. 

Ces  propositions,  soumises  à  l'approbation  de  la 
Société,  sont  adoptées. 

L'attention  des  membres  est  particulièrement  appelée 
sur  la  décision  prise  en  ce  qui  concerne  les  procès-ver- 
baux des  séances  :  à  partir  de  1921,  les  procès- 
verbaux,  non  réimprimés  dans  le  Bulletin,  devront 
être  conservés  pour  être  réunis  aux  volumes  au 
moment  de  la  reliure.  En  témoignage  de  reconnais- 


—  298  — 

sance  aux  membres  qui  auront  répondu  à  l'appel  fait 
en  faveur  du  Bulletin  de  1920,  la  Société  décide  que  le 
nom  des  donateurs  et  le  chiffre  de  leur  contribution 
seront  publiés. 

Correspondance.  —  Le  vice-secrétaire  donne  communi- 
cation d'une  lettre  adressée  au  secrétaire  par  M.  E.  Li- 
gnier  pour  remercier  la  Société  de  ce  qu'elle  fait  pour 
honorer  la  mémoire  de  son  père. 

Nécrologie.  —  Le  président  fait  part  du  décès  de 
M  Bansard  des  Bois,  de  Bellême  (Orne),  qui  était 
membre  correspondant  de  la  Société  depuis  1888.  Les 
regrets  de  la  Société  seront  inscrits  au  procès-verbal. 

Admission.  —  M.  A.  Davy  de  \  iryille  est  admis 
comme  membre  correspondant  de  la  Société. 

Don  à  la  Bibliothèque.  —  Brochure  offerte  par  son 
auteur  : 

Letacq  (A.-L.).  Le  préhistorique  aux  environs  d'Alençon 
(Imprimerie  Alençonnaise,  Alençon,  1920). 

Section  d'Alençon.  —  M.  l'abbé  Letacq  adresse  le  procès- 
verbal  de  la  séance  du  17  novembre  1920  de  la  section 
d'Alençon. 

Dépôt  de  Travaux.  —  Abbé  Letacq.  —  Observations 
mycologiques  faites  durant  l'automne  1920  aux  envi- 
rons d'Alençon. 

Ed.  Gerbault.  —  Sur  le  Sedum  acre  de  la  Hague. 

R.  Yiguier.  —  Plantes  récoltées  à  Madagascar 
en  1912  par  MM.  René  Viguier  et  Henri 
Humbert. 


—  299  — 

COMMUNICATIONS 

M.  Mercier  présente  : 

1°  Un  Hareng  capturé  à  Luc  sur-Mer  et  dont  la 
glande  génitale  est  hermaphrodite.  Cette  glande 
est  principalement  constituée  par  un  testicule  ; 
l'ovaire  ne  forme  qu'un  petit  lobe  antérieur  et 
renferme  des  œufs  ayant  atteint  leur  taille  défini- 
tive- Il  est  regrettable  que  Ton  ne  se  soit  aperçu  de 
cette  particularité  qu'après  cuisson,  ce  qui  a  rendu 
tou te  étude  anatomique  et  histologique  impossible. 

2°  Un  Crabe  (Carcinus  msenas)  dont  la  cavité 
orbitaire  droite  est  occupée  par  une  Moule.  La 
présence  de  ce  Mollusque  a  déterminé  l'atrophie 
du  pédoncule  oculaire.  M.  Mercier  rappelle 
qu'une  observation  identique  a  déjà  été  faite 
en  1889  sur  un  Carcinus  mœnas  capturé  dans 
l'étang  de  Caronteprès  Marseille  (Marius  Courtin, 
Cas  de  parasitisme  chez  les  Crustacés  et  les  Mol- 
lusques. Feuille  des  Jeunes  Naturalistes,  20e  A  , 
p.  11) 

M.  Bugnon  donne  ensuite  lecture  de  la  Note 
suivante  : 

M.  DALIBERÏ.  -  Lépidoptères  du  Calvados 
Localités  nouvelles  (1) 

Je   signale    avoir    trouvé    (fin   août    1920)    une 

(I)  Cf.,  ma  troisième  communication  du  "2  décembre  1918; 
Bull.  S.  L.  N.,  1918,  p.  60.  —  On  sait  que  la  bibliographie 
relative  aux   Lépidoptères  du  Calvados  se  compose  essen- 


—  300  — 

chrysalide  du  Papilio  MachaonL.  (1)  à  Secqueville- 
en-Bessin  (Balleroy  est  la  plus  voisine  des  localités 
signalées  par  M-  F.  Moutier)  et  Anthocaris  carda- 
mines  L.  a*,  1<  mai  1920  (2),  dans  la  même  com- 
mune (même  observation  pour  les  localités  citées 
antérieurement).  Précédemment  j'avais  trouvé 
cette  espèce  printanière  en  diverses  localités  : 
dans  la  forêt  de  Cinglais  et  le  long  des  routes  de 
de  Peti ville  à  BobehommeetdeMervilleà  Bréville. 
Il  semble  qu'on  puisse  avec  M.  Dumans  (cité  en 
note)  la  considérer  comme  «  assez  commune  » 
dans  notre  département,  du  moins  dans  l'arron- 
dissement de  Caen  (surtout  exploré  par  moi). 

M.  Bugnon  présente  ensuite  des  échantillons  secs 
de  quelques  plantes  rares  de  la  Normandie 
(Desmares tia  Ugalata  Lamour. ,  Lathyrus  silvestris  L. 
var.  platyphyllus Betz,  Selariaglauca  P.  B.,.  Sparllna 
Townsendi  Groves)  et  décrit  particulièrement  la 

tiellement  des  catalogues  de  M.  Fauvel  (Diurnes  et  Crépus- 
culaires), Mém.  S.  L.  N:,  1862-03,  t.  13,  Caen;  Paris,  1864; 
F.  Moutier.  Contribution  à  l'étude  des  Lépidoptères  du  Cal- 
vados, Bull.  S.  L.  N.  1902,  p.  222-358,  et  Dumans,  Liste  des 
Lépidoptères  du  Calvados,  Caen,  Delesque,  1908.  —  V.  aussi 
Ch.  Oberthùr  et  C.  Houlbert,  Faune  entomologique 
armoricaine,  Lépidoptères,  1"  fascicule,  Rhopalocères  (en 
cours  de  publication  dans  le  Bulletin  de  la  Société  Scienti- 
fique et  Médicale  de  l'Ouest),  pour  les  arrondissements  de 
Vire  et  de  Falaise,  que  les  auteurs  dudit  ouvrage  rattachent 
au  massif  armoricain. 

(1)  Observé  aussi,  au  même  endroit,  mais  non  capturé, 
un  imago  de  la  môme  espèce. 

(2)  J'en  ai  trouvé  dans  l'arrondissement  un  exemplaire  le 
24  mars  1918;  cette  date  est  plus  précoce  que  celles  citées 
par  M.  Moutier  précité,  p.  228. 


—  301  — 

répartition  géographique  actuelle  et  les  caractères 
biologiques  de  cette  dernière  espèce,  récemment 
introduite  à  l'embouchure  de  l'Orne,  et  qui  ne 
tardera  sans  doute  pas  à  modifier  notablement  la 
végétation  des  vases  salées  de  Sallenelles. 

M.    Sève  présente   des  échantillons    desséchés 
d'un  Androsème  qui  pousse  assez  abondamment 
dans  une  haie  abandonnée  près  de  l'ancien  moulin 
à  vent  de  Ranville  (Calvados).  Il  s'agit  vraisembla- 
blement d'une  variété  horticole  naturalisée  dont 
les  caractères  sont  intermédiaires  entre  ceux  de 
l'Androsœmum  officinale  Ail.  et  ceux  de  VA.  hir- 
ci'iiim  L-,  peut  être  d'un  hybride  entre  ces  deux 
espèces.   En  particulier  les  sépales  sont  obtus  et 
persistants  après  la  floraison  comme  dans  A.  offi 
cinale,  mais  les  fruits  sont  ovoïdesoblongs  et  se 
dessèchent  comme  ceux  de  VA .  hircinurn.  Les  styles 
sont  à  peu  près  égaux  aux:  pétales.  Reiehenbach  a 
représenté  dans  ses  Icônes  un  ,4.  Webbianum  qui 
pourrait  bien  être  l'espèce  qui  pousse  à  Ranville. 
M.  Hédiard  signale  à  la  Société  que  le  service 
du  génie  rural  a  dû  étudier  récemment  un  projet 
de  captation  des  eaux  du  ruisseau  d'Olendon,  qui 
se  perdent  entre  Olendon  et  Sassy,  en  vue  de  leur 
amenée  dans  cette  dernière  commune.  L'ouverture 
de  tranchées  dans  la  vallée  sèche,  à  peu  de  distance 
du  bois  où  les  eaux  disparaissent,  a  révélé  l'exis- 
tence à  la  profondeur  de  2m50  environ  d'une  cana- 
lisation souterraine  en  poterie  semblant  se  diriger 
vers  le  vieux  Château  de  Sassy.  Il  serait  intéressant 
de  pouvoir  déterminer  l'âge  probable  de    cette 
canalisation  et  le  but  pour  lequel  on  l'avait  établie. 


Section  d'Alençon 


SEANCE  DU  17  NOVEMBRE  1920 


La  Section  Alençonnaise  de  la  Société  Linnéenne  s'est 
réunie  au  Musée  d'Histoire  naturelle  (maison  d'Ozé)  et 
a  tenu  séance  de  14  à  16  heures. 

Présents  :  MM.  Focet,  Hébert,  Leboucher,  Lemée, 
Lexoir  et  l'abbé  Letacq,  membres  de  la  Société  ; 
MM.  Clément,  pharmacien  à  Alençon,  Jean  et  Pierre 
Hébert,  invités. 

MM.  Aubert,  Gerbault,  l'abbé  Langlais  et  Lescuyer, 
s'excusent  par  lettres  de  ne  pouvoir  assister  à  la  séance. 

M.  Gerbault  prie  M.  Letacq  de  donner  lecture  des 
notes  qu'il  adresse  à  la  Section.  —  M.  Lemée  est  nommé 
président  de  séance  et  M.  l'abbé  Letacq,  secrétaire.  —  Le 
procès- verbal  de  la  dernière  séance  (25  novembre  1919) 
est  lu  et  adopté. 

OBSERVATIONS  DIVERSES 

ZOOLOGIE 

Hérisson.  —  Le  Hérisson  {Erlnaceus  europœus  L  ) 
s'apprivoise  parfaitement  et  aisément  (Cf.  Brehm, 
Les  Mammifères,  art.  Hérisson).  M  Gerbault  qui 
a  possédé  longtemps  un  de  ces  petits  mammifères 
pareillement  domestiqué  a  observé  que  lorsque 
ranimai,  ayant  mangé  ou  léché  quelque  chose  qui 
ne  lui  convient  pas,  veut  expectorer,  il  se  tourne  de 
flanc,  lèche  ses  piquants  à  rebours  et  obtient  ainsi 


—  303  — 

un  résultat  qui  rappelle  le  résultat  bien  connu 
obtenu  par  des  chiens,  qui  coupent  et  avalent  des 
pointes  d'herbe 

Oiseaux.  —  Les  mâles  du  Troglodyte  mignon 
(Anorthura  troglodytes  L.)  très  abondant  dans  nos 
régions,  se  livrent  de  violents  combats  aux  époques 
des  amours.  En  avril  dernier,  M-  Gerbault  surprit 
de  la  sorte  deux  mâles  Ils  se  battaient  avec  un  tel 
acharnement  qu'ils  tombaient  à  terre,  et  leur 
attention  était  tellement  absorbée  par  l'ardeur  de 
la  bataille  que  notre  Collègue  s'empara  d'eux  sans 
difficulté. 

M.  Leboucher  dit  qu'il  a  vu  un  Cormoran  [Phala- 
crocorax  carbo  Dum.)  tué  récemment  sur  un  sapin 
dans  le  parc  de  Chauvigny  à  Saint-Germain-du 
Corbéis.  M.  Letacq  observe  que  cet  oiseau  séden- 
taire et  assez  commun  sur  le  littoral  se  voit  presque 
chaque  année  au  bord  de  nos  étangs  ou  de  nos 
rivières  ;  ainsi  dernièrement  un  individu  mâle  fut 
tué  à  Couterne  sur  la  Mayenne. 

M.  Letacq  dit  que  la  Perdrix  rouge  (Perdlx 
rubra  Briss)  autrefois  desséminée  sur  toute  la 
surface  du  département  de  l'Orne,  n'y  paraît 
plus  aujourd'hui  que  d'une  façon  accidentelle  ; 
mais  comme  elle  reste  commune  dans  la  majeure 
partie  du  département  de  la  Sarthe,  il  n'y  a  guère 
d'année  où  plusieurs  couples  ne  viennent  nicher 
aux  environs  d'Alençon  :  ainsi  en  1920,  on  en  a  vu 
à  Saint-Céneri-le-Géret,  à  Cirai  et  sur  nos  limites 
à  Villepail  (Mayenne). 

Lacerta  stirpium  Daud.  —  M.  Letacq  présente  un 


—  304  - 

exemplaire  du  Lézard  des  souches  capturé  dans 
les  bois  de  la  Jouxtière  à  Hesloup.  Cette  nouvelle 
observation  montre  que  l'espèce,  sans  être  for* 
abondante,  se  voit  sur  plusieurs  points  autour 
d'Alençon  ;  elle  a  été  en  effet  trouvée  dans  les  bois 
de  Noë-de  Gesnes,  des  Aulnais,  de  l'isle,  sur  la 
butte  Ghaumont  et  en  Ecouves- 

Brochet.  —  M.  LetAcq  montre  la  photographie 
d'un  Brochet  (Esox  Inclus  L)  pris  au  lancer  le 
22  mars  1920,  à  l'étang  du  Mortier,  près  d'Alençon  : 
longueur  1  m  12,  largeur  0m22  ;  poids  14  kilos.  Il  en 
signale  un  autre  capturé  en  juin  dernier,  dans  la 
Sarthe,  à  Saint-Céneri-le  Géret,  mesurant  1  m04  de 
longueur  et  du  poids  de  8  kilos. 

Guêpes.  —  M-  Leboucher  dit  que  les  Guêpes 
vulgaires  (Vespa  vulgaris  L.)  furent  très  rares  cette 
année  et  ne  se  sont  montrées  qu'assez  tard,  vers  le 
15  août,  mais  qu'en  revanche  les  Frelons  (Vespa 
crabro  L.)  furent  très  communs. 

M.  Letacq  montre  un  nid  de  Poliste  française 
(PolistesgaUicaL.)  pris  au  Chevain,  en  juillet  der- 
nier, sur  un  arbrisseau 

Mollusques.  —  M.  Letacq  montre  un  exemplaire 
de  Umax  fulvus  Norm  et  dit  qu'il  a  trouvé  cette 
année  en  assez  grande  abondance  sur  les  champi- 
gnons celte  espèce  regardée  comme  rarissime.  Les 
dernières  observations  lui  ont  prouvé  que  Limax 
arboram  Bouch.  et  Arion  tenellus  Mill.  sur  la  répar- 
tition géographique  desquels  on  n'avait  encore 
que  des  notions  peu  précises,  devaient  être  rangés 
parmi  nos  espèces  communes. 


—  305  — 

BOTANIQUE 

M.  Letacq  donne  lecture  d'une  communication 
de  M.  Gerbault  Sur  le  Sedum  acre  L.  de  la  Hagae. 

Parnassia  palustris  L.  —  M.  Gerbault  a  signalé 
dans  un  récent  Bulletin  de  la  Société  une  station 
de  Parnassia  patustris  anormaux.  Notre  Collègue 
est  retourné  plusieurs  fois  à  la  station  signalée  de 
l'Ouzier.  11  est  de  plus  en  plus  persuadé  que  les 
anomalies  tiennent  à  la  présence  à  cette  station 
d'une  ou  de  plusieurs  lignées  de  plantes  fasciées 
mêlées  aux  plantes  normales.  La  méiomérie  et  la 
pléiomérie  signalées  sont  des  degrés  différents  du 
balancement  du  même  phénomène,  qui  suit  la 
gradation  suivante  :  fleurs  4-mères  ;  fleurs  o-mères  ; 
fleurs  6-mères  ;  fleurs  7  et  peut-être  8-mères.  Entre 
chacune  de  ces  formes  bien  déterminées  existent 
des  formes  intermédiaires  avec  déformation  de 
certains  organes  La  forme  7  (et  peut-être  8)  — mère 
s'accompagne  d'une  division  ±  —  longue  du 
pédoncule  et  de  synanthie. 

Plantes  des  environs  d'Alençon.  —  M.  Letacq  expose 
plusieurs  espèces  rares  de  la  région  recueillies 
clans  des  localités  nouvelles  : 

Ranunculus  chœrophyllos  L.  —  Abondant  sur  le 
pâtis  de  la  Guillotine  à  Bérus  ;  sur  les  schistes  de 
Saint-Evroult  (commune  de  Gesne-le-Gandelain). 

Cucubalas  baccifer  L.  —  Ça  et  là  dans  les  haies  au 
voisinage  de  l'étang  de  Malefïre  à  Bérus. 

Trapa  nalans  L.  —  Mares  à  Couptrain. 

Chondrilla  juncea-L.  —  Bords  du  chemin  de 
Condé-sur-Sarthe  au  Pont-Percé. 

20 


—  306  — 

Gratlola  officinalis  L.  —  Bords  de  la  Mayenne  à 

Couptrain. 

Teucrium  scordium  L.    --   Etang  de  Maleffre  à 

Bérus. 

Rumex  maritimus  L  —  Ibid. 

Crupina  vulgaris  Cass.  Jardins  (M.  Leboucher). 
Plante  adventice. 

Physcometrella patens  R.  B.  elRiccia  crystallina  L. 
—  Sur  la  vase  à  l'étang  de  Maleffre. 

Gui.  —  M.  Lemée  signale  le  Gui  sur  le  Cornus 
siberica  Lodd.  dans  le  parc  de  Vervaine  à  Condé- 
sur-Sarthe  et  M.  l'abbé  Letacq  sur  le  Mespilus 
germanica  L.  dans  le  jardin  du  presbytère  de  Bérus. 

Excursions  dans  la  France  méridionale.  —  M.  Focet, 
qui  a  exploré  l'été  dernier  les  environs  d'Auch  et 
quelques  unes  des  hautes  cimes  des  Pyrénées  dans 
les  départements  de  l'Ariège  et  des  Pyrénées- 
Orientales,  fait  connaître  les  très  intéressants 
résultats  de  ses  voyages.  Il  nous  montre  les  espèces 
récoltéesennousdonnantdes  indications  détaillées 
sur  l'habitat  de  chacune  d'elles  et  sa  répartition 
géographique  dans  les  régions  étudiées. 

Champignons.  —  M.  Letacq  indique  les  espèces 
rares  ou  nouvelles  pour  nos  régions  qu'il  a 
recueillies  durant  l'automne  1920  ;  on  trouvera  le 
résumé  de  ses  recherches  dans  une  note  annexée 
au  procès-verbal. 

Il  expose  une  série  de  Champignons  recueillis 
la  veille  lors  d'une  excursion  faite  avec  MM.  Hébert 
et  Leboucher  aux  Gâtées  sur  l'emplacement  de  la 
scierie  de  bois  établie  pendant  la  guerre  par  les 


—  307  — 

Canadiens.  On  y  remarque  entre  autres  les  espèces 
suivantes  :  Amanita  pantherina  DC,  Tricholoma 
nudam  Bull.,  T.  saponaceum  H.,  Pleurotus  con- 
chatus  Bull.,  Canthareltus  aurantiacus  var  lac- 
teus  Q.,  Marasmius  prasiosmus  Fr.,  Hebeloma  meso- 
phacum  À.,  Slropharia  œruginosa  Curt.,  S.  ster- 
coraria  Fr.,  Pholiota  marglnala  Ratsch. ,  Boletus 
luridus  Schaeff. 


Abbé  LETAGQ.  —  Observations  mycologiques 
faites  durant  V automne  1920  aux  environs  d Alen- 
çon. 

Ce  nouvel  article  ne  signale  que  les  espèces 
nouvelles  ou  rares  pour  la  région,  et  je  réduis  au 
strict  minimum  les  remarques  sur  les  affinités  etles 
caractères  locaux  de  nos  champignons.  Le  Buisson 
en  Perseigne  et  les  Gâtées  en  Ecouves,  où  les 
Canadiens  avaient  établi  des  scieries  de  bois  ont 
été  l'objet  de  fréquentes  visites.  J'ai  fait  la  plupart 
des  excursions  avec  mes  amis  MM.  Hébert  et 
Leboucher,  d'Alençon,  Légué  et  Georges  Hutrel, 
du  Mans,  Albert  Leclerc,  de  Bellême. 

Lepiota  Badhami  Berk.  —  Sur  la  sciure  de  bois  au 
Buisson.  —  Cette  espèce  à  caractères  variables  sur 
lesquels  les  auteurs  sont  loin  d'être  d'accord,  n'est 
d'après  M.  Boudier  qu'une  variété  de  L.  meleagris 
Sow.  (Bull.  Soc.  mycoL,  1901,  p.  176). 

Tricholoma  elytroides  Scop-  —  Sur  la  terre,  près 
du  Buisson,  dans  la  forêt  de  Perseigne.  M.  l'abbé 


—  308  — 

Bourdot,  à  qui  j'ai  communiqué  ce  champignon, 
le  regarde  comme  une  variété  de  T.  saponaceum  Fr. 
commun  d'ailleurs  dans  la  localité- 

Collybia  atrata  Fr.  —  Sur  la  terre  dans  les  bois 
de  Vervaine  à  Condé  sur-Sarthe. 

Pleurolus  tremulus  Sch.  —  Sur  la  terre  parmi  les 
mousses  :  La  Jouxtière-en-Hesloup.  Le  Dr  Quélet 
dit  que  le  chapeau  est  tomenteux  à  la  loupe  (1),  ce 
qui  se  vérifie  bien  sur  mes  exemplaires,  tandis  que 
Fries  l'indique  comme  lisse  et  glabre  (2). 

Pleurotus  conchatas  Bull.  —  Toujours  très  abon- 
dant sur  la  sciure  de  bois  au  Buisson  et  aux  Gâtées. 
J'ai  trouvé  dans  cette  dernière  localité  nombre 
d'exemplaires  d'une  forme  des  plus  remarquables  : 
«  Touffes  très  fournies  ;  chapeau  de  10  centimètres 
légèrement  tomenteux  au  sommet  ;  à  bords  repliés 
en  dessous,  à  lamelles  ochracées  crispées  par  la 
sécheresse  ;  chair  spongieuse,  un  peu  jaunâtre  ; 
spores  moitié  moins  longues  que  dans  le  type, 
6  \x.  » 

Nyctalis  asterophora  Fr.  —  Bois  de  Saint-Germain 
près  Fresnay-sur-Sarthe  ;  parasite  sur  Russala 
nigricans  Bull. 

Lactarius  flexuosus  var.  roseozonatus  Fr.  Bosquets 
près  de  la  gare  de  Saint-Denis-sur-Sarthon.  Type 
et  variété  encore  inconnus  dans  notre  région. 

(1)  Dr  Quélet,  Flore  mycologique  de  France.  Paris,  O.  Doin, 
1888,  in-8,  p.  330. 

.2)  E.  Fries,  Hymenomycetes  europaei,  Upsaliae,  1874,  in-8, 
p.  177. 


—  309  — 

Lactarius  deiiciosus  Q.  —  Je  ne  mentionne  ici  ce 
champignon  comnun  dans  nos  régions,  très 
comestible,  mais  sur  la  saveur  duquel  les  gourmets 
ne  s'accordent  pas  malgré  son  nom,  que  pour 
signaler  l'article  d'une  revue  américaine  d'après 
lequel  le  Lactaire  délicieux  serait  une  espèce  des 
plus  anciennement  connues.  On  en  aurait  trouvé 
une  peinture  sur  un  vieux  mur  de  Pompéi  (t). 

Russula  amœna  Q.  —  Sous  les  sapins  :  Forêt  de 
Perseigne,  près  du  Buisson  ;  Bois  de  la  Noè-de- 
Gesnes,  à  Arçonnay.  — Espèce  connue  jusqu'alors 
seulement  dans  les  bois  de  conifères  des  monta- 
gnes :  Jura,  Vosges,  Pyrénées  ;  j'en  dois  la 
détermination  à  M.  l'abbé  Bourdot 

Les  caractères  spécifiques  répondent  bien  à  la 
description  de  Quélet,  sauf  les  lamelles  qui  n'ont 
pas  «  le  liseré  violet  »  indiqué  par  cet  auteur.  Mais 
dans  la  même  espèce  les  formes  montagnardes 
présentent  souvent  sur  les  Champignons,  comme 
sur  les  autres  végétaux,  des  différences  sensibles 
avec  celles  des  plaines  :  ainsi  chez  nous  le  Russula 
Queletii  décrit  par  Fries  sur  des  échantillons 
recueillis  au  printemps  dans  les  pineraies  du 
Jura,  n'a  presque  jamais  les  lamelles  tachées  de 
bleu  azuré  comme  dans  les  hautes  altitudes. 


(1)  L.-G.  Krieger,  Common  Mushrooms  of  the  United  States. 
The  national  Géographie  Magazine.  Washington.volXXX  VII, 
n°  5,  May  1920,  pp,  387-409.  On  peut  juger  aussi  en  lisant 
cet  article  de  la  large  dispersion  des  végétaux  de  la  classe 
des  champignons  ;  les  espèces  communes  sont  les  mêmes 
que  dans  'nos  régions. 


—  310  - 


Volvaria  gloiocephola  D.  C  —  Bois  de  Saint- 
Germain,  près  Fresnay-sur-Sarthe-  —  Cette  espèce 
des  plus  vénéneuses,  presque  toujours  mortelle, 
semble  heureusement  rarissime  dans  nos  régions. 

Entoloma  nidorosum  Fr.  —  Le  Buisson  en  Per- 

seigne. 

Leptonia  sericellum  Fr.,  L.  latnpropus  Fr.  —  Ces 
deux  espèces  étaient  abondantes  cette  année  sur 
les  gazons  dans  les  parcs  de  Beauvais,  à  Hesloup 
et  des  Courtilloles  à  Saint  Rigomer-des-  Bois. 

Eccilia  Mougeotii  Fr.  —  Prairies  près  du  Gué- 
aux-Biches,  à  Saint-Michel-des-Andaines. 

Pholiota  cuvvipes  Fr.  —  Sur  du  bois  pourri,  au 
Buisson. 

P.  logularis  Bull.  —  Prairies  près  du  château  de 
Courtilloles. 

P.  margidata  Batsch.  —  Abondant  sur  la  sciure 
de  bois  de  sapin  aux  Gâtées  et  au  Buisson.  Sur  une 
autre  essence  ce  serait  Pholinfn  unicolor  FI.  dan. 
Les  deux  plantes  sont  probablement  variétés  d'une 
même  espèce. 

Cortinarius  orichalceus  Batsch.  —  Bois  de  la 
Noë-de-Gesnes,  à  Arçonnas 

C.  fulgens  A.  et  S.  —  Le  Buisson. 

C.  camurus  Fr.  —  Le  Buisson. 

C.  sublanatus  Sow.  -  Très  abondant  cette  année 
dans  les  bois  de  la  Noë-de-Gesnes. 

Flammula  sœpinea  Fr.  —  Sur  la  sciure  de  bois 


-  311  — 

au  Buisson.  La  spore  est  plus  petite  que  ne  l'in- 
dique les  auteurs  5-7,5  X  ^>5  p.. 

F.  alnicola  var.  mitis  Q.  —  Souches  d'aulne  dans 
les  bois  de  Chauvigny  à  Saint-Germain-de-Corbéis. 

i 

F.  fusa  Batsch.  —  Sur  la  sciure  de  bois  au 
Buisson. 

Pralella  xunthoderma  Genev.  —  Abondant  dans 
la  forêt  de  Courtilloles.  D'après  Quelet  cette  plante 
ne  serait  que  le  Pratella  flavescens  de  Gillet,  dont 
il  ne  fait  d'ailleurs  qu'une  simple  variété  de 
P.  cretacea. 

Hypholoma  sublateritiam  L.  —  Champignon 
croissant  en  touffes  sur  la  sciure  de  bois  au 
Buisson  et  aux  Gâtées,  différant  du  type  par  son 
pied  écailleux  et  surtout  ses  spores  10-12  X  6  y-  qui 
indiqueraient  une  affinité  dans  le  sens  de  Psilobe 
ericœa  Pers.  ;  il  y  a  des  intermédiaires  entre  les 
deux  groupes 

Psilocybe  ericœa  Pers.  —  Abondant  cet  automne 
dans  les  bois  de  l'isle  au  bord  de  la  route  d'Hesloup. 

Psatyra  ccLopilea  Fr.  —  Forêt  de  Perseigne  : 
bords  de  la  route  entre  Saint-Rigomer  et  le 
Buisson. 

Polyporus  amorphus  Fr.  —  Souches  de  pins  à 
Bourg-le-Roi,  près  de  l'ancienne  forteresse. 

Bolcfus  nigrescens  B.  et  M.,  B.  purpureus  Fr.  — 
Le  Buisson. 

Merulius  tremellosus  Schrad.  —  Toujours  très 
abondant  sur  la  sciure  de  bois  ;  aux  Gâtées  il  n'y 


—  312  - 

avait  pas  une  excavation  qui  ne  fut  couverte  par 
les  plaques  de  cette  espèce. 

Hydnun  cœraleum  FI.  dan.  —  Dans  les  pineraies 
de  Bourg-le-Roi,  près  de  l'ancienne  forteresse. 
Dét  par  M.  l'abbé  Bourdot. 

Phlebia  merismoides  Fr.  —  Sur  des  troncs  d'ar- 
bres, au  Buisson  et  dans  le  bois  des  Aulnais,  à 
Saint-Germain-du-Corbéis. 

Clavaria  condensaia  Fr.  —  Le  Buisson- 

Hymenochœte  rubiginosa  Bull.  (Stereum).  —  Sur 
des  bois  travaillés  dans  la  futaie  d'Hauteclair,  à 
Arçonnay  et  aux  Gâtées. 


Éd.    GERBAULT.    —    Sur  le  Sedum  acre  de 
la  Hague. 

4 

Lafloredela  Hague  semble  mériter  une  attention 
spéciale.  On  a  souvent  mis  en  relief  le  caractère 
méridional  de  cette  flore,  expliquant  la  douceur 
du  climat  par  le  voisinage  du  Gulf-Stream.  De 
fait,  de  nombreuses  plantes  méridionales  sont 
acclimatées  à  Cherbourg. 

Le  caractère  particulier  de  cette  flore  se  dénote 
soit  par  la  présence  de  species  méridionaux,  soit 
par  la  présence  de  sabspecies  différents  de  ceux 
qui  représentent  le  species  à  l'intérieur  des  terres. 

Il  y  aurait  lieu  de  rechercher  s'il  y  a  eu  un  appel 
véritable  de  plantes  méridionales,  ou  s'il  y  a 
simple  survivance,   favorisée  par  les  conditions 


—  313  — 

locales,  de  plantes  antérieures  à  l'époque  où  le 
Canal  n'existait  pas,  où  les  Iles  Anglo-Normandes 
se  trouvaient  rattachées  au  continent,  où  une 
végétation  xérophy  tique  prospérait  dans  la  région 
de  Caen.  (Cf.  plusieurs  articles  du  Dr  Gidon  au 
Bulletin  de  la  Société  Linnéenne  de  Normandie). 

Le  10  mai  1919,  mon  honorable  et  savant 

ami  M-  Corbière,  notre  collègue,  me  fit  récolter 
sur  les  dunes  de  Biville,  sous  le  nom  de  Sedarn 
acre,  une  plante  qui  spécifiquement  se  rapporte 
sans  doute  possible  à  ce  Sedum,  mais  qui  a  un 
aspect  très  particulier  et  subspécifiquement  paraît 


Fig.  1.  Sépales  1)  de  Sedum  acre  sexangnlare  ;  2)  de 
Sedum  acre  genuinum.  —  Pétales  3)  de  Sedum  acre 
sexangnlare  ;  4)  de  Sedum  acre  genuinum.  —  Car- 
pelles 5)  de  Sedum  acre  sexangulare  ;  6)  de  Sedum 
acre  genuinum.  —  Grossissement  8/1  environ  - 
(Ad  naluram). 


—  314  - 

très  différent  du  Sedum  acre  de  l'intérieur.  Pouvant 
supposer  une  morphose  due  à  la  station  sablon- 
neuse, je  cultivai  ce  Sedum  dans  l'intérieur  à  côté 
du  Sedum  acre  local.  Il  conserva  ses  caractères.  Il 
n'y  a  pas  de  doute  possible. 

Les  deux  Sedum  acre  semblent  se  rapporter  à 
deux  plantes   déjà   distinguées    par    Grenier    et 

Godron. 

Plante  de  lintérieur.  Sedum  acre  L  subspecies 
sexangulare  Godron  (=  S.  acre  L.  a.  sexangulare 
Godr .).  Végétation  hivernale  des  rameaux  sem- 
blable à  la  végétation  estivale.  Feuilles  proportion- 
nellement moins  longues,  étroitement  imbriquées, 
sépales  et  pétales  proportionnellement  plus  larges 
et  moins  longs.  Même  remarque  concernant  les 
carpelles- 
Plante  de  la  Hague.  Sedum  acre  L.  subspecies 
genuinum  Godron  (==  S.  acre  L.  {3.  genuinum  Godr). 
Végétation  hivernale  bien  différente  de  la  végé- 
tation estivale  et  caractérisée  par  des  rameaux 
grêles,  nus,  terminés  par  un  globule  de  feuilles 
imbriquées.  Feuilles  estivales  non-imbriquées, 
distantes,  un  peu  atténuées,  proportionnellement 
plus  longues  et  moins  larges,  sépales  et  pétales  en 
moyenne  plus  longs  et  moins  larges.  Même 
remarque  pour  les  carpelles. 

Grenier  et  Godron  sub  Sedum  acre  L.  (3.  genui- 
num Godr.  écrivent  :  «  Plante  très  acre  ».  Je  n^ai 
pas  noté  ce  caractère  chez  nos  plantes.  Peut-être 
l'âcreté  tient-elle  à  une  morphose.  Détail  à 
contrôler. 

Fresnay-sur-Sarthe,  15  Octobre  1920. 


315 


P.  BUGNON.  —  Contributions  à  la  connais- 
sance de  la  flore  de  Normandie  :  Observa- 
tions faites  en  1920. 

I.  -   ALGUES  MARINES 

Desmarestia  ligulata  Lamour. 

Un  exemplaire  de  grande  taille  (75  %  de  lon- 
gueur environ)  de  cette  Phéophycée  a  été  recueilli 
sur  la  plage  de  Langrune  sur-Mer  le  25  juillet  1920. 
La  base  du  stipe  était  solidement  fixée  à  une  valve 
de  moule  ne  dépassant  pas  3  %  5  de  longueur.  Il  est 
vraisemblable  que  l'algue  s'est  développée  sur  la 
moule  vivante  et  qu'elle  n'a  été  rejetée  qu'à  la 
suite  de  la  mort  accidentelle  de  l'animal.  Le  fait 
mérite  d'être  noté,  car  il  indique  le  niveau  où  la 
plante  a  pu  croître. 

Cette  algue  n  est  signalée  sur  la  côte  du 
Calvados  dans  la  Flore  de  Debray  (1899)  (1)  qu'à 
Grandcamp;  la  localité  la  plus  voisine  à  l'est  serait, 
d'après  le  mêm  ;  auteur,  Bruneval  (Seine-Infé- 
rieure). 

L'état  de  fraîcheur  de  l'échantillon  au  moment 
de  sa  récoite  permet  d'admettre  qu'il  provenait 
d'une  station  plus  voisine.  Cette  espèce  est  donc  à 
rechercher  en  place  dans  la  zone  des  moules  aux 
abords  de  Langrune  (2). 

(1)  Voir  l'index  bibliographique  à  la  fin  du  travail. 

(2)  L'échantillon  a  été  préparé  pour  prendre  place  dans 
l'herbier  algologique  du  Laboratoire  maritime  de  Luc- 
su  r-Mer 


—  316  — 

II.  -  PHANÉROGAMES 

Arabis  hirsuta  Scop. 

Nouvelle  localité  à  ajouter  à  celles  de  la  liste  que 
j'ai  déjà  établie  (P.  Bugnon,  1914)  pour  les  envi- 
rons de  Caen  :  Bellengreville  (le  Bas  de),  sur  un 
mur  en  bordure  de  la  route,  non  loin  de  la  sortie 
du  village  du  côté  de  Ghicheboville. 

Lalhyms  silvestris  L.  var.  platyphyllus  Retz 

Cette  variété  à  folioles  très  larges  (4  %  et  plus) 
n'est  indiquée  que  dans  une  seule  localité  nor- 
mande par  Corbière  (1893,  1895,  1897),  sur  les 
basses  falaises  de  Sainte-Adresse  (Le  Havre,  Seine- 
Inférieure),  d'après  Thériot. 

J'en  ai  vu  quelques  pieds  le  1er  août  1920  sur  le 
talus  qui  borde  la  route  de  Creully  à  la  sortie 
d'Arromanches  (à mi-côte,  à  droite,  en  montant) (1). 

Setaria  glauca  P.  B. 

Cette  Graminée,  assez  rare  en  Normandie,  est 
indiquée  par  Corbière  (loc.  cit)  seulement  aux 
environs  de  Lisieux  et  de  Falaise  pour  le  Calvados. 

J'en  ai  observé  une  touffe  le  12  août  1920,  à  la 
gare  de  Caen-Etat,  sur  le  quai  en  bordure  du 
trottoir  de  l'Avenue  de  la  Gare  (2). 

(1)  Des  échantillons  secs  de  cette  provenance  ont  pris 
place  sous  le  numéro  26  dans  le  '.Nouvel  Herbier  de  Nor- 
mandie de  rinstitut  Botanique  de  Caen. 

(2)  Un  échantillon  sec  de  cette  provenance  a  pris  place  sous 
le  numéro  522  dans  le  Nouvel  Herbier  de  Normandie  de 
rinstitut  Botanique  de  Caen. 


-  317  — 

Spartina  Townsendi  H.  et  J.  Groves 

Cette  Graminée  a  été  introduite  depuis  peu  de 
temps  dans  les  vases  salées  de  Sallenelles,  à 
l'embouchure  de  l'Orne  (1). 

Décrite  il  y  a  environ  40  ans  par  les  frères 
H.  et  J.  Groves  (1881)  sur  des  échantillons  récoltés 
à  l'ouest  de  la  baie  de  Southampton,  près  de 
Hythe  (Angleterre),  cette  plante  a  attiré  depuis 
l'attention  des  botanistes,  surtout  par  le  problème 
de  son  origine  et  par  ses  propriétés  biologiques. 

Dans  la  première  localité  française  signalée 
(environs  de  Garentan,  à  l'embouchure  de  la 
Taute  et  de  la  Vire  [Corbière,  1906,  1910]),  le 
5  Townsendi  fut  trouvé  associé  au  S.  slricta 
Roth  ;  la  question  pouvait  donc  se  poser  de  savoir 
s'il  s'agissait  d'une  apparition  sur  place,  à 
partir  de  l'espèce  primitive,  S.  stricla,  dont  le 
S.  Townsendi  ne  serait  alors  qu'une  simple  variété 
comme  Husnot  (1896-1899)  l'a  admis,  ou  s'il 
s'agissait  au  contraire  d'une  introduction  à  partir 
de  la  côte  anglaise  ;  c'est  cette  hypothèse  qu'exige- 
rait la  nature  hybride  admise  par  d'autres  auteurs 

(1)  La  première  indication  bibliographique  qui  se  rapporte 
à  cette  localité  paraît  être  due  à  P.  Le  Brun  (1920)  :  la 
découverte  de  la  plante  remonterait  à  1918  et  aurait  été  faite 
par  M.  Janowicz. 

Je  l'ai  récoltée  moi-même  à  Sallenelles  pour  la  première 
fois  le  9  août  1920  et  des  échantillons  de  cette  provenance 
ont  été  présentés  à  la  séance  du  G  décembre  1920  de  la 
Société  Linnéenne  de  Normandie  ;  ils  ont  pris  place  sous  le 
numéro  23  dans  le  Nouvel  Herbier  de  Normandie  de 
l'Institut  Botanique  de  Gaen. 


—  318  — 

[voir  notamment  Rouy,  1913;  Stapf,  1908]  pour  le 
S.  Townsendi  puisque  le  deuxième  générateur 
supposé  de  l'hybride,  le  S.  alterniflora  LoiseL, 
n'existe  pas  sur  le  littoral  normand. 

En  ce  qui  concerne  Sallenelles,  la  naturalisation 
est  évidente  puisque  le  S.  Townsendi  y  est  le  seul 
représentant  du  genre  ;  on  n'a  donc  à  se  préoccu- 
per que  du  mode  d'importation  et  du  lieu  d'ori- 
gine de  cette  plante.  Il  semble  bien  que  les  agents 
responsables  du  transport  soient  ici  les  oiseaux, 
comme  l'indiquent  la  distribution  actuelle  des 
touffes  de  la  plante  et  leur  localisation  dans  une 
anse  où  la  mer  n'accède  qu'indirectement,  qui  est 
éloignée  des  agglomérations  habitées  et  des  routes, 
et  qui  est  le  refuge  habituel  de  beaucoup  d'oiseaux 
aquatiques  pendant  la  mauvaise  saison  :  c'est  à 
cette  époque  de  l'année  que  les  grains  sont  dissé- 
minés et  que,  collés  par  exemple  aux  pattes  des 
oiseaux  par  la  vase,  ils  peuvent  être  portés  au 
loin.  Il  est  plus  difficile  de  faire  une  hypothèse 
vraisemblable  quant  à  la  localité  d'où  l'impor- 
tation s'est  faite,  maintenant  que  la  plante  paraît 
s'être  répandue  en  divers  points  des  côtes  nor- 
mandes et  bretonnes  :  embouchure  de  la  Seine 
[Le  Brun,  1920],  embouchure  de  l'Elorn  (Finistère) 
[Letacq,  1920]. 

Mais  le  ^principal  intérêt  offert  par  le  5.  Town- 
sendi réside  dans  sa  puissance  de  végétation,  dans 
la  rapidité  de  son  extension  et  dans  son  influence 
à  l'égard  du  milieu  où  il  peut  croître. 

C'est  ce  qui  explique  que  cette  espèce  ait  déjà  été 
étudiée  en  détail  au  point  de  vue  de  son  anatomie 


-    319  - 

physiologique  [Sutherland  et  Eastwood,  1916]  et 
c'est  ce  qui  justifie  également  la  publication  de  la 
présente  Note. 

Les  auteurs  anglais  [en  particulier  Stapf,  1908 
et  1913]  ont  exposé  les  principales  données  écolo- 
giques relatives  au  S.  Townsendi  La  plante  peut 
croître  sur  les  vases  salées,  en  eaux  peu  agitées, 
entre  les  niveaux  où  elle  est  recouverte  respecti- 
vement de  1/3  de  mètre  et  de  1  mètre  d'eau 
environ  aux  grandes  marées-  Des  quelques  espèces 
de  Phanérogames  adaptées  à  ce  milieu  spécial, 
c'est  elle  qui  peut  descendre  le  plus  bas  ;  elle  est, 
en  fait,  complètement  isolée  sur  de  vastes  espaces 
à  Sallenelles.  Elle  se  révèle  ainsi  comme  un  pion- 
nier dans  la  conquête  du  sol  :  en  stabilisant  et  en 
consolidant  les  vases,  en  favorisant  leur  dépôt  et 
leur  accumulation  par  diminution  de  la  vitesse 
des  courants,  en  laissant  dans  la  vase  d'abondants 
résidus  de  végétation,  elle  exhausse  peu  à  peu  le 
terrain  et  le  rend  finalement  accessible  à  d'autres 
plantes. 

Vers  la  limite  supérieure  de  son  extension,  elle 
entre  en  compétition  avec  les  autres  espèces  et 
parvient  à  s'y  créer  une  place  importante,  quel- 
quefois au  détriment  de  ses  parents  présumés 
[Stapf,  loc.  cit.]. 

A  Sallenelles,  où  les  touffes  les  plus  impor- 
tantes ne  dépassent  cependant  pas  encore  un 
diamètre  de  3m50  à  4,n,  toute  la  région  centrale  des 
touffes  qui  ont  réussi  à  s'installer  parmi  les  espèces 
préexistantes  ne  contient  plus  trace  d'individus 
étrangers    Le  mécanisme  de  1  élimination  totale 


-  320  — 

des  premiers  occupants  peut  être  saisi,  au  moins 
en  partie,  surtout  quand  la  lutte  s'établit  avec  une 
autre  Graminée,  le  Glyceria  maritima  Wahlberg, 
qui  forme  elle  même  une  couverture  dense  sur  de 
larges  espaces  des  vases  salées.  A  la  périphérie 
des  touffes  circulaires  de  Sparlina,  le  gazon  de 
Glyceria  est  peu  à  peu  soulevé  et  rejeté  extérieure- 
ment par  les  tiges  verticales  vigoureuses  de  la 
première  espèce,  qui  naissent  nombreuses  et 
serrées  sur  des  rhizomes  croissant  en  direction 
centrifuge. 

Le  Spartina  Townsendi  joue  donc  non  seulement 
un  rôle  particulièrement  actif  dans  la  transfor- 
mation progressive  d'un  rivage  vaseux  en  sol  sec, 
mais  cette  espèce  peut  modifier  directement  la 
composition  floristique  de  la  végétation  et,  par 
voie  de  conséquence,  la  faune. 

Le  temps  relativement  court  (40  ans)  pendant 
lequel  on  a  suivi  ses  progrès  en  Angleterre  a  suffi 
pour  qu'on  puisse  constater  de  profonds  change- 
ments de  cette  nature  ;  il  est  à  présumer  qu'ils  se 
produiront  de  même  sur  nos  côtes.  Il  est  donc 
important  de  fixer  avec  quelque  précision  les 
conditions  actuelles  pour  fournir  un  terme  de 
comparaison  qui  pourra  être  particulièrement 
intéressant  dans  quelques  décades. 

C'est  dans  ce  but  que  je  donne  ci-dessous  : 

1°  La  liste  des  espèces  des  vases  salées  de  Salle- 
nelles  (ces  espèces  sont  nommées  et  classées 
d'après  la  Flore  de  Corbière  [1893])  : 


-  321  — 

Cochlearia  anglica  L. 
Spergularia  marginala  Ror. 
Aster  Tripolium  L. 
Statice  Limonium  L. 
Plantago  maritima  L. 
Obione  portulacoides  Moq. 
Salicornia  herbacea  L. 
Suœda  maritima  Dura. 
Triglochin  maritimum  L. 
Spartina  lownsendi  H.  et  J.  Groves 
Glyceria  maritima  Wahlberg 
Agropyrum  pungens  Rœm.  et  Sch. 

2°  Une  carte  de  l'embouchure  de  l'Orne  portant 
indication  de  la  distribution  actuelle  de  la  plante  : 


j'ai  indiqué  les  régions  à  Spartina  par  des  croix  (+) 
sur  la  carte  au  1/50,000°  ;  aux  abords  immédiats  de 

21 


—  322  — 

Sallenelles,  3  touffes  isolées  existent  seules  en  ce 
moment  ;  leur  emplacement  a  été  indiqué  par  des 
points  D  carrés  et  elles  ont  été  numérotées  1 ,  2  et  3. 


r 


3°  Des  photographies  dont  la  lrc  donne,  en  vue 
panoramique,  l'aspect  actuel  des  touffes  de  Spar- 
tina  Townsendi  dans  l'anse  où  la  plante  est  le  mieux 


—  323  — 

représentée.  Cette  photographie  a  été  prise  dans 
la  direction  indiquée  par  la  flèche  a  sur  la  carte 
précédente.  L'herbe  gazonnante  qui  se  trouve  au 
premier  plan  est  essentiellement  composée  de 
Glyceria  marilima  ;  des  Aster  Tripolium,  dont  on 
voit  les  sommités  fructifiées  blanches,  y  sont  dis- 
persés en  assez  grande  abondance.  Plus  avant 
clans  la  vase,  les  petites  touffes  isolées  représentent 
des  Salicornia  herbacea  et  des  Suœda  marilima. 

Des  deux  photographies  suivantes,  celle  de 
droite  montre  le  Spartina  vers  sa  limite  supé- 
rieure :  quelques  touffes  se  sont  installées  au 
milieu  du  gazon  de  Glyceria  ;  celle  de  gauche 
représente  la  touffe  n°  3  isolée  en  face  de  Salle- 
nelles  et  la  flèche  b,  sur  la  carte,  indique  la 
direction  suivant  laquelle  cette  photographie  a 
été  faite. 

Toutes  ces  photographies  ont  été  prises  en 
novembre  1020  et  je  les  dois  à  la  complaisance  de 
M.  Sève,  professeur-adjoint  de  physique  à  la 
Faculté  des  Sciences  de  Caen.  Je  lui  en  adresse  ici 
mes  plus  vifs  remerciements. 

INDEX  BIBLIOGRAPHIQUE 

Bugxon  (P.).  —  Station  d'Arabis  hirsuta  à  Brette- 
vi lie-sur- Laize.  [Bull.  Soc.  Lin.  Norm  ,  6e  sér.,  t.  VII, 
Caen,  I91U,  p.  74). 

Corbière  (L.).  —  Nouvelle  Flore  de  Normandie  (1893). 

—  Additions  et  rectifications  à  la  Nouvelle  Flore  de 
Normandie.  [Bull.  Soc.  Lin.  Norm.,  U"  sêr.,  9e  vol., 
1895,  p.  76). 

—  Deuxième  supplément   à  la  Nouvelle   Flore   de 


—  324  — 

Normandie.  —  [Bull,  Soc.  Lin.  Norm  ,  5e  série,  1er  vol.. 

1897,  p.  150). 

—  [Mém.  Soc.  nat.  se.  nat.  et  math.  Cherbourg,  36, 
1906-1907,  p.  U35). 

—  [Bull.  Soc.  Lin.  Norm.,  6esér.,Ue  vol.,  année  1910, 
p.  XXI). 

Debray  (F.)-  —  Florule  des  Algues  marines  du  Nord 
de  la  France.  (Bull,  scientif.  de  la  France  et  de  la 
Belgique,  t.  XXX II,  1899). 

Husnot  (T.).  —  Graminées.  [1896-1899,  p.  13). 

Le  Brun  (P.).  —  Au  sujet  de  Spartina  Townsendi 
Groves.  [Le  Monde  des  Plantes,  21e  année,  n°  126, 
1920,  p.  2). 

Letacq  (A.)-  —  Note  sur  le  Spartina  Townsendi  Groves 
trouvé  aux  environs  de  Brest.  [Le  Monde  des  Plantes, 
21e  année,  n°  125,  1920,  p.  8). 

Rouy  (G.).  -  Flore  de  France.  [XIV,  1913,  p.  27). 

Stapf  (0.).  —  Spartina  Townsendi.  [The  Journal  of 
Botany,  vol.  U6,  1908,  p.  76). 

—  Townsend's  grass  or  rice  grass  [Spartina  Town- 
sendi). [Proc.  Bournemouth  Nat.  Sci.  Soc,  5,  1913). 
(Analysé  dans  The  Journal  of  Ecology,  vol.  II,  191U, 
p.  192). 

Sutheriand  (Geo.  K.)  and  Eastwood  (A.).  —  The 
physiological  anatomy  of  Spartina  Townsendi.  (Annals 
of  Bot.,  vol.  30,  1916,  p.  333). 


item  W3  _^oa,  d,  c 


n 


—  325  — 

René  VIGUIER  et  Henri  HUMBERT.  —  Plantes 
récoltées  à  Madagascar  en  19,12. 


INTRODUCTION 


Le  travail  dont  nous  commençons  la  publication 
est  le  répertoire  méthodique  des  plantes  que  nous 
avons  récoltées  au  cours  d'un  voyage  botanique  à 
Madagascar  effectué  pendant  le  second  semestre 
de   1912. 

Chargés  de  mission  par  le  Ministère  de  l'Instruc" 
tion  publique,  nous  nous  étions  proposés  de 
visiter,  dans  le  court  laps  de  temps  dont  nous 
disposions,  le  plus  possible  de  régions  variées,  de 
façon  à  acquérir  une  connaissance  satisfaisante 
des  caractères  de  la  flore  malgache. 

Sans  entrer  ici  dans  des  considérations  d'ordre 
phytogéographique  qui  sortiraient  du  cadre  de 
cette  introduction,  rappelons  en  quelques  mots 
que  les  grandes  régions  botaniques,  telles  qu'elles 
ont  été  esquissées  par  Baron  et  précisées  par  les 
explorations  de  Perrier  de  la  Bâthie,  forment  trois 
bandes  principales  allongées  du  Nord  au  Sud  :  ce 
sont  les  régions  de  l'Ouest,  du  Centre  et  de  l'Est, 
auxquelles  s'adjoignent  d'une  part,  depuis  Moron- 
dava  jusqu'aux  environs  de  l'embouchure  du 
Mandrare  (S-O.  de  Fort-Dauphin),  la  région  très 
particulière  du  Sud  Ouest,  bande  d'une  centaine 
de   kilomètres   de    profondeur  au    maximum,   à 


—  324  — 

Normandie.  —  {Bull,  Soc.  Lin.  Norm.,  5e série,  ltx  vol.. 

1897,  p.  150). 

—  (Mém.  Soc.  nat.  se.  nat.  et  math.  Cherbourg,  36, 
1906-1907,  p.  U35). 

—  {Bull.  Soc.  Lin.  Norm.,  6esér.,be  vol.,  année  1910, 
p.  XXI). 

Debray  (F.)-  —  Florule  des  Algues  marines  du  Nord 
de  la  France.  {Bull,  scientif.  de  la  France  et  de  la 
Belgique,  t.  XXXII,  1899). 

Husnot  (T.).  —  Graminées.  {1896-1899,  p.  13). 

Le  Brun  (P.).  —  Au  sujet  de  Spartina  Townsendi 
Groves.  {Le  Monde  des  Plantes,  21e  année,  n°  126, 
1920,  p.  2). 

Letacq  (A.)-  —  Note  sur  le  Spartina  Townsendi  Groves 
trouve  aux  environs  de  Brest.  {Le  Monde  des  Plantes, 
21e  année,  n°  125,  1920,  p.  8). 

Rouy  (G).  —  Flore  de  France.  {XIV,  1913,  p.  27). 

Stapf  (0.).  —  Spartina  Townsendi.  {The  Journal  of 
Botany,  vol.  U6,  1908,  p.  76). 

—  ïownsend's  grass  or  rice  grass  {Spartina  Town- 
sendi). (Proc.  Bournemouth  Nat.  Sci.  Soc,  5,  1913). 
(Analysé  dans  The  Journal  of  Ecology,  vol.  II,  191U, 
p.  192). 

Sutherland  (Geo.  K.)  and  Eastwood  (A.).  —  The 
physiological  anatomy  of  Spartina  Townsendi.  (Annals 
of  Bot.,  vol.  30,  1916,  p.  333). 


—  325  - 

René  VIGUIER  et  Henri  HUMBERT.  —  Plantes 
récoltées  à  Madagascar  en  1912. 


INTRODUCTION 


Le  travail  dont  nous  commençons  la  publication 
est  le  répertoire  méthodique  des  plantes  que  nous 
avons  récoltées  au  cours  d'un  voyage  botanique  à 
Madagascar  effectué  pendant  le  second  semestre 
de   1912. 

Chargés  de  mission  par  le  Ministère  de  l'Instruc" 
tion  publique,  nous  nous  étions  proposés  de 
visiter,  dans  le  court  laps  de  temps  dont  nous 
disposions,  le  plus  possible  de  régions  variées,  de 
façon  à  acquérir  une  connaissance  satisfaisante 
des  caractères  de  la  flore  malgache. 

Sans  entrer  ici  dans  des  considérations  d'ordre 
phytogéographique  qui  sortiraient  du  cadre  de 
cette  introduction,  rappelons  en  quelques  mots 
que  les  grandes  régions  botaniques,  telles  qu'elles 
ont  été  esquissées  par  Baron  et  précisées  par  les 
explorations  de  Perrier  de  la  Bâthie,  forment  trois 
bandes  principales  allongées  du  Nord  au  Sud  :  ce 
sont  les  régions  de  l'Ouest,  du  Centre  et  de  l'Est, 
auxquelles  s'adjoignent  d'une  part,  depuis  Moron- 
dava  jusqu'aux  environs  de  l'embouchure  du 
Mandrare  (S-O.  de  Fort-Dauphin),  la  région  très 
particulière  du  Sud  Ouest,  bande  d'une  centaine 
de   kilomètres   de    profondeur  au   maximum,  à 


—  326  — 

partir  de  la  côte,  et,  d'autre  part,  dans  le  N.-O.  de 
l'île,  une  sorte  de  coin  constitué  par  le  bassin  du 
Sambirano,  dont  la  flore  est  nettement  différente 
de  celle  du  reste  de  la  région  Ouest  et  rappelle 
celle  de  l'Est. 


* 

*  * 


Pour  couper  les  trois  grandes  régions  floris- 
tiques  il  fallait  donc  traverser  l'île  de  l'Océan 
indien  au  Canal  de  Mozambique,  en  obliquant 
soit  vers  le  S -0-,  soit  vers  le  N.-O  ,  pour  visiter 
l'une  des  deux  autres  régions  précitées.  Aussi, 
avions-nous  primitivement  projeté,  choisissant 
la  première  de  ces  deux  alternatives,  de  partir  de 
Tamatave  pour  aboutir  à  Morondava.  Mais,  faute 
de  temps,  nous  dûmes  nous  limiter,  et  c'est  pres- 
que uniquement  dans  les  régions  de  l'Est  et  du 
Centre  que  s'est  déroulé  notre  itinéraire  Dans  ces 
deux  régions,  nous  avons  coupé  tous  les  étages  de 
végétation,  depuis  le  bord  de  la  mer  jusqu'aux 
sommets  des  plus  hautes  montagnes. 

Toutefois,  avant  de  quitter  le  vapeur  Ile- de- la- 
Réunion,  de  la  Cie  Havraise  Péninsulaire,  qui  nous 
conduisait  de  Marseille  à  Tamatave,  nous  avons 
pu  profiter  d'une  escale  de  trois  jours  à  Majunga 
pour  mettre  pied  sur  la  région  de  l'Ouest  ;  en 
outre,  deux  courtes  escales,  à  Hellville  (Nosy-Be) 
et  à  Diego-Suarez,  nous  ont  permis  de  recueillir 
quelques  plantes  aux  environs  immédiats  de  ces 
deux  villes. 

Nous   avons    rapporté   de   ce  voyage    plus    de 
2. 000  numéros  différents,  presque  uniquement  de 


-  327  — 

plantes  vasculaires,  sur  lesquelles  nous  avons 
porté  surtout  notre  attention  ;  beaucoup  d'espèces 
sont  nouvelles.  Pour  chaque  plante,  nous  avons 
soigneusement  noté  les  caractères  fugaces  ou 
invisibles  en  herbier  (couleur  des  fleurs,  dimen- 
sions des  grandes  plantes,  etc.).  les  conditions  de 
station,  la  localité  précise  et  la  date  de  récolte, 
enfin  l'altitude.  Toutefois,  nous  n'avons  pas 
mentionné  l'altitude  pour  les  plantes  recueillies 
dans  les  régions  basses,  c'est-à-dire,  en  l'espèce, 
celles  des  environs  de  Majunga,  Hellville,  Diego- 
Suarez,  Tamatave,  Brickaville  et  Anivorano, 
récoltées  à  moins  de  200  m.  s.  m. 

Il  est  fort  regrettable  que  la  plupart  des  anciens 
voyageurs  à  Madagascar  aient  omis  de  donner  ces 
renseignements,  en  particulier  ceux  relatifs  au  lieu 
de  récolte  :  s'ils  avaient  toujours  été  notés,  il  serait 
dès  maintenant  possible,  pour  beaucoup  d'espèces 
largement  représentées  dans  les  grands  herbiers, 
de  se  faire  une  idée  assez  satisfaisante  de  leur  aire 
géographique,  et,  pour  les  autres,  de  savoir  au 
moins  à  quelle  région  botanique  elles  appar- 
tiennent, ce  qui  est  souvent  encore  incertain. 

Plus  de  la  moitié  de  nos  récoltes  est  actuellement 
déterminée.  L'étendue  du  travail  et  les  difficultés 
que  l'on  éprouve  pour  faire  imprimer  un  travail 
scientifique,  nous  ont  décidé  à  faire  cette  publi- 
cation par  tranches  successives,  sans  nous 
astreindre  à  suivre* l'ordre  habituel  des  familles. 
Une  table  méthodique  permettra  ultérieurement 
de  se  reporter  aux  différents  genres  et  aux  familles. 
Nous  ne  donnerons  pas  seulement  de  simples 


—  330  — 

la  compagnie,  nous  ayant  aimablement  donné 
toutes  facilités  de  parcours  sur  cette  ligne  et  ayant 
mis  un  lorry  à  noire  disposition,  la  plupart  des 
gares  échelonnées  sur  le  parcours  sont  devenues 
pour  nous  un  petit  centre  d'excursions. 

Nous  avons  ainsi  exploré  d'abord  les  environs 
d'Anivorano,  pays  de  collines  qui  appartiennent 
déjà  au  grand  massif  cristallin  dont  elles  consti 
tuent  les  premiers  contreforts  ;  nous  avons  gravi 
le  piton  éruptif  de  Vohilonjo,  près  Fétromby,  dont 
le  sommet  (430  m.  d'alt.)est  couvert  d'un  lambeau 
de  forêt,  témoin  de  l'antique  sylve  qui  s'étendait 
autrefois  sur  tout  le  pays  ;  nous  avons  également 
vu  un  autre  de  ces  débris  de  forêt  aux  alentours 
des  sources  de  la  rivière  Sahandranolana,  près 
d'Ambohitromby. 

A  l'Ouest  d'Anivorano,  le  pays  devient  de  plus 
en  plus  accidenté  et  son  altitude  moyenne  s'élève 
graduellement  ;  nous  avons  visité  successivement 
les  environs  de  Lohatiandava,  village  situé  au 
confluent  de  la  Mantana  et  de  la  Vohitra,  d'Ande- 
kaleka,  d'Ambatovola  f  vallée  de  la  Sahantandra), 
de  Fanovana,  où  la  Sahantandra,  encaissée  entre 
des  pentes  de  300  m.  de  hauteur  environ,  forme 
les  magnifiques  chutes  de  Koma  (vers  600  m.  d'alt.). 

Enfin,  près  de  Fanovana,  nous  avons  abordé  la 
grande  forêt,  que  le  chemin  de  fer  coupe  perpen- 
diculairement à  son  grand  axe. 

Allongée  du  Nord  au  Sud  de  l'île  sous  forme 
d'une  bande  de  largeur  variable,  couvrant  les 
montagnes  qui  donnent  accès  aux  hauts  plateaux 
de  la  région  centrale,  cette  magnifique  forêt,  de 


—  331  — 

jour  en  jour  entamée  par  ses  deux  bords,  tend  à 
se  restreindre  de  plus  en  plus  par  suite  de  l'action 
dévastatrice  de  l'homme,  et  sans  les  pluies  pres- 
que continuelles  que  déversent  sur  elles  les  nuées 
venues  de  l'océan,  les  incendies  l'auraient  déjà 
anéantie  comme  ils  ont  détruit  les  forets  des 
régions  plus  sèches  ;  d'ailleurs,  le  déboisement, 
sous  prétexte  d'exploitation,  s'étend  chaque  année: 
les  alentours  de  la  voie  ferrée  sont  ravagés  et  le 
voyageur  qui  se  contente  de  suivre  le  parcours  du 
chemin  de  fer  ne  peut  se  faire  qu'une  bien  piètre 
idée  de  ce  qu'est  réellement  la  foret  malgache 
encore  vierge. 

C'est  la  station  forestière  d'Analamazaotra,  où 
nous  avons  trouvé  auprès  de  M.  Louvel,  chef  du 
service  forestier,  et  de  M.  Thouvenot,  garde,  le 
plus  cordial  accueil,  qui,  pendant  plus  d'un  mois 
(Octobre-Novembre),  a  constitué  notre  centre 
d'excursions.  La  station  est  située  au  sommet  d'un 
mamelon  défriché. du  haut  duquel  le  regard  s'étend 
à  perte  de  vue  sur  la  forêt  qui  couvre  de  sa  sombre 
futaie  toujours  verte  et  de  son  inextricable  fouillis 
de  lianes  les  croupes  montagneuses  dont  l'alti- 
tude varie  de  900  à  1.000  m.  L'exploration  d'un 
grand  nombre  de  ces  croupes,  et  des  vallons  qui 
les  séparent,  nous  a  fourni  un  gros  contingent 
d'espèces  très  intéressantes  :  nous  y  avons  recueilli 
près  de  400  numéros,  se  rapportant  pour  la  plu- 
part, soit  à  des  arbres,  dont  la  variété  est  extrême, 
soit  à  des  Fougères,  qui  abondent  dans  cette  forêt 
chaude  et  humide 

Sur  la  lisière  Ouest  de  la  forêt  d'Analamazaotra, 


—  332  — 

nous  avons  parcouru  un  tronçon  de  la  vallée  de  la 
rivière  Sahamarirana,  aux  environs  d'Ampa- 
simpotsy. 

Au-delà,  s'étend  la  dépression  dénudée  du 
Mangoro,  pays  de  plaines  et  de  coteaux  de  faible 
relief  que  nous  avons  visité  aux  environs  d'Anka- 
refo  (ait.  800  à  900  m-). 

Le  seuil  abrupt  qui,  de  la  dépression  du  Man- 
goro, donne  accès  aux  hauts  plateaux  par  une 
dénivellation  rapide  d'environ  600  mètres,  est 
couvert  de  forêts  ou  plutôt  de  débris  de  forêts  dont 
il  ne  restera  bientôt  plus  que  le  souvenir  L'un  de 
nous  a  abordé  lune  d'elles,  non  loin  d'Ambato- 
laona,  à  la  limite  de  la  région  orientale  et  de  la 
région  centrale 

La  région  centrale  présente,  comme  la  région 
occidentale,  deux  saisons  bien  tranchées,  mais 
avec  une  température  moyenne  beaucoup  moins 
élevée  :  pendant  la  saison  sèche,  les  nuits  pré- 
sentent des  minima  voisins  de  0°. 

Ambatolaona  est  à  1.450  m.  d'alt,  sur  le  bord 
oriental  des  hauts  plateaux,  dont  la  surface  dénu- 
dée ne  présente  qu'une  végétation  pauvre  et  mono- 
tone, formée  surtout  de  maigres  touffes  de  gra- 
minées, ne  masquant  pas  même  la  teinte  rougeâtre 
du  sol  latéritique  ;  de  loin  en  loin,  se  montrent  des 
arbustes  de  faible  taille;  les  vallonnements  de  ces 
plateaux  ondulés  sont  souvent  marécageux  et 
partiellement  transformés  en  rizières  ;  quant  aux 
forêts,  il  n'en  reste  plus  que  de  maigres  et  rares 
vestiges  dont  toute  trace  aura  bientôt  disparu. 

C'est  surtout  dans  une   autre   partie  de  notre 


—  333  — 

itinéraire  que  nous  avons  étudié  la  llore  de  ces 
hauts  plateaux  :  d'Ambatolaona,  nous  nous  som- 
mes directement  rendus  à  Tananarive,  où  le  géné- 
ral Riou  et  sa  famille  nous  ont  offert  une  hospi- 
talité que  nous  avons  dû  écourter  à  regret  :  mais, 
nous  tenions  à  pousser  plus  avant  et  nous  avons 
gagné,  sans  autre  arrêt,  Antsirabe. 

Région  d  Antsirabe  et  de  Betafo.  (Vakinankaratra). 
—  Le  16  Novembre,  accompagnés  d'une  vingtaine 
de  porteurs  qui  allaient  parcourir  avec  nous  plus 
de  500  kilomètres,  nous  quittions  Antsirabe  pour 
entreprendre  une  tournée  de  près  d'un  mois  à 
travers  les  hautes  montagnes  qui  surmontent  le 
plateau  central,  ayant  renoncé  pour  cette  fois,  par 
suite  de  notre  retard  sur  l'itinéraire  primitivement 
prévu,  et  de  la  lenteur  des  moyens  de  transport, 
à  traverser  la  région  occidentale. 

Entre  Antsirabe  et  Betafo  sont  échelonnés  de 
nombreux  volcans  éteints  donnant  au  paysage 
l'aspect  exact  de  la  chaîne  des  Puys,  en  Auvergne. 
L'un  d'eux,  le  Tritrive,  offre  un  cratère-lac  remar- 
quable ;  d'autres,  comme  l'Iantsifitra,  offrent  des 
coulées  de  laves  d'une  fraîcheur  de  formes  remar- 
quable, véritables  «  cheires  »  couvertes  d'une 
végétation  adaptée  à  l'extrême  sécheresse"  qui  y 
règne  pendant  de  longs  mois,  et  à  l  insolation 
intense  de  ces  hautes  régions.  Nous  avons  fait 
d'amples  récoltes  dans  ces  diverses  stations. 

A  une  trentaine  de  kilomètres  au  Sud  d' Antsi- 
rabe se  dresse  l'imposante  masse  du  mont  Ibity, 
dont  les  quartzites  arides  s'élèvent  à  2.250  mètres. 
L'exploration  de  ces  hautes  crêtes  nous  a  procuré 


—  334  — 

des  plantes  très  intéressantes,  plusieurs  inconnues 
jusqu'alors. 

D Antsirabe  à  Ambatolampy  par  les  Vavavata  et 
VAnkaratra.  —  Rentrés  à  Antsirabe,  nous  en 
repartions  le  24  Novembre  pour  traverser  l'Anka- 
ratra  après  avoir  parcouru  les  crêtes  gneissiques 
des  Vavavata  qui  culminent  à  2.100  m.,  au  Nord 
de  Betafo. 

L'Ankaratra  est  un  haut  massif  volcanique 
analogue  aux  massifs  du  Mont-Doreou  du  Cantal, 
et  dont  le  plus  haut  sommet,  le  Tsiafajavona, 
s'élève  à  plus  de  2.600  m  Ces  montagnes  sont 
presque  entièrement  dépourvues  de  végétation 
arborescente.  Cependant,  il  existe  encore  sur  le 
versant  Est  quelques  lambeaux  de  forêts  toujours 
vertes  comme  celles  de  la  région  orientale  avec 
laquelle  elles  étaient  certainement  en  continuité 
autrefois,  mais  la  futaie  est  moins  élevée  et  beau- 
coup moins  variée.  Au-dessus  de  2.200  m.,  limite 
de  la  végétation  arborescente,  jusqu'aux  sommets, 
les  pentes  sont  couvertes  de  graminées  et  de 
plantes  herbacées  ou  plus  rarement  suffrutescentes, 
dont  beaucoup  appartiennent  à  des  genres  de 
régions  tempérées. 

D' Ambatolampy  à  Tsinjoarivo  et  de  là  à  Tanana- 
rive  par  Tsiafahy.  —  C'est  dans  cette  région  que 
nous  avons  plus  spécialement  étudié  la  flore  des 
hauts  plateaux  dont  nous  avons  esquissé  l'aspect 
à  propos  des  environs  d  Ambatolaona,  et  sur 
lesquels  nous  ne  reviendrons  pas.  Mais  Tsinjoa- 
rivo, à  1.650  m.d'alt  ,  sur  le  bord  même  de  ces 


—  335  — 

plateaux  et  à  la  lisière  Ouest  de  la  grande  forêt 
orientale,  mérite  une  mention  spéciale  :  nous  y 
avons  retrouvé  la  flore  forestière,  moins  luxu- 
riante et  un  peu  moins  variée  qu'à  Ànalamazaotra, 
ce  qui  s'explique  par  la  différence  d'altitude  :  près 
de  Tsinjoarivo,  comme  près  d'Ambatolaona,  la 
forêt  présente  un  faciès  intermédiaire  entre  celui 
des  derniers  témoins  de  forêts  de  l'Ankaratra  et 
celui  de  la  forêt  orientale,  d'altitude  moyenne, 
comme  celle  d'Analamazaotra 

De  Tananarive  au  lac  Iiasy.  —  Le  lac  Itasy  est 
situé  à  près  de  100  kilomètres  au  Sud-Ouest  de 
Tananarive,  dans  un  pays  volcanique.  Nous  n'y 
avons  fait  qu'une  rapide  excursion  qui  ne  nous  a 
pas  procuré  beaucoup  de  plantes  non  encore  vues. 

De  Tananarive  à  Tamalave.  —  Enfin,  au  milieu 
de  Décembre,  nous  redescendions  de  Tananarive 
à  Tamatave,  où  nous  devions  réembarquer  pour 
la  France,  ne  récoltant,  dans  les  lieux  déjà  visités 
à  l'aller,  que  quelques  plantes,  non  encore  fleuries 
lors  de  notre  premier  passage 

Le  long  travail  de  la  détermination  nous  a  été 
facilité  par  l'aimable  hospitalité  que  nous  offre, 
à  l'Herbier  du  Muséum,  M  le  Professeur  H  Lc- 
comtc  auquel  nous  adressons  nos  plus  vifs  remer- 
ciements. M.  Danguy,  Assistant  au  Muséum,  qui 
s'occupe  spécialement  des  plantes  de  Madagascar, 
et  s'est  chargé  d'un  certain  nombre  de  détermina- 
tions, ainsi  que  quelques  botanistes  dont  le  nom 
sera  indiqué  dans  le  cours  de  ce  travail,  notam- 


—  336  — 

ment  MM  Allorge,le  prince  R.  Bonaparte,  Cardot, 
Chermezon,  Denis,  Jeanpert,  Patouillard  ;  nous 
leur  exprimons  toute  notre  gratitude. 

GYMNOSPERMES 
CYCADACÉES 

CYGAS  L. 

Cycas  Thouarsii  R.  Br.  —  Province  et  district 
d'àndovoranto  :  Sur  le  cordon  littoral  de 
sables  entre  la  lagune  d'Ampitabe  et  l'océan 
(n°  2.000,  13  Décembre  1912). 

Nous  avons  trouvé  cette  espèce  en  assez  grande 
abondance  dans  la  forêt  littorale  de  cette  région  ; 
c'est  une  caractéristique  exclusive  de  l'Association  à 
Barringtonia. 

Nom  indigène  :  Faho 

PODO€ARPA€ÉES 

PODOCARPQS  L'Hér. 

Podocarpus  madagascariensis  Raker.  —  Province 

de  Tananarive,  district  de  Manjakandriana  : 

Dans  la    forêt    à    l'Est    d'Ambalolaona,    vers 

1.500  m.  d'alt.  (n«  1.26U,  11  Novembre  1912). 

Nom  indigène  :  Hetatra. 

ANGIOSPERMES 
KENOACUEACÉES 

CLEMATIS  L. 

Clematis  scabiosaefolia  DC  —  Province  de  Tana- 
narive, district  de  Manjakandriana  :  Côtes 
dénudées  autour  d'Ambatolaona,  vers  1.400  m. 


—  337  — 

d'altitude,  ça  et  là  (n°  1 .215, 11  Novembre  1912. 
—  Province  du  Vakinankaratra,  district  de 
Betafo  :  Dans  la  steppe  à  Graminées,  près  des 
Vavavato,  vers  1.900  m.  d'altitude  (n°  1.553, 
24  Novembre  1912).  —  Province  de  l'Itasy, 
district  du  Kitsamby  :  Pentes  herbeuses  sur  le 
flanc  Ouest  de  VAnkaratra,  entre  Ambatofolsy 
et  le  Tsiafajavona,  vers  2  000  m-  d'altitude 
(n°  1.682,  27  Novembre  1912).  —  Province  du 
Vakinankaratra,  district  d'Antsirabe  :  Pentes 
du  mont  IbUy,  vers  1.400-2000  m.  d'altitude 
(nos  1.U70  et  1 .470  bis,  21  Novembre  1912): 

Fleurs  blanches.  —  Il  s'agit  d'une  espèce  dont  la 
synonymie  est  considérable,  car  elle  comprend  des 
plantes  très  polymorphes  ;  ces  Clématites,  poussant 
dans  des  parties  dénudées  et  dévastées  par  les  incen- 
dies, ne  sont  en  général  pas  grimpantes  et  se  présentent 
comme  profondément  modifiées  par  les  feux  de 
brousse.  On  peut  dire  que  chaque  échantillon  rapporté 
par  un  voyageur  a  été  considéré  comme  le  type  d'une 
espèce.  Les  matériaux  et  les  notes  de  M.  Perrier  de  la 
Bâthie  ont  permis  à  l'un  de  nous  d'effectuer  une 
révision  des  Clématites  qui  sera  publiée  ultérieurement. 

Le  n°  1.21')  montre  plusieurs  tiges  partant  d'une 
souche,  quelques  unes  sont  rameuses  et  flexueuses  ; 
les  folioles  hirsutes,  ont  des  segments  très  variables, 
mais  relativement  larges,  les  sépales  sont  relativement 
petits;  rappelle  C.  longipes  de  Freyn. 

Le  n°  1.553  a  des  tiges  rameuses  et  des  sépales  beau- 
coup plus  longs. 

Le  n°  1.682  a  de  grandes  fleurs  comme  le  précédent 
mais  des  folioles  à  segments  beaucoup  plus  étroits.  Ces 
deux  n08  correspondent  à  C.  Iriflda  Ilook. 

22 


—  338  — 

Les  n08  1.470  et  1.470  bis  qui  correspondent  à 
C.  oligophylla  Hook.,  par  des  feuilles  à  segments 
linéaires,  différent  légèrement  l'un  de  l'autre,  le 
n°  1U10  bis  ayant  des  segments  un  peu  plus  larges. 

RANUNCULUS  L. 
Ranunculus  pinnatus  Link.  —  Province  d'Andovo- 

RANTO,  DISTRICT  DE  MûRAMANGA  '.  Forêt  d' Atiala- 

zaotra,  fonds  et  clairières  humides,  vers 
900  m-  d'altitude  (ri0  768,  17  Octobre  1912)  — 
Province  de  Tananarive,  district  de  Manja- 
kandriana  :  Ambatolaona,  fossés  humides  à  la 
lisière  de  la  forêt,  vers  1.500  m.  d'altitude 
(n°  1.241,  11  Novembre  1912). --  Province  du 

VAKINANKARATRA ,      DISTRICT     d'AmBATOLAMPY     I 

Flanc  Est  de  Y Ankaratra,  vers  1.900  m.  d'alti- 
tude {n°  1.651,  28  TNov.  1912)  (det  Danguy). 

Ranunculus  madagascariensis  Freyn  —  Province 
du  Vakin ankaratra,  district  d'Antsirabe  : 
Ruisseaux  et  dépressions  humides  autour 
iïAntsirabe,  vers  1.400  m.  d'altitude  (n°  1.322, 
16  Novembre  1912).  . —  Province  du  Vakinan- 
karatra,  district  d'Ambatolampy  :  Bords  d'un 
ruisseau  dans  la  forêt  à  3-4  km.  en  aval  de 
Tsinjoarivo  dans  la  vallée  de  ïOnive,  vers 
1.550  m.  et  çà  et  là  aux  bord  des  rizières 
(n°  1.848,  30  Novembre  1912)  (det.  Danguy). 

ANOUACÉES 
HEXALOBUS  DC. 

Hexalobus  callicarpus  H.  Bn.  —  Province  d'Ando- 

VORANTO,      DISTRICT      DE      MORAMANGA     :      Forêt 


—  339  - 

d1 '  Analamazaotra,  à  2  km.  au  Sud  de  la  Station 
forestière,  vers  900  m.  d'altitude  (n°  i.OUà, 
28  Octobre  1912). 

Cette  plante  n'a  été  récoltée  qu'à  la  fin  du 
xvme  siècle,  par  Chapelier,  dans  l'Est  ;  elle  serait  rare 
dans  la  forêt  &  Analamazaotra  où  nous  ne  l'avons 
trouvée  qu'une  fois.  C'est  une  liane  de  8-10  m.,  et  non 
un  arbre  comme  il  est  dit  dans  la  description  :  les 
feuilles  sont  coriaces,  translucides,  à  nervures  non 
saillantes.  Les  fruits,  remarquables  par  leur  tomentum 
velouté  marron  foncé,  sont  extrêmement  durs  ;  leur 
chair,  d'un  blanc  jaunâtre,  devient  rapidement  brune 
après  avoir  été  sectionnée  ;  les  graines  ont  un  albumen 
blanc,  ruminé. 

IHI  I  I  \l%<  I  l> 

HIBBERTIA  Andr. 
Hibbertia  coriacea  H.  Bn.  —  Province  de  Tana- 

NAR1VE,    DISTRICT     DE    MaNJAKANDRIANA   '.    Toute 

une  colonie  sur  un  coteau  à  3  km.  au  Sud 
à'Ambatolaona,  vers  1400  mètres  d'altitude 
{n°  1.967). —  Province  et  district  d'àndovo- 
ranto  :  Entre  Antanlfotsy  et  Antampina,  à 
45  km.  au  Sud  de  Tamatave  (n°  2.005, 
14  Décembre  1912). 

Nom  indigène  :  Friandrivavala  (i). 
Cette  espèce  a  été  récoltée  par  de  nombreux  voya- 
geurs dans  l'ïmerina  et  dans  la  région  orientale.  C'est 

(1)  Ce  nom  s'applique  aussi  à  une  composée  irutescente, 
Senecio  Brownii  Viguier  et  Humberl  (cfr.  Bull.  Soc.  Bol 
Fr.,  1914). 


—  340  — 

un  arbuste  de  0m8  à  lm5  de  hauteur  ;  les  feuilles 
coriaces  ont  les  nervures  imprimées  en  creux  à  la  face 
supérieure  et  ont  la  face  inférieure  couverte  d'un 
tomentum  blanchâtre  plus  ou  moins  rouillé  ;  les  péta- 
les et  les  staminodes  sont  du  jaune  des  pétales  de 
Y Helianthemum  vulgare  et  les  anthères  sont  d'un  jaune 
Safran. 

<  ueiopiit  3 1  1 1  s 

CERASTIUM  L. 

Cerastium  africanum  Oliver.  —  Province  du 
Vakinankaratra,  district  de  Betafo  :  Lieux 
herbeux  humides,  près  du  sommet  du  pic  de 
Vohimalaza,  près  Betafo,  vers  1.650  m.  d'alti- 
tude 0°  1.372, 18  Novembre  1912).  —  Province 
du  Vakinankaratra,  district  d'Ambatolampy 
(sur  la  limite  de  la  province  de  i'Itasy)  :  Dans 
le  massif  de  YAnkaratra  sur  le  sommet  termi- 
nal du  Tsiafajavona,  vers  2.650  m.  d'altitude 
(n°  1.678,  27  Novembre  1912) 

Petite  herbe  à  fleurs  blanches  ;  le  n°  1.678  est  une 
forme  un  peu  particulière. 

STELLARIA    L. 

Stellaria  emirnensis  Danguy  nov.  sp.  (1).  —  Pro- 
vince d'Andovoranto,  district  de  Moramanga  : 
Forêt  & Analamazaotra  dans  un  fond  maré- 
cageux, vers  900  m.  d'altitude,  avec  Carex 
sphœrogyna,  Selaginella   lœvigata,  Ranunculus 

(1)  ^.fr.  H.  Lecomte,  Notulœ  Systematicœ,  III,  n°  5,  1915. 


341 


plnnatus,  Rumex  nepalensis,  Physcomytrium 
dilatalum,  etc.  (n°  940,  22 Octobre  1912).  — Pro- 
vince du  Vakinankaratra,  district  d'Amrato- 
lampy  :  Bords  d'un  ruisseau,  dans  la  forêt,  à 
3  4  km.  en  aval  de  Tsinjoarivo,  dans  la  vallée 
de  VOnive,  vers  1.550  m.  d'altitude  (n°  1.845, 
30  Novembre  1912). 

Cette  petite  herbe  est  remarquable  par  ses  fleurs 
blanches  tétramères,  à  3-4  étamines  et  à  2  styles  et  ses 
capsules  quadrivalves,  à  4-7  graines. 

DRYMARIA  Willd. 

Drymaria  cordata  Willd  —  Province  dAndovo- 
ranto,  district  d'Anivorano  :  Bords  des  rizières 
autour  de  Brickaville(n°  442,  3  Octobre  1912).  — 
Province  de  Tananarive,  district  de  Manja- 
kandriana  :  Talus  buissonneux,  près  à'Amba- 
tolaona,  vers  1.400  m.  d  altitude  (n°  1.236, 
H  Novembre  1912).  —  Province  du  Vakinan- 
karatra, district  de  Betafo  :  Pentes  herbeuses 
près  du  sommet  du  pic  de  Vohimalazo,  aux 
environs  de  Betafo,  vers  1.500  m  d'altitude 
(n°  1  361,  18  Novembre  1912). 
Herbe  à  fleurs  blanches,  de  divers  pays  tropicaux. 

POLYCARPiEA  Lam. 
Polycarpaea  corymbosa  Lam.  —  Province  d'Ando- 

VORANTO,     DISTRICT    DE    MoRAMANGA    :     Pelouses 

arides  entre  Analambolo  et  Bevalanirano,  dans 
la  vallée  de  la  Sahamarina,  vers  900  m.  d'alti- 
tude (n°  1.000,  24  Octobre  1912). 
Petite  herbe  :  pétales  rouge-minium,  anthères  jaunes. 


—  342  — 

PAPAVÉR.tCÉES 

ARGEMONE  L. 

Argemone  mexicana  L.  —  Province  et  district  de 
ïamatave  :  Lieux  sablonneux  des  enviions  de 
Tamatave  (n°  235,  28  Septembre  1912). 

Herbe  introduite  de  0m5  de  hauteur  environ,  à 
feuilles  souvent  panachées,  qui  se  rencontre  dans  les 
sables  de  la  route  près  du  bord  de  la  mer  et  jusque 
dans  les  rues  de  la  ville.  Fleurs  jaunes  ;  latex  orangé. 
Seule  Papavéracée  connue  à  Madagascar. 

CRUCIFÈRES 

GARD  AMINE   L. 

Cardamine  africana  L.  —   Province   d'Andovo- 

RANTO,  DISTRICT  DE  MORAMANGA  I  Forêt  (VA Mlla- 

mazaotra,  vallons  humides,  berges  des  ruis- 
seaux vers  900  m.  d'altitude  (n°  897,  21  Octo- 
bre 1912).  —  Province  de  Tananarive,  district 
de  Manjakandriana  :  Lieux  frais,  dans  la  forêt 
à  l'E.  d' ' Ambatolaona,  vers  1.500  m.  d'altitude 
(n°  1.222,  11  Novembre  1912).  —  Province  du 
Yakinankaratra,  district  d'Ambatolampy  : 
Tsinjoarivo,  lieux  humides  des  bois,  près  de  la 
«  Source  de  la  Reine  »,  vers  1.630  m.  d'alti- 
tude (n°  1.895,  30  Novembre  1912). 

Petite  herbe  à  sépales  d'un  vert  plus  ou  moins 
violacé  ;  pétales  d'un  jaune  verdâtre  pâle  (897)  ou 
blancs  (1.222,  1.895).  Largement  répandue  en  Afrique- 


—  343  — 

SENEBIERA  Poir. 
Senebiera  pinnatifida  D.  G.  —  Province  d'Andovo- 

RANTO,  DISTRICT  DE  MORAMANGA  \   Forêt  d' Andlci- 

mazaotra,  près  de  la  gare  de  Permet  et  près  de 
la  Station  forestière,  vers  950  m.  d'altitude 
(n°  866,  21  Octobre  1912).  —  Province  de 
Tananarive,  district  de  Manjakandriana  : 
Bord  des  routes  et  chemins,  ça  et  là  autour 
à'Ambatolaona,  vers  1.400  m.  d'alt.  (n°  1.202, 
11  Novembre  1912). 

Naturalisée. 

NASTURTIUM  R.  Br. 

Nasturtium  millefolium  Baker.  —  Province  du 
Vakinankaratra,  district  d'Antsirabe  :  Bord 
des  rizières,  près  du  lac  Andraikiba,  vers 
1 .400  m .  d'altitude(rc°  /  .307, 1 6  Novembre  1 912). 

Très  petite  herbe  annuelle,  à  fleurs  d'un  jaune  pâle, 
récoltée  antérieurement  par  Baron  et  Hildebrandt, 
également  dans  la  région  centrale.  Endémique. 

s%!  %  IGESIAC1 ■;■■> 

SAUVAGESIA 

Sauvagesia  erecta  L.  —  Province  et  district  de 
Tamatave  :  Environs  de  Tamatave,  sur  le  bord 
des  dépressions  de  la  plaine,  dans  les  parties 
encore  sableuses  (n°  b05,  27  Septembre  1912). 

Fleurs  blanc  rosé.  Herbe  d'Afrique  et  d'Amérique. 


—  344   - 

<  OWAKM  ÉES 

AGELŒA  Soland. 

Agelaea  pentagyna  H.  Bn.  —  Province  et  district 
de  Tamatave  :  Çà  et  là  dans  la  plaine  entre  la 
lagune  et  la  mer,  aux  environs  de  Tamatave 
(n°  306,  25  Septembre  1912  ;  n°  1.999, 
13  Décembre  1912). 

Arbuste  haut  de  2-3  m.,  à  rameaux  plus  ou  moins 
sarmenteux  ;  feuilles  à  trois  folioles  grandes,  coriaces; 
Inflorescences  en  grappes  composées  ;  boutons  bru- 
nâtres ;  corplle  blanche  ;  fruits  rouges. 

CNESTIS  Juss. 

Cnestis  polyphylla  Lamarck.  —  Province  d'Ando- 
voranto,  district  de  Moramanga  :  Vallée  de  la 
Sahamarirana ,  près  d1 '  Ampasimpotsy ,  vers 
900  m.  d'altitude  (n°  1  Otà,  24  Octobre  1912); 
Forêt  d1 ' Analamazaotra,  vers  900-1.000  m. 
d'altitude  (n0  î.i$%  5  Novembre  1912). 

Noms  indigènes  :  Voapika,  Hazovoalavo. 

Arbuste  d'abord  dressé  à  l'état  jeune  mais  devenant 
rapidement  une  liane.  Pédicelles  et  sépales  d'un  vert 
bronzé  sombre;  sépales  d'un  vert  tendre  intérieurement 
et  corolle  d'un  blanc  sale,  légèrement  jaunâtre.  Anthères 
d'un  jaune  marron.  Cette  espèce  qui  semble  assez 
fréquente  dans  la  région  orientale,  serait  extrêmement 
dangereuse  :  son  action  serait  très  singulière  (Salvat). 


—  345  - 

LÉGUMINEUSES 
I.  —  1II1IOSÉES 

MIMOSA  L 

Mimosa  pudica  L.  —  Province  et  district  de 
Tamatave  :  Environs  de  Tamatave,  çà  et  là, 
chemins  (n°  292,  25  Septembre  1912). 

Plante  introduite.  Nous  l'avons  également  observée  à 
Nossi-Bé,  dans  les  environs  d'Hellvilte,  et  à  divers 
arrêts  du  vapeur  Ivondro-Brîckaville. 

Mîmosa  asperata  L.  —  Province  et  district  de 
Tamatave  ;  environs  de  Tamatave,  non  loin 
du  village  d' Ampanalana  [n°  358,  26  Septembre 

1912).     —     PROVINCE     d'ÀNDOVORANTO,     DISTRICT 

d'Anivorano:  Çàetlà  sur  les  pentes  des  coteaux 
de  la  rive  gauche  de  la  Vo/iUra,  près  d'Ani- 
vorano(n°  U97 ,  5  Octobre).  —  ProvInce  d'Ando- 

VORANTO,      DISTRICT     DE      MORAMANGA  !     rOChei'S 

dans  le  lit  du  Mangoro,  près  d'Ankarefo,  vers 
800  m.  d'altitude  (n°  1161,  9  Novembre  1912). 

Mimosa  nossibiensis  Benth.  —  Province  et  dis- 
trict de  Majunga  :  Forêt  d'Aiïtetikala,  canton 
de  Katsepe  (/i°  4i,  7  Septembre  1912). 

Fleurs  blanches.  —  Déjà  signalé  à  Nosy-Bé  et  à  Fort- 
Dauphin. 

LEUGffiNA,  Benth. 

Leucaena  glauca  Benth.  —  Province  et  district 
de  Majunga  :  Environs  de  Majunga,  haies  picr- 


—  346  — 

reuses  le  long  de  la  falaise  de  la  «  Pointe  du 
Caïman  »  (n°  27,  6  Septembre  1912). 
Fleurs  d'un  blanc  jaunâtre.  —  Espèce  introduite. 

ENTADA,  Adans 

Entada  scandens  Benth.  —  Province  du  Vakinan- 
karatra,  distrigt  d'Antsirare  :  Bords  d'unjsen- 
tier,  près  d'un  village  de  la  haute  vallée  de  la 
Sahalana,  vers  1  300  m.  d'altitude  (n°  1.477, 
21  Novembre  1912). 
Arbres  à  fleurs  jaunâtres.  —  Planté  (?). 

JHCHROSTACHYS  D.  G. 
Dichrostachys  tenuifolia  Benth   —  Province  d'An- 

DOVORANTO,     DISTRICT     DE     MORAMANGA    :     Forêt 

d'Analamazaotra,  çà  et  là  (n°  88à,  21  Octobre 
1912,  et  iv  948,  22  Octobre  1912)  ;  bords  de  la 
Sahamarirans,  entre  Ampasimpotay  et  Bevala- 
nirano,  vers  900  m.  d'altitude  (n°  988,  24  Octo- 
bre 1912). 
Petit  arbrisseau  :  fleurs  périphériques  des  capitules  à 

pétales  et  filets  des  étamines  violets  ;  fleurs  centrales  à 

pétales  et  filets  des  étamines  jaunes. 

II.  —  CES4LPIMIÉES 

CASSIA  L. 

Cassia  laevigata  Wild.  —  Province  d'Andovoranto, 
district  d'Anivorano  :  Pentes  sud  du  pic  de 
Vohllonjo,    près    Fetromby,    vers    250-300   m. 
d'altitude  (/i°  528,  6  Octobre  1912). 
Arbuste  de  1  m.  5  ;  fleurs  jaunes. 


-  347   - 

Cassia  occidental is  L.  —  Province  d'Andovoranto, 
district   d' Anivorano  :   Lieux    frais,   près  de 
Lohariandava,  vers  250  m.  d'altitude  (n°  6bi 
12  Octobre  1912). 

Arbuste  ;  fleurs  jaunes. 

Cassia  mimosoides  L.  —  Province  et  district  de 
Tamatave:  Environs  de  Tamatave  ;  pentes 
rocheuses  de  la  rive  droite  de  VIvoloina  (n°  199, 
20  Septembre  1912)  ;  çà  et  là  dans  la  plaine 
(n°  289,  25  Septembre  1912). 

Petite  herbe  à  fleurs  jaunes;  commune.  Introduite. 

OffiSALPINIA  L. 

Caesalpinia  Bonducella  Fleming.  —  Province  et 
district  de  Tamatave:  Entre  les  dunes  mari- 
times et  la  lagune,  près  du  village  à'Ampana- 
lana  fn°362,  26  Septembre  1912). 

Commun.  Tous  les  exemplaires  fructifies. 

m   —  ivirii  io\  vi  i  i> 

GROTALARIA  L 

Crotalaria  refusa  L  —  Province  et  district  de 
Majlnga  :  Pentes  sèches  de  la  colline  de  la 
«  pointe  du  Caïman  »,  près  Majunga  (itn  18, 
(3  Septembre  19 12).  —  Province  et  district  de 
Tamatave  :  Lieux  sableux,  ça  et  là  le  long  de 
la  route  de  VIvoloina  (n°  226,  23  Septembre 
1912). 

Espèce  commune,  introduite  ;  fleurs  jaunes;  gousses 
noires. 


—  348   - 
Crotalaria  xanthocladaBojer.  —  Province  du  Vaki- 

NANKARATRA,    DISTRICT  cl' ÀMBATOLAMPY  I    Pentes 

de  Y  Ankaratra,  en  dessous   du   Tsiafajavona 

(n°  1709,  27  Novembre  1913);  bords  herbeux 

d'un  marais  à   15  km.  environ  au    S -E.   de 

Tsinjoarivo,  vers  1.600  m-  d'altitude  (n°  1*766, 

29  Novembre  1912) 

Petite  plante  à  port  de  Lotus  par  la  couleur  jaune  de 

ses    fleurs   et    les   dimensions    de   ses    stipules  ;    vue 

plusieurs  fois  dans  l'Ankaratra  de   1.700   à  2.550  m. 

d'altitude  ;  vue  également  au  Mont  Ibity  et  dans  la 

chaîne  des  Vavavato,  ainsi  que  près  de  Tsinjoarivo. 

Crotalaria  striata  D.  C  -  Province  et  distrIct  de 
Tamatave  :  Environs  de  Tamatave,  bords  de  la 
route  de  Ylvoloina,  haies,  vers  le  km.  2  (n°  424, 
27  Septembre  1912).  —  Province  d'Andovo- 
ranto,  district  d'Anivorano  :  Pelouses,  coteaux 
de  la  rive  gauche  de  la  Vohitra,  près  Bricka- 
ville,  (n°  464,  4  Octobre  1912).  • 
Arbuste,  fleurs  jaunes.  Introduite. 

Crotalaria    Bernieri   H.  Br    —   Province   d'An- 

DOVORANTO,  DISTRiCT   DE  MORAMANGA  !  PeloUSeS 

arides  près  d'Analambolo,  entre  ce  village  et 

Bevalanirano  (n°  1001,  Octobre  1912);  bords 

des   chemins,    près   Ankarefo,    vers    800    m. 

d'altitude  (n°  1.U4,  9  Novembre  1912). 

Rameaux  raides,  fleurs  jaunes  ;  étendard  plus  ou 

moins  lavé  d'une  teinte  lie  de  vin.  Non  encore  signalé 

en  cette  partie  de  l'ile.  Endémique;  diffère  du  C  lan- 

ceolataE.  Mey.  africain,  avec  lequel  il  a  été  confondu. 

Crotalaria   diosmaefolia  Benth.  —   Province  du 
Vakinankaratra  :   Pentes   de  la   montagne  à 


349 


l'Ouest  d'Ambohiponana  (n*1Â23,  20  Novem- 
bre 1912).  —  Province  du  Vakinankaratra, 
district  d'Ambatolampy  :  Dan  s  la  plaine  à 
graminées,  près  d'Ambotolampy^ers  1600  m. 
d'altitude  (n°  1.695,  28  Novembre  1912)  ;  çà  et 
là,  le  long  de  la  route  d'Ambatolampy  à  Tsin- 
joarivo,  vers  1.600  m.  d'altitude  (n°  4-797, 
29  Novembre  1912). —  Province  de  Tananarive, 
district  d'Andramasina  :  Coteaux  près  de 
Tsiafahy,  vers  1.450  m.  d'altitude  (n°  1  937, 
4  Décembre  1912). 

Fleurs  jaunes.  Sous-arbrisseau  remarquable  par  son 
tomentum  soyeux.  Endémique. 

Crotalaria  spinosa  Hochst.  —Province  de  l'Itasv, 
dîstrict  du  Mamolakazo  :  Bord  d'un  chemin 
entre  Manazary  et-  Ambohimandroso,  vers 
1  300  m.  d'altitude  (n°  1 .948,  8  Décembre  1912). 

Arbrisseau  à  fleurs  jaunes.  Espèce  africaine. 

Crotalaria  ibityensis  R.  Vig.  et  H.  Humbert  nov. 
sp.  —  Province  du  Vakinankaratra,  district 
d'Antsirabe  :  Crête  dxxMont  Ibity,  vers  2.100  m. 
d'altitude,  à  25  km.  environ  au  Sud  d'Antsi- 
rable  {n°  1.462,  20  Novembre  1919). 

Nous  avons  décrit  cette  espèce  dans  le  Bulletin  de  la 
Société  Botanique  de  France  (4e  série,  Tome  XIV,  p.  94, 
1914).  C'est  un  sous-arbrisseau  à  feuilles  trifoliolées, 
coriaces,  comme  vernissées  à  la  face  supérieure  bien 
que  présentant  de  petits  poils  blancs  appliqués  ;  les 
fleurs,  groupées  par  2-4,  ont  des  pétales  jaunes  avec 
l'extrémité  de  la  carène  rouge-brun. 


—  350  — 

ARGYROLOBIUM  E.  et  XL 
Argyrolobium    emirnense    Baker.    —    Province 

D'ANDOVORANTO  ,      DISTRICT      DE       MORAMANGA     : 

Pelouses  arides  entre  Analambolo  et  Belavari- 
rino,  vers  900  m.  d'altitude  (n°  1.004,  24  Octo- 
bre 1912).  —  Province  du  Vakinankaratra, 
district  d'Ambatolampy  :  Sommet  du  Tsia- 
fajavona,  vers  2.600  m.  d'altitude  (n°  1.734, 
28  Novembre  1912).  —  Province  de  Tanana- 
rive,  district  de  Manjakandriana  :  Environs 
d'Ambatolaona,  vers  1.400  mètres  d'altitude 
(n°  1.962,  10  Décembre  1912). 
Herbe.  Endémique. 

LEBEGKIA  Thunb. 

Lebeckia  retamoides  Baker.  —  Province  du  Vaki- 
nankaratra, district  d'Antsirabe  :  Talus  de 
latérite  à  quelques  kilomètres  du  village 
d'Ambohiponana,  vers  1.400  m.  d'altitude 
(n°  1.415,  20  Novembre  1915).  —  Province  de 
l'Itasy,  district  du  Kitsamby  :  Dans  la  brousse 
à  graminées,  près  du  zoma  d'Ambatondra- 
dama,  vers  1.800  m.  d'altitude  {n°  1.633, 
26  Novembre  1912). 

Plante  habituellement  aphylle  à  fleurs  d'un  rose  vio- 
lacé, commune  et  croissant  dans  les  stations  arides 
périodiquement  incendiées  ;  nous  en  avons  également 
observé  de  très  nombreux  individus  entre  Tsinjoarivo 
et  Ambohimasina. 

INDIGOFERA  L. 

Indigofera  An  il  L.  —  Province  d'Andovoranto,  dis- 
trict d'Anivorano  :  Coteaux  de  la  rive  gauche 


—  351    - 

de  la  Vohitra,  près  d'Anivorano  (n°  490, 
5  Octobre  1912)  ;  ravins  près  du  chemin  de 
fer,  entre  les  gares  de  Rogez  et  de  Junk,  vers 
300  m.  d'altitude  (n°  697,  12  Octobre  1912). 

Petit  arbrisseau  de  lm-lm5  ;  corolle  à  ailes  roses, 
carène  verdâtre,  étendard  verdàtre  lavé  de  rose.  — 
Espèce  introduite. 

Indigofera  endecaphylla  Jacquin.  -  Province  et 
district  de  Tamatave  :  Environs  de  Tamatave, 
sables  maritimes  (n°  230,  23  Septembre  1912). 

Se  trouve  dans  les  sables  maritimes  et  ça  et  là  dans 
la  plaine  ;  fleurs  d'un  rouge  un  peu  vineux.  Les  exem- 
plaires recueillis  sont  fasciés. 

Indigofera  Lyallii  Baker.  —  Province  du  Vakinanka- 
ratra,  district  d'Antsirabe  :  Pentes  Est  du 
Mont  Ibity,  vers  1.600  m-  d'altitude  (ai0  1.483, 
21  Novembre  1912). 

Petit  arbuste  haut  de  1  m.  environ,  à  fleurs  d'un 
rouge  pourpré. 

Indigofera  stenosepala  Baker.  —  Province  d'Ando- 
voranto,  district  de  Moramanga  :  Lieux  herbeux 
près  d'Ankarefo,  vallée  du  Mangoro,  vers 
800  m.  d'altitude  (n°  1.146,  9  Novembre  1912). 

Petites  fleurs  en  épis  rosés. 

Indigofera  Bojeri  Baker.  —  Province  du  Vakïnanka- 
ratra,  district  d'Antsirabe  :  Talus  près  du  lac 
Andraikiba,  vers  1  400  m.  d'altitude  (n°  1.326, 
16  Novembre  1912).  —  Province  du  Vakinanka- 


—  352  — 

ratra,  district  de  Betafo  :  Pentes  des  Vavavato, 
vers  2.000  m.  d'altitude  (n°  1.580,  25  Novem- 
bre 1912). 

Sous  arbrisseau  dressé  ;  fleurs  du  même  rouge  que 
Onobrychis  sativa. 

Indigofera  leucoclada  Baker.  —  Province  du  Vari- 
nanraratra,  district  de  Betafo  :  Pentes  Nord  du 
pic  de  Vohimalaza,  près  Betafo,  vers  1500  m. 
d'altitude  (n°  1.350,  18  Novembre  1912). 

Arbuste  de  2  m.   de  hauteur  environ  ;  fleurs   d'un 
rose  violacé. 

Indigofera  thymoides  Baker  —  Province  du  Vari- 

NANRARATRA,    DISTRICT    d'AmBATOLAMPY    '.    Sommet 

du  Tsiafajavona,  vers  2.600  m.  d'alt.  (n°  1.702, 
28  Novembre  1912). 

Petite  herbe  ténue  ;  fleurs  d'un  rouge  minium  et  non 
violettes  comme  l'indique  Drake  del  Castillo. 

Indigofera  pedunculata  Hils.  etBojer.  —  Province 
de  Tananarine,  district  d'Andramasina  :  Entre 
Andramasina  et  Tsiafahy,  vers  1.450  m.  d'alti- 
tude (ai0  1945,  4  Décembre  1912). 

Plante  suffrutescente  haute  de  75  cm.  ;  pétales  d'un 
rose  pourpré. 

Indigofera  pinifolia  Baker-  —  Province  du  Varinan- 
raratra,  district  de  Betafo  :  Pentes  des  Vava- 
vato, vers  2  000  mètres  d'altitude  (ai0  1573, 
25  Novembre  1912).  —  Province  du  Varinanra- 
ratra,    district    d'Ambatolampv  :    Sommet   du 


—  353  — 

Tsiafajavona,  vers  2.600  m.  d'altitude  (n°  1.643, 
28  Novembre  1912). 

Herbe  étalée  sur  le  sol  ;  pétales  d'un  rouge  minium 
ou  un  peu  orangé. 

TEPHROSIA  Pers. 

Tephrosia  leucoclada  Scott  Elliot.  —  Province  de 
Diégo-Suarez,  district  d'Antsirane  :  Environs 
d'Antsirane,  chemins  et  rues  (n°  144,  13  Sep- 
tembre 1912). 

Petit  arbuste.  Fleurs  roses. 

Tephrosia  pumila  Persoon  (Tephrosia  Commersoni 
Scott  Elliot).  —  Province  et  district  de  Tama- 
tave  :  Sables  maritimes  du  côté  de  la  lagune, 
près  d'  Ampanalana(n°  345, 26  Septembre  1912). 

Petite  espèce  vivace  à  fleurs  pourprées  lavées  de 
jaune  ;  vu  un  seul  pied.  Récoltée  antérieurement  à 
Fort-Dauphin  par  Commerson,  puis  par  Scott  Elliot, 

Tephrosia  linearis  Persoon  —  Province  d'Andovo- 
ranto  et  district  de  Moramanga  :  Moramanga, 
au  Nord  de  la  gare,  vers  900  m.  d'altitude 
(n°  1.040  bis,  26  Octobre  1912). 

Plante  vivace,  à  folioles  linéaires,  soyeuses,  à  fleurs 
violacées-verdàtres. 

Tephrosia  Lyallii  Baker.  —  Province  du  Vakinanka- 
ratra,  district  d'Ambatolampy  :  Sur  la  route 
d'Ambatolampy  à  Tsinjoarivo  à  12  km  d'Am- 
batolampy environ,  parmi  les  graminées,  vers 

23 


—  354  — 

1  600   m.   d'altitude   (n°  1793,  29   Novembre 
1912). 

Souche  ligneuse;  feuilles  unifoliolées;  fleurs  pourpres. 

MUNDULEA  D.  C. 

Mundlllea  pauciflora  Baker.  —  Province  du  Vakinan- 
karatra,  district  d'Amratolampy  :  Dans  une  île 
boisée  de  YOnive,  au-dessus  des  chutes  de 
Tsinjoarivo,  vers  1.600  m.  d'altitude,  et  sur  les 
coteaux  voisins  (n°  1.907,  1er  Décembre  1912) 

Arbuste  haut  de  1  m.  5  environ,  à  fleurs  rouges  ; 
espèce  non  indiquée  par  Drake  del  Gastillo  ;  notre 
échantillon  correspond  tout  à  fait  à  la  plante  de  Baker. 

Mundlllea  revoluta  Baker.  —  Province  du  Vakinan- 
karatra,  district  de  Betafo  :  Rochers  des  Vava- 
vaio,  vers  2  000-2.100  m.  d'altitude  [n°  i. 604, 
25  Novembre  1912). 

Plante  ligneuse  plus  ou  moins  étalée  sur  les  rochers  ; 
feuilles  luisantes  en  dessus,  blanches-argentées  soyeu- 
ses en  dessous.  Etendard  argenté  grisâtre  ;  ailes  et 
carènes  violettes  avec  une  tache  jaune  verdâtre  à  la 
base  de  la  carène. 

.ffiSCHYNOMENE  L 

£schynomene  Sensitiva  Swartz.  —  Province  et 
district  de  Tamatave  :  Entre  les  dunes  mariti- 
mes et  la  lagune  près  du  village  (ÏAmpanalana, 
au  bord  d'un  ruisseau  (n°  390,  26  septembre 
1912).  —  Province  d'Andovoranto,  district  de 
Moramanga  :    Lieux    herbeux,    aux    environs 


—  355  — 

d'Ankarefo,  dans  la  vallée  du  Mangoro,  vers 
800  m.  d'altitude  (n°  1 A 50,  9  Novembre  1912). 

Arbuste  à  fleurs  jaunes,  étendard  rayé  de  pourpre. 

dEschynomene  brevifolia  Lamarck.  —  Province  et 
district  de  Tamatave  :  Commun  dans  les  envi- 
rons de  Tamatave  (n°  307,  25  Septembre  1912). 

>Eschynomene  Heurckeana  Baker.  —  Province  de 
Tananarive,  district  d'Andramasina  :  Sur  la  route 
d'Andramasina  à  Tsiafahy,  à  2  km.  environ 
d'Andramasina,  vers  1450  m.  d'alt.  (n°  1.942, 
4  Décembre  1912). 

Plante  suffrutescente  à  fleurs  blanc-jaunâtre;  de  1  m. 
de  hauteur  environ. 

SMITHIA  Ait. 

Smithia  Strigosa  Benth.  —  Province  d'Andovoranto, 
district  de  Moramanga  :  Vallée  de  la  SahamarL 
rana,  près  d'Ampasimpotsy,  vers  900  m.  d'alti- 
tude (n°  987,  24  Octobre  1912). 

Smithia  Sensitiva  Ait  —  Province  du  Vakinanrara- 
tra,  district  d'Ambatolampy  :  Le  long  de  la  route 
entre  Ambatolampy  et  Tsinjoarivo,  vers  I  000  m. 
d'altitude  (n°  1759,  29  Novembre  1912). 

Plante  vivace,  à  tiges  grêles,  à  fleurs  jaunes. 

Smithia  Chamaecrista  Benth.  —  Province  de  Tana- 
narive,  district  d'Andramasi n a  !  Bords  d'un 
ruisseau  entre  Ambohimasina  et  Andramasina, 


—  356   - 

vers  1.500  m.  d'altitude  (n°  1920,  2  Décembre 
1912). 
Arbuste  de  1  m.-l  m.  25  de  hauteur  à  fleurs  jaunes. 

STYLOSANTHES  Siv. 

Stylosanthes  Bojeri  Vogel.  —  Province  et  district 
deMajunga:  Majunga,  carrières  et  bords  des 
chemins  entre  la  Poste  et  le  mât  de  T.  S.  F. 
(n°  10,  6  Septembre  1912). 

Plante  trouvée  autrefois  par  Bojer,  et  citée  sans  indi- 
cation de  localité. 

ZORNIA  Gmel. 

« 
Zornia  diphylla  Persoon.  —  Province  d'Andovoranto, 

district  de  Moramanga  :  Forêt  & AnalcimazaQtra, 
chemins,  près  de  la  station  forestière,  vers 
1.000  m.  d'altitude  (n°  923,  21  Octobre  1912)  ; 
pelouses  arides  près  d'Analambolo,  entre  ce 
village  et  Bevalanirana,  vers  900  m.  d'altitude 
{n°  1.008,  24  Octobre  1912)  ;  environs  de  Mora- 
manga, au  nord  de  la  gare,  vers  900  mètres 
d'altitude  f/i°  1.038  bis,  26  Octobre  1912). 

Tiges  grêles  ;  étendard  et  ailes  orangés,  plus  ou  moins 
lavés  de  rouge  ;  carène  jaune.  Espèce  commune  dans 
beaucoup  de  régions  chaudes. 

DESMODIUM  Desv. 

Desmodium  lasiocarpum  D.C.  —  Province  d'Ando- 
voranto,  district  d'Anivorano  :  Pentes  d'un 
coteau  sur  la  rive  gauche  de  la  Vohitra,  près 
d'Anivorano  (n°  500,  5  Octobre  1912)  ;  Lieux 

(A  suivre). 


LISTE    DES    COMMUNICATIONS 

par     nom*     d'Auteur* 


Allorge  (A.  Pierre^  :  Contribution  à  l'étude  de  la 
flore  normande,  p.  288. 

Bédel  (L.)  :  Présentation  de  plantes,  p.  156. 

Bugnon  (P.)  :  Contributions  à  la  connaissance  de  la 
flore  de  Normandie.  Observations  faites 
en  1920,  p.  315. 

Chemin  (E.i  :  Organisation  florale  et  pollinisation  chez 
les  Lathrœa,  p.  125.  —  Anomalies  florales 
dans  le  genre  Daphne,  p.  218.  —  Lathrœa. 
p.  242.  —  Monotropa  hypopitys,  p.  2i3.  — 
J\eollia  Nidus-avîs,  p.  244.  —  Les  Algues 
de  profondeur,  p.  282. 

Chemin  (E.)  et  Hédiard  (L.)  :  La  Cuscute  du  Lin, 
Cuscuta  Epilinum  Weihe,  dans  le  Cal- 
vados, p.  270. 

Chermezon  (11.)  .  Aperçu  sur  la  végétation  du  littoral 
asturien,  p.  159. 

Dallrert  (M.)  Observations  entomologiques,  p.  110.  — 
Lépidoptères  du  Calvados.  Localités 
nouvelles,  p.  299. 

Focet  :  Excursions  dans  la  France- méridionale,  p.  306. 

Gerrault  (Ed.)  :  Observations  sur  l'état  de  la  végéta- 
tion pendant  l'hivor  1919-1920,  p.  216.  — 
Hérisson,  p,  302.  —  Troglodyte,  p.  303.  — 
Parnassia  palustris  L.,  p.  305.  —  Sur  le 
Sedum  acre  de  la  Hagne,  p.  312,  —  (Voir 
Letacq  et  Germai  i.i •), 


—  358  — 

Gtdon  (Dr  F.)  :  Paludisme  en  Normandie,  p.  263. 

Hédiard  (L.)  :  Canalisation  ancienne,  p.  301.  —  (Voir 
Chemin  et  Hédiard). 

Houel  (Ph.)  :  Le  problème  des  sources  et  des  cours 
d'eau  danssesrapports  avec  l'atmosphère, 
le  sol  et  la  végétation,  p.  11. 

Humbert  (H.)  :  (Voir  Viguier  et  Humbert). 

Leboucher  :  Cormoran,  p.  303.  —  Guêpes,  p.  304. 

Lemée  :  Gui,  p.  306. 

Letacq  (Abbé)  :  Liste  de  Champignons  recueillis  aux 
environs  d'Alençon  durant  les  mois  de 
Mars,  Avril  et  Mai  1920,  p.  247.  —  Super- 
position de  deux  Psalliotes  [Psalliota 
campes  tris  L.),  P-  253.  —  Cormoran, 
p.  303.  —  Perdrix  rouge,  p.  303.  — 
Lacerta  stirpium  Daud.,p.303.—  Brochet, 
p.  304.  —  Nid  de  Poliste,  p.  304.  — 
Mollusques,  p.  304.  —  Plantes  des  envi- 
rons d'Alençon,  p.  305.  —  Gui,  p.  306.  — 
Champignons,  p.  306.  —  Observations 
mycologiques  faites  durant  l'automne  1920 
aux  environs  d'Alençon.  p.  307. 

Letacq  (Abbé)  et  Gerbault  (Ed.)  :  Sur  plusieurs 
Névroptères  Planipennes  de  la  Haute- 
Sarthe,  p.  250. 

Mercier  (L.)  :  Mas  norvegicas,  p.  109.  —  Sur  deux 
espèces  de  Thysanoures  nouvelles  pour 
la  faune  de  Normandie,  p.  110.  —  Contri- 
bution à  l'étude  de  la  faune  du  départe- 
ment du  Calvados  (Turbellariés),  p.  244.— 
Faune  du  Calvados.  —  Diptères  (Formes 
nouvelles,  rares  ou  intéressantes),  p.  264. — 
Hareng  hermaphrodite,  p.  299.  —  Moule 
sur  Crabe,  p.  299. 


—  359  - 

Mercier  (L.)  et  Poisson  (R.)  :  Documents  biologiques 
fournis  par  letude  de  la  tourbière  sous- 
marine  de  Bernières-sur-Mer,  p.  149. 

Moutier  (Dr  A.)  :  Spondyle,  p.  124.  —  Fossiles  p.  148.  — 
Pedina  gigas,  p.  215.  —  Paludisme  en 
Normandie,  p.  262.  —  Fossiles,  p.  264. 

Poisson  (R.)  :  Gigantisme  chez  une  Grégarine  [téphaloi- 
dophora  talitri  Mercier),  p.  115.  —  (Voir 
Mercier  et  Poisson). 

Sève  (P.)  :  Daphne  Mezereum,  p.  147.  —  Androsème, 
p.  30L 

Viguier  (René)  et  Humbert  (Henri)  :  Le  Rheedia  Laka, 
p.  255.  —  Plantes  récoltées  à  Madagascar 
en  1912,  p.  325. 


TABLE  DES  MATIÈRES 


Pages 
Composition    du    Bureau    de    la    Société  pour 

l'année  1920 1 

Membres  décédés  pendant  l'année  1919 2 

Liste   générale   des    Membres  de  la   Société  au 

1er  janvier  1920 3 

PROCÈS- VERBAUX  DES  SÉANCES 

Séance  du  12  janvier  1920 107 

2  février  1920.... 121 

—  1er  mars  1920 146 

—  3  mai  1920 214 

—  7juinl920 240 

—  5  juillet  1920 249 

—  8  novembre  1920 261 

—  6  décembre  1920 297 

SecnoN  d'Aletxçon 

Séance  du  17  novembre  1920 302 


-  361  — 

Assises  de  Caumont  :  p.  146. 

Budget  :  p.  123, 

Commission  d'impression  :  p.  296. 

Comptabilité  :  p.  241. 

Correspondance  :  p.  121,  p.  214,  p.  240,  p.  261,  p.  298. 

Dépôt  de  travaux:  M.  Chermezon,  p.  147;  M.  l'Abbé 
Letacq,  p.  241;  M.  Allorge,  p.  262;  M.  Antoine, 
p.  262;  M.  l'Abbé  Letacq,  p.  298;  M,  Gerbaulfr 
p.  298:  M.  Viguier,  p.  261. 

Distinctions  honorifiques  :  MM.  Hédiard  et  Warcollier, 

Dons  à  la  Bibliothèque  :  p.  121,  p.  298. 

Elections  :  p,  107. 

Etat  de  l'impression  du  Bulletin  de  1919  :  p.  146,  p.  241. 

Excursion  annuelle  de  1920    :  p.  215,  p,  241. 

Nécrologie:  M.  Langlais,  p.  122;  M.  Boudier,  p.  146; 
M.  Renault,  p,  249;  M.  Œhlert,  p.  261  ;  M.  Bansard 
des  Bois,  p,  298. 

Présentations  et  Admissions  :  M.  Bouygues,  p.  108  ;  M.  le 
Dr  Vigot,  p.  108  ;  M.  Denis,  p.  108  ;  Mme  Gatin. 
p.  108;  M.  Humbert,  p.  108;  M.  Le  Testu,  p.  108 
et  122;  M.  Audigé,  p.  109  et  122;  M.  le  Dr  Lemanis- 
sier,  109  et  122:  M.  le  Dr  Desbouis,  p.  109  et  122; 
M.  Guilliermond,  p.  109  et  122;  M.  Chermezon, 
p.  109  et  122;  M.  l'Abbé  Langlais  p.  123  et  146; 
M.  Warcollier,  p.  147  et  215;  M.  Thériot,  p.  215  et 
241;  M.Gaume,  p.  241  et  249;  M.  Hédiard,  p.  250; 
M.  Davy  de  Virville.  p.  262  et  298. 

Réunion  annuelle  :  p.  241. 

Section  d'Alençon  :  p.  298. 

Soutenance  de  thèse  :  p.  214. 


-  362  — 

OBSERVATIONS  DIVERSES 

Pages 

Mercier  (L.),  Mus  nowegicus 109 

Dalibert  (M.),  Observations  entomologiques 110 

Moutier  (Dr  A.),  Spondyle 114 

Sève  (P.),  Daphne  Mezereum 147 

Bédel  (L.)»  Floraison  précoce 148 

Moutier  (Dr  A.),  Fossiles 148 

'Moutjer  (Dr  A.),  Pedina  gigas 215 

Chemin  (E .),  Lathrœa 242 

Chemin  (E.),  Monotropa  Hypopitys 243 

Chemin  (E.).  Neottia  NHus-avis 244 

Moutier  (Dr  A.)»  Paludisme  en  Normandie 262 

Gidon  (Dr  F.),  Paludisme  en  Normandie 262 

Moutier  (Dr  F.).  Fossiles 264 

Mercier  (L  ),  Hareng  hermaphrodite 299 

Mercier  (L.),  Moule  sur  Crabe 299 

Sève  (P.),  Androsème. 301 

Hédiard  (L.)»  Canalisation  ancienne 301 

Gerbault  (Ed.),  Hérisson 302 

Gerbault  (Ed.),  Troglodyte 3)3 

Leboucher,  Cormoran 303 

Letacq  (Abbé),  Cormoran 303 

Letacq  (Abbé),  Perdrix  rouge 303 

Letacq  (Abbé),  Lacerta  stirpium  Daud 303 

Letacq  (Abbé),  Brochet 304 

Leboucher,  Guêpes 304 

Letacq  (Abbé),  Nid  de  Poliste 304 

Letacq  (Abbé),  Mollusques » 304 

Gerbault  (Ed.),  Parnassia  palmtris  L    305 

Letacq  (Abbé),  Plantes  des  environs  d'Alençon  . .  305 

Lemée,  Gui 306 

Letacq  (Abbé),  Gui 306 

Focet,  Excursions  dans  la  France  méridionale. . .  306 

Letacq  (Abbé),  Champignons 306 


—  363  — 

COMMUNICATIONS 

Pages 

Houel  (Ph.),  Le  problème  des  souvces  et  des  cours 
d'eau  dans  ses  rapports  avec  l'atmosphère,  le 
sol  et  la  végétation 11 

Mercier  (L.),  Sur  deux  espèces  de  Thysamoures 

nouvelles  pour  la  faune  de  Normandie 110 

Poisson    (R),    Gigantisme    chez  une    Grégarine 

(Cephaloidophora  talitri  Mercier) 115 

Chemin  (E.),  Organisation  florale  et  pollinisation 

chez  les  Lathrœa 125 

Mercier  (L.)  et  Poisson  (R  ),  Documents  biologi- 
ques fournis  par  l'étude  de  la  tourbière  sous- 
marine  de  Berniêres-sur-Mer  149 

Bédel  (L.),  Présentation  de  plantes 156 

Chermezon  (H.)»  Aperçu  sur  la  végétation  du  lit- 
toral asturien, 159 

Gerbault  (Ed.-L  ),   Observations  sur  l'état  de  la 

végétation  pendant  l'hiver  1919-1920 216 

Chemin  (E.),  Anomalies   florales  dans   le  genre 

Daphne 218 

Mercier  (L.),  Contribution  à  l'étude  de  la  faune 

du  département  du  Calvados  (Turbellariésj  .      244 

Letacq  (Abbé),  Liste  des  Champignons  recueillis 
aux  environs  d'Alençon  durant  les  mois  de 
Mars,  Avril  et  Mai  1920 237 

Letacq  (Abbé)  et  Gerbault  (Ed.-L.),  Sur  plusieurs 

Névroptères  Planipennes  de  la  Haute-Sarthe.      250 

Letacq  (Abbé),  Superposition  de  deux  Psalliotes 

[Psalliota  campestris  L.) 253 

\  iguier  (René)  et  Humbert  (Henri  ,  Le  Rheedia 

Laka  255 

Mercier  (L.),   Faune  du  Calvados.  —  Diptères 

(Formes  nouvelles,  rares  ou  intéressantes)  . .      ^04 


—  364  — 

Pages 

Chemin  (E.)  et  Hédiard  (L.),  La  Cuscute  du  Lin, 

Cuscata  Epilinum  Weihe,  dans  le  Calvados. .      270 

Chemin  (E.),  Les  Algues  de  profondeur 282 

Allorge  (A. -Pierre),  Contribution  à  letude  de  la 

flore  normande 288 

Dalibert  (M.).  Lépidoptères  du  Calvados.  Loca- 
lités nouvelles 299 

Letacq  (Abbé),  Observations  mycologiques  faites 

durant  l'au  toirme  1920  aux  environs  d'Alençon      307 

Gerbault  (Ed.-L.),  Sur  le  Sedum  acre  de  la  Hague      312 

Bugnon  (P.),  Contributions  à  la  connaissance  de 
la  flore  de  NoTmandie.  Observations  faites 
en  1920.. 315 

Viguier  (René)  et  Humbert  (Henri),  Plantes  ré- 
coltées à  Madagascar  en  1912 325 

Liste  des  Communications  par  noms  d'auteurs . .      357 


le 

bon  a  tirer 

de  ce  bulletin 

a  été  donné 

LE    26    IV 

1921 


Caen.  —  Imprimerie  E.  LAN1ER,  31,  Boulevard  Bertrand. 


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BULLETIN 


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D 


DE    LA 


SOCIÉTÉ  LINNÉENNK 


DE   NORMANDIE 


FONDÉE  EN   1823 


Kt   reconnue    d'utilité   publique   par   décret    «lu    "2*2   avril    1863 


7e  série.  —  ier  volume 


•<_"*'_ 


AXIEE     1948 


CAEN 

E.    LANIER,    Imprimeur 

31,  Boulevard  Bertrand,  31 
1919 


riviô   luiciui   aux   iiiauoa   a 


!.)' 


pai 


Les  Auteurs  peuvent  faire  faire  un  tirage  à  part  de 
leurs  communications  à  leurs  frais  et  aux  conditions 
suivantes. 

L'Auteur  devra  en  faire  la  demande  expresse  et  par 
écrit  soit  en  tôle  de  son  manuscrit,  soit  en  tète  du  pre- 
mier placard,  soit  par  une  lettre  spéciale  qu'il  adressera 
en  même  temps  que  le  premier  placard. 

Tout  tirage  à  part  devra  porter  la  mention  «  Extrait 
du  Bulletin  de  la  Société  Linnéenne  de  Normandie  » 
suivie  de  l'indication  du  volume. 

Les  tirages  à  part  seront  payés  directement  à  l'Impri- 
meur conformément  au  tarif  ci-après  : 


NOMBRE  DE  FELILLES 

NOMBRE  D'EXEMPLAIRES 

25 

50 

100 

200 

500 

1   feuille  de  16  pages  . 

12  50 

15  50 

19  50 

27  50 

52  50 

3/4     —            12    —     .     . 

11  25 

14  50 

17  50 

24  50 

45    » 

1/2     -              8     -     .     . 

6  75 

8  75 

12     » 

18  50 

35    » 

1/4     —     •         4    —    .     . 

5  50 

7  50 

9  50 

13  75 

22  50 

Couverture  imprimée     .     . 

6  2:. 

7     » 

8  75 

13  75 

25    » 

sans  impression 

1     » 

1  75 

2  25 

5     » 

13  75 

(SaUnage,  brochage,  pliage  compris) 

Composilion  et  impression  dan  faux  litre,  6  fr.  50. 

Changement  de  folios,  i  franc  par  feuille  de  16  pages. 

Nouvelle  mise  en  pages  pour  une  feuille  de  1(3  pages, 
8  fr.  25  ;  pour  une  fraction  quelconque  de   feuille,  5  fr. 

Nouvelle  correction  :  2.^5  l'heure. 

Pour  toute  communication  dont  l'importance  sera  de 
plusieurs  feuilles,  l'imprimeur  de  la  Société  s'engage  à 
faire  une  diminution  suc  le  tarif  ci-dessus.  Celle  dimi- 
nution sera  proportionnée  au  nombre  de  feuilles  de  la 
communication. 

Les  auteurs  sont  priés  de  s'entendre  directement  avec 
l'imprimeur  de  la  Sociélé. 

INTERCALATION     DE     PLANCHES 


Chaque  planche   collée  ou  avec 
onglet  replié  .     . 
—               avec  onglet  ajouté 
Chaque  pli  en  sus 


50     EXEMPL. 


1  50 

2  50 
4  50 


100    EXEMPL. 


2  50 
4  50 
2  50 


Le  papier  employé  pour  les  tirages  à  part  sera  le 
même  que  celui  du  Bulletin. 

Pour  les  tirages  de  luxe  et  les  changements  de  papier 
ou  de  format,  les  prix  en  seront  donnés  à  l'avance  sur 
la  demande  de  l'Auteur. 


Sommaire  des  derniers  volumes  de  Mémoires  : 

T.  XIX.  —  G  DOLLFIS.  Observations  géologiques  faites  aux 
environs  de  Louviers,  Vernon  et  Paey-sur-Eure  (47  p.,  12  fig., 
1  pi.). —  E.-.l.  LEGER,  Recherches  sur  l'origine  et  les  trans- 
formations des  éléments  libériens,  1er  Mémoire  (132  p.,  7  pi.).  — 
Acli.  TALXLEGE.1RD,  Recherches  sur  les  Tétrarhynques 
(191  p.,  9  pi.). 

T.  XX.  —  F.  G1DOI,  Essai  sur  l'organisation  générale  et  le  dé- 
veloppement de  l'appareil  conducteur  dans  la  tiae  et  dans  la 
feuille  des  Nyctaginees  (120p.,  6  pi.).  —A.  TISON,  Recher- 
ches sur  la  chute  des  feuilles  chez  les  Dicotylédones  (108  p.,  5  pi.). 
—  O.  EIGNIER,  Végétaux  fossiles  de  Normandie.— M. Etmle 
anatomique  du  Cycadoidea  myeromyela  Moi-.  (65  p.,  1  pi.). 

T.  XXI;  1er  fascicule  (108  p.,  4  pi.).  —  A.  TISON,  Sur  le  mode 
d'accroissement  de  la  tige  en  lace  des  faisceaux  foliaires  après  la 
chute  des  feuilles  chez  les  Dicotylédones.  —  O.  EIGNIER, 
Le  fruit  du  Wiliiàmsonia  gigas  Carr.  et  les  Benettitales.  — 
A.  TISON,  Les  traces  foliaires  des  Conifères  dans  leurs  rap- 
ports avec  l'épaississement  de  la  tige.  —  A.  BIGOT  et 
E.  RRASIE,  Contributions  à  l'étude  de  la  faune  jurassique 
de  Normandie  :  3me  mémoire  :  Description  de  la  faune  des  sables 
jurassiques  supérieurs  du  Calvados  (1er  article). 
Le  ime  fascicule  du  t.  XXI  paraîtra  ultérieurement. 

T.  XXII  (333  p.,  23  pi.).  —  H.  1IATTE,  Recherches  sur  l'ap- 
pareil lihéro-ligneux  des  Cycadacées.  —  O.  EIGNIER,  Végé- 
taux fossiles  de  Normandie  —  IV.  Bois  divers  (lr°  série). 

T.  XXIII  (160  p.,  10  pi. ,  nombr.  fig.  d  ms  le  texte).  —  O.  EIGNIER, 
Végétaux  fossiles  de  Normandie,  V.  Nouvelles  recherches  sur  le 
Propalmophyllum  liasinum  Lignierv —  1E  COSS1IANN,  à 
propos  de.  Cerithium  cotnucopise  Sow.  —  A.  §111111 
NVOORNVARD,  On  some  remains  of  Pachycormus  and 
Hypsoconnus  from  the  Jurassic  of  Normandy.  —  II.  MATTE, 
sur  le  développement  morphologique  et  anatomique  des  germi- 
nations des  Cycadacées.  —  E.  RRASIE  et  G.  PEAIE- 
TIER,  le.  Zèbre  du  Muséum  d'histoire  naturelle  de  Rouen, 
Et/ uns  Burchelli  Pococki.  —  Robert  DOUILLE,  Cépha- 
lopodes Calloviens  d'Argences.  —  A.  TISON,  sur  le  Saxe 
Gothœa  conspicua  Lindley. 

Prix  de  chacun  de  ces  volumes  20  fr. 


®f 


La  Société  possède  encore  en  magasin  un  certain  nombre  de  volumes 
de  son  Bulletin  ;  elle  les  met  en  vente  aux  prix  suivants  : 


Tomi 


'      1, 

II, 

HI, 

IV, 

v. 

VI, 

VII, 

VIII, 

IX, 

x, 


7 
7 


lie  Série. 

1-855-56  4  fr 

1856-57  ....  4 
1857-58  ;  très  rare). 
1S58-5!)  'très  rare). 
1859-60  (très  rare).  10 
1860-61  (rare)  .  .  6 
1861-62  (rare)  .  .  7 
1862-63  .  .  .  (épuisé) 
.  .  (épuisé) 
...     6  fr. 


1863-64 


1864 


4-G5    . 
2e  Série. 


Tome 


I, 

II, 

III, 

IV, 


1 865-66 

1867  . 

1868  .' 
1868-69 


8  fr 

7 
6 
6 


Tome    V,  1869-70    ....  6  fr. 

».      VI,  1870-72    ....  6 

».     VII,  1872-73    ....  8 

»    VIII,  1873-7 1    ....  7 

»      IX,  1874-75  (rare)    .     .  7 
»       X,  1875-76     .     .     .     (épuisé) 

3e  Série. 

Tome     I,  1876-77  (rare)   .     .  6  fr. 


III, 
IV, 

v, 

VI, 

vu, 

VIII, 
IX, 

x, 


II,  1877-78  (très  rare).  10 


1878-79 
1879-80 
1880-81 
1881-82 
1882-83 
1883-84 
1884-85 
1885-86 


(rare) 


(épuisé) 
.  10  fr. 
.  6 
.  7 
.  11 
.  6 
.     7 


Les  volumes  des  4e  et  5'  Séries  sont  vendus  chacun    .       10  fr. 
Pour  toute   demande    d'achat,    s'adresser  à  M.    Rigot.    secrétaire,    rue 
de  Geôle,  28,  à  Caen  (1). 

(1)  Afin  de  permettre  à  ses  Membres  de  compléter  leur  collection,  la  Société 
leur  accordera  une  réduction  de  1/5  sur  les  prix  ci-dessus. 


«V£ 


BULLETIN 


DE    LA 


SOCIÉTÉ  LINNÉENNE 


DE   NORMANDIE 


FONDEE   EN   1823 


fil  reconnue   d'utilité   publique   par   décret   du    '2'2   avril    1863 


7e  série.  —  2e  volume 


-o*. 


AiMEE     t»i«> 


CAEN 

E.    LANIER,    Imprimeur 

31,    BOULEVARD    BerTK.\NI>,     31 


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e*. 


1920 


Avis  relatif  aux  tirages  à  part 

Les  Auteurs  peuvent  faire  faire  un  tirage  à  part  de 
leurs  communications  à  leurs  frais  et  aux  conditions 
suivantes. 

L'Auteur  devra  en  faire  la  demande  expresse  et  par 
écrit  soit  en  tête  de  son  manuscrit,  soit  en  tête  du  pre- 
mier placard,  soit  par  une  lettre  spéciale  qu'il  adressera 
en  même  temps  que  le  premier  placard. 

Tout  tirage  à  part  devra  porter  la  mention  «  Extrait 
du  Bulfetin  de  la  Société  Linnéenne  de  Normandie  » 
suivie  de  1  indication  du  volume. 

Les  tirages  à  part  seront  payés  directement  à  l'Impri- 
meur conformément  au  tarif  ci-après  : 


NOMBRE  DE  FEUILLES 

NOMBRE  D'EXEMPLAIRES 

25 

50 

100 

200 

500 

1   feuille  «le  16  pages  .     . 

24    » 

30    » 

36    » 

54    » 

104  » 

3/4     —            12    —    .     . 

22    » 

28    » 

34    » 

48     •> 

90     » 

1/2     —              8    —     .     . 

13     »J 

17    » 

24    » 

36     » 

70     » 

1/4     —             4    —    .     . 

il     » 

15     » 

19    » 

27    » 

45     » 

Couverture  imprimée     .     . 

12  50 

14    » 

17     » 

27     » 

50     » 

sans  impression 

2    » 

3  50 

4  50 

10     » 

27  75 

{Satinage,  brochage,  pliage  compris) 

Composition  et  impression  d'an  faux  titre,  io  francs. 

Changement  de  folios,  'i  francs  par  feuille  de  16  pages. 

Nouvelle  mise  en  pages  pour  une  feuille  de  16  pages, 
i5  fr.  ;  pour  une   fraction  quelconque    de   feuille,  9  Ir. 

Nouvelle  correction  :  3.5o  l'heure. 

Pour  toute  communication  dont  l'importance  sera  de 
plusieurs  feuilles ,  l'imprimeur  de  la  Société  s'engage  à 
faire  une  diminution  sur  le  tarif  ci-dessus.  Celte  dimi- 
nution sera  proportionnée  au  nombre  de  feuilles  de  la 
communication. 

Les  auteurs  sont  priés  de  s'entendre  directement  avec 
l'imprimeur  de  la  Société. 

INTERCALATION    DE    PLANCHES 


50     EXEMPL.  100   EXEMPL 


8 

» 

5 

)> 

5 

» 

9 

» 

3 

» 

5 

» 

Chaque  planche   collée  ou  avec 
onglet  replié  .     . 
avec  onglet  ajouté 

Chaque  pli  en  sus. 


Le  papier  employé  pour  les  tirages  à  part  sera  le 
même  que  celui  du  Bulletin . 

Pour  les  tirages  de  luxe  et  les  changements  de  papier 
ou  de  format,  les  prix  en  seront  donnés  à  l'avance  sur 
la  demande  de  l'Auteur. 


/ 


Sommaire  des  derniers -volumes  de  Mémoires  : 

T.  XIX.  —  G.DOLLFl]§,  Observations  géologiques  faites  , 
environs  de  Louviers,  Vernon  et  Pacy-sur-Eure  (47  p.,  12  t 
1  pi.). —  L.J,  EECiER,  Recherches  sur  l'origine  et  les  tra 
formations  des  éléments  libériens,  1er  Mémoire  (132  p.,  7  pi.). 
Ach.  VAULLEGEARD,  Recherches  sur  les  ïétrarhynq 
(191  p.,  9  pi.). 

T.  XX.  —  F.  GIDOM,  Essai  sur  l'organisation  générale  et  le 
veloppement  de    l'appareil  conducteur   dans   la   tige  et   dans 
feuille  des  Nyctaginées  (120  p.,  6  pi.).  —  A.  TISON,  Recl 
ches  sur  la  cbute  des  feuilles  chez  les  Dicotylédones  (108  p.,  5  pi 
—  O.  E14-NIER.  Végétaux  fossiles   de  Normandie.  — 111. Etu 
anatomique  du  Cycadoïdea  mycromyela  Mor.  (65  p..  1  pi.),    i 

T.  XXI;  1"  fascicule  (108  p..  4  pi.).  —  A.  TISON,  Sur  le  nu 
d'accroissement  de  la  tige  en  lace  des  faisceaux  foliaires  aprèi 
chute  des  feuilles  chez   les  Dicotylédones.  —  O.  MONTE 
Le   fruit   du    Williamsonia  gif/as    Carr.    et  les   Iknettitales. 
A.  TISON,  Les  traces  foliaires  des  Conifères   dans  leurs  i 
ports    avec    l'épaississement    de    la    tige.   —    A.    BIGOT 
E.  BRASIE,  Contributions  à  l'étude  de  la  faune  jurassi 
de  Normandie  ;  3me  mémoire  :  Description  de  la  faune  des  sa 
jurassiques  supérieurs  du  Calvados  (1"  article). 
Le  2mo  fascicule  du  t.  XXI  paraîtra  ultérieurement. 

T.  XXII  (333  p.,  23  pi.).  —  II.  I1ATTE,  Recherches  sur  I 
pareil  libéro-ligneux  des  Cycadacées.  —  O.  EICàNIER.  V' 
taux  fossiles  de  Normandie  —  IV.  Bois  divers  (1"  série). 

T.  XXIII  (160  p.,  10  pk,  nombr.  fig.  dans  le  texte).  —  O.  EIGN1I 
Végétaux   fossiles   de  Normandie,  V.  Nouvelles  recherches  si 
Propalmophyllum  liasinum  Lignier.  —  il.  COSSU  AN: 
propos     de     Cerithium     coinucopiae    Sow.    —    A.    SUE 
WOODWARD,    On    some   re mains    of  Pachy  connus 
Hypsocormus  from  the  Jurassic  or"  Normandy.  —  11.  II ATI 
sur  le  développement  morphologique  et  anatomique  des  sre 
nations   des  Cycadacées.    —    E.  BRASIE    et  «i.    E*ENÏ 
TIER,  le  Zèbre    du   Muséum   d'histoire    naturelle    de    Ro 
Etjuus  Burchelli  Pococki.  —  Robert  DOUV1LLE,  Ce 
lopodes   Calloviens    d'Argences.   —   A.    TISON,   sur   le 
Gothœa  conspicua  Lindley. 

Prix  de  chacun  de  ces  volumes  20  fr. 


AVIS 


La  Société  possède  encore  en  magasin  un  certain  nombre  de 
de  son  Bulletin  :  elle  les  met  en  vente  aux  prix  suivants  : 


lre  Série. 

Tome     I,  1855-56    .     .     .     . 

Il,  1856-57    .  -  .     .     . 

»      III,  1857-58  (très  rare). 

»>      IV,  1858-5!)  (très  rare}. 


4 
4 

7 

7 


fr 


V,  1859-60  (très  rare).  -10 


VI,  1860-61  (rare) 

VII,  1861-02  (rare) 

VIII,  1862-63     .     . 
IX,  1863-64    .     . 

X,  1864-65    .     . 

2e  Série. 


Tome 


I, 

H, 

III, 

IV, 


1865-66 

1867  . 

1868  . 
1868-69 


6 

.     7 
(épuisé) 
(épuisé^ 
.     6  fr. 


8fr 

7 
6 
6 


Tome  V, 
»>  VI, 
»»  VII, 
»  V1I1, 
.»  IX, 
»        X. 


1869-70  .  . 
1870-72  .  . 
1872-73  .  . 
1873-74  .  . 
1874-75  (rare) 
1875-76    .     . 


3e  Série. 
Tome     I,  1876-77  (rare)   . 
II,  1877-78  (très  rare 
..       111,  1878-79    .     .     .  ' 
»»      IV,  1879-80    ... 
V,  1880-81  (rare)   . 
VI,  1881-82    .     .     . 
1882-83    .     .     . 
1883-84    .     .     . 
188i-85    .     . 
1885-86 


» 
» 
» 
» 

» 


VII, 

VIII, 

IX, 

x, 


Les  volumes  des  4e  et  5*  Séries  sont  vendus  chacun   .       10  f 
Pour  toute   demande    d'achat,    s'adresser  à   M.    Bigot,    sécrétai 
de  Geôle,  28,  à  Cacn  (1). 

(1)  Afin  de  permettre  à  ses  Membres  de  compléter  leur  collection,  k 
leur  accordera  une  réduction  de  1/5  sur  les  prix  ci-dessus. 


L®: 


BULLETIN 


DE    LA 


SOCIÉTÉ  LMNÉENNE 


DE   NORMANDIE 


FONDEE  EN   1823 


Kt   reconnue   d'utilité  publique   par   décret    du    '±'±   «vrii    18G3 


7e  série. 


3e  volume 


ANNEE     1930 


r^ 


73 


$ 


.f> 


CAEN 

E.    LANIER,   Imprimeur 

31,  Boulevard  Bertrand,  31 
1921   . 


& 


£4»- 


MW* 


Avis  relatif  aux  tirages  à  part 


Les  Auteurs  peuvent  faire  faire  un  tirage  à  part  de 
leurs  communications  à  leurs  frais  et  aux  conditions 
suivantes. 

L'Auteur  devra  en  faire  la  demande  expresse  et  par 
écrit  soit  en  tête  de  son  manuscrit,  soit  en  tête  du  pre- 
mier placard,  soit  par  une  lettre  spéciale  qu'il  adressera 
en  même  temps  que  le  premier  placard. 

Tout  tirage  à  part  devra  porter  la  mention  «  Extrait 
du  Bulletin  de  la  Société  Linnéenne  de  Normandie  » 
suivie  de  l'indication  du  volume. 

Les  tirages  à  part  seront  payés  directement  à  l'Impri- 
meur conformément  au  tarif  ci-après  : 


NOMRRF  DE  FFUII  I  FS 

NOMBRE  D'EXEMPLAIRES 

25 

50 

100 

200 

500 

1  feuille  de  16  pages  .    . 

24    » 

30    » 

36    » 

54    » 

104   » 

3/4     —            12    -    .     . 

22    » 

28    » 

34    » 

48    » 

90     » 

1/2     -              8    -     .     . 

13    » 

17    » 

24    » 

36    » 

70    » 

1/4.    —             4    —    .     . 

H     » 

15    » 

10    » 

27    » 

45    » 

Couverture  imprimée     .     . 

12  50 

14    » 

17     » 

27    » 

50    » 

—         sans  impression 

2     » 

3  50 

4  50 

10    » 

27  75 

{Satinage,  brochage,  pliage  compris) 

Composition  et  impression  d'un  faux  titre,  io  francs. 

Changement  de  folios,  i  francs  par  feuille  de  10  pages. 

Nouvelle  mise  en  pages  pour  une  feuille  de  10  pages, 
i5  fr.  ;  pour  une   fraction  quelconque    de   feuille,  9  (r. 

Nouvelle  correction  :  3.5o  l'heure. 

Pour  toute  communication  dont  l'importance  sera  de 
plusieurs  feuilles ,  l'imprimeur  de  la  Société  s'engage  à 
faire  une  diminution  sur  le  tarif  ci-dessus.  Celte  dimi- 
nution sera  proportionnée  au  nombre  de  feuilles  de  la 
communication. 

Les  auteurs  sont  priés  de  s  entendre  directement  avec 
l'imprimeur  de  la  Société. 

INTERCALATION     DE    PLANCHES 


50     EXEMPL.  100    EXEMPL 


3 

» 

5 

» 

5 

» 

9 

)> 

3 

» 

5 

» 

Chaque  planche   collée  ou  arec 
onglet  replié  .     . 
—              avec  onglet  ajouté 
Chaque  pli  en  sus 


Le  papier  employé  pour  les  tirages  à  part  sera  le 
même  que  celui  du  Bulletin. 

Pour  les  tirages  de  luxe  et  les  changements  de  papier 
ou  de  format,  les  prix  en  seront  donnés  à  l'avance  sur 
la  demande  de  l'Auteur. 


Sommaire  des  derniers  volumes  de  Mémoires  : 

T.  XXI;  1"  fascicule  (108  p.,  4  pi.).  —  A.  TISON,  Sur  le  mode 
d'accroissement  de  la  tige  en  face  des  faisceaux  foliaires  après  la 
chute  des  feuilles  chez  les  Dicotylédones.  —  O.  EIGMIER, 
Le  fruit  du  Williamsonia  gigas  Carr.  et  les  Benettitales.  — 
A.  TISOW,  Les  traces  foliaires  des  Conifères  dans  leurs  rap- 
ports avec  l'épaississement  de  la  tige.  —  A.  BIGOT  et 
E.  BRAS1L,  Contributions  à  l'étude  de  la  faune  jurassique 
de  Normandie  ;  3mo  mémoire  :  Description  de  la  faune  des  sables 
jurassiques  supérieurs  du  Calvados  (1"  article). 
Le  2me  fascicule  du  t.  XXI  paraîtra  ultérieurement. 

T.  XXII  (333  p.,  23  pi.).  —  H.  MATTE,  Recherches  sur  l'ap- 
pareil libéro-ligneux  des  Cveadacées.  —  O.  EIGMIER,  Végé- 
taux fossiles  de  Normandie  —  IV.  Bois  divers  (1"  série). 

T.  XXIII  (160  p.,  10  pi.,  nombr.  fig.  dans  le  texte).  —  O.  EIGMIER, 
Végétaux  fossiles  de  Normandie,  V.  Nouvelles  recherches  sur  le 
Propalmophyllum  liasinum  Lignier.  —  IM.  COSS1IAMW,  à 
propos  de  Cerithium  comucopise  Sow.  —  A.  SMITH 
W'OODWARD,  On  some  remains  of  Pachy connus  and 
Hypsocormus  from  the  Jurassic  of  Normandy.  —  H.  MATTE, 
sur  le  développement  morphologique  et  anatomique  des  eetmi- 
nations  des  Cycadacées.  —  E.  BRASIE  et  G.  I»EMME- 
T1ER,  le  Zèbre  du  Muséum  d'histoire  naturelle  de  Ptouen, 
Equus  Burchelli  Pococki.  —  Robert  DOIJVILLE,  Cépha- 
lopodes Calloviens  d'Aigences.  —  A.  TISOI,  sur  le  Saxe 
Gothaea  conspicua  Lindlev. 

T.  XXIV  (179  p.,  0  pi.).  —  6.  IK.MIK,  Végétaux  fossiles  de 
Normandie  :  VI,  Flore  jurassique  de  Ma  mers  (Sarthe)  48  p.,  2  pi.  — 
A.  TlSOJi,  Remarques  sur  les  gouttelettes  collectrices  des  ovules 
des  Conifères  (18  p.,  2  pi.).  — O.  EIGMIER,  Cycadeoidea  Fabre- 
Tonnerrei  (sp.  nov.)  (8p.,  1  pi.).  E.  BRASIE,  Contributions 
à  la  connaissance  des  Cétacés  observés  sur  les  côtes  de  France  :  I. 
Grampus  griseus  (Cuv.)  (26  p.).  —  A.  BIGOT  et  E.  SE  DRY, 
Structure  et  conditions  de  dépôt  des  Calcaires  cambriens  de  Basse- 
Normandie  (19  p.,  2  pi.)." — O.  EIGMER,  Lu  nouveau  sporange 
séminiforme,  Mittagia  seminiformis,  gen.  et  sp.  nov.  (20  p.,  1  pi.). — 
O.  EIGMIER,  Végétaux  fossiles  de  Normandie  :  VII,  Contribu- 
tion à  la  Flore  jurassique  (41  p.,  1  pi.). 

Prix  de  chacun  de  ces  volumes  :  20  fr.  (majoration  de  40 "/•  en  plus)' 


'*% 


AVI» 

La  Société  possède  gneore  en  magasin  un  certain  nombre  de  volumes 
de  son  Bulletin  :  elle  les  met  en  vente  aux  prix  suivants,  avec  majoration 
de  40  7.  en  plus  : 

lre  Série. 


(très  rare 


Tome     I,  1855-56 

II,  1856-57 
»>  III,  1857-58 
»      IV,  1858-59  (très  rare) 

V,  1859-60  (très  rare) 
»      VI,  1860-61  (rare)    . 
».     VII,  1861-62  (rare) 
»    VIII,  1862-63    .     . 
»      IX,  1863-64    .     . 

X,  1864-65    .     . 


4fr. 
4 

7 

7 
10 

6 
.     7 
(épuisé) 
(épuisé) 
.     6  fr. 


2e  Série. 


Tome 


L 

11, 

III, 

IV, 


1865-66 

1867  . 

1868  . 
1868-69 


8fr 
7 
6 
6 


Tome    V, 
VI, 


1869-70 
1870-72 
1872-73 
1873-74 


.     6  fr. 
.     6 

.  8 
.  7 
.  7 
(épuisé) 


».  VII, 

.»  VIII, 

»»  IX,  1874-75  (rare) 
»       X,  1875-76    .     . 

3e  Série. 

Tome     I,  1876-77  (rare)-.     .  6  fr. 

II,  1877-78  (très  rare).  10 

»>      III,  1878-79    ....  7 

1879-80    .     .     .    (épuisé) 

1880-81  (rare)   .     .  10  fr. 

1881-82    ....  6 


» 
» 
» 


IV, 

V, 

VI, 

VII, 

VIII, 

IX, 

x, 


1882-83 
1883-84 
1884-85 
1885-86 


7 
11 

6 

7 


Les  volumes  des  4e  et  5*  Séries  sont  vendus  chacun   .       10  fr. 

Pour  toute  demande  d'achat,  s'adresser  à  M.  Bigot,  secrétaire,  rue 
de  Geôle,  28,  à  Caen  (1). 

(1)  Afin  de  permettre  à  ses  Membres  de  compléter  leur  collection,  la  Société 
leur  accordera  une  réduction  de  1/5  sur  les  prix  ci-dessus. 


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